La Celibat’ cave (le blog de Celibatman)
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juin 2010

Dark Knight: la meilleure critique du monde.

Samedi 16 août 2008 à 2:56

J’ai vu The Dark Knight et je m’en vais vous livrer la meilleure critique du monde de ce film.

Tout d’abord, je dois vous dire que je vous hais. Oui, vous, qui avez peu ou prou entretenu le buzz autour de ce film, laissant entendre qu’il s’agissait d’un chef d’oeuvre, je vous ai cru, et je suis allé le voir les yeux brillants d’un espoir enfantin digne des veilles de noël. Et j’ai vu le film. Et pour ça, je vous hais.

Tout commence par Batman Begins, qui à ce titre porte plutôt bien son nom.
Batman Begins, c’est ce film que tout le monde a trouvé "super" à sa sortie, et dont tout le monde s’accorde pour dire maintenant qu’il était somme toute assez mauvais.
Même casting, même réalisateur, et (à une personne près) même scénariste, Batman Begins, cette horrible merde en sépia où des méchants menacent de faire SAUTER UNE CANALISATION D’EAU (oh, je suis navré de t’avoir spoilé l’incroyable twist du film), est le premier volet de ce qui sera je l’espère (mais j’en doute) un diptyque anecdotique dont on ne parlera plus guère, dans un avenir proche, que pour faire allusion à Heath "t’es mort" Ledger, pour dire "c’est con, je l’avais vu se faire défoncer la rondelle dans brokeback mountain, il avait l’air d’un mec sympa".
Batman Begins n’est pourtant pas qu’un simple etron sur celluloïd, il s’agit également d’un coup de semonce, d’un avertissement. On pourrait comprendre le message du film ainsi "ô toi qui vient de te faire sodomiser à hauteur de 9 euro et d’une canette de coca hors de prix, sache qu’il s’agit là du premier méfait d’une longue liste, car sodomisé tu seras encore quand notre campagne marketing et tes copains décérébrés t’auront convaincu que la suite sera mieux".

Voilà pour Batman Begins, je m’en vais maintenant vous expliquer pourquoi sa suite est nulle à en chier du sang.

Batman The Dark Knight, premier film à atteindre les 200 millions de dollars de recettes en cinq jours sur le territoire américain, est le film a succès de l’été. Avant de nous pencher un peu plus sur son cas, écoutons ce qu’un attardé d’allociné à dit à son sujet:

sebwalker - le 15/08/2008
"eh ben qu’elle claque ce deuxième batman, le joker est excellent et le scénario trés habille comme pour le premier, plus sombre et plus émouvant ce batman the dark night séduira surement tous le monde un trés grand moment de ciné"

Cette insulte à l’intelligence qu’est sebwalker, que je ne connais ni d’ève ni d’adam (fort heureusement, sinon je me serais vu contraint de le TUER) met bien malgré lui le doigt sur un point essentiel: le scénario est "trés habille comme pour le premier". Malgré les 4 étoiles que ce connard donne au film, sa phrase est une vraie mise en garde. C’est du niveau du premier.

En effet, l’ambiance est la même (comprenez par là que le parti pris du film a été de faire des économies sur l’éclairage), la durée est à huit minutes près la même, et l’aptitude à gâcher des rôles incarnés par des acteur de talent est tout aussi systématique. On aura ainsi Michael Caine qui aura renouvelé son ordonnance d’anti dépresseurs qui l’avait déjà rendu amorphe dans le premier opus, Morgan Freeman en gentil assistant qu’on sort de sa boîte en carton une fois toutes les heures pour qu’il joue les animateurs de téléshopping proposant des gadgets ridicules fabriqués à l’aide d’un savant mélange de trombonnes et de poils pubiens. Je ne parle pas de Cillian Murphy qu’on croise assis le cul parterre à sourire bêtement, je suppose qu’on l’a casé là pour (oh mon dieu, ça me fait mal rien que d’y penser) LA SUITE de the dark knight.

Mais je ne vous ai pas encore parlé de la pire erreur de casting de l’histoire des Batman:

Cette horrible pute.

Bruce Wayne se tape des top modèles russes tout au long du film, mais cherche absolument à reconquérir le coeur de cette horrible actrice qui n’est vraisemblablement étoile montante du cinéma américain que parce qu’elle doit sucer véner tout chybre passant à proximité.

