Ca faisait longtemps que j’avais pas fait ça.
On va garder le même modèle que la dernière fois.
Dans une ferme bio
Ca se passait chez le frère d’un pote, il a racheté une ferme il y a 4 ans avec sa copine , s’est battu pour avoir la certification bio et il fournit maintenant une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne, les clients s’engagent à acheter tant de produits sur l’année, mais aussi à venir travailler un peu sur la ferme).
En soit le boulot est pas si dur. Levé le matin vers 7h, je devais aller nourrir les cochons, qui sont quand même assez impressionants. Faut s’imaginer un espèce de petit tank sur pattes qui arrive à la hanche. Avec des dents. Et cette vieille légende qu’une mamie m’avait dit “la morsure d’un cochon est tellement sale qu’elle ne guérit JAMAIS”. Haha, merci mamie, ça m’aide…
A part ça, c’est essentiellement de l’arrachage de mauvaise herbe. On a aussi planté des haricots, mis de l’engrais, cueilli des oignons et des patates, ramassé des fruits, et ramassé des tonnes et des tonnes de cailloux. Bref, rien de sorcier.
Vers 10h, c’est la pause goûter, de 12 à 14-15h, bouffe et sieste, puis re-pause goûter vers 16h30, puis reprise du boulot jusqu’à ce qu’on en ait marre. Ca fait beaucoup de pause hein ? Je trouve aussi. J’aime pas trop ça, je préfère faire mes heures puis glander. Là, on avait tout le temps l’impression de travailler (surtout eux qui ne prennait pas de week end), alors que c’est faux. Ils doivent faire entre 10 et 8h par jour.

Jeu : Trouve et ramasse les cailloux dans l’image ci-dessus
Ce qui m’a le plus énervé dans ce boulot, c’est l’amateurisme. Décidémment, on s’improvise pas fermier. “Creuse une tranchée de 1m de profondeur… Ah super, bon bah rebouche là de 50cm en fait.” “Doit y avoir un tuyeau d’irrigation là dans le sol. Essaie de le trouver… ah bah non il était là en fait.” “Désherbe le milieu des rangs… Pourquoi tu désherbe le milieu, ya rien qui pousse ?” “Mets les cailloux là bas… Joli tas, mais là bas ça gènerait moins en fait… Oh et puis tu sais quoi j’ai regardé les prix je vais faire venir une broyeuse de cailloux.” Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii….
Bon, quand ça fait chier que moi, à a limite ça va, mais des conneries ont été faites qui nécessiteront plusieurs mois pour être réparées.
Enfin bref.
Responsabilités : 3/10
Vraiment rien de spécial. Faut juste faire attention aux légumes.
Physique : 7/10
J’avais les pieds défoncés à force de marcher sur les cailloux/la terre. Ajoutez le dos si vous n’avez jamais bossé en agriculture et les doigts si vous êtes pas doués avec les outils.
Ambiance : 5/10
Trop d’amateurisme, les chefs n’avaient pas la personnalité de chefs. Ils hésitent à donner des ordres, ne disent pas quand quelque chose est bien, se contredisent. Cette impression de bosser dans le vide est TRES désagréable. A force on se demande à quoi ça sert de se casser le cul s’il va changer d’avis dans deux secondes. Si vous voulez faire un bon chef, merci d’être clair, franc et poli.
Dans un supermarché
NOUVEAU : Toi aussi, travaille dans un supermarché grâce à l’application interactive !
J’avais déjà bossé dans un supermarché avec une ambiance tellement merdique que dès que quelqu’un faisait un sourire on se demandait direct “c’est quoi le coup de pute qu’il m’a encore fait ?”. Inutile de dire que je suis pas resté longtemps et que j’ai eu une mauvaise impression des supermarchés. Là, ça s’est super bien passé.
On commençait à 4 heures. Chaque personne à un rayon (bonbons, biscuits, confitures, conserves, huile etc…) et doit le remplir avant l’ouverture du magasin. C’est tout con.
En tant qu’intérimaire, je remplaçais une personne absente (et il y avait *toutes les semaines* au moins une personne absente). Au début, je travaillais avec quelqu’un, je me mettais par exemple avec responsable du rayon plats cuisinés, il amenait les palettes, déchargeait les colis en face de là où les produits allaient, et je devais donc ouvrir les cartons et mettre les produits à la bonne place.
