Frêle Esquif

Journal de bord d’un Nofragé, le blog de Douceur.

Splinter Cell: Conviction, c’est qui Sam ?

Depuis quelques années, on reproche (à tort ou à raison) à Ubisoft de faire sombrer toutes les licences qu’il touche : Far Cry 2, Prince of Persia, Rainbow Six, et maintenant Splinter Cell. Après un développement tumultueux, le cinquième de la série a vu le jour, et on l’a nommé Conviction. Pourquoi ? Personne ne le sait vraiment. Toujours est-il que Sam Fisher est encore de la partie, mais cette fois-ci, il est énervé et a tendance à préférer l’action à l’infiltration.

Le changement de gameplay avait déjà été amorcé avec Double Agent, mais Sam y était encore un pro de l’infiltration, et ne devait utiliser des armes létales qu’en dernier recours. Ici, on bascule : Sam apprend que sa fille qu’il croyait morte n’est peut-être pas en train de manger les pissenlits par la racine, à cause d’un vilain complot visant à prendre le contrôle des États-Unis. Et comme Sam est un gars qui n’aime pas qu’on se moque de lui, il se fâche tout rouge et en vient à trouver et éliminer toutes les têtes de la conspiration. Le ton est donné dès la première mission : Sam peut encore être furtif, mais plus besoin de faire dans la dentelle dans la mesure où tout est fait pour que vous éliminiez mortellement vos ennemis, vite fait bien fait.

Sam peut toujours profiter des zones d’ombre, utiliser des chemins détournés, faire des roulades et se mettre à couvert. Mais il lui est désormais très difficile, sinon impossible, de remplir son objectif sans tuer personne ; ou mieux : sans que personne ne s’aperçoive de son passage. C’était le challenge des précédents Splinter Cell : faire toute la mission sans jamais être repéré une seule fois, quitte à recommencer encore et encore. Dans Conviction, abandonnez cet idéal pacifiste, les zones à traverser étant généralement étroites et remplies d’ennemis. Aussi, Sam deviendra plutôt Jack Bauer ou Jason Bourne que le Fisher que l’on a jadis connu.

Et ce nouveau Sam, ça donne quoi ? Si l’on parvient à accepter la nouvelle tendance, Conviction s’avère finalement assez sympa en ce sens qu’on ne cesse de jouer avec les nerfs de nos ennemis. On a vraiment l’impression d’être le prédateur faisant mumuse avec ses proies. On est d’ailleurs muni pour cela de pas mal de gadgets, comme les attaques au corps à corps, qui vous donnent la possibilité d’enchaîner sans rien faire plusieurs kills propres et sans bavure. Quant à votre arsenal, vous pouvez finir le jeu avec seulement un pistolet à silencieux et vos poings, mais vous passeriez alors à côté de joujoux assez amusants, comme la sticky camera, qui peut attirer vos ennemis par un souffle de trompette puis ensuite leur exploser à la figure. Il faudra donc vous forcer à utiliser différentes méthodes pour ne pas tomber dans la monotonie, le jeu étant – vous l’aviez déjà deviné – très facile. Et partant, assez court : environ huit heures à la louche, mais seulement pour le solo.

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L’une des dernières missions du solo

La facilité du jeu n’empêche cependant pas quelques frustrations. Votre vie a beau se régénérer automatiquement comme dans les jeux actuels, vous succombez très vite sous le feu de l’ennemi. Et comme certains passages vous obligent à rentrer dans le lard, vous aurez parfois à les recommencer de trop nombreuses fois. Le comble intervient lorsque l’on doit se taper la même cut-scene à chaque fois. Eh oui, les sauvegardes se font par checkpoint.

