Le blog de Blade_Runner

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Encore ma vie.

Mmm, j’espère qu’on m’en voudra pas trop d’utiliser mon blog pour raconter ma vie.
Dans cet article, je vais vous parler de mes boulots de juillet.

Dans une usine
Mon voisin me dit qu’un de ses amis cherche des bras dans son usine. Cool, du travail à la chaine ?
Je cours m’y présenter, et le patron m’apprend qu’en réalité, il cherche un chauffeur livreur.
Si j’ai le permis ? Oui oui (c’est finalement l’examen qui m’a été le plus utile).

Le boulot est super simple. Cette entreprise créée des pièces sur mesure, et il faut aller les livrer.
C’est trèèèès simple, qu’il me dit, parfois il faudra faire un peu de montage (très simple avec les plans), donner un coup de main à droite à gauche, balayer, rien de sorcier. Il y a une bonne ambiance, tout le monde s’entraide, aucun soucis.

Ok.

Premier jour, on m’assigne un vestiaire, et on me présente le type que je vais remplacer à la fin de la semaine d’essai. Il fait la gueule, comme à peu près les 3/4 des gens ici, mais se revelera au final très sympa.
La première pièce à livrer est une…énorme trieuse de médicament, coutant "dans les 100 ou 200.000 euros".

Wow. C’est ça qu’il faut livrer ? Il va falloir l’emballer comme on peu (le monstre est quasiment aussi gros que le vieux camion), le charger, le sangler.
On me précise que c’est loin d’être la plus grosse commande que j’aurais à livrer.

Mon collègue me demande si je peux le charger avec le chariot élévateur. Non.
Je sais conduire un camion, reculer avec les rétroviseurs ? Non plus.
Plus la journée avancera, et plus je serais convaincu que ce boulot n’est pas pour moi.
On arrive dans une autre usine pour récupérer des pièces sur le chemin.
<<Tiens, regarde les plans, qu’il me fait, les pièces ne correspondent pas. Il faudra faire gaffe quand tu viendras tout seul.>>
Ses plans ressemblent à des hiéroglyphes mélangés aux chiffres défilant dans matrix.
<<Tu sais même pas lire un plan ?>>
…Faut croire que non.

Laisse tomber. C’est clairement pas fait pour moi. Je vais faire comme l’année dernière, de l’interim dans les vignes, et basta.

Chauffeur livreur :
Responsabilités : 8/10
Livrer du matos à plusieurs centaines de milliers d’euros avec un vieux camion sans amortisseurs et des délais très serrés….Non merci.

Physique : 2/10
Pas grand chose à porter.

Ambiance : 1/10
Simple, tout le monde fait la gueule. Les repas se prennent dans une ambiance de plomb, avec les employés à une table et les patrons à une autre.

Ca m’a un peu cassé le moral de pas être à la hauteur, m’enfin bon.

Au chais
Ce boulot s’annonçait difficile. A l’agence d’interim, on m’a demandé plusieurs fois "vous êtes sur de pouvoir porter des cartons de 18 (DIX HUIT) KILOS TOUTE LA JOURNEE, monsieur ?" "Ca va être physique hein." "Ca va être dur !!§§!".

Au final, contrairement au travail précédent qui était "trèèès simple" mais se révéla être le boulot, dixit, "dont personne ne veut", ce nouveau fut plutôt peinard.
Du travail à la chaine.

Au début de la chaine, un type charge des bouteilles (moi), qui passent dans une laveuse, puis dans une machine qui met les capsules (c’est les trucs rouges au dessus des bouchons), puis éventuellement dans un laser qui va graver un numéro de série sur la bouteille, et enfin, au bout de la chaine, deux personnes mettent les bouteilles en carton.
Ce carton va passer sur un nouveau tapis roulant, où il sera scotché, où un numéro sera imprimé, et enfin, quelqu’un (moi) récupère le carton (le fameux de 18 kilos) et le pose sur une palette.
En théorie, c’est réglé comme du papier à musique.
En pratique, il y avait des problèmes tous les jours.

La laveuse cassait les bouteilles, les capsules ne se collent pas au goulot, l’étiquette est décalée, la scotcheuse ne colle pas (généralement, elle oublie de scotcher le bas du carton, pour que celui-ci s’ouvre par en dessous quand on essaie de le prendre), et les numéros ne s’impriment pas.

Bien sur, il faut rattraper chaque problème à la main (gratter les étiquettes voir réouvrir des palettes de carton).
Parfois, il manque des bouteilles, et on doit faire passer du vin pour ce qu’il n’est pas. Il parait que ce grimage illégal se pratique dans tous les châteaux (hahaha, j’imagine bien la gueule des gouteurs).

