Satires de partout

le blog de DindonPoilu.

Articles taggés avec ‘racisme’

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- Si je te disais “les gauchers sont des sauvages”, que me répondrais-tu ?
- Que tu dis n’importe quoi.
- Et si maintenant j’affirmais “les africains sont des sauvages”, comment réagirais-tu ?
- Je te dirais que c’est honteux de dire une chose pareille ! Les africains ne sont pas différents par nature des autres humains. Mais pourquoi tu me demandes ça, tu penses vraiment que les africains sont des sauvages ? Je te préviens, je ne me vois pas rester l’ami d’un raciste.
- Non non, ne t’inquiète pas, je ne le pense pas.
- Ah, tu me rassures.
- As-tu remarqué que tu as réagi de manière beaucoup plus virulente à mon attaque sur les africains qu’à celle sur les gauchers ?
- Oui mais en t’attaquant aux africains tu t’attaques à leur culture, à leur identité, presque à leur personnalité. Or, la sauvagerie est une caractéristique de la personnalité. Et on ne peut pas en dire autant de la main que tu utilises pour te brosser les dents.
- Tu veux dire que tu ne prendrais pas au sérieux une telle attaque sur les gauchers car il n’y a pas de rapport entre le fait d’être gaucher et celui d’être sauvage ?
- Oui c’est exactement ça.
- Je vois. Et si je te disais “les anglais sont des sauvages”, réagirais-tu aussi fortement que pour les africains ?
- Non, mais les anglais sont des gens distingués…
- Tu veux dire que, contrairement aux africains, c’est difficile d’imaginer les anglais sauvages ?
- Euh… oui, enfin…
- Désolé mais je ne me vois pas rester l’ami d’un raciste. Adieu.

Bonus
- Tu as entendu l’histoire de ces immigrés maliens arrivés clandestinement en Angleterre ?
- Oui, ces gens sont repoussants. J’ai toujours pensé que c’était un peuple de barbares.
- Eh mais tu es devenu raciste ou quoi ?
- Raciste ? Mais pourquoi ?
- Eh bien pour ce que tu viens de dire des maliens !
- Tu m’as mal compris, je parlais des anglais qui ont repoussé de manière indigne ces immigrés hors de leurs frontières.
- Ah tu me rassures, j’ai cru que tu disais du mal des noirs.
- Non, jamais de la vie. Ils ne sont déjà pas gâtés par la nature, je ne voudrais pas en rajouter une couche. Non, contrairement à ces cons d’anglais, je suis tolérant envers les étrangers.

[Edit] Suite à la lecture des nombreux commentaires ci-dessous, j’ai modifié le titre car il n’était pas assez clair. Et je lui apporte une réponse pour être encore plus clair : oui, je pense qu’on peut être raciste tout en se croyant antiraciste. L’antiracisme “primaire” peut y conduire.

C’est le sujet de l’article qui conclut le dossier La science et les races du numéro d’octobre du magazine La recherche.

Résumé de l’article :
“Après la Seconde Guerre mondiale, en réaction à la doctrine raciale du nazisme, une nouvelle idéologie antiraciste vit le jour, tributaire de la conviction que la génétique moderne est à même de fonder le principe d’égalité universelle. L’espoir était alors vif que la science se trouvait sur le point d’ôter toute légitimité à la pensée raciste en démontrant l’inexistence des races humaines. Toutefois, les progrès de la génomique ont récemment éveillé un nouvel intérêt pour la diversité biologique de notre espèce. Les résultats de ces travaux* font craindre que la recherche puisse ressusciter la notion de races humaines et ébranler ainsi l’un des principaux postulats de la doctrine antiraciste. Il est donc urgent de repenser les rapports de la science actuelle avec la vieille doxa antiraciste, afin de mieux comprendre les défis que l’antiracisme doit affronter aujourd’hui dans un nouveau contexte scientifique et social.”

* “Nos calculs ont révélé que distances génétiques et distances géographiques sont corrélées, et que la ressemblance génétique décroît de 1% par 1000 kilomètres.” (Extrait de l’article Génome sans frontières du même dossier). Mais on ne peut pas parler de races délimitées par des frontières génétiques et géographiques précises, notre espèce étant répartie sur un continuum génético-géographique.

