Satires de partout

le blog de DindonPoilu.

Articles taggés avec ‘histoire’

Histoire de la raconter

Lundi 2 octobre 2006

C’est l’histoire d’un animal blessé à la patte. Il sait que s’il se laissait aller à boiter, il serait rapidement repéré et dévoré par un prédateur. Il produit donc un effort considérable pour parvenir à se déplacer de manière naturelle, sans attirer l’attention. Les jours lui paraissent interminables. Mais il ne faiblit pas, se concentrant sur chacun de ses gestes pour éviter de trahir son handicap. A tel point qu’il en oublie de se nourrir.

Quand enfin sa plaie se referme, quand il peut à nouveau gambader sans peine, à l’autre bout du monde un petit garçon tend son doigt vers le ciel, mais son père n’y voit rien.

La morale de cette histoire est qu’une histoire d’a pas toujours de morale.

Dieu m’est apparu

Dimanche 17 septembre 2006

« J’ai une mission à te confier », prononça t-Il.

Il m’expliqua alors qu’Il se faisait vieux, et qu’Il ne pourrait bientôt plus prendre soin de l’humanité.

« Tu propageras Mes dernières paroles », m’annonça-t-Il ensuite.

« Mais pourquoi moi ? Je suis athée ! Enfin je l’étais. », Lui demandai-je très étonné.

Il parla à peu près en ces mots :

« Tu as bien raison d’être athée. Je n’ai jamais compris la naissance des religions. J’ai pris garde jusqu’ici à ne jamais laisser d’indices pouvant révéler Mon existence. Par conséquent, aucune religion n’est légitime. Elles ont toutes été créées et entretenues sans Mon intervention ni Mon accord, sur de bien maigres preuves.

Je vais bientôt quitter ce monde et Ma disparition passera inaperçue si tu ne la fais pas connaître. Les croyants poursuivront leurs cérémonies sans réaliser que je ne suis plus là pour les écouter. Mon silence ne les étonnera pas puisqu’il a toujours été ainsi.

Je ne suis pas le Dieu qu’ils s’imaginent. Il est temps de mettre fin aux conflits engendrés par les désaccords entre religions, en les unifiant toutes autour d’un unique message. »

Il me demanda de transmettre Son message au monde entier:

« Rien ne sert de me vénérer. J’aime autant celui qui m’ignore que celui qui me prie, de la même façon qu’une mère aime équitablement ses enfants.

Je vais mourir donc Je n’ai jamais été. Vivez sans Moi. Vivez sans dieux. Soyez de bons athées. »

Je lui exprimai aussitôt ma crainte de ne pas être cru par ceux qu’Il me demandait de prêcher. C’est alors que d’une voix faiblissante Il prononça ces derniers mots :

« Les athées ne te croiront pas, et ils auront raison, car ils ne M’auront pas vu comme tu Me vois aujourd’hui. Les croyants, quant à eux, ne te feront confiance que si une récompense leur est promise. Dis leur qu’il y a bien un paradis, et qu’ils y sont déjà. »

Et Il disparut.

La morale me casse le moral

Dimanche 10 septembre 2006

J’ai toujours détesté les histoires moralisatrices. J’ai eu envie de leur rendre hommage avec ce petit synopsis :

Un terroriste s’apprête à commettre un attentat qui pourrait entraîner la mort de milliers de personnes. Sur son chemin, il rencontre un couple avec un enfant de 8 ans. Il tombe instantanément amoureux de ce petit garçon. Il renonce à son attentat pour enlever l’enfant à ses parents et le séquestrer dans un chalet à la montagne, où il vivra une longue histoire d’amour (non partagé, l’amour).

Comme quoi, la pédophilie, ça peut sauver des vies.

Vous aussi vous avez des leçons de morale à donner ? N’hésitez pas.

Mon mecha moi

Vendredi 8 septembre 2006

Parfois j’ai l’impression d’être le pilote d’un mecha.

De ce corps que l’on m’a donné à ma naissance, je n’ai que peu d’instruments de commande et de contrôle. Du haut de ma cabine de pilotage, derrière mes deux hublots globuleux, ma marge de manœuvre est limitée : des leviers me permettent d’actionner certains moteurs, des jauges m’avertissent de l’évolution de quelques paramètres internes. Je sais par exemple quand mon mecha a faim, mais je ne suis pas mis au courant de toutes les étapes de sa digestion. Je peux tendre une jambe à tout moment, mais quand j’appuie sur « marche avant », cette jambe ainsi que les autres membres se mettent en mouvement sans que j’aie à me préoccuper de leur coordination, ce n’est plus moi qui les contrôle.

Les rouages internes de mon mecha me sont inconnus. Je sais à peu près ce qui rentre et ce qui sort, mais les informations me parviennent avec un nombre d’intermédiaires tellement important que je doute parfois de leur objectivité : toutes les transformations qui ont lieu entre la perception du prénom de ma grand-mère sous forme d’onde sonore et la visualisation de son visage dans mon imagination, toutes ces transformations, donc, ont lieu sans mon intervention. Je suis comme le commandant d’un navire qui sous-traite les fonctions de bas niveau à son équipage. Sauf la nuit.

La nuit, mon tableau de bord s’éteint. Je n’ai plus accès à rien. Mon mecha reprend les commandes. Je n’ai jamais su ce qu’il faisait, la nuit. Il me laisse bien quelques rêves en guise d’indices, mais je ne peux pas en tirer grand-chose, ils sont tellement farfelus.

Quand la lumière revient, je reprends mon rôle. Enfin, jusqu’à présent c’est comme ça que ça s’est passé. Finalement ce n’est pas vraiment moi qui décide.

Scénario de court métrage

Dimanche 31 juillet 2005

J’ai participé à un concours de scénario de court métrage sur le thème du silence. J’ai donc écrit un petit scénar s’appelant “La peur du vide”.

Voici le synopsis :
EDOUARD, un jeune étudiant au caractère réservé se retrouve dans la soirée bruyante et agitée d’un groupe d’amis. Son attitude calme et silencieuse, dans les situations où décibels et joyeux lurons sont au rendez-vous, l’empêche de trouver sa place au sein du groupe. Au fil de la soirée, il s’exclue progressivement de la partie. Sur le trajet du retour, il marche seul avec CLAIRE, une fille du groupe. Il est alors beaucoup plus détendu, et prêt à se livrer. Mais c’est trop tard, CLAIRE n’a plus le temps (d’après ses dires). C’est alors par l’intermédiaire de son imagination qu’EDOUARD se livre à elle. Il exprime l’hypothèse qu’elle et ses amis ont peur des personnes réservées comme lui. Par leur silence ils symbolisent à leurs yeux l’ennui, le doute, et pourquoi pas la mort. Il imagine alors une situation dans laquelle il impose le silence et le doute à une foule de fêtards, provoquant la panique et la fuite de ceux-ci.

Et voici le scénario.