Mais globalement, c’est plutôt peinard. On est au frais. Ya pas à réfléchir, sauf quand il faut compter les bouteilles que l’on charge, empêchant de laisser son esprit vagabonder.

<<(la chef : ) Il faut 780 bouteilles !
-Ok ! …4…8…12…16…20…[...]348…
-(la chef : )Il n’y a presque plus de capsules !
-Ah, zut, il faut rajouter des capsules dans la machine…348 bouteilles, faut pas que j’oublie(348)…Alors, c’est quel (348) carton ? B-638 (648)? Je compare…ouais…J’en mets 12 rouleaux (648)..Voila, maintenant, j’appuie sur RESET URGENCE, je tape 258 (658), puis marche (658)…Ok, je retourne aux bouteilles…662…Euh non, pas six cent…trois cent ! 362, voila, haha, j’ai failli me gourer.>>

J’ai surtout fait le premier poste (en vérité, je comptais les bouteilles une par une, tellement je suis doué en math) et le dernier (les premières semaines).

Responsabilité : 4/10
Faut pas casser de bouteilles et pas s’emmêler dans les nombres, quoi.

Physique : 4/10
Poser des cartons de 18 !!§§§!!! kilos sur une pile pouvant dépasser 2 mètres, à bout de bras.
Mettre les bouteilles sur le tapis roulant est très répétitif et défonce un peu les mains (et le dos, mais la vigne m’a un peu vacciné pour le dos).

Ambiance : 9/10
Une équipe sympa et bosseuse, que demander de plus ?

Sur un chantier
<<Salut, ici Manpower, vous auriez pas de compétences de plaquiste par hasard ? On en cherche un.

-Ben non je suis étudiant en langue.

-Ah ouais ok c’est pas grave, vous avez déjà fait des chantiers ?

-Non…

-Même pas chez vous ? Des travaux ? Une terrasse, un mur ?

-Non non.

-Bon lol c’est pas grave, on vous envoie sur une école en construction parcequ’on a personne d’autre.

-Ok lol.>>

Bon, c’est une nouvelle experience, haut les coeurs !
Avant de partir, pour me mettre en condition, je lis un article sur le batiment sur rue 89.
"Les intérimaires sont obligés de frauder la sécurité pour respecter la cadence."
"Gare à vous si vous êtes blanc et francais."

Ok. Bon, sur un chantier d’une petite école, ca devrait aller.

N’ayant pas de bleu de travail, je détonne un peu en arrivant sur les lieux avec ma classe habituelle (ouais bon).
Rapidement, on est mit de le bain. Il faut transporter une petite centaine de plaques de placo plâtre dans un petit escalier en colimaçon.
Globalement, le boulot se résumera à amener du matériel de bas en haut (rails, montants, laine de verre, truc dont j’ai oublié le nom), puis nettoyer le chantier, démonter des échafaudages, ce genre de truc. Je pense que je vais un peu trop vite, le chef à l’air un peu dépité à chaque fois que je reviens en courant lui demander "C’est fait ! Et maintenant ?". Il a beau préciser "On est pas des machines hein. Faut prendre son temps", j’ai aucune idée du temps que j’ai devant moi pour accomplir chaque tâche.
C’est un problème que j’ai eu dans pas mal de boulot, soit en étant trop lent ou trop rapide. Bien sur, on est censé aller le plus vite possible, mais ca serait sympa que le patron dise "faut que ca soit fini avant 11 heures", par exemple.
Au final, il m’a laissé partir presque 45 minutes en avance, en précisant plusieurs fois "de bien faire attention sur la route, hein". Merci chef ! Ca fait plaisir de voir qu’il s’inquiète pour ses employés.

Responsabilités : 5/10
Attention au matériel, celui qu’on transporte, et celui qui traine un peu partout.

Physique : 6/10
Ouais, transporter des sac de ciment sous le soleil qu’il a fait, c’est autre chose que des cartons de 18 kilos. Et les rails de 4 mètres dans un escalier en colimaçons c’est marrant aussi.

Ambiance : 7/10
Des blagues de cul/moqueries, ca vole pas très haut, mais c’est vraiment pas méchant. Bonne humeur générale.

15 commentaires pour “Encore ma vie.”

  1. rgk dit :

    Sympa comme article.

