Frêle Esquif

Journal de bord d’un Nofragé, le blog de Douceur.

Assassin’s Creed, croisade vidéoludique

Revivre l’époque des croisades au Moyen-Orient dans un jeu vidéo, l’occasion ne se présente pas tous les jours. C’est pourquoi Assassin’s Creed semble riche et intéressant sur le papier. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

Parler du scénario sans dévoiler aucun spoiler m’est impossible, et je vais donc le dire directement : Assassin’s Creed n’est pas un jeu qui se passe véritablement au temps des Croisés. Mais vous revivez cette époque grâce à une machine qui peut lire les souvenirs (qui sont ancrés au génotype de l’individu, qui l’eût cru ?) de votre ancêtre, le fameux Altaïr, un des héros les plus classes du monde. C’est ainsi que le scénario alterne entre phases se déroulant au XIIe siècle et courtes séquences survenant dans un avenir proche. Votre ancêtre est un Assassin qui n’a pas respecté le crédo (d’où le nom Assassin’s Creed) et doit se racheter en éliminant divers cibles.

Le contexte historique est propice à la visite des villes de Masyaf (votre repère), de Damas, de Jérusalem et d’Acre. Chacune des villes a été modélisée selon les critères de l’époque et les décors sont si riches que l’on devine rapidement à quel point le boulot d’Ubisoft Montréal a dû être titanesque. Rien que pour ce boulot, les petits gars ont toute ma gratitude. En effet, se balader dans chacune de ces villes est un réel plaisir tant le sens du détail importe et tant les cités sont pleines de vie. En un mot : on s’y croirait. D’ailleurs, de nombreux personnages et monuments sont fidèlement empruntés à l’Histoire, même s’ils s’y mêlent plutôt librement. Il ne faut donc pas prendre Assassin’s Creed pour un cours d’histoire interactif. Le seul élément qui fait tiquer, c’est le langage adopté par ces citoyens de la Terre Sainte, mais l’explication est donnée en début d’aventure. Pour le reste de l’ambiance sonore, il n’y a pas lieu à s’inquiéter puisque les bruits de la ville sont très immersifs et puisque Jesper Kyd (la musique de Hitman, tu peux pas test) est aux commandes pour le reste.

Le jeu suit une mécanique très (trop, sûrement) bien rodée : vous partez de Masyaf avec une cible à tuer, vous vous rendez dans la ville de l’assassinat, vous collectez des renseignements pour planifier celui-ci, vous procédez à l’assassinat et retournez à Masyaf. Cette chronologie va se répéter une dizaine de fois au cours du jeu ; elle doit constituer 95% de l’aventure. Pour obtenir des informations sur l’assassinat, il vous faudra réaliser un certains nombres de petits défis (la plupart du temps : dérober un manuscrit ou tuer des gardes). Des objectifs annexes sont disponibles, et leur réalisation permet d’augmenter votre jauge de vie. Pour cela : synchroniser votre carte de la ville en grimpant sur des promontoires prévus à cet effet ou bien secourez des citoyens. Ces tâches sont certes redondantes, mais je n’ai jamais trouvé désagréable de jouer à l’alpiniste ou de voler au secours de la veuve et de l’orphelin.

Le jeu d’Ubisoft offre un gameplay ambivalent. D’un côté, on peut jouer au petit singe pour explorer les environs. D’ailleurs, il est vraiment très facile de grimper partout. De l’autre côté, ce sont les combats à l’épée, bien foutus, mais vite répétitifs et parfois très frustrants. Être entouré de dix gardes qui vous attaquent lâchement par derrière, c’est lourd. Ajoutez à cela le fait que les villes que vous visitez sont remplis d’un nombre affolant de gardes qui, au moindre mouvement suspect, se lancent à vos trousses pour faire de vous leur méchoui. Deux solutions s’imposent alors : les affronter ou les semer. La seconde est celle que l’on finit vite par adopter. On notera également que les phases finales du jeu vous feront affronter de trop nombreuses vagues d’ennemis. Très chiant.

Altaïr, c’est un peu le George Abitbol du XIIe siècle

Jeu à la troisième personne oblige, Assassin’s Creed souffre de sérieux problèmes de caméra qui peuvent vous faire rater passes d’épée et sauts (conseil d’ami : méfiez-vous des étendues d’eau). Mais c’est bien le seul écueil de gameplay puisque l’exploration et les combats m’ont paru vraiment intuitifs. À jouer à la manette Xbox 360 de préférence. Au final, que penser de ce titre controversé ? Si l’on accepte le côté répétitif des missions et que l’on passe l’éponge sur les légères fautes de maniabilité, il ressort d’Assassin’s Creed un véritable bol d’air frais, que j’ai pris grand plaisir à explorer et à terminer. Me voilà donc dans l’attente du deuxième opus (dans l’Italie de la Renaissance), d’ailleurs plus ou moins annoncé à la fin du premier. Pour finir, une petite précision sur ce portage PC : les développeurs se sont contentés du strict minimum et quitter la partie en cours constitue une méchante blague puisqu’il faut près de dix actions pour passer de la Terre Sainte au bureau de Windows. Enfin, le format 16/9 est imposé.

