out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

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[Compo] The Inbetweeners 01-02

Jeudi 16 mai 2013

Ça fait une éternité que je n’ai pas eu le temps de composer – je fais encore de la guitare çà et là, mais j’avoue que depuis un bon moment mon travail a largement pris le devant. J’ai une quatrième piste bien entamée pour Out Through the Winter Throat mais ces pistes me prennent tellement de temps à composer et arranger que je ne pense pas qu’elle sera terminée pendant un bon moment.

En attendant j’ai retrouvé au fond de mon dossier Dropbox une pile comme ça d’in-betweens : des mini-morceaux, essais sonores et couches d’ambiences délaissées là. Ce ne sont pas vraiment des morceaux à proprement parler mais malgré tout je me suis dit que ça pourrait plaire aux deux/trois qui me suivent sur Soundcloud donc je vais essayer de les poster au fil des jours, vider un peu mes tiroirs et voir les retours. Ces “bouts de pistes” sont plus ou moins développés, ça va d’une à quinze minutes, j’en poste deux aujourd’hui :

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Gardez en tête que pas autant de travail n’a été porté à ces pistes qu’à mes plus longs morceaux, la plupart de ces sons ont été faits en une prise avec un minimum de master derrière, soyez indulgents et prenez-les pour ce qu’ils sont.

Autopergamene (video encre)

Dimanche 12 juin 2011

Pour l’examen j’avais promis de faire une vidéo sur des tests de jets d’encre.
Quelques jours avant l’examen je me suis rendu compte qu’il était peut-être temps de faire ladite vidéo. Le tout illustre une version raccourcie de Christ Send Light de Nadja et Black Boned Angel et est donc purement dans l’esprit contemplatif du drone.

Comme ça a été fait un peu vite c’est assez maladroit, il y a des problèmes de mise au point (vu que je devais la faire manuellement sur les projections et que c’est super galère) et de vieux zooms au caméscope que je n’ai pas eu le courage d’éditer ou de refaire. Mais dans l’ensemble je reste assez content du résultat.

Ah et au final j’ai pas eu le temps de montrer la vidéo au jury. WOO HOO.

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[Compo] Prussian Black

Vendredi 19 novembre 2010

Même si j’aime beaucoup enregistrer des sons çà et là pour les intégrer à d’éventuels morceaux - sans doute mon côté Godspeed You! Black Emperor - il y a énormément de choses que je préfère recréer à la guitare pour ce côté magnétique et non-naturel que ça donne à des choses usuellement ordinaires. Pour Prussian Black j’avais envie de partir sur une ambiance de plage neutre qu’au final j’ai plus ou moins atteint avec des vagues de noise passées ensuite au combo swell/delay. Le reste du morceau a en gros découlé de cette ambiance de grain électrique qui a fini par émerger de mes essais - et qu’on entend sur le morceau au début et à la fin.

Au niveau de son placement, c’est un morceau beaucoup plus volontairement drone/ambient que Bonefire, avec des bouts de choses placés en environnements à la machinefabriek, et quelques références aux écrasantes marées du Flood de Boris. Le tout est sans doute largement bien moins mal manié que chez ces deux artistes, mais voilà.

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Comme pour la dernière fois, il y a certes un thème officiel à la chose et ma version des faits dans un coin, mais j’ai essayé de laisser assez de marge sonore pour que chacun puisse composer sa propre histoire. Je suis d’ailleurs toujours autant intéressé, hésitez pas à me faire part de ce que vous avez entendu. Ça parait un peu prétentieux dit comme ça mais j’ai été toujours été fasciné par les morceaux à fond ou qui stimulent l’imagination, et j’ai juste envie de partager plus qu’autre chose.

Il y aurait sans doute des tas de trucs à corriger sur cette piste mais j’ai envie de passer à autre chose. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez cela dit.

[Compo] Bonefire

Mardi 26 octobre 2010

En y repensant, Nofrag a assisté à mon développement dans pas mal de domaines. J’ai commencé la photo ici, j’ai commencé à écrire ici, j’ai commencé la guitare ici, et plus important mes goûts musicaux ont évolué de manière radicale en l’espace de quatre ans. Quand j’ai commencé la guitare, ce qui m’a immédiatement attiré en plus de rejouer mes morceaux préférés, c’était de jouer « autour » de la guitare en usant de toute la variété de sons que propose l’instrument. Une variété qu’après deux ans je ne commence que maintenant à considérer, pour la simple et bonne raison qu’il m’a fallu d’abord découvrir des genres tels que le drone, le noise, l’avant-garde, l’ambient ou encore le sludge, pour me rassurer et m’inciter à continuer dans cette voie.

