Satires de partout

le blog de DindonPoilu.

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L’oiseau bleu

Samedi 8 décembre 2007

C’est mon coup de coeur du dernier spectacle d’Edouard Baer (qui en sort un nouveau très bientôt)

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[Film] Edouard Baer - La bostella

Dimanche 8 octobre 2006


C’est le week-end Edouard Baer ou quoi ?

Ce soir sur W9, à 20h45, ne manquez pas le meilleur film de tous les temps (mais qui a fait un flop) : La bostella, premier film d’Edouard Baer (depuis, il a fait Akoibon).

Conseil avant de voir La bostella : Regarder le Centre De Visionnage.

Edit : Extrait de La bostella (merci Raoul).

[Vidéos] Edouard Baer

Samedi 7 octobre 2006

Bonsoir,

Avec nous aujourd’hui, Edouard Baer. Edouard Baer était petit avant de devenir grand. Mais il a surtout la particularité d’avoir considérablement participé au développement musculaire de mes zygomatiques.

Mais “le jeune n’aime pas la théorie, le jeune veut du concret” entend-on dans les pique-niques mondains prêt de Biarritz. Alors comme ça tu veux du concret le jeune ? Eh bien te voilà servi :


Sur ce site tu trouveras
- 56 épisodes du Centre De Visionnage,
- le poignant documentaire Qui Va Pino Va Sano dans une qualité inégalée,
- d’autres reliques de l’ère Baer.

Pain à vous.

Je voudrais vous faire partager un moment de lecture très agréable que j’ai vécu hier alors que j’avais sur les genoux le roman “Le mystère de la patience” de Jostein Gaarder.

“- Est-ce que tu crois aux coïncidences, Papa ?
[…]
- Tu veux en fait savoir si je crois au destin, répondit-il, pas mécontent, je pense, que son fils s’intéresse enfin à des questions d’ordre philosophique. Eh bien, ma réponse est non.
[…]
- Je ne crois pas que ma naissance soit le fruit du hasard, dis-je.
- Pause-cigarette ! lança mon père.
J’avais dû dire quelque chose qui était de nature à faire jaillir du fin fond d’un tiroir d’archives un de ces mini-exposés dont il avait le secret.
[…]
- 1349, commença-t-il.
- La peste noire, dis-je.
[…]
- Bon, continua-t-il sur sa lancée, tu sais que la peste noire décima la moitié de la population norvégienne, mais je vais t’apprendre à ce sujet quelque chose que je n’ai jamais raconté.
Avec une telle entrée en matière, je sus que j’étais bon pour un long exposé.
- As-tu déjà songé que tu as des milliers d’ancêtres ? reprit-il.
Je secouai la tête en signe d’impuissance. Comment était-ce possible ?
- On a deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grand-parents, etc. Si tu remontes jusqu’en 1349, ça en fait un joli nombre.
J’acquiesçai.
- Donc, la peste bubonique survint. La mort se répandit de village en village et toucha surtout les enfants. Dans certaines familles, il n’y eut pas un seul survivant, dans d’autres une personne ou deux en réchappa. Toi-même, tu as eu beaucoup d’ancêtres à cette époque-là, Hans-Thomas. Mais aucun d’eux n’est mort.
- Comment peux-tu en être si sûr ? lui demandai-je interloqué.
Il tira sur sa cigarette et dit :
- Parce que tu es assis ici à regarder l’Adriatique.
Il avait encore une fois réussi à me clouer le bec. Je savais qu’il avait raison car si un seul de mes ancêtres était mort enfant, il n’aurait jamais pu être mon ancêtre.
- La probabilité que pas un seul de tes ancêtres ne meure pendant sa croissance était de l’ordre d’une sur des milliards et des milliards, continua-t-il.
A partir de cet instant, mon père laissa échapper un flot de paroles ininterrompu.
- Il ne s’agit pas seulement de la peste noire, vois-tu. Le fait est que tous tes ancêtres ont grandi et ont eu des enfants, même au cours des pires catastrophes naturelles, même à des époques où la mortalité infantile était importante. Beaucoup ont sans doute été malades, mais ils ont toujours réussi à s’en tirer. Vu sous cet angle, on pourrait dire que tu as frôlé la mort des centaines de milliards de fois, Hans-Thomas. Ta vie sur cette planète a été menacée par des insectes, des bêtes sauvages, des météores, la foudre, la maladie, la guerre, les inondations, les incendies, les empoisonnements et les tentatives d’assassinat. A la fameuse bataille de Stiklestad, tu fus peut-être blessé des centaines de fois. Car tu as dû avoir des ancêtres des deux côtés… Oui, il faut imaginer que tu as combattu contre toi-même, j’entends par là contre tes probabilités de naître trois siècles plus tard. Ce fut le même scénario pendant la dernière guerre mondiale. Si ton grand-père avait été tué par de bons patriotes norvégiens pendant l’Occupation, ni toi ni moi n’aurions vu le jour. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que cela s’est produit des milliards de fois à travers l’histoire. Chaque fois que les flèches se sont abattues quelque part, tes chances de naître étaient réduites au minimum. Et pourtant tu es bel et bien là à parler avec moi, Hans-Thomas.
[…]
- Je parle d’une longue suite de hasards, poursuivit mon père. En fait, cette chaîne remonte jusqu’à la première division cellulaire qui fut à l’origine de tout ce qui pousse et croît sur la planète aujourd’hui. La probabilité que ma chaîne ne soit pas brisée à un moment ou à un autre au cours de ces trois ou quatre milliards d’années a beau être infime, le fait est que j’ai réussi à être là. Et comment ! Je me rends compte du pot fou que j’ai d’être en vie, là sur cette terre, avec toi. Et je sais du même coup la chance qu’a eue le moindre petit insecte ici sur cette planète.
- Et ceux qui n’ont pas eu de chance ? demandai-je.
- Ils n’existent pas ! s’écria-t-il. Ils n’ont jamais vu le jour. La vie est une gigantesque loterie où seuls les numéros gagnants sont visibles.”