Techniquement, Splinter Cell: Conviction apparaît comme inégal : entre extérieurs pauvres et intérieurs détaillés, généralement théâtre de cut-scenes souvent violentes et plutôt réussies. Dans l’ensemble rien de transcendant mais un rendu toujours très propre, avec de bonnes animations et une modélisation des personnages très correcte. Seulement, le tout n’est pas aussi fluide qu’on pourrait l’espérer : de 30 à 50 FPS sur ma machine, alors qu’en comparaison, Tomb Raider: Underworld qui est à peu près aussi joli tourne généralement à plus de 100 FPS. D’autant plus étonnant qu’on peut rarement reprocher à Ubisoft un manque d’optimisation. On peut leur reprocher plein d’autre choses, certes, mais pas ça. Artistiquement, l’immersion en prend un coup, à cause d’un HUD discret mais qui nous rappelle toujours à son bon souvenir. À cause également de l’utilisation des murs comme panneaux d’objectifs : il fallait oser, mais c’est le genre d’attention qui aurait convenu à d’autre jeux, et pas vraiment à un Splinter Cell. Enfin, comme pour chaque production Ubisoft, les doublages sont de très bonne qualité, tout du moins en anglais.

Au final, ce Conviction constitue ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler un jeu popcorn, c’est-à-dire un jeu qui ne demande pas beaucoup d’investissement et qui se laisse jouer sans prise de tête, mais sans réel intérêt non plus. Du développement avant son reboot, on a seulement pu tirer ce trailer (2007), dans lequel on voit un Sam Fisher barbu et habillé comme un clochard, évoluant dans une jungle urbaine. On ne sait pas pourquoi le développement a pris une nouvelle direction, mais la vidéo montrait quelque chose de plus original que le résultat aujourd’hui atteint, mélange pas forcément subtil entre infiltration et action.

Et la coopération ?

Disons le d’emblée : acheter Splinter Cell: Conviction sans toucher à la coopération est une grossière erreur, celle-ci représentant près de la moitié du jeu. Est en effet disponible une campagne spécifique, dans laquelle deux agents, un Américain et un Russe, s’entraident pour tuer des méchants en Russie (c’est ce que j’ai retenu du scénario). Cette escapade en Russie a permis à Ubisoft de créer des environnements un peu plus inspirés que ceux du solo, avec notamment un très bon passage dans les sous-terrains du Kremlin, pouvant rappeler à certains égards Metro 2033.


Quelques captures du coop

Question gameplay, cette campagne offre un challenge plus intéressant que le solo en ce que l’infiltration pure et dure (ne pas vous faire repérer sous peine de game over) y est plus présente, même si elle cohabite avec des phases plus bourrines, ressemblant davantage à du Rainbow Six: Vegas qu’à du Splinter Cell. Une déception, toutefois : les quatre (longues) missions pourraient se faire en solo, puisqu’il est rarement besoin de conjuguer les efforts des deux agents pour avancer, à l’inverse du coop de Chaos Theory, qui proposait plusieurs mouvements (comme la courte échelle ou le saut projeté) nécessitant l’effort conjugué des deux joueurs. Il n’en reste pas moins qu’en rusant un peu, on ne parvient pas à s’ennuyer. La preuve : avec XoBaR, nous avons terminé la campagne d’un seul tenant, en mode de difficulté maximale et en cinq heures. Et puis, si vous faites cette campagne, vous aurez droit à l’une des fins les plus sensationnelles de l’histoire du jeu vidéo.

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De l’infiltration, puis de l’action, en coopération avec XoBaR

Le jeu ne s’arrête pas au solo (qui m’a tenu environ huit heures, j’ai oublié de vous dire) et à la coop. Il propose en plus un mode deniable ops, dans lequel vous pouvez refaire quelques niveaux soit en éliminant tout le monde, soit en résistant à des vagues d’ennemis. Et comme tout bon Splinter Cell qui se respecte, il y a un mode multijoueur, que je n’ai malheureusement pas eu le courage de tester. Au final, on se retrouve tout de même avec un titre bien complet, surtout au prix auquel on le trouve aujourd’hui.

