Perdu. Et puis non.
Je déchante chaque jour un peu plus, tout en continuant pourtant de croire que le projet a du bon, alors que pas un seul des investisseurs rencontrés ne donne suite.
Parallèlement je décroche un premier client « Sandbox ».
On n’est pas encore à faire du temps réel, mais nous produisons des films d’animation avec le moteur de CRYTEK.
Les architectes apprécient énormément le fait de pouvoir, une heure avant la production définitive du film, modifier des éléments du projet. Premier projet, première galère, sans aucun soutient technique de la part de CRYTEK. D’un autre côté, ce silence radio allemand est pour nous l’occasion de mettre les mains dans le cambouis, et de se dire qu’à chaque avancée de notre part cela contraint un peu plus Crytek.
Nous sommes courant de l’été 2005.
Du côté de chez Crytek, la mise en place de notre société commune est laborieuse.
Entre leur projet de jeu qui prend de plus en plus de temps, la gestion de leur entreprise qui ne fait que grossir, la distance, et leur manque de volonté évidente de faire avancer le projet, il nous arrive de penser que ce projet n’aboutira jamais. Je passe par des phases de découragement total.
De plus, la piste de recherche d’investisseurs ne donne absolument rien.
Sauf des dépenses.
Voyage à Paris (en France rien ne se passe ailleurs qu’à Paris….), hôtel, voyage, montage de dossiers. On claque le peu d’argent que la société dégage pour un résultat nul. Le pire étant que jamais nous n’allons au fond des choses. A aucun moment nous ne subissons un flot de questions sur notre dossier. Nous ne franchirons jamais le premier barrage du coup d’oeil sur l’executive summary probablement peu séduisant et pas en accord avec les secteurs dans lesquels ces sociétés investissent.
Ce qui va nous sauver c’est un deuxième client « Sandbox », celui-là, particulièrement intéressé par le temps réel, avec lequel nous négocions un contrat important.
Nous sommes au mois de septembre 2005 et après un long mois de négociation nous signons avec lui à la fin du mois. Alors qu’en tant qu’architecte j’avais privilégié la piste des projets du bâtiments pour vendre notre solution, ce premier client vient lui du monde du bateaux et notamment des aménagements portuaires.
Du côté des « contingences techniques » c’est le minimum syndical.
La société n’a plus de bureau, nous squattons le sous-sol de mon associé, les machines commencent à faire la gueule et nous organisons toutes les démos et notre premier projet sur ma machine perso, la plus puissante du moment (AMD 3800+ 6800 GT 1Go de RAM).
C’est au même moment, et je l’ai su bien plus tard, c’était une volonté de leur part, que Crytek décide de revenir dans la danse. Enfin un nouveau rendez-vous, nous allons pouvoir leur montrer notre premier projet et avancer sur la constitution de la société.
Cela fait exactement un an que nous avons établis notre premier contact avec eux.
Le 15 novembre 2005, départ à 5 heures du matin pour Nuremberg via Munich. Rendez-vous avec Avni, l’un des trois frères Yerli, à l’aéroport. On va le croiser à la faveur d’un déplacement.
Le matin, je pense à la tirade sur les déplacements en avion du film Fight Club. Le décalage horaire en moins.
Je retrouve sur place mon associé qui lui, arrive de Paris.
Je trouve incroyable que l’on arrive à organiser une réunion dans ces conditions. Mais la technologie nous soutient de tout son poids : mobile, portable, wifi, tout y passe pour optimiser le temps de travail et faire en sorte que ce déplacement soit le plus efficace possible.
Et il le sera.
On parle de notre travail, de leur prochain jeu, du CRYengine 2 (Avni m’a certifié que le passage jour/nuit allait se faire en temps réel), on parle d’Half Life 2, de FEAR et de QUAKE IV.
Nous lui expliquons que de notre côté, les choses avancent bien, que les premiers clients arrivent, et qu’ils sont plutôt contents de ce que nous produisons. Avni est surtout intéressé par ce que nous montrons, et en quoi cela répond aux attentes de nos clients.
Nous avons aussi une réponse à une question qui nous obsédait.
Allons nous avoir accès au Cryengine 2 après la sortie de leur prochain jeu, ou avant ?
La réponse est claire : dés que nous avons une version totalement stable, probablement aux alentours du mois de mars/avril.
Nous leur demandons s’ils peuvent venir nous soutenir au salon IMAGINA au mois de février. Ils acceptent et seront avec nous pendant les trois jours. Bien évidemment, le fait que cela se passe à Monaco, à une période ou la température à Coburg ne dépasse pas les 2 degrés, n’est pas totalement étranger à leur venue. Mais nous voyons là un geste qui montre que leur attitude a changé et qu’ils regardent notre projet avec un œil neuf. On sent que de leur côté les choses commencent à se solidifier.
Nous avons fait les preuves de notre volonté et de notre ténacité. Nous gagnons peu à peu leur confiance et les liens se resserres.
Carton plein.
Prochain objectif : IMAGINA.
27 février 2006 à 11:46 Citer
Je veux la suite bordel !!!
27 février 2006 à 13:17 Citer
La vie est un long fleuve tranquille.
La création d’une société et la négociation l’est aussi, mais le voyage se fait sur un radeau sans rame et sans voile.
Big up pour Imagina.
27 février 2006 à 13:28 Citer
"On parle de notre travail, de leur prochain jeu, du CRYengine 2 (Avni m’a certifié que le passage jour/nuit allait se faire en temps réel)"
> ça c’est une excellente nouvelle !
La suite !
merci.