Dans une interview à propos de son dernier album aux relents glacials de noise et de déconstruction sonore, Ben Frost expliquait que lors de son premier contact avec la guitare ce qui l’avait immédiatement frappé c’était la capacité cinématique de l’instrument… un mot que me fascine parce que quelque part c’est un peu ce que j’ai envie de faire. Et dans l’absolu, et même si cet avis est sans doute loin d’être partagé par tous, il y a quelque chose d’à mes yeux sublime dans les vastes nappes de grain et dans la musique intrinsèque des glitch sonores – comme Ulver l’a par exemple montré dans Teachings in Silence.

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(si le player ne marche pas, cliquez sur ce lien magique)

Bonefire avec ses souffles de post-apocalyptique directement inspirés de Radiance of Shadows, sans être un quelque aboutissement de quoi que ce soit, est une première pierre dans la mare. Je sais que de toute façon je vais me faire démolir de Sai dla merd© peu importe ce que je dis, mais bon voilà, au moins j’aurais posé ma démarche avant §

À partir de cet article je tente un nouveau format : désormais le principal de l’article est affiché, et le reste n’est présent que pour ceux qui veulent en savoir plus. Pour afficher les parties secondaires, passez la souris sur les bandeau titres.

You ever read any Nietzsche? Nietzsche says there are two kinds of people in the world : people who are destined for greatness, like Walt Disney and Hitler. And then there’s the rest of us. He called us “the bungled and the botched” — we get teased, we sometimes get close to greatness… but we never get there.
We’re the expendable masses. We get pushed in front of trains, take poison aspirin, get gunned down in Dairy Queens. […]

You’re a good kid, you say no to drugs… But you ever get the feeling sometimes, you’re being punished for your sins?

C’est amusant comme les groupes qui s’ancrent assez pour finir en article, ne font au final que rarement partie du lot des « groupes que X ou Y m’ont vivement recommandés ». Plus couramment ce sont même au contraire ceux sur lesquels je tombe par hasard et qui m’accrochent au détour d’un passage furtif ; ces noms lâchés dans le recoin d’une phrase qui simplement m’intriguent tant par leur pochette ou concept que je me dois de leur prêter attention.
Nadja est un groupe entre tout cela : on me l’avait certes conseillé à quelques reprises il y a longtemps de cela mais depuis le nom s’était évanoui dans le flou de nouvelles découvertes musicales. Puis en période de pleine sécheresse – les oreilles brûlantes d’un désir d’écouter quelque chose de nouveau – je me suis aventuré sur Spotify et ai lancé au hasard un album de ce Nadja qui tapi dans sa zone d’ombre dans un angle mort de ma mémoire, me hantait passivement.

Parce que je me dois de décrire cela d’une quelque manière : Nadja est un groupe aux inspirations diverses dont la classification tombe dans le drone. Sans d’aucune façon vouloir me prétendre connaisseur du genre dans son ensemble, de ce que j’en sais et comprends, le drone est une musique souvent instrumentale qui se caractérise par la création et le maniement de couches et murs de sons semblables à ceux du post-rock, du shoegaze ou encore du noise. Il tient son nom de ces notes longues, répétées ou prolongées dont il est originellement conçu, communément appelées « drones » — la note drone en soi n’étant pas propre au genre puisqu’étant vastement utilisée à travers le monde et les cultures (le Didgeridoo par exemple est une musique usant de drones).
Dans le cas de Nadja et de sans doute de nombre d’autres groupes du genre, les drones sont des notes qui en quelque sorte vivent indépendamment de la mélodie et des partitions puisqu’ici désignant les différentes couches de sons. Elles naissent, prennent de l’ampleur, absorbent l’auditeur et enveloppe la musique, mais ne sont ni réellement contrôlables ni complètement indomptables. Ce sont des plaines de son ; de pleines plages qui ni composées ou écrites, font partie intégrante de la musique. La plupart des travaux du groupe se veulent ainsi relativement peu rapides en rythme, ce en partie dû à ce son laminant qui de sa présence monolithique résonne et requiert des temps de battement après chaque impact de guitare.
Les pistes qu’on rattache au drone sont très souvent conséquentes en longueur, parfois extrêmement complexes ou parfois juste ambiantes. Empruntes de variations d’atmosphères, thèmes et styles qui peuvent changer d’un album à un artiste à un autre. L’un des sous-genres les plus proéminents du drone étant le drone metal (ou drone doom), genre auquel Nadja entre autres choses se rattache.

