Frêle Esquif

Journal de bord d’un Nofragé, le blog de Douceur.

Mirror’s Edge, plus blanc que blanc

Un jeu de plateforme à la première personne, c’est assez rare pour que l’on s’y intéresse. Et quand c’est fait par DICE (Battlefield), on se dit que ça risque d’être sympa. Alors, ce Mirror’s Edge ? Oui, c’est sympa, vraiment sympa.

Je ne vais pas ici vous ressasser le contexte de Mirror’s Edge, celui des Messagers, de l’État policier, etc. Mais, en gros, votre sœur a été victime d’un complot destiné à lui faire porter le chapeau pour un meurtre qu’elle n’a bien entendu pas commis. Et vous, Faith, vous êtes plutôt cool, alors vous décidez de déjouer ce complot et de sauver votre sœur. Une intrigue ultra basique, donc, mais qui a le mérite de se laisser suivre et de bien servir l’enchaînement des niveaux. Pour une fois, l’histoire se veut simple et ne fait pas comme d’autres, c’est-à-dire compliquer volontairement l’intrigue afin de ne pas laisser apparaître un scénario lacunaire. Et puis on a le droit à quelques passages typés manga ainsi qu’à des cut-scenes pour une fois bien doublées. Bref, DICE montre qu’en plus de maîtriser autre chose que les jeux de guerre, ils maîtrisent aussi autre chose que les jeux multijoueurs.

Selon moi, Mirror’s Edge dispose de deux principaux points d’intérêt : sa patte artistique et son gameplay inédit. Concernant le premier point, les captures d’écran qui ornent ce billet son éloquentes : c’est blanc, avec des tons de couleurs très marqués et qui, portées dans la réalité, nous donneraient à tous un mal de crâne carabiné en fin de journée. Ça peut faire mal aux yeux durant les premières minutes de jeu, puis on s’y accommode, et on apprécie. En plus d’être osé, le rendu est vraiment propre, que l’on s’intéresse aux décors lointains ou à tous les objets proches. Bref, DICE a ici réalisé un véritable travail artistique qui donne identité propre au jeu. Ils nous prouvent par là même que l’Unreal Engine 3 (oui, c’est bien lui) peut être utilisé pour faire autre chose que des tons marron-gris. Petite nouveauté, davantage marketing qu’autre chose : l’utilisation de la technologie PhysX. Si vous possédez une carte dédiée PhysX ou une carte graphique Nvidia récente, vous pourrez profitez de quelques jolis effets comme les vitres qui se brisent ou les bâches qui ondulent. Sur ma GTX 275, toutes les options au maximum et le PhysX activé, j’étais quasiment à 60 FPS fixes, et je n’avais pourtant pas activé la synchronisation verticale. Étrange…

Et alors, les phases de plates-formes à la première personne, ça donne quoi ? Eh bien ça décoiffe. Les mouvements sont fluides, le body awareness aide énormément à l’immersion, et le tout se joue très agréablement au clavier, même s’il s’agit d’un portage console (en témoigne ce satané affichage 16/9). L’essentiel du jeu consiste à grimper partout tout en fuyant des ennemis mortels. Face à eux, deux solutions : fuir, ou les affronter. La première option est conseillée, mais s’ils nous ennuient avec leurs armes, ils méritent bien quelques baffes. Vous pouvez donc les frapper (à mains nues) ou les désarmer. Avec une arme dans la main, le jeu devient beaucoup plus facile et démontre que ce n’est pas le choix qu’aimeraient vous voir prendre les développeurs. Dans cette optique, Mirror’s Edge m’a un peu fait penser à Zeno Clash, où là aussi les armes n’était qu’optionnelles mais surement trop efficaces, le challenge ultime consistant alors à finir l’aventure sans tuer aucun ennemi.

Finir l’aventure… ça met longtemps ? Hélas non, et c’est là le gros écueil de Mirror’s Edge. Comptez environ 6 heures en difficulté normale (le mode difficile se débloque après avoir fini le jeu). Ça fait court (surtout pour les consoleux qui ont acheté ça 70 €, niark niark), mais au moins on a pas le temps de s’ennuyer. Et puis, acheté à £5 sur Direct2Drive, ça valait carrément le coup. Comme toujours, il y a toujours des moyens détournés d’augmenter la durée de vie : trouver des sacs disséminés dans les niveaux ou (tenter de) battre des records sur certaines sections reprises du jeu original, mais ce n’est jamais très folichon. Mirror’s Edge s’inscrivant dans une trilogie, on ne peut qu’espérer une suite au moins aussi fraîche que le premier.

