Satires de partout

le blog de DindonPoilu.

[Tutoriel] Devenir un grand poète

Pour devenir un grand poète, il te suffira de respecter les étapes suivantes :

1 – Improviser des rimes qui ne veulent pas dire grand-chose (ou rien d’intéressant, ou rien qui mérite d’être écrit en rimes). Exemple :

Je suis une dune de Bretagne
Je déteste les montagnes
Ce que j’aime ce sont les gens
Surtout ceux qui ont des dents

2 – Mourir (jeune, si possible).

3 – Attendre (facile si t’es mort) qu’un désespéré trouve un sens profond à tes écrits. Exemple :

C’est l’histoire d’une dune qui rêve de devenir une montagne (la preuve elle déteste les montagnes, elle en est jalouse). Elle les aime les touristes qui la foulent car leurs dents ont la forme des montagnes et la petite taille de celles-ci, comparée à la sienne, lui procure un sentiment de domination, et lui fait oublier la frustration de n’être qu’une dune de Bretagne.
Ce poème exprime avec finesse et ambivalence, à la fois la petitesse de l’Homme fasse à l’infiniment grand (représenté par la montagne) et sa grandeur fasse à l’infiniment petit (représenté par la dent).
L’allusion à la Bretagne n’est pas anodine car côtoyant l’océan elle symbolise une rupture entre le massif montagneux orienté vers le ciel, et l’océan orienté vers la Terre. On sent par cette opposition franche que l’auteur a voulu nous rappeler de manière subtile que si la mer est bleue, ce n’est pas parce que le ciel s’y reflète.
Ce dernier point nous permet d’en savoir plus sur la personnalité de l’auteur, qui semble partagé entre Ciel et Terre, entre euphorie et dépression. Mais ce poème est encore plus révélateur quand on sait que son auteur a vécu toute sa courte vie avec des dents à l’intérieur de sa bouche.

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18 commentaires pour “[Tutoriel] Devenir un grand poète”

  1. handsome dit :

    Sinon, tu tournes à quoi?

  2. DindonPoilu dit :

    à gauche bien sûr !

  3. Pyoupyou dit :

    Non là tu réponds à la question : tu tournes où ?

    Donc tu tournes à quoi ?…

  4. LeLapinRose dit :

    Tu aurais pu prendre mon poême comme exemple

  5. DindonPoilu dit :

    à l’épaule bien sûr ! C’est plus réaliste.

  6. [Clan_Pin]Gouin dit :

    Dindon tu es déjà trop vieux.

    John Keats, ca c’est du poète.

  7. Pyoupyou dit :

  8. DindonPoilu dit :

    LeLapinRose : meurs, après on en reparle.

  9. aliocha dit :

    ça fait quoi ? 60 ? 70 ans que les rimes c’est has-been ?
    et y a un hiatus pas terrible dans le dernier vers…

  10. DindonPoilu dit :

    Et si ce hiatus était la clé ? La clé pour décrypter tout le poème ?

  11. Crampe dit :

    ça me fait penser à je ne sais quel poète connu qui était passer à la télé. Il racontait qu’un jour son fils lui avait dit ( en vers sûrement, mais je suis trop nul pour m’en souvenir): "papa on étudie un poème de toi en classe. Cette métaphore elle veut dire quoi ?" et le papa pouet lui avait répondu: "je sais pas, j’ai trouvé ça joli alors je l’ai placé là".

    Toutes ces années "d’études" pour ça…

  12. DindonPoilu dit :

    Haha, merci pour l’anecdote.

    Je voudrais dédier ce moment aux cours de français que j’ai eus au lycée. Qu’ils reposent en paix.

  13. aliocha dit :

    c’est une légende urbaine qui doit tourner dans toutes les facs de france… un peu comme l’histoire que les étudiants en médecine racontent souvent :

    un jour le prof a dit à l’amphi : "la qualité principale d’un bon médecin c’est l’observation : prenez le diabète… pour savoir si un patient est diabétique, il faut goûter l’urine et déterminer si elle est sucrée."
    et de joindre le geste à la parole : le médecin trempe le doigt dans un flacon d’urine, le met dans sa bouche, puis déclare : "cette urine est sucrée, le patient est donc diabétique ! à votre tour, venez mademoiselle (il choisit une étudiante au hasard), il faut vous entraîner dès maintenant à la difficile profession qui est la nôtre."
    la pauvre fille se sent obligée et finit par goûter l’urine avec une grimace de dégoût…
    "mademoiselle, vous ne serez jamais un bon médecin car vous ne faites pas preuve d’observation : si vous l’aviez fait, vous auriez vu que j’ai trempé l’index puis léché le majeur."