    Sinon j’ai un pote qui faisait de la manutention dans une usine de papiers, à transporter des gros cartons très lourds à longueur de journée, il faisait des malaises ou tombait dans les pommes plusieures fois. Et il parlait des dangers à certaines machines, durant un mois il y a eu plusieurs accidents, genre bras à amputer (comme dans le film The Machinist, la machine qui nécessite de mettre la main dedans pour l’interrupteur), ou brûlures à l’acide.
    C’est assez flippant…

  2. Anonyme dit :

    :D clair sympa, tu aurai pu le nommer "j’ai testé pour vous…"

    N’hésite pas a tester d autre boulot, chirurgiens, pilote de ligne, marabout, gangster…

  3. albanc dit :

    l’ano c’est moi (foutu identification…)

  4. AA6_rose dit :

    En tant qu’intérimaire, t’es payé à l’heure donc si tu fini 45 min avant tu perds des sous.

  5. Antipathique dit :

    Ah les intérimaires…

  6. Smb dit :

    Ils sont pas obligés de dire que tu es partie 45 mn en avance…

  7. Anonyme dit :

    perso mon meilleur job saisonnier, du gardiennage de 5j/7 12h/24 pour ouvrir une barrière quoi 10fois max dans la journée. Ma première paye à 17ans pour 2 mois était alors d’environs 3500€ net. Et j’ai pus lire tout plein de livre, finit tout mes jeux PS2,… ^^

  8. mouito dit :

    Le chantier c’est le vrai boulot d’été!
    C’est bonnard!
    Puis c’est quoi c’est préjugé de rue89, ça pose aucun problème d’être blanc et français sur un chantier!
    Bon je ferais pas ça toute ma vie mais ça remet les pieds sur terre

  9. Blade_Runner dit :

    "En tant qu’intérimaire, t’es payé à l’heure donc si tu fini 45 min avant tu perds des sous."

    Ils sont pas obligés de dire que tu es partie 45 mn en avance…

    @AA6_Rose
    Ouaip, c’est surtout pour ça qu’il a insisté à ce que je fasse "attention sur la route".

  10. BalrogAlastor dit :

    Moi ça fait 4 ans que je me suis planqué au même boulot. C’est du taff de nuit, ça paye bien et, à part le mardi, on passe une à deux heures à boire de la Jup’…

    Le job consiste à mettre le bon nombre de magasines, journaux, dans des bacs qui seront envoyés dans la librairie correspondante par camion. Le truc chiant c’est de compter. Surtout quand tu dois mettre 15 France dimanche dans le NA14 puis 14 dans le NA15 ou que des chiffres se retrouvent en haut/bas/gauche/droite sur la fiche de casage, faut pas loucher… Et à la fin de la nuit faut envoyer tous ces bacs sur une trémille et ça pèse son poids à la fin de la nuit, genre 30 à 40kg et yen a 50 à envoyer les petits jours…

    Et puis faut marcher autour de la table toute la nuit c’est crevant aussi :

  11. Anonyme dit :

    Oui, il a insisté sur ta prudence parce que si tu te plantes sur la route, ça fout une merde pas possible avec leurs assurances et c’est leur boîte qui devra payer les pots cassés.

    Sinon, pour ton « problème » de rapidité, ce dont tu n’as pas conscience, c’est que tu fais juste un job d’été. Un ouvrier qui fait ça toute sa vie, il est lessivé. Il a des problèmes de dos, ça le saoule peut-être, enfin bref, c’est pas forcément le beau travailleur qu’on voit sur les affiches de propagande du PC, du parti nazi ou de Manpower. Quand tu travailles en équipe et que tu vas vite, tu pousses l’équipe à accélérer et ça te fait mal voir par tout le monde. Il vaut mieux d’abord prendre la température (sans passer pour un branleur bien sûr) puis t’adapter à leur rythme, sinon c’est un coup à se faire très mal voir. Dans les usines où j’ai bossé, sur les tableaux des performances, c’étaient les étudiants et les gosses d’employés qui faisaient les meilleurs scores, les anciens pouvaient pas les saquer.

  12. Blade_Runner dit :

    Ben évidemment, c’est justement pour ça que je dis que ça pose problème de pas connaitre le bon rythme.
    Surtout quand on bosse plus ou moins seul dans un nouveau truc en fait ("tiens, fait moi cette parcelle/nettoie moi tel endroit"), pas tellement quand c’est en équipe, où la, effectivement, il suffit de s’adapter au rythme des anciens (quand on peut, ya des anciens qui foncent les mains dans les poches en discutant, te donnant l’impression de faire du surplace, alors que que tu rames la langue pendante 3km derrière eux, ca arrive aussi).

  13. Keirua dit :

    Super article.