Vidéo du début du jeu, ajoutée le 29 août 2010 :

YouTube Preview Image

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24 commentaires pour “Mirror’s Edge, plus blanc que blanc”

  1. Fwouedd dit :

    Je te trouve optimiste pour les 6 heures, j’ai du le torcher en 4 heures en normal au grand maximum.

    Et le mode Hard ne change hélas pas grand chose à la difficulté du titre. Enfin à ce prix là on s’en fout, ça vaut le coup dans tout les cas.

    Douceur :
    Bon, je ne me suis pas chronométré, mais 6 heures me paraît une bonne estimation. En général, je suis assez lent pour finir les jeux, j’aime bien prendre mon temps pour tout voir et ne rien manquer.

  2. JiHeM dit :

    Tout le monde se plaint de la durée de vie mais pour une fois je trouve que cette brièveté est parfaite. Le jeu est très bon, mais à la fin j’étais bien content que ça se termine, j’aurais difficilement supporté 2 niveaux de plus. Même chose pour Bioshock d’ailleurs : tout excellent qu’il soit, il aurait gagné à être plus condensé, les 2-3 dernières heures sont de trop.

  3. 1871damage dit :

    Bon petit test, coïncidence je viens de le (re)terminer également j’ai moi aussi pris beaucoup de plaisir à jouer, plaisir qui se décuple au fur et à mesure de l’acquisition des réflexes et du “coup d’œil” qui permettent combinés d’exécuter des enchainements vraiment fluides et jouissifs quand bien réalisés.

    Tu oublies de parler de la musique qui est très planante et envoutante ( j’adore celle du dernier niveau , The Shard )et qui colle merveilleusement bien à l’ambiance.

    Un vrai bol de fraicheur comme tu dis, dommage qu’il n’ait pas eu un succès amplement mérité à mes yeux. La durée de vie n’explique pas tout, à une époque où beaucoup de jeux ne proposent guère plus et se vendent mieux. Rien que le design vaut le coup d’œil.

  4. Nem dit :

    Effectivement, pour Bioshock ça manque cruellement de diversité sur la fin, la dernière heure est longue.
    Même ressenti sur Mirror’s Edge, 6 heures c’est pourtant court mais le final s’avère pénible.

    Le problème majeure reste la gestion du son ambiant bien que les musiques soient clean, épurées et envoutantes.

  5. zmc dit :

    J’ai adoré les sensations de déplacement du personnage et l’immersion, un vrai régal.
    En plus c’est une super idée d’innover sur la jouabilitée, ca change du révolutionnaire FPS/RPG hebdomadaire.

    Dommage que ça n’ai pas trop marché, je bandais déjà à l’idée de voir les mécanismes de mirror intégrés dans de vrais FPS.

    Bon après t’es ptet un peu romantique dans la première partie de ton test, j’irais pas jusqu’à filer une médaille à DICE (ils ont fait BF mec !!!) parce que le scénario est inexistant et que les dialogues sont d’une niaiserie extrême, faut quand même pas déconner.

  6. Helpmefixmybike dit :

    Le jeu est vraiment léché mais ils auraient tout de même pu faire un effort sur les cut-scenes qui sont vraiment ignobles et moches.

  7. MaX|Taf dit :

    Nem a dit :
    Effectivement, pour Bioshock ça manque cruellement de diversité sur la fin, la dernière heure est longue.
    Même ressenti sur Mirror’s Edge, 6 heures c’est pourtant court mais le final s’avère pénible.
    Le problème majeure reste la gestion du son ambiant bien que les musiques soient clean, épurées et envoutantes.

    Gestion du son ? Je sais pas sur quoi tu joues, mais que ce soit sur PC ou X360 (respectivement 5.1 creative et Home Cinema HiFi) ya une gestion du son exemplaire en terme de positionnement ou d’effets d’occlusion et refraction (c’est super flagrant dans les conduits ou les puits).