Pas grand chose de difficile, si ce n’est qu’il vaut mieux éviter de laisser les cartons à moitié pleins. Certaines personnes sont OK pour qu’on regroupe deux cartons à moitié plein dans un seul, d’autres d’accord pour le pas entamer de carton qui ne va pas rentrer en entier, et d’autres veulent que TOUT. RENTRE.
Alors on ouvre le colis, on voit que ce sont des gateaux au chocolat marque bidule, on trouve l’emplacement, et on bourrine, on force, on planque l’excédent derrière les autres gateaux, on est initié aux techniques de rangements ésotériques de leclerc (deux en long, le troisième couché au dessus, deux autres sur la tranches…) et quand on a enfin réussi à rentrer le coli, on s’aperçoit que le prochain coli ce sont exactement les mêmes gateaux. Et on peut pas aller pleurer “ouin, tu m’as mit trop de colis”, car le mec va te répliquer qu’il connait son boulot et que “s’il a dépoté deux colis, c’est que les deux rentrent et que tu t’y prends mal”. Et donc on force à nouveau, on fait notre petite chirurgie dans les entrailles du rayon et miracle ! Les deux colis sont rentrés, plus que cinquante autres.
Dans ce magasin, le plus difficile c’était le rythme. De 6h à 9h on a certes 5h pour mettre en rayon puis rendre les rayons jolis (faire le facing-tirer les produits du fond vers l’avant), mais c’est incroyablement court et ça passe incroyablement vite.
C’est aussi vraiment fun.
Mais ce n’est pas valable pour tous les magasins. Dans celui-là c’était la course au rangement avant l’arrivé des clients, dans un autre on faisait ça quand les clients étaient là et dans un autre on a carrément bloqué les rayons avec des caddies le temps réapprovisionner (?!). “Désolé Madame la cliente on bosse là.”
A l’ouverture, on va en pause, puis les titulaires vont faire je-sais-pas-quoi (gérer les réaprovisionnement des stocks je crois) pendant que les intérimaires vont vider les poubelles de cartons dans la terrifiante broyeuse à carton (qui se met en grève en pleurant si on lui donne trop de cartons à manger), ou bien finir de remplir un rayon.
Outre les horaires le matin, ce qui me dérange le plus dans ce boulot c’est qu’on soit obligé de travailler le samedi (tout en faisant 35h). Ya aussi le fait que c’est payé une misère. En étant interimaire je gagnais d’avantage que le mec qui avait 15 ans de boite. Et je pouvais faire des heures sup, tandis que lui devait prendre des RTT -et se faire remplacer par un intérimaire…
Responsabilités : 4/10
Certains rayons sont plus chiants que d’autres, les plats préparés/les confitures sont fragiles mais si ya de la casse vous êtes pas non plus viré direct pour autant, donc relax.
Physique : 8/10
Il faut être rapide. Essayez de tendre le bras vers le sol le plus vite possible et de le ramener le plus vite possible devant vous. Voilà, rapide comme ça tout le temps de travail, sinon on dégage. Pas mal de petites blessures avec cartons/conserves.
Ambiance : 8/10
C’était un plaisir. Les gens qui font des petites blagues à la con, qui sourient tout le temps, qui chantent en gueulant sur la musique passant dans le magasin, vraiment des bons souvenir. Et quand un rigolo était un peu à plat, un autre prenait le relais.
Yavait des petites guéguerres, par exemple, entre les gars du rayon liquide et ceux de l’épicerie, ou entre deux personnes qui visent la même promotion mais rien de méchant. En tout cas je suis vraiment admiratif de ces gens qui arrivent à garder et transmettre leur bonne humeur. Ca m’a appris beaucoup de choses. J’aimerais bien arriver à faire ça.
Dans une librairie
Dernier boulot, encore un magasin, mais cette fois-ci au contact des clients. Je me suis souvent demandé comment un employé me voyait, moi, le client, qui vient le déranger pour mes problèmes, si je bafouille, va-t-il le remarquer, si je lui demande un truc qu’il n’a pas, me rira-t-il au nez…
Bah finalement, on s’en fout. On aura oublié votre existence 10 min après votre départ.
