Massif
Samedi 27 février 2010Souvent, un jeu auquel tu joues parce qu’on te l’a filé et que t’as rien d’autre sous la main est mal barré. Quand on me l’a filé, le marketing avait fait son boulot : MAG était pour moi le FPS sur PS3 auquel tu peux jouer à 256. Mon intérêt était proche de zéro.

Heureusement le tutoriel était bien fait, et rapide. Les premières parties en mode suppression (team deathmatch) distrayantes, avec un bon point pour les sensations, mais une neutralité forcenée sur l’univers et la direction artistique…
Le truc qui m’a fait continuer, c’est l’envie de découvrir les maps pour 128 et 256 joueurs (ces dernières sont disponibles à partir du niveau 8). Après tout si tu vas à Strasbourg autant bouffer une choucroute, histoire d’avoir un truc à raconter.

Arrivé au niveau 8, j’avais eu le temps de commencer à orienter mon soldat vers une filière et donc de mettre le doigt dans l’engrenage du leveling du jeu, très bien étudié (et encourageant la spécialisation). Les 1ères parties sur les plus grandes map sont destabilisantes, on reçoit par radio les updates des différents platoons, les balles fusent de beaucoup trop d’endroits, on a du mal à se concentrer simultanément sur le combat, le radar (qui peut révéler les positions ennemies si un officier ordonne un satellite scan), l’objectif, etc.

Rapidement les batailles massives du mode domination deviennent grisantes. Toutefois, à partir du niveau 12 j’ai ressenti une certaine frustration causée par la lenteur de mon leveling, surtout quand je voyais les masses de points d’expérience amassés par des soldats de mon squad lors d’une même partie sur une même map.
Mon style loup solitaire qui fait du tourisme sur la map en fragant les ennemis rencontrés me condamnait à une évolution d’escargot, à nettoyer les chiottes tandis que mes camarades s’envolaient vers des carrière prestigieuses.

Le système m’a contraint à rentrer dans le rang, à suivre les ordres de mon squad leader, à étudier mes configurations d’équipement pour en avoir une pour les différentes situations (commando, défense sur domination, défense sur acquisition etc).
Le genre de truc qui signifie sacrifier ses grenades pour inclure un kit de réparation parce qu’en défense des ordres de réparation sont souvent donnés. La limite d’équipement amène d’ailleurs à faire des choix douloureux (je peux pas emmener mon nouveau bipode ET un medkit ?? Meeeerde) ce qui est plutôt cool.
Le système ? Le squad leader clique sur un objectif sur la carte, cet objectif devient l’objectif prioritaire du squad. Il est affiché sur le hud. Les points d’expérience acquis pour toute action accomplie à proximité immédiate sont doublés. L’effet carotte est saisissant. Le squad se jette comme un seul homme sur l’objectif. Les communications par casque servent à fignoler « ennemi sur le toit » etc.
Ce qui rend ce système exceptionnel ce sont les différentes couches de commandement. Le squad leader commande 8 hommes. Sur une map de 256 joueurs, 4 platoon commanders dirigent chacun 32 hommes (4 squads) et l’Officer in Command supervise la totalisé des 128 hommes.

Le squad leader fait bénéficier les soldats qui restent à sa proximité de bonus, pour favoriser la cohésion du squad. Enfin il a différents « pouvoirs » à sa disposition: bombardement, etc. Il va souvent désigner les objectifs en direct avec son crosshair.
Le platoon commander coordonne la conquête des objectifs dans son secteur, ses pouvoirs sont plus nombreux et peuvent affecter un rayon d’action bien plus grand (il passe pas mal de temps sur la carte).
L’OIC (Officer in Charge) a encore plus de pouvoirs, qu’il peut utiliser sur toute la carte.* Il passe donc pas mal de temps à regarder la map et l’évolution de la bataille, pour décider d’utiliser ses pouvoirs ou donner des ordres afin de corriger ce qui se passe mal.

Chacun des types d’officier peut communiquer vocalement avec les officiers de même rang, les rang-1 et les rangs +1. Un OIC peut, d’après ce que j’ai compris, parler simultanément à tous les officiers (squad leaders + platoon commanders, ça fait du monde). Le système de canaux permet de choisir à qui tu t’adresses. Genre en tant que squad leader, maintenir le d-pad vers le haut permet de parler à son platoon leader sans que ton propre squad t’entende. « Je les envoie manger des obus pour faire diversion pendant que Alpha nique l’artillerie ? Ok ». *Clic* « OK LES GARS AVANCEZ GO GO GO! (…) Ouais je vous rejoins dans 2 secs, j’ai un problème de… fermeture éclaire ».
Je m’étais lancé dans ce jeu pour voir, maintenant, je suis autour du niveau 30, j’ai envie de développer mon soldat et encore plein de trucs à essayer.
Battlefield Bad Company 2 sort bientôt, et il est certain qu’il sera plus sexy (graphismes), offrira de meilleures sensations (du point de vue des armes), sera dispo sur PC, et sera plus joué. Je switcherai sûrement à un moment, vu que des potes ont prévu de se le payer.
Mais je sais déjà que ça me paraîtra un peu basique par rapport à MAG. Maudire l’OIC avec mes camarades poilus-high-tech, alors que les obus pleuvent sur la tranchée, me manquera.
*Pour l’instant je n’ai commandé que peu de fois. Je prends le commandement du squad quand il est vacant ou si le squad leader est nul (squad leader expulsable sur vote unanime). Les passages sur l’OIC et le platoon commander sont donc écrits d’après ce que je constate ingame ET sur les forums.
Les trois factions.
Je ne me suis pas appesanti sur l’univers du jeu, pas original pour un sou: Trois firmes militaires privées se livrent une guerre pour dominer le marché.
SVER : Issus du tiers-monde, un petit relent fanatiques/terroristes, aspect low tech, leurs maps oscillent entre décharge publique et ambiance Mad Max. Apparemment la faction la plus populaire parmi les joueurs (tru rebelz)
Valor : Amérique du nord, un petit relent GI Joe/vietnam avec les biceps apparents et le paquet de clope dans le casque, les maps sont rustiques, forestières.
Raven : Européens, un relent Ghost Recon/Killzone, high tech et accent de méchant (anglais ou allemand donc), leurs maps sont souvent ambiance Rio de Janero dans lequel des starship troopers se seraient installés (ouais chelou mais ça rend pas mal).