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17 commentaires pour “Assassin’s Creed, croisade vidéoludique”

  1. epsylon dit :

    Chez moi (sur PC), le jeu crashe et corrompt la sauvegarde (de manière irrécupérable). J’ai recommencé deux fois, et j’en ai eu marre (se retaper 1h de tutorial a chaque fois ça devient vite soûlant). Dommage, le jeu avait l’air sympa…

  2. Julien dit :

    Ha, ben ça me rassure on a joué au même jeu.

    Je lisais “partout” qu’Assassin’s Creed était répétitif à en mourir (voir pire !), mais c’est quelque chose qui ne m’a pas vraiment marqué.
    Moi ce que j’ai trouvé regrettable, c’est le gameplay assez lourd et pas du tout intuitif, même si on finit bien évidemment par s’y habituer.
    De même certains scripts étaient redoutablement lourd, comme le fait d’être o-bli-gé putain d’écouter les remerciements de ce qu’on sauvent et d’attendre qu’un groupe d’érudits/copains/machins, arrivent pour qu’on puisse se barrer discrétos…

    Sinon, avec le recul, le fait d’affronter 20 gardes en même temps et de tous les tuer est quand même un peu abusé (même si jouissif, ha ha ha).

  3. Will dit :

    Niveau graphisme, jouabilité etc je trouve qu’il y a rien a dire c’est vrai.
    Par contre je trouve les objectifs nases, répétitifs et pas très encourageants. Personnellement, arrivé a la 3e ville j’en ai eu ras le bol, même si les villes changent et sont plutot jolies. À chaque fois c’est la même chose, va voler ça, monte en haut des tours pour découvrir la carte etc etc. Les phases dans le monde réel sont une bonne idée mais bien trop rare à mon goût et parfois sans intérêts ce qui est dommage, l’idée est sympa. Le 2eme opus devrait boucher ces lacunes, je pense qu’il sera a la hauteur cette fois enfin si ils ont bien prit en compte les remarques des joueurs.

  4. Lion2 dit :

    Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

    “Mais le jeu en vaut-il le calice ?” aurait été plus marrant… :)

  5. Este dit :

    impossible de le finir vu la lassitude des combats, des quêtes et des meutres sans parler des aller-retour pour acquérir de nouvelles missions donc au final je l’ai désinstallé et je doute sérieusement me coltiner le second en Italie. Trop répétitif :/

  6. wolfreim dit :

    @epsylon: ha toi aussi ^^ Pourtant c’est une version PC achetée dans le commerce… Dès que AC2 sera sorti, peut être que le jeu sera dispo sur bobox 360 pour 15 euros…

  7. z_qsd dit :

    Ce jeux suit une mécanique très scripté de jeux vidéo. Je ne m’immerge pas un instant dans l’époque des croisade, je me sens bloqué dans un monde de jeux vidéo ou rien ne peut d’arriver.

    - On à un gps qui nous guide à tout instant

    - Les mini enquêtes ce débloque comme des bonus permettant d’obtenir le stage suivant mais sont complètement vide de sens et n’apporte aucun indice sur l’exécution de l’assassina.

    - Les point de vu, les habitant maltraité, les drapeaux etc… ne sont que des bonus que l’on répète des dizaine de fois.

    - et On achève le tous avec une scénario Matrix.

    Bref, un super moteur, un super univers immersive complètement gâche par un gameplay trop “jeux-vidéo-esque”. Assassin creed et au jeux d’action/aventure ce que far cry 2 est au FPS. Il ne m’ont pas fais vivre une aventure, ce ne sont juste que des flippers de luxe.

  8. Kirby dit :

    Ma plus grande déception vidéoludique de cette génération.
    Par contre le jeu est vraiment magnifique, le 3e screen parle de lui-même.

  9. karna dit :

    “Assassin creed et au jeux d’action/aventure ce que far cry 2 est au FPS. Il ne m’ont pas fais vivre une aventure, ce ne sont juste que des flippers de luxe.”

    belle métaphore.