Dans le supermarché j’en avais vu un peu et c’était infernal. Toutes les 5 minutes un client venait demander quelque chose. Non, décidément, on peut vraiment pas bosser correctement après l’ouverture : on passe son temps à essayer de pas trop géner et à répondre à des questions du type “Excusez-moi monsieur qui travaille dans le rayon des petits pots qui doit certainement connaître le magasin par coeur, j’ai une question à propos de [tel vin]. -Bah il faudrait demander à ceux du rayon liquide mais ils sont en pause là. -En pause ?! Bon… Merci. (Il s’éloigne, puis en aparté :) En pause… Dire que le magasin vient d’ouvrir, c’est incroyableblabla…
Bref. A la fin, ils sont devenus des espèces de mannequins sans visage.
La librairie en question était une librairie pour libraires, pas pour particulier, mais est organisée comme une “vraie” librairie pour que ça soit plus sympa pour les clients. Il devait y avoir grand maximum 30 clients par jour. L’essentiel du boulot consiste à déplacer les livres. A chaque déplacement, il faut noter la nouvelle adresse du livre.
Donc on réceptionne des cartons de livres, on les scanne en les comptant, puis ils vont sur la table des nouveautés/dans les présentoirs des meilleures ventes, puis on les range en rayon.
Le logiciel demande un peu de temps pour être maitrisé, pas de souris, tout au clavier et les collègues sont pas vraiment des formateurs (”tu fais F4, shift+F10, tu tapes le code machin, puis F, puis 10…”). A la fin du deuxième jour c’était bon, mais c’est la première fois que j’ai un truc si “tertiaire” à faire, ça change.
Mais c’est un peu chiant. Tout le monde me dit de ralentir. Je finis par m’endormir.
Curieusement c’est pas très intellectuel comme boulot. Certes c’est à la limite du tertiaire mais c’est juste du commerce finalement. J’aurais pu vendre de la vaisselle à la place de livres, ça aurait rien changé. Je m’attendais à quelque chose d’autre. Un autre rapport avec les bouquins.
Ah, et puis le commerce c’est marrant. A côté de la caisse on a présentoir avec les “meilleures ventes” (le classement de l’Express) et un autre avec les titres qu’on veut mettre en valeur (les nouveautés semaine moins un normalement). On peut y mettre des titres pour le fun si ya un présentoir vide. Avec l’histoire du Japon, on y a mis “Après le tremblement de terre”, ça s’est très bien vendu. Cette semaine, j’y ai placé un vieux bouquin écrit par le garde du corps de Ben Laden, on pensait presque se faire engueuler par les clients… eh beh c’est parti aussi. L’un des chefs vend ça comme s’il vendait du saucisson. “Alors là oui, Madame, ça c’est un auteur régional, ça se vend bien. Et en plus, ça reste entre nous hein, il se déplace facilement pour les dédicaces.”
Responsabilités : 6/10
Si on déplace un livre sans saisir son adresse (sans faire le picking), il disparaît dans le NEANT. Ca parait étrange mais c’est vrai. Au mieux ils sont retrouvés quelques mois plus tard lors d’un inventaire, mais c’est trop tard.
Faut pas non plus se tromper en comptant les livres reçus. Certaines commandes font plusieurs centaines de colis, donc faut pas s’embrouiller.
Physique : 3/10
Les cartons doivent pas dépasser 20kg, c’est dans les conventions collectives, donc ça va. Et c’est lent.
Ambiance : 7/10
Rien de spécial. On attend le client/la prochaine livraison/la prochaine illumination du chef. Parfois je crève d’envie de lire mais c’est pas très professionnel. Imaginez un employé de la FNAC qui se pose pour lire un bouquin. Je note juste quelques titres dans un coin de ma tête.
Bon, voilà, merci d’avoir tout lu (ou d’avoir sauté jusqu’à la fin pour lire le dernier paragraphe pour une raison qui m’échappe). La prochaine fois : une vraie usine (avec plein de monde, où faut pointer, avec la sonnerie pour reprendre le boulot et tout) et technicien spectacle.