Frêle Esquif

Journal de bord d’un Nofragé, le blog de Douceur.

Prince of Persia, jeu animé ou dessin vidéo ?

Renouveler une licence, ce n’est jamais chose aisée : si on reste dans le même moule, on nous dit que c’est toujours la même chose ; si on repart sur de nouvelles bases, on nous reproche d’avoir dénaturé la série. Dès lors, la refonte de Prince of Persia l’an dernier a été sujette à de nombreuses controverses. Chacun pensera ce qu’il voudra, mais moi j’ai adoré ; voilà pourquoi.

Adieu Farah et son prince charmant, et bonjour Elika et son prince tout débraillé. Adieu les Sables du temps, et bonjour la Corruption. Ainsi, le Prince of Persia de 2008 n’a plus rien à voir avec la trilogie de 2003 (Les Sables du Temps, L’Âme du Guerrier et Les Deux Trônes). Le « prince » que l’on incarne n’a pas de nom et se trouve mêlé à une sombre histoire familiale qui causera le déclenchement d’une vague de maléfices sur le royaume. Cette vague, c’est celle de la Corruption, que le prince et la fille du royaume, Elika, vont devoir repousser. Ce sont au total 25 zones qu’il va falloir épurer, et ce dans l’ordre souhaité. Le jeu se veut donc non linéaire, mais en contrepartie on aura l’occasion de faire à peu près tout le temps la même chose : se rendre dans une zone, atteindre son boss après des phases de plates-formes et quelques énigmes, puis faire pareil avec la suivante. Avec plusieurs allers-retours entre chaque zone.

Prince of Persia étant l’œuvre d’Ubisoft Montréal, cette répétitive en appelle immédiatement une autre, celle d’Assassin’s Creed. Dans les deux cas, le caractère répétitif est compensé par une balade agréable dans les niveaux. En effet, les captures d’écran en sont la preuve, ce Prince of Persia est magnifique, avec son style « d’art illustratif » (ce n’est pas moi qui le dit, c’est eux) dont s’est fortement inspiré un certain Borderlands… Je vais faire des fâchés, mais c’est, en toute subjectivité, le jeu le plus beau auquel il m’a été donné de jouer jusqu’à aujourd’hui. Les environnements sont vastes, très détaillés, avec des couleurs très chatoyantes qui varient selon l’état de la zone, corrompue ou libérée. L’ambiance sonore n’est pas en reste puisqu’on a le droit à de bons bruitages, des dialogues plutôt bien doublés et de jolies musiques orientales qui nous font regretter le soleil de cet été.

Au niveau de la jouabilité, pour faire bref, Prince of Persia version 2008 n’est qu’un quick time event (QTE) géant. Si vous appuyez au bon moment sur la bonne touche, vous n’avez aucun souci à vous faire, d’autant plus qu’il s’agit d’un de ces rares jeux où il n’est pas possible de mourir, Elika étant toujours là pour vous rattraper, que ce soit dans les combats (façon jeux de baston) ou dans les phases de plates-formes. Par tant, le niveau de difficulté est extrêmement bas et il ne faut pas considérer le jeu comme un challenge, mais plutôt comme une promenade interactive dans de magnifiques décors. Cet aspect est renforcé par l’abondance des dialogues entre nos deux héros. Comme à chaque fois pour les portages consoles de ce type, j’ai utilisé la manette Xbox 360 qui m’a fort bien servi.

J’estime la durée de vie à une dizaine d’heures, pendant lesquelles je ne me suis pas ennuyé, mais tout cela est encore très subjectif. Une précision : j’ai parfois lu que le DLC sorti sur consoles (Prince of Persia: Epilogue) consistait dans la fin du jeu qu’Ubisoft aurait vendu « en kit » pour se faire de l’argent. Nul doute que l’argument financier est valable, mais le Prince of Persia auquel j’ai pu jouer dispose d’une vraie fin. Ouverte et surprenante, certes, mais néanmoins une fin. Enfin, les jusqu’au-boutistes peuvent toujours débloquer tous les bonus : artworks et nouveaux personnages. Concernant ces derniers, voici les deux codes de précommande à rentrer pour débloquer Altaïr (de Assassin’s Creed) et Farah et son prince de 2003 : 13372805 et 52585854. Prince of Persia est passé il y a peu au prix de 15 € en version budget, ce qui n’est vraiment pas cher pour le résultat. Enfin, Ubisoft a eu la bonne idée de n’inclure aucun DRM à la galette : une installation, et plus besoin du CD pour jouer. Si tout le monde pouvait suivre cet exemple…

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10 commentaires pour “Prince of Persia, jeu animé ou dessin vidéo ?”

  1. Zintag dit :

    Intéressant, je l’ai downloadé pour un gamin que je garde, je vais peut-être y jouer du coup.

  2. Netsabes dit :

    PoP: Epilogue n’est pas la fin du jeu : c’est un mission-pack avec des combats toujours aussi ratés mais de la plate-forme un poil supérieure (et moins prévisible). Le fait qu’il n’y ait rien à collecter et qu’on ne puisse pas revenir en arrière rend aussi le jeu plus carré.

    Note que 95% des dialogues sont optionnels dans le jeu.

  3. ljog dit :

    Ce jeu est chiant.

    Douceur :
    C’est un point de vue.