Conclusion de l’article : “Le choix de voir en d’autres humains nos égaux, dont la seule existence nous impose l’obligation de respect, de bienveillance et d’assistance, est un commandement de la conscience, qui n’a pas besoin d’un aval de la science. Que les êtres humains soient différents ou similaires, qu’ils forment des races ou non, ne change rien à l’impératif catégorique du devoir moral. […] Que les races humaines existent ? Peut-être, mais qu’importe…”

C’est exactement l’idée que je défendais dans mes précédents articles sur ce que j’appelais l’antiracisme primaire (le fait de refuser le racisme au point de nier la différence), et cela m’avait attiré des insultes et des accusations de racisme. Je suis donc très heureux qu’un magazine de qualité m’ait donné raison.

Cet article propose donc de remplacer la science par la morale pour combattre le racisme. Pour ceux qui rechignent face à la morale, je suggère un argument d’ordre plus pratique : c’est plus agréable de vivre dans la paix et le respect que dans la haine et la guerre.

Circonstances aggravantes

Lundi 27 février 2006

Le battage politico-médiatique sur l’hypothétique origine antisémite de l’assassinat d’Ilan Halimi est tel que quelqu’un d’influençable pourrait finir par croire que de torturer et tuer quelqu’un, du moment qu’il n’est pas juif, c’est pas si mal que ça, en fait.

Depuis deux semaines, les médias insistent principalement sur l’aspect potentiellement antisémite de ce meurtre. Hier un défilé contre l’antisémitisme a eu lieu à Paris. Ce matin, à la radio, on entendait une participante regretter que la majorité des manifestants soient de confession juive. Elle aurait préféré que tous types de français se mobilisent contre l’antisémitisme. Si seuls les juifs étaient victimes de ce genre de barbaries, je comprendrais, mais je ne pense pas que ça soit le cas. Ce crime est odieux, ok, mais pas parce qu’il est antisémite. Tout simplement parce que c’est un crime. Il aurait été perpétré sur un catholique chauve, nous aurions trouvé ça bizarre de voir des milliers de catholiques chauves défiler dans la rue.

Ca change quoi que cet assassinat soit antisémite ? Il y a toujours une raison à un assassinat de toute façon, et elle est toujours mauvaise. Il y en aurait de plus mauvaises que d’autres ? Peut-être que des balèzes en droit pourront m’expliquer pourquoi on parle de circonstances aggravantes lorsqu’un crime est commis en raison de l’appartenance à une religion.

Antiracisme primaire (suite)

Jeudi 22 décembre 2005

Dans mon article précédent et dans le blog de nassos je soumets l’hypothèse que les êtres humains, ayant des différences physiques externes, ont probablement des différences physique internes, et pourquoi pas donc des différences cérébrales.

Tu tu tu, ne montez pas sur vos grands chevaux, laissez-moi finir.

Je précise que je n’ai jamais observé de telles différences, je ne fais que les supputer étant donné que chaque groupe d’individus (puisque le terme « race » est tabou) évolue dans un environnement différent qui requiert des compétences différentes. Si une mutation génétique permettant d’avoir les yeux bridés s’est si bien répandue, pourquoi une mutation génétique permettant à l’hypothalamus de sécréter plus de lulibérine ne pourrait pas se répandre de la même manière ? Beaucoup moins visible, elle passerait facilement inaperçue.

Les réactions à cette hypothèse, dans la communauté scientifique de NoFrag, ont été très vives et souvent peu encourageantes : « con », « pauvre tâche », « retourne à l’école », j’en passe et des meilleures.
On finit par me traiter de « facho » et de raciste. Ben oui, pendant qu’on y est…

Pourtant, en faisant l’hypothèse que les hommes ne sont pas tous identiques, ai-je insinué que certains seraient meilleurs que d’autres ? Ai-je fait preuve de violence, de haine envers une certaine catégorie de la population (c’est plutôt moi qui en ai reçu de la haine) ? Ca, ça aurait été du racisme.
Non, on m’a donc fait un procès d’intention (« Le procès d’intention consiste à rejeter les idées de quelqu’un sous prétexte qu’elles dissimulent d’autres idées (ou intentions) inavouables. ») qui relève du sophisme.

