Les enfants de Jean Bompoint
S’il est un nom qui met le sourire aux lêvres de tous les honnêtes gens et fait trembler l’échine de tous les brigands, c’est celui de Jean Bompoint, solide gaillard, honnête et travailleur devant l’éternel. Sa carrure était telle qu’il pouvait stopper de front un taureau furieux, et, du même élan, le briser en deux au dessus de sa tête. Avec son rire franc et sa poigne ferme mais douce, il ne pouvait que plaire aux femmes.
Pourtant, bien qu’il ai dépassé la vingtaine, Jean Bompoint n’avait pas encore jugé bon de prendre épouse. Il vivait toujours dans le misérable orphelinat de son enfance, où il assurait des tâches diverses. L’orphelinat n’avait jamais été aussi plein, et la vieille Soeur Caroline, qui s’en occupait depuis tant d’années, rarement aussi malade.
Jean n’avait jamais connu ses parents (pour cause, son père était le fameux Balric mange-montagne et sa mère, nous ne pouvons en parler ici), et vivait avec un vide dans son grand coeur.
<<Va donc me ramener mon châle de chez la mercière>>, lui demanda un jour la Soeur, alors qu’il coupait du bois.
Ramener un châle ! Que ne ferait-il pas pour elle !
Ainsi, le voila parti, bon grès mal grès, et le voici arrivé, ouvrant la fine porte de la mercerie toute grande, ce qui fit éclater toutes les vitres du magasin de surprise.
La jeune vendeuse, toute timide, le dévorait du coin des yeux, et Jean, dans un grand éclat de rire, dévora la vendeuse.
Une fois l’affaire menée, celle-ci lui dit :
<<Jean mon grand Jean, me voila engrossée.
-Je sais ! Tu es ma première, et en aucun cas tu ne seras la dernière !>>
Il rentra avec le châle sous un bras et sa nouvelle compagne de l’autre.
Celle-ci se plaignait déjà de sa maternité, et exigea, comme chacun aurait pu le deviner, des fraises pour apaiser ses entrailles.
Alors voici Jean qui rentre chez l’épicier, ouvrant la porte toute grande, faisant sauter de peur tous les fruits hors de leurs cagettes, ce qui impressionna vigoureusement la commercante. A son tour, il entreprit d’impressionner vigoureusement la dame.
<<Jean mon grand Jean, me voila engrossée, lui dit-elle.
-Je sais ! Tu n’es pas la première, et tu ne seras pas la dernière !>>
Ainsi, Jean rendit visite à la pharmacienne, la boulangère, la coiffeuse et la fleuriste.
Puis il installa tout son harem dans une grande maison qu’il construisit en 3 jours, et repartit chercher de nouvelles conquêtes.
Rapidement des tensions naquirent entre toutes ces femmes qui, bien qu’étant en communauté, se replièrent sur elles mêmes.
Durant les mois suivant, Jean dut consacrer toute sa formidable énergie à gérer les disputes ménagères.
Enfin, au bout de neuf mois, il s’empara de tout les nouveaux nés dans un cri de fureur, et les mélangea si bien qu’aucune mère ne put reconnaître le sien. Puis, il y introduisit tout les jeunes enfants de l’orphelinat.
<<Aimez chacun de ces enfants comme si c’était le votre, peut être l’est-il vraiment !>>
Les colères s’apaisèrent alors, et jamais de mère n’eut de coeur aussi grand que les femmes de Jean Bompoint.
3 juillet 2007 à 20:27 Citer
Vous avez vraiment aucun goût artistique.
4 juillet 2007 à 15:37 Citer
L’écriture est ekcellante.
4 juillet 2007 à 15:43 Citer
j’adore.
5 juillet 2007 à 17:21 Citer
j’attend encore mon chèque.
5 juillet 2007 à 17:26 Citer
Je te hais.