  4. MaX|Taf dit :

    Les combats c’est effectivement moyen. Ya un succès que j’arrive pas a débloquer d’ailleurs ou faut faire je sais plus combien de hits dans un combo, quasi impossible aucun personnage de base tient plus de quelque coups. Faut probablement le faire sur un boss.

    J’ai pas compris d’ailleurs cet entêtement a réléguer les combats au second plan. On dirait qu’ils ont voulu calquer les combats épisodiques du premier Prince of Persia (le vrai premier), sauf qu’on s’était habitué a des combats beaucoup plus complets et difficile que ça.

    Par contre, c’est très enchanteur, bien doublé et superbe en terme de design. C’est féérique et on se surprend a observer les décors dans leurs deux états. On perd en côté “mille et une nuit”, on le sent un peu dans certains passages, mais ça devient plus “surréaliste” que oriental, a la croisée d’un univers type l’histoire sans fin et labyrinthe.

  5. Netsabes dit :

    Oui, le combo à 14 coups, faut le faire sur le boss (dans l’arène devant l’arbre). Enfin, faut être motivé, aussi…

    Le principal problème des combats, c’est qu’ils ont fait un super système de combos qui est complètement inexploitable à cause de la taille ridicule des arènes (sachant, pour ceux qui n’y ont pas joué, que quand un ennemi touche un bord, ça brise le combo). Ca, plus les QTE horribles…

    Côté plate-forme, faut vraiment le voir comme un jeu de plate-forme en 2D (parce que même avec une caméra qu’on peut bouger comme on veut, c’est de ça qu’il s’agit) : comme dans un Sonic à l’ancienne, tu times tes sauts et tes actions pour qu’elles s’effectuent le plus fluidement possible.

  6. Easyone dit :

    J’avais prévu de faire un test mais je repousse ça depuis un mois. Finalement tu l’as fait pour moi, je suis d’accord sur la quasi-totalité de ce que tu as dis.

    Après c’est mon premier jeu de la license, je peux pas vraiment comparer.

  7. Malenpas dit :

    Dans la même veine, je préfère ce jeu là alors :)

    http://jayisgames.com/cgdc6/?gameID=9

  8. Latpin dit :

    Je ne l’ai pas fini, mais je n’ai pas bien compris ce que le studio avait cherché à faire avec cet “épisode”, je n’ai pas trouvé de lien avec la précédente trilogie, à part le nom et quelques éléments de gameplay.

    Malenpas a dit :
    Dans la même veine, je préfère ce jeu là alors :)
    http://jayisgames.com/cgdc6/?gameID=9

    Magnifique.

  9. LordK dit :

    Malenpas a dit :
    Dans la même veine, je préfère ce jeu là alors :)
    http://jayisgames.com/cgdc6/?gameID=9

    C’est marrant, ce jeu que j’ai vu sur la une de Nofrag m’a fait me faire une réflexion que vient appuyer ce Prince Of Persia commercialisé.
    Où sont passés les joueurs ? Parce que là, on se contente quand même avec le jeu en 2d de faire passer 2 pixels dans des trous pour former des ronds qui sont jolis. Est-ce qu’on peut appeler ça un jeu ? Moi je me suis vraiment fait chier, la progression automatique en vidéo m’aurait fait le même effet.
    J’ai l’impression que comme le cinéma, le jeu vidéo va vers une branche élitiste de jeux vidéos avec des gens qui les défendent en disant “tu peux pas comprendre, c’est de l’art”.
    Ca à l’air d’être un nouveau marché, mais quid du fun ? Quasiment nul…
    Pourtant c’est pas les jeux indépendants qui n’ont pas la capacité de faire un gameplay correct, regardez World of Goo, donc la tendance ne vient pas d’eux.
    Enfin bon, payer pour un grand QTE, si joli soit-il, ce sera sans moi, parce que là où le cinéma pouvait aller dans une recherche esthétique grâce au spectateur passif et qui ne demande pas forcément à s’amuser (mais aussi à s’instruire, à s’éclairer, à s’émerveiller…), le JEU vidéo reste fondamentalement un jeu, ou alors il faut changer de nom.

    Douceur :
    Certes, mais dans jeu vidéo, il y a aussi “vidéo”. Et puis le QTE, c’est une question de goûts : on aime ou on aime pas.

  10. tuXXX dit :

    Moi j’y ai joué (sur PS3, oui, j’avoue), c’est pas mal, mais il manque de la magie de Prince of Persia: The Sands of Time. Ici, déjà le chemin est tout tracé, les murs sur lesquels courir sont clairement visibles, du coup il n’y a pas cet esprit de recherche du bon chemin qui était présente avant.

    Personnellement, je trouve que la partie la plus intéressante était la partie de recherche de chemin pour arriver au bout, là c’est trop facile. Et inversement on a l’impression que notre prince est moins maniable puisqu’il suit les chemins tracés plutôt que de suivre ce qu’on lui dit.

    Et puis les combats, contrairement aux précédents où il fallait faire des acrobaties sur l’environnement, ici il faut faire des combos. Déjà je m’en suis aperçu que vers la fin du jeu, mais en plus j’en ai repéré juste 2/3 faciles et je les faisaient en fonction du “mode” de l’adversaire.

    Il reste que certains dialogues sont épiques (j’ai joué en anglais, la partie de jeu de “devine ce que je vois” est vraiment énorme).

    Au final c’est bien, mais pas top. A mon avis, vu son prix, ça vaut le coup pour quelqu’un qui aime bien prince of persia, quand même.

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