Nadja derrière son nom lancinant est un duo canadien composé d’Aidan Baker et de Leah Buckareff. Dans la manière dont il a été originellement conçu, il ne devait être qu’un projet solo d’Aidan censé lui permettre d’explorer de nouvelles facettes de sa musique alors ancrée dans l’acoustique, l’expérimental et l’ambiant. C’était un moyen d’intensifier son style, de lui donner une dimension plus sombre voire plus féroce, teintée de références aux artistes l’ayant bercé. Bref, Nadja était un projet de studio qui n’était implicitement destiné qu’à étendre le champ musical de son seul membre, le nom étant même à l’origine une simple inversion d’Aidan (Nadia), orthographié Nadja « in order to reference the Nadja character from Breton’s book and Elena Lowenstein’s character from the vampire movie ».

Les premiers albums sortis de la gorge ardente du groupe sont en marge dans son historique puisque datés d’avant l’arrivée de Leah. Il est difficile de faire la part de ce qu’elle a apporté à Nadja — outre sa basse. Toujours est-il qu’il est impossible de ne pas remarquer à quel point les albums datant d’avant son arrivée sont sombres, et que plus le temps a passé après cela et plus les thèmes se sont fait neutres et complexes, jusqu’à aujourd’hui avec Autopergamene que personnellement je considère comme l’histoire d’une relation, bien que tragique, certes.
À vrai dire en parlant de relation, même celle d’Aidan et Leah n’est pas réellement claire. Certains disent qu’ils sont fiancés, d’autres non certes, mais s’ils l’étaient ce serait bien la preuve que l’arrivée de cette petite bassiste canadienne relieuse de livres fut l’un des points clés de l’histoire du groupe.

Après trois mois la tête enfoncée dans les différents tableaux que chaque album dans toute son individualité, décrit, mon avis sur Nadja est on ne peut plus positif. C’est assurément non seulement une de mes meilleures découvertes de cette année, mais aussi désormais un de mes groupes les plus écoutés toutes périodes confondues. De par son style imposant et ses pistes qui absorbent et se jouent de l’imagination de l’auditeur, Nadja a su dès les premières écoutes se révéler magistral à mes yeux. Tout n’est pas à garder, ce serait faux que de prétendre le contraire, mais les albums qui m’ont happés l’ont fait avec tant de brio que l’enthousiasme dont j’ai fait preuve à les redécouvrir m’a moi-même surpris.
Je disais dans un article précédent, « j’écoute ma musique presque autant pour son concept que pour ce qu’elle m’apporte » et Nadja est définitivement un groupe qui dans tout l’expérimental de sa classification a su m’abreuver de paysages à imager, d’histoires à composer et sur lesquelles réfléchir. Le drone est définitivement une musique dans laquelle il faut s’impliquer et qui laisse l’auditeur compléter les silences par ce qu’il retire des multiples couches de mélodies entremêlées. La contrepartie de cela est que non, ce n’est pas un groupe qui plaira forcément à énormément de gens. Je ne dis pas ça d’une quelque manière supérieure « Ne pas l’écouter c’est ne pas avoir de goût », je dis simplement que Nadja ne trouvera pas son public chez tout le monde. Cela ravira les rares prêts à être envoutés par les décors musicaux de pistes sur lesquelles laisser l’esprit planer – les autres tout au plus souriront de ce qu’ils jugeront monotone.