  8. Nem dit :

    MaX|Taf a dit :

    Nem a dit :
    Effectivement, pour Bioshock ça manque cruellement de diversité sur la fin, la dernière heure est longue.
    Même ressenti sur Mirror’s Edge, 6 heures c’est pourtant court mais le final s’avère pénible.
    Le problème majeure reste la gestion du son ambiant bien que les musiques soient clean, épurées et envoutantes.

    Gestion du son ? Je sais pas sur quoi tu joues, mais que ce soit sur PC ou X360 (respectivement 5.1 creative et Home Cinema HiFi) ya une gestion du son exemplaire en terme de positionnement ou d’effets d’occlusion et refraction (c’est super flagrant dans les conduits ou les puits).

    Complètement, je parlais uniquement de la gestion de certains volumes.

  9. Prezspurer dit :

    Chez moi j’avais les sons de la ville toujours au max par rapport aux musiques, presque désagréable à la longue :/
    Sinon très bons souvenirs dessus mais j’aurais aimer plus de difficulté…

  10. Thermostat dit :

    Les sons de la ville c’était un bug, fallait virer l’accélération matérielle avant de lancer le jeu.

    Je suis globalement daccord avec toi, mais je rajouterai un point noir: la narration est vraiment à chier. Très souvent, je ne me souvenais plus pourquoi j’allais là où j’allais. Par contre le level design est fabuleux. Il aurait gagné à être plus ouvert, évidemment, mais on l’a déjà dit 1000 fois.

  11. SPTX dit :

    Il aurait mérité un multi, autant en versus qu’en coop.

  12. Fishbed dit :

    Question conne: c’est suffisamment paramétrable pour être jouable tout moche sur un portable?

    Douceur :
    C’est de l’Unreal Engine 3, donc faut voir. Comme tout portage, il y a assez peu d’options graphiques à régler, mais sans le PhysX et avec un portable pas trop vieux, ça pourrait le faire.

  13. Chavez dit :

    Je vois pas comment on peut vouloir y passer plus de temps vu le manque de variété des décors et situations. J’ai bien aimé, mais ça sent quand même le projet bouclé un peu vite: aucun vie dans la ville, peu de variété dans le gameplay (pourtant des runs au niveau de la rue genre ong-bak ça aurait été une évidence…).

  14. Chaka dit :

    Sur mon portable (qui fait tourner assez moyennement L4D et TF2), Mirrors Edge tournait très bien, sans pour autant mettre tout au minimum.

    Sinon, j’ai trouvé ça assez décevant, trop décousu. J’aurais préféré des niveaux très longs et conçus pour être rushés à fond. Avec des tas de toits à sauter,… Là, c’était finalement un peu mou à beaucoup de moments. Et les combats sont à chier, j’aurais préféré que Fesses ai un flingue dans chaque main et leur dégomme la gueule.

  15. Naudec dit :

    (Voix de vendeur sur un marché) Qui n’a pas encore fait son article sur Mirror’s Edge, qui ? Vous ma bonne dame ?

    Sinon je suis comme Jihem et Chavez, je ne comprend pas comment on peut trouver ça trop court alors que moi j’ai lâché un énorme “ENFIN !” sur le générique final tellement le gameplay se répète à l’infini, ce qui est le gros point noir du jeu (et pas sa durée de vie). Bon après à 10€ ça vaut le coup, mais avant de jeter des fleurs à Dice et EA, il ne faut pas oublier qu’ils se sont bien foutu de notre gueule en le vendant initialement à 60€.

  16. drytaffin dit :

    Moi aussi, une heure de plus ça aurait vraiment commencé à me gaver, ça montait déjà un peu vers la fin du jeu.
    Il est beau, il a son style, les Scène typé manga sont assez cool et finalement les environnement assez varié [même si on passe plus de temps dehors, sur 5 heures de jeux y’a pas mal d’endroit sympa.

    Le problème: Trop simple avec les aides, trop moche sans. C’est un dilemme, soit jouer à un film, soit jouer à un jeu pâle.

    Autre problème presque similaire: Trop bloomé, c’est simple, ça brille un peu trop, surtout que tout est blanc. Mais ça donne du relief au décors donc ça va.