  10. Prezspurer dit :

    Idem, me suis arrêté au début de la 3e ville, sentant que j’allais refaire la même chose…
    Le jeu a un pouvoir de rejouabilité niveau zéro. Cependant les deux premières heures furent tellement agréables (ambiance magnifique, impressions de puissance etc) que je conseille l’expérience à quiconque.

    Autre défaut :
    -intérêt zéro de revenir dans les villes déjà visitées

  11. Batfly dit :

    Je suis plutôt de l’avis de Douceur, je n’ai pas trouvé le jeu si répétitif (hors il l’est, assurément) et ce parce que l’ambiance m’a tout de suite porter. Et en effet on peut se prendre au jeu, et juste pour l’emballage, totalement immersif et plein de style (Altaïr a quand même la classe), oui, on se surprendra à faire encore et toujours la même chose !

    AC pour moi est avant tout un jeu d’ambiance, muni peut-être d’un scénario bien ficellé (ça, l’avenir nous le dira -syndrome Half-Life) et la sauce peut prendre entre le soft et le joueur si ce dernier se jette dedans à fond.

    Quant à la comparaison Far Cry 2 / Assassin’s Creed évoquée plus haut, je ne serai pas d’accord. Et ce, parce que le gameplay d’AC est bien plus agréable de prise en main que Far Cry 2. Non, Douceur, les combats ne sont pas relous, au contraire ils sont d’une simplicité incroyable ! Une pression sur la gachette droite (profil passif) de ton controller 360 et tu découvriras à quel point c’est un délice (pervers, j’assume) de tuer des ennemis en ne faisant que contre-attaquer leurs propres attaques. Et quant aux phases de plate-forme, vous pouvez oublier toutes les lourdeurs d’un Tomb Raider, ce qui rend la progression dans les villes souple et encore une fois très agréable. Hors Far Cry 2, c’est sans doute un emballage attirant, mais les lourdeurs de gameplay et de progression sont si présentes que l’immersion du joueur ne prend pas.

    Personnellement, j’ai fini le jeu 2 fois, quasiment 3 fois… mais la rejouabilité est nulle en terme de gameplay, hormis pour se refarcir l’aventure du début ou pour revoir les cut-scenes (toujorus utile à l’approche du second épisode). Alors pourquoi je me suis refait AC ? Parce que j’étais toujours aussi barré dedans lorsque j’y jouais.

    Laissez vous envouter, et vous verrez, vous ne le regretterez pas. En revanche, ceux qui ne jurent que par le gameplay et s’en foutent du scénar’ ou de l’ambiance, vous pouvez circulez.

  12. drytaffin dit :

    karna a dit :
    “Assassin creed et au jeux d’action/aventure ce que far cry 2 est au FPS. Il ne m’ont pas fais vivre une aventure, ce ne sont juste que des flippers de luxe.”
    belle métaphore.

    J’admire aussi !

  13. titikab dit :

    ALT+F4 marche bien pour quitter le jeu rapidement.

  14. lanael dit :

    Je suis un peu de l’avis de tout le monde.
    * Je l’ai fini une fois avec un certain plaisir, mais je n’y rejouerai probablement jamais.
    * Le gameplay (combats, défis) est très répétitif mais agréable.
    * Le moteur tout en streaming est bandant et on regrette que son utilisation soit limitée à ça. ( Point sur lequel on peut faire le parallèle avec Far Cry 2 ).

    Ah oui, et quitter le jeu sur PC est très surprenant.

  15. Da_FaNaTiK dit :

    On dirai une conclusion de jeuxvidéo.com “Si on accepte le fait que toute les missions soient les même et ultra chiante et bien c’est un bon jeu.”

    Mais stop; techniquement le jeux est à tombé, après pour le contenu ben tu fais les 4 premières missions et tu t’aperçois que c’est toujours pareil.

  16. oBi dit :

    Je vois pas vraiment ce qu’il y a de pareil… Il y a 2 cibles par ville, les villes sont immenses, différentes. Chaque “boss” se trouve dans un contexte différent, c’est toujours un plaisir d’aller se les faire.
    Les combats à l’épée sont un peu lourds mais simples. Il suffit de parer et de lancer une contre-attaque. Too easy.
    Ne pas oublier que c’est le premier jeu où on peut se balader aussi librement en sautant de toit en toit.
    Quant au fait d’y jouer sur PC… C’est comme jouer à un FPS multi sur console.

  17. moSk dit :

    “Ne pas oublier que c’est le premier jeu où on peut se balader aussi librement en sautant de toit en toit.”

    Non, désolé. Enfin, si c’est vrai, c’est le premier jeu dans lequel on peut se balader sur les toits les yeux fermés en appuyant sur B de temps en temps.

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