Overground in joy in clouds sunlit
Snow untouched make pure silhouette
Catches steam grass and dew
Rays not harm the upward gaze

Hosts bring out a game of openfields on the box
Watch the guests who bring the heat of outside
Flags of faith for boundaries to fight
The young so wise before their time

Dans mon article précédent j’abordais en introduction mon intérêt pour les groupes qui, de manière presque naturelle, transcendent les genres et les unifient dans un style qui leur est propre. Dire cela sans à un moment ou à un autre aborder ce qui fut l’une de mes meilleures découvertes de ces derniers mois, ce serait presque une insulte à cette série d’articles. À vrai dire, droit aux côtés d’Opeth sur un graphique en fumée de ce que j’ai écouté par semaines, j’ai même amoureusement nommé « Le gouffre Archive » la période pendant laquelle j’ai été absorbé par leur musique.

Histoire de tout de même définir un peu leur style malgré les phases qu’ils ont traversées, on peut dire que dans les grandes lignes Archive est un groupe qui s’assemble autour de genres tels que trip-hop, hip-hop, pop rock ou encore rock alternatif et progressif. Pour saisir la raison d’un tel assemblage il faut en fait comprendre que même si leur nom est resté le même, Archive décrit plus concrètement un ensemble d’artistes étant au fil des années venus s’articuler autour des deux piliers du groupe : Darius Keeler et Danny Griffiths, tous deux musiciens et compositeurs, avec pour armes de prédilection synthé, samples et pianos. Toutefois, s’il est intéressant d’aborder ce groupe c’est non pas pour chacune de ses phases — qui indépendamment les unes des autres ne mériteraient peut-être pas un tel article — mais plus pour la manière dont toutes ont influencées la suivante de manière subtile ou non, faisant ainsi de leur style actuel le résultat d’un parcours et d’un ensemble d’expériences musicales.
La formation la plus récente du groupe, en place depuis environ cinq ans est à ce jour celle qui de leur histoire a duré le plus longtemps et donc peut être définie comme sa version plus ou moins définitive, à moins d’une soudaine refonte du line-up.

The risking obelisks stands stable in the skyline
You will find icon is symbol and symbol is sign
Higher aspect looking down over the horizon
The cloud nine zero back down to the ground

Skyscraper you will never feel
What it’s like to be, or how it seems to me
Its all man-made material
Scribbled down by the architect

Du plus loin que l’on puisse remonter, Archive est à l’origine un groupe de trip-hop sombre fondé en 1994 sur les cendres de Genaside et composé à ses débuts de Roya Arab et Rosko John au devant de la scène. Proche musicalement de groupes tels que Massive Attack, le premier album intitulé Londinium se distingue du reste par un mélange de hip-hop pur et de trip-hop dans des proportions qui par la suite ne seront jamais retrouvées dans le reste de leur discographie. À peine leur album sorti, le groupe se sépara pour « différences de point de vue » (on la connait celle-là). Roya Arab partira définitivement, et Rosko John reviendra dans la troisième phase du groupe à une place toutefois moins importante que ce sur cet album début.

Londinium est peut-être, avec Take My Head, un des albums les plus méconnus de la discographie du groupe. Cette première phase qui englobe leurs deux premières sorties est en fait concrètement celle qui s’est la moins ancrée dans l’histoire du groupe. À l’heure actuelle la plupart des gens qui écoutent Archive le font soit pour toute leur période rock alternatif/progressif menée par Craig Walker, soit pour la période trip-hop/trip-rock qui définit aujourd’hui Archive et ses nombreux membres, soit pour les deux. À part en ayant connu ces deux premiers albums à l’époque où ils sont sortis, il est vraiment rare d’entrer dans Archive par leur biais tant ils semblent être les vestiges de ce qu’à un jour été ce groupe sans que leur style actuel ne s’y retrouve réellement.

Take My Head qui suivit Londinium prend une tournure complètement différente en prenant pour figure Suzanne Wooder et en adoptant un style foncièrement plus pop-rock et léger. Très loin de l’atmosphère assez pesante, sombre et feutrée de Londinium, on y retrouve tout de même dans les mélodies des éléments propres à Griffiths et Keeler, mais le changement de ton est impossible à ne pas ressentir. Sans que cela soit un mauvais album, ce n’est pas un album qui m’a particulièrement marqué dans l’histoire d’Archive. Ce la reste un album qui s’écoute, mais sans doute du fait de cette séparation trop brutale tant avec ce qui a précédé que ce qui allait suivre, je n’y retourne pas régulièrement. Pour être franc, même de l’aveu des membres actuels c’est l’album dont ils sont avec du recul le moins fier.
Cet album sorti, Suzanne Wooder partira à son tour du groupe, laissant la porte ouverte à une nouvelle refonte d’Archive qui sans que personne ne le sache sur le coup, fut l’une des plus importantes pour leur histoire.