Voici une image représentant les dernières actrices de blockbusters basés sur des comics (Iron Man, Batman, Hulk).

Je crois qu’il est inutile d’en dire plus, et pourtant, avoir à subir son abominable tronche de toxico transexuelle est une vraie NDE (near death experiment).

Passons maintenant aux points positifs du film (avant de revenir, rassurez vous, à tout ce qui fait que cette merde n’aurait jamais dû exister).
Le Joker est bien joué, dommage, l’acteur est mort.
Gary Oldman fait très bien le type anodin. Super.
Les dialogues sont par moments très bien trouvés, mais auraient leur place dans un film new yorkais en noir et blanc plutôt qu’un blockbuster; ici, ils servent surtout à se faire chier.
Le scénario aurait presque pu être bien, mais il faut bien admettre que toute la première partie du film n’a pas de direction claire (dommage que le film dure plus de deux heures, je vous laisse imaginer à quel point la première partie du film peut paraître LONGUE) et que la seconde aurait largement pu être traitée d’emblée.
L’avantage avec les films de deux heures et quart, c’est qu’on se dit qu’on en aura au moins pour son argent. Sauf qu’on oublie trop souvent que pendant ces deux heures et quart, on a de fortes chances de se faire CHIER.
La direction artistique est notable. Mais uniquement parce qu’elle est différente de l’univers Burtonesque ou des abominations en lycra qu’on nous a servi par la suite dans la plus que contestable saga des Batman.

Bien. Les points négatifs, maintenant:
C’est très simple.
Je suis allé voir le film, et je n’ai STRICTEMENT RIEN RESSENTI. RIEN.

Les scènes d’action sont certes confuses, mais là n’est pas le problème. Après tout, c’est la mode depuis qu’un sombre connard a décidé d’imiter Tony Scott sans en avoir le talent et nous a pondu Jason Bourne 2, filmé par son cadreur myope.
Le véritable problème est le manque de cohérence entre les plans.

Je m’explique: il y a de ça plus de 30 ans, un type nommé Hitchcock mettait un point d’honneur à travailler la valeur de plans pour leur donner une cohérence destinée à provoquer des sensations chez le spectateur. On s’étonnera par conséquent que ses films, en comparaison à petit budgets, puissent nous couper le souffle, nous faire frémir, là où The Dark Knight ne parvient à faire frémir que par la laideur du rôle féminin (voir le paragraphe intitulé "cette horrible pute").

Dès le troisième plan (on passe sur l’explosion en bleu et le travelling avant sur un building, qui mettent dans l’ambiance), l’action est filmée comme elle aurait pû l’être dans n’importe quel téléfilm. A croire que Nolan suçait ses camarades dans les chiottes de son école de ciné pour s’acheter du crack, au lieu d’aller en cours. On se retrouve à regarder l’action sur l’écran comme on regarderait un reportage de Zone Interdite, sauf qu’au lieu de Mélissa Theuriau, on a cette horrible pute (voir le paragraphe intitulé "cette horrible pute").

Aucun liant entre les plans, aucune volonté de tenir le spectateur en haleine, à tel point qu’on croirait que le storyboard a été fait en braille.
Alors oui, il y a un casting impressionnant, mis à part cette horrible pute (voir le paragraphe intitulé "cette horrible pute"), mais inutile, oui il y a des explosions, mais rien qui ne fasse frémir la rondelle du spectateur (en comparaison, souvenez-vous de la seule explosion qu’il y a dans Bullit, et à quel point elle est choquante, oui, à ce moment là, il y avait une cohérence dans les plans pour tenir en haleine).

Toi qui voulait allez voir The Dark Knight, je te conseille de garder tes 9 euro pour aller te payer une bière.
Si tu souhaites tout de même te foutre mon avis au cul et aller voir ce… film, je te conseille de te procurer du poppers avant d’entrer en salle, ça passera mieux.

Imaginer que ce film ait rencontré un tel succès est affligeant. Et je ne parle même pas de Jesus-Batman qui se prend les péchés de toute une ville sur le dos.
Ce film est navrant, je vous hais, et un jour vous vous rendrez compte que c’est une merde, mais vous irez quand même voir la suite. Prenez en compte que vous êtes le fruit de millions d’années d’évolution, et vous comprendrez pourquoi la misanthropie est le seul comportement valable de nos jours.