    j’adore ce genre d’histoires :p

    pour revenir dans le sujet, désolé que tu aies eu un mauvais prof car ces études ont un véritable intérêt : elles ont formé les gens qui t’ont appris à lire, elles permettent de comprendre des auteurs aujourd’hui illisibles comme villon ou rabelais, et surtout, elles permettent de transmettre les règles qui sont utilisées en poésie…

    et un hiatus ne peut pas être une clé, c’est une faute de prosodie :)
    d’ailleurs, pourquoi ton poème est-il invendable, même après ta mort ?
    déjà, rien qu’à la construction générale on sent que c’est fait au pif : 9(10 avec une diérèse un peu malheureuse)/7/8/7, c’est pas très équilibré bien que la rime se veuille plus classique (AA(en riche)/BB(en pauvre hélas)) ; en plus, ça sonne pas terrible et c’est rempli de nasales à la fin : on/en, on a l’impression d’ânonner en lisant ça à haute voix, bref, c’est un peu lourd…
    ce sont juste des remarques en passant sur la sonorité du quatrain, il ne faut pas oublier que la poésie est un art oral, c’est pas fait pour être lu aux chiottes, ça s’écoute, pense à ça quand tu tenteras de rimallier un ou deux beaux vers pour ton futur coup d’un soir…

    maintenant le sens… un artiste doit pouvoir peindre ton poème et ceux qui le verront dire : "mais c’est exactement à ça que j’ai pensé quand je l’ai lu !" il va faire quoi monet si il lit ton morceau ? peindre une bigoudène à moitié édentée qui sourit sur un tas de sable à plouhinec ? avec des touristes derrière (la dune aime les gens) ?

    Je suis une dune de Bretagne
    c’est pas critiquable, ça met en situation on va dire : on voit tout de suite le topo, le ciel pesant, les chardons, les liserons, les canettes de bière… en plus c’est une personnification, on sent que le poète veut aller plus loin, qu’il essaie de nous transmettre quelque chose même s’il a du sable plein la bouche, on va tenter l’interprétation : la douceur et la fragilité de la dune s’oppose à la dureté tranchante et à l’éternité des falaises de la pointe-du-raz… on verra si ça tient la route…

    Je déteste les montagnes
    perso, j’aurais mis un truc comme Et j’abhorre les montagnes, le "et" pour le rythme, et "abhorre" parce qu’une dune ça doit tellement être jalouse d’une montagne que ça fait plus que la "détester" (comme ma petite cousine déteste quand elle a un cailloux dans la chaussure…) ; m’enfin, après tout, la dune elle a pas dû voir beaucoup de montagnes en bretagne…
    donc, je pense que l’on ne me contredira pas si j’écris que ça exprime un bête complexe d’infériorité : le poète, pas celui qui a écrit le truc mais l’entité qui parle par le biais de la personnification (ça sert à ça), n’aime pas ce qui l’écrase en hauteur… je doute qu’il y ait une histoire de dune qui se soit cassée une jambe l’année dernière à avoriaz derrière tout ça…

    putain, j’ai la flemme de faire le reste :)

    mais bref, c’est pas parce qu’un prof certifié a pas compris ses cours de fac et se la raconte au lycée devant des pauvres gamins qui lui ont rien demandé qu’il faut tous les mettre dans le même sac… la poésie est un art aussi noble et complexe que les autres, et comme tous les arts, elle a ses critiques aussi nobles et complexes que les autres…

  14. Sir_carma dit :

    Amen.

  15. DindonPoilu dit :

    aliocha : je suis conscient de n’avoir exprimé ci-dessus que mon ressenti et qu’il ne représente du coup pas forcément celui de la masse.
    C’est d’ailleurs ce qui me faisait flipper à l’époque : je voyais tous ces c*** boire les paroles de ces profs sans esprit critique. "Ah c’est beau ? Ok, vous devez avoir raison, c’est vous l’expert".

    et puis tu dis : "abhorre" parce qu’une dune ça doit tellement être jalouse d’une montagne que ça fait plus que la "détester"
    Mais qui te dit que la jalousie est vraiment ce que j’ai voulu exprimer ? J’ai analysé mon poème après l’avoir écrit, pas l’inverse.

    Et s’il y avait une recette pour rendre un poème plus joli, ça ferait perdre toute subjectivité à l’appréciation de cet art. Ca ne serait plus un art.

    Les dissonances sont peut-être voulues dans mon poème, peut-être pour mettre en valeur le caractère imparfait de tout acte humain. En ce sens mon poème est plus profond que beaucoup d’autres. En fait je suis peut-être même l’artiste ultime. Celui qui ne cherche pas la beauté, celui qui transcende l’esthétique, et l’homme par la même occasion. Celui qui s’approche le plus de Dieu.

  16. aliocha dit :

    cherche pas, t’arrives pas à me faire croire qu’il est bon :D
    et en plus tu l’as dit toi-même, tu l’as chié en trois minutes, t’es grillé ^^

  17. handsome dit :

    Hm aliocha, tu te la hmpètes sevère !!

    j’en ferais autant si j’avais tes connaissances en la matière.

  18. DindonPoilu dit :

    Mais ça ne fait qu’amplifier mon mérite mon cher aliocha :) Appelle-moi Maître, tiens, pour la peine.

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