We teach your your children
We nurse you back to health
We act on your behalf
You’ll see us on TV

We are the law

Après un hiatus de quelques années, Griffith et Keeler recommencèrent à travailler sur un nouvel album et se mirent en quête d’un chanteur : demande à laquelle Craig Walker vint répondre. Ensemble ils se mirent à composer et mettre sur pied une nouvelle étape dans la vie d’Archive, considérablement éloignée des racines électroniques et trip-hop du groupe, versant dans un rock alternatif et progressif beaucoup plus franc. C’est ainsi qu’en 2002 sortit You All Look the Same to Me, un des albums qui commença à créer leur renommée à travers l’Europe et ce principalement grâce à une piste qu’en toute franchise il serait impossible de ne pas citer dans tout article sur Archive : Again. Pour mieux saisir les choses dans leur contexte, concrètement Again est à ce groupe ce que Stairway to Heaven est à Led Zeppelin — une piste signature, complexe et riche, caractéristique du style alors actuel du groupe. N’en déplaise à ceux qui n’ont jamais aimé cette piste, si Archive disparaissait à cet instant précis, une des choses qu’ils laisseraient en héritage serait Again.
Alors plus clairement en quoi consiste cette piste ? Again est un morceau de rock progressif de dix-sept minutes en trois/quatre parties, globalement décrit comme un lent crescendo en deux temps, une chute brutale vers une couche vibrante de basse, puis une subite reprise orchestrale qui envole le morceau. Le tout porté par des éléments comme un harmonica embrasé dont le jeu a sans doute participé à signer le son type d’Again, ou le chant de Craig Walker à son apogée et qu’à ce jour en live les nouveaux membres d’Archive n’ont jamais réellement réussi à saisir.

Bien évidement il y a de nombreuses autres pistes sur cet album, et l’album suivant, Noise continue sur la même lancée (de manière moins progressive cependant). C’est une période du groupe qu’à des lieux on reconnait musicalement, tant ce flirt avec un son plus dénué de trip-hop ne fut jamais réemployé sur les albums qui suivront. Cette aussi une des périodes qui a participé à la renommée du groupe, qui a aidé à construire leur public et c’est ce qui fait que lorsque les albums d’après sont arrivés – après le départ de Craig Walker – tant de gens ont décrié le tournant que prenait Archive ; ignorant qu’il s’agissait en réalité d’un retour à ce qu’était Archive après une vaste parenthèse, aussi mémorable soit-elle.
Le groupe réalisa aussi la bande originale de Michel Vaillant mais j’avoue n’avoir jamais écouté cet album en particulier, ne sachant si je devais m’attendre à un véritable album où quelque chose de plus orienté et fait « sur demande », je ne suis donc pas vraiment en mesure d’en parler.

They’re telling me it won’t be long
The door is shut
The suits are on
Too bright to be day
To hurt anyway
Still there’s no view
No green, no blue

The headlights above
They don’t know love
You smile to please
I try to care

Après le départ de Craig Walker, en plein début de leur tournée Noise, il a alors fallu retrouver d’autres membres avec lesquels poursuivre l’aventure Archive. C’est ainsi de nombreuses personnes qui se mirent à rejoindre le line-up, dont Dave Pen, Pollard Berrier et Maria Q. Comme le dit Wikipedia, c’est à ce point qu’Archive perdit sa structure classiqiue pour devenir un collectif d’artistes. Pour autant, le premier coup d’épée de ce Archive nouvelle formule ne fut à mes yeux pas réellement un franc succès.
S’éloignant au plus possible de ce qui avait fait le succès du groupe, Lights replonge dans une ambiance beaucoup plus éléctronique et trip-hop, à l’opposé des deux albums précédents. Et à mon goût c’est ça qui fait que cet album n’est pas réellement abouti — ils ont tenté d’ignorer tout le parcours précédent plutôt que de le prendre en compte et en résulta un album qui de surcroît m’a semblé foncièrement trop éléctro (hormi une poignée de pistes). Ce par la présence de grosses basses, d’une voix modulée, et surtout de pistes au final pas des plus mémorables.