Donc en gros : comme mon hypothèse pourrait être reprise par des racistes, c’est qu’elle est mauvaise. Donc c’est les racistes qui posent problème, pas mon hypothèse. Et alors, mon hypothèse dans tout ça ?

Supposons que mon hypothèse soit fausse, car l’Homme étant parti d’Afrique assez récemment, des différences notables entre les groupes humains n’auraient pas encore pu être observées (un argument qu’on ne m’a même pas sorti). Il y aurait bien quelques différences de couleur, de taille, de masse musculaire, mais pas encore de différences cérébrales.
Mais alors, dans 5 millions d’années est-ce que ça sera encore le cas ? Si la mondialisation échoue, si chaque peuple vit de son côté sans trop se mélanger aux autres, ou si on colonise plusieurs planètes, des différences vont forcément apparaître, même sous notre crâne. Ce n’est qu’une question de temps.
Et est-ce que ça justifierait pour autant le racisme ? La violence entre les peuples ? Le sentiment de supériorité ? Ben j’espère que non ! Nous nous trouverions juste face à des peuples différents adaptés à des milieux et des façons de vivre différents.

C’est dangereux de faire un lien de cause à effet entre la différence entre les individus et le racisme. Car le jour où les individus seront vraiment différents, ce qui n’a rien de rocambolesque, qu’est-ce qu’on dira pour combattre le racisme ?
Je suis différent de mon chat, même cérébralement (eh oui !), et pour autant je l’aime. Je ne vois pas le problème.

Je combats l’antiracisme primaire, celui qui rend tabou toute idée mettant en relief une différence entre des individus, et qui occulte de ce fait une partie de la richesse du genre humain.

Antiracisme primaire

Jeudi 1 décembre 2005

J’ai l’impression que, depuis Hitler et Le Pen, celui qui évoque des problèmes engendrés par l’immigration (Sarkozy ou Alain Finkielkraut par ex.) est un peu trop rapidement qualifié de raciste par une flopée de gens.

Le débat sur l’immigration est devenu tabou.
On n’ose plus dire « noir », alors on le remplace par « black ».
J’ai même lu dans une revue scientifique une explication étonnante de la différence de comportement au cours d’une expérience (portant sur le jeu de l’ultimatum) entre des personnes de pays civilisés et des membres de tribus « éloignées ». L’auteur expliquait que cette différence ne peut pas avoir une origine génétique car nous sommes tous de la même espèce. Donc c’est forcément culturel, conclut-il. C’est pour moi un très mauvais argument car je peux observer beaucoup de différences physiques (donc génétiques) entre deux hommes nés dans des pays éloignés. Couleur, masse musculaire, taille (du sexe ?), forme du crâne, etc. Les différences physiques sont les plus faciles à observer, et s’il y en a autant, je ne vois pas pourquoi il n’y en aurait pas aussi de cérébrales. Ces dernières influeraient sur notre comportement, et pourquoi pas celui engendré par l’expérience dont parle l’article.
On dirait que le chercheur n’a pas osé penser/écrire qu’une différence de comportement entre un blanc et un pas-blanc pouvait avoir une origine innée.

Je pense que trop de gens sont obnubilés par la peur que toute parole dérape en propos raciste. Les conséquences néfastes (y’en a sûrement des positives) sont multiples :
D’une part ça rend le sujet tabou, et j’apprécie quand Sarkozy mets les pieds dans le plat et ose parler d’immigration (je n’aime pas tout ce qu’il dit).
D’autre part ça provoque une association d’idée pas-blanc->racisme->mal qui personnellement me gène : quand je vois une personne issue de l’immigration, je voudrais la considérer comme un être humain et non comme quelqu’un-qui-est-victime-de-racisme-et-qu’il-faut-bien-traiter-pour-ne-pas-que-quelqu’un-(moi le premier)-pense-que-mes-arrières-pensées-puissent-avoir-une-origine-raciste.