    Moi cet été c’est McDo, horrible.
    T’as l’air d’apprécier les jobs ou on ne réfléchit pas, mais ici on est vraiment réduit à l’état de légume: je passe des après midi à mettre les mêmes garnitures sur les même sandwich préparés toujours de la même manière. Et le tout de manière super speed, vu que McDo, ben c’est toujours l’orgie.
    J’en suis réduit à apprécier les trucs chiants qu’on me demande de faire à côté, qui brise la routine (je mets mes viandes à cuire, je mets les pains à cuire,je nettoie le 2eme grill pour la commande suivante, quand les pains sont cuits je fous la bonne garniture dans le bon ordre puis je pose les viandes puis les talons et je recommence avec la nouvelle commande). Les trucs chiants ca peut être soft (aller chercher des garnitures dont on va manquer) à bien relou (refaire les stocks de pains, en les triant par ordre de date de péremption, dans un local ou on peut pas se bouger et ou cela revient à jouer à tetris avec des caisses de pains.), en passant par zen mais pas tout le temps quand même (le compactage des déchets, ca pue, c’est déguelasse, mais c’est la machine qui bosse, suffit juste de rajouter des poubelles à compacter de temps en temps).
    Heureusement l’ambiance est sympa, à part les managers qui sont dans l’ensemble plutôt casse couilles, mais bon ca a l’air d’être leur job de te dire que t’avance pas, que ce que t’as fait tu l’as mal fait… etc, et de toutes facons personne a l’air de s’en plaindre. Mention spéciale à la fois où on m’a engueulé parce que j’étais pas performant sur le nettoyage de la salle. Ma formatrice partait 6 minutes (!!!) après le début de ma "formation". Bref c’est pas bien grave et dans l’ensemble suffit de s’en foutre, c’est juste un job d’été hein, mais c’est assez énervant sur le coup.
    Bref j’ai du mal à imaginer comment certains arrivent à bosser là toute l’année (voire, toute leur vie pour certains :/). L’avantage c’est que comme job étudiant c’est peut être pratique, ca paye de manière raisonnable mais c’est vraiment super chiant.
    Ha oui et l’été ca me permet de profiter aussi de la plage (mouais, aujourd’hui, il fait pas beau), mais coté argent, comptez sur un smic payé sur un mi temps…

  14. Shinoda dit :

    Mon père veut me "forcer" à bosser au macdo pendant mes etudes, tu confirmes bien ce que j’en ai entendu.

    Mais après, on me dit qu’en job d’etudiant, c’est, avec le quick, le seul qui puisse cohabiter avec les cours. Mais j’ai quand même du mal à y croire et j’ai surtout VRAIMENT ENVIE de trouver autre chose.

  15. Whisper dit :

    J’ai fait plein de petits boulots en Australie (j’y ai passé un an). Les voyageurs y font les boulots ingrats que les immigrés font en Europe et que les Australiens refusent de faire.

    J’ai passé 2 mois à ramasser des fruits dans des fermes. La journée de travail commence à 7h (donc levé à 5h30), 8 ou 9h par jour selon les fermes. Il fait 35-40°, le soleil te brûle chaque parcelle de peaux exposée. J’ai ramassé des pastèques (elles sont 2 fois plus grosses qu’en Europe et trèèès nombreuses, je dirais que tu en ramasses en moyenne 3 ou 4 par minute), des ananas (en portant des gants et pantalons de protection super épais, la première matinée j’ai fait un malaise tellement j’avais chaud), des potirons (assez facile après les pastèques mais la cadence est infernale, impossible de faire un pas sans en écraser un), mais le pire, c’était les bananiers. Tu portes sur tes épaules jusqu’à la remorque d’un tracteur des régimes de bananes de 80Kg et ensuite tu cours pour rattraper le coupeur (on travaille par équipe de deux) qui t’attend déjà au bananier suivant. J’en ai chié comme jamais.

    Les points positifs, c’est l’ambiance excellente vu que tu ne travailles quasiment qu’avec des voyageurs comme toi, et que ca paye correctement (salaire minimum horaire équivalent à 8 euros net environ) et que tu ne dépenses rien vu que tu es dans un bled paumé.

    Et tu fais la fête tous les soirs dans ton auberge de jeunesse. Et il y a des filles. Plein. Je n’ai jamais fait de job aussi épuissant, mais je ne regrette absolument pas ces 2 mois de travaux forcés.

    Bref je vous pown tous en matière de job d’été de merde. Après cette expérience j’ai toujours fait des taffes moins physiques et mieux payés, j’en parlerai un jour dans mon blog ca vaut le coup.

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