    Encore autre problème: Les phase de shoot toutes pourris, on croirais ces mod pour GTA qui mette une vue TPS, c’est vignoble.

    Sinon j’ai trouvé ça cool, par contre j’ai pas utilisé le Bulllet ttime qui sert pas trop à grand chose à mon goût [’fin jai fait le jeu qu’une fois sans savoir qu’il était là et après que j’ai capté qu’en fait le fait que ça mette du ralenti quand je recharge mon flingue n’était pas un bug et bien j’y pensais jamais quand il fallait.

    Je parle de négatif mais y’a pas mal de positif aussi mais là j’ai plus envie.
    RajGeneration.

  17. zmc dit :

    Ah ouais, c’est sur que si vous voyez ça comme un jeu complet et que vous avez raqués 70€ c’est autre chose…

    J’ai vu ça comme une demo technologie de gameplay gratuite, donc très positif.

  18. Naudec dit :

    On voit ça de la façon dont il a été vendu surtout. Ils nous auraient vendu ça en jeu téléchargeable à 15-20€ sans augmentation artificielle de la durée de vie et c’était l’une des meilleures surprise de 2008, un jeu rafraîchissant comme on redemande.

  19. lapphora dit :

    En 60fps @ AA8x & Aniso 16x sur PC, c’est certainement la plus grosse baffe graphique que j’ai pris sur PC, l’image est d’une propreté hallucinante, on est à des kilomètres du rendu brouillon et sale d’un Crysis même si c’est moins détaillé, moins grand etc…
    Au niveau du gameplay, j’ai adoré ce concept du “court mais intense”. Le jeu est court, certes, mais on ne s’ennuie pas une seconde, tout s’enchaine, l’univers change de couleurs, ce qui rend marquant chaque passage du jeu.
    Très franchement, si on ferme un peu les yeux, sur les gunfights un peu loupé et un gameplay un peu trop dirigiste on a le meilleur FP(A?) de 2009 avec en prime le jeu le plus novateur depuis un bon moment.

    Espérons que les ventes merdiques soient suffisantes pour avoir une suite qui n’est toujours pas officalisée il me semble.

  20. EXpMiNi dit :

    lapphora a dit :
    En 60fps @ AA8x & Aniso 16x sur PC, c’est certainement la plus grosse baffe graphique que j’ai pris sur PC, l’image est d’une propreté hallucinante, on est à des kilomètres du rendu brouillon et sale d’un Crysis même si c’est moins détaillé, moins grand etc…
    Au niveau du gameplay, j’ai adoré ce concept du “court mais intense”. Le jeu est court, certes, mais on ne s’ennuie pas une seconde, tout s’enchaine, l’univers change de couleurs, ce qui rend marquant chaque passage du jeu.
    Très franchement, si on ferme un peu les yeux, sur les gunfights un peu loupé et un gameplay un peu trop dirigiste on a le meilleur FP(A?) de 2009 avec en prime le jeu le plus novateur depuis un bon moment.
    Espérons que les ventes merdiques soient suffisantes pour avoir une suite qui n’est toujours pas officalisée il me semble.

    Oui enfin quand même c’est une skybox quoi, clair que sous UT ca a plus de gueule que sur source mais le principe est la.

  21. lapphora dit :

    Ha les skybox ça existe toujours. Je croyais que seul source utilisé ce “truc” vieux comme le monde.

  22. SPTX dit :

    ça existe encore, mais on utilise surtout les skydomes maintenant, qui sont des statics en forme de dôme (obvious)

  23. Thermostat dit :

    @lapphora: ce qui rend Crysis brouillon c’est la jungle, évidemment bien plus chaotique qu’une ville aseptisée. Le niveau dans le bateau est super propre.

  24. Spam_One dit :

    Un des seuls solos que j’ai fini et en 10 ans de fps je les compte sur les doigts des mains.

    Comme dit lapphora, ça a beau être court mais c’est intense et 10 fois mieux que n’importe quel fps bateau.
    Y’a des similitudes : maps couloirs, ennemis débiles, mais bordel la on court partout, on fait des tricks, on slalome entre les balles et chaque niveau vous baise la rétine.

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