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11 commentaires pour “Splinter Cell: Conviction, c’est qui Sam ?”

  1. Zapp_LeGrand dit :

    T’es sûr de ton coup sur le mode multijoueur? Pour moi, il n y’a que du coop.
    Le “multi” se résume à du 1 VS 1, où on joue face a son collègue et c’est à celui qui tuera le plus de russes. Pas de vrais Versus (ou alors je l’ai pas trouvé ><)

    Sinon, Un très mauvais splinter cell, mais un très bon jeu (et ca tombe bien, l’infiltration dans les JV commencait pile à me gaver)

    Douceur :
    Comme je disais, je n’ai pas testé le multi. Il y a pourtant une partie “coop et multiplayer” dans le menu principal.

  2. Gonzague dit :

    Je n’ai jamais joue aux Splinter Cell plus de 5 minutes car j’aime pas trop l’infiltration, mais vu que celui-ci n’est pas de l’infiltration j’ai tente le coup. C’est pas un jeu de fou, mais j’ai vraiment passe un tres bon moment dessus.

  3. Delva dit :

    idem, j’ai passé un bon moment dessus, pas le jeu de l’année loin de la. mais agréable dès qu’on met de coté son nom “splinter cell”.

    Faut vraiment que je fasse le Coop, si certain sont intéressé pour le faire avec moi.

  4. joxer dit :

    Un bon gros jeu de merde. Heureusement qu’il reste Hitman pour les gens qui aiment les vrai jeux d’homme avec de la difficulté et un gameplay

  5. drytaffin dit :

    Arg, excellent test Douceur, tu me donnes toujours envie d’acheter des jeux que j’avais oublié ou que je boycotté inconsciemment (ici pour le côté infiltration quasiment absent + le fait de pouvoir tuer une 8ène de mecs en appuyant sur un bouton…).

    Bon, ce sera à la prochaine promo intéressante sur steam, mais j’essaierais de la jouer un peu plus fine que ce que tu montre dans la vidéo quand même :)

  6. XoBaR dit :

    A CHIER !

    Non c’est vrai que le coop est sympa, dommage que ça manque d’actions à effectuer à deux. Par contre le solo est vraiment moyen et n’a plus grand chose à voir avec les anciens Splinter Cell. Si vous avez un pote avec qui jouer en coop, à 10 ou 15 euros ça vaut le coup.

  7. SethDeNod dit :

    Jeu de merde

    Douceur :
    Chaka est aigri ET blasé. Je n’y peux rien.

  8. channie dit :

    Et puis, si vous faites cette campagne, vous aurez droit à l’une des fins les plus sensationnelles de l’histoire du jeu vidéo.

    Damn right!

    Leur “multi” par contre c’est du 1v1 au milieu des IAs. Pas transcendant mais à essayer.

  9. Chaka dit :

    Je ne suis pas aigri et blasé, j’ai bon goût.

  10. UnF dit :

    Le titre “conviction” c’est peut-être pour jouer sur le double sens de ce mot en anglais : conviction comme en français, mais aussi condamnation (convict = condamner, juger coupable) ?

  11. Jensen dit :

    La vidéo de gameplay ne fait vraiment pas envie. Ça a l’air inintéressant à jouer à cause de la difficulté qui a pas l’air bien élevé et aussi parce que les ennemis ont l’air carrément débiles. J’ai cru rêvé à 6′43” quand Sam passe sous les yeux d’un garde qui ne le repère même pas. Sinon, je ne m’attarderais pas sur le fait que Sam peut maintenant glisser sur un tuyau à la verticale en moins de 2 secondes sans même avoir bobo aux mains. Dans le même genre d’idée, il a l’air de pouvoir grimper sur un tuyau à une vitesse folle. Surhumain. L’objectif d’un jeu d’infiltration n’est pas de diriger un super-héros. Ce n’est plus de l’infiltration. Ce n’est même pas intéressant à jouer.

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