Ce que j’en retient à terme c’est une poignée de pistes, et un album que personnellement je ne conseille pas pour entamer Archive - je ne sais pas si mon avis partage une quelconque unanimité mais les deux/trois personnes qui ont commencé par Lights en ont tiré une image assez mauvaise du groupe alors qu’il y a au contraire beaucoup de choses à découvrir dans leurs albums.
Les pistes que je sauve sont pêle-mêle la piste éponyme Lights et ses vingt minutes progressives, plus réfléchies et plus posées. Voire encore d’autres comme Taste of Blood et sa rythmique acoustique qui arrive et contraste avec le reste de l’album, ou la très sombre Headlights.

So much writing on the wall, can you read it all ?
Can you see through the haze when the writing’s small ?
Can you read what it means, is it making sense ?
Because it’s all dollar, bills, and pounds, and pence

Telling you what to do and what pills to take,
When your head’s in your hands and your belly aches,
Where to go in the world when you need a change ?
Don’t you worry about the bill, that can be arranged.

Make me sad, make me sleep, make me question,
Give me things that can calm this depression.

Let me know what to do when my money’s spent,
Let me know how to smell and to pay the rent,
Let me know what to do when my hair is gone,
Let me know who to kill when the war is on.

Arrive enfin la fameuse période Controlling Crowds qui est leur plus récente évolution. Évolution vers quoi est-on en droit de se demander ? Tout d’abord même si précédemment j’ai dit qu’Archive revenait avec ces albums à un style plus trip-hop, ce serait mentir que de dire qu’ils portent la moindre ressemblance avec Londinium. En réalité ces deux derniers albums sont les témoins d’un trip-hop oui certes, mais beaucoup plus sombre, revendicatif et solennel, porté par symphonies et chœurs, et surtout les pistes dans leur construction n’ont plus rien à voir tant avec Lights qu’avec Londinium. Sur Controlling Crowds se retrouvent au contraire les structures progressives qui par le passé on fait connaître le groupe, avec des morceaux qui se mêlent et se suivent dans leur déroulement.
La pluralité des chanteurs au devant du désormais « collectif » Archive a aussi beaucoup influé sur leur son ; loin de retrouver une même voix sur toute la durée de la chose, se mêlent au contraire comme dit précédemment Dave Pen, Pollard Berrier. Maria Q elle, prend de l’assurance et est beaucoup plus présente dans cet album notament avec des pistes comme la longue Collapse/Collide sur laquelle elle démontre toute sa capacité de chant. On retrouve aussi Rosko John de Londinium qui rejoint le line-up et apporte une partie hip-hop qui – ainsi mêlée au son froid de Controlling Crowds – prend de toutes autres teintes que sur l’album début d’Archive.
Beaucoup (ironiquement) critiquèrent l’aspect pas assez rock alternatif de cet album, par la non présence de guitare, remplacée par les glacials synthés et pianos de Lights. C’est au contraire à mes yeux une preuve forte d’un renouvellement et d’une évolution et en toute franchise à mes yeux Controlling Crowds fait partie des meilleurs albums d’Archive à ce jour. Résultat d’un long parcours duquel il a emprunté un peu de chaque album.

Décomposé en trois parties, Controlling Crowds vit sa suite et fin sortir dans un album à part sous le nom de Controlling Crowds IV (ce qui ne manqua pas de dérouter pas mal de gens). Pour autant qu’il en partage le nom, ce nouvel album s’oppose en revanche à son prédécesseur par une musique beaucoup moins progressive et plus riche en sonorités et style. D’une certaine manière, il est un peu ce que Noise avait été à YALTSTM : un prolongement et développement d’un album important dans l’histoire d’Archive. Et même si l’on reconnait de loin la patte que le groupe arbore désormais, on la retrouve ici enrichie.
Il n’y a pas vraiment moyen de savoir ce qu’adviendra ce groupe, s’il continuera à étendre le nombre d’artistes qu’il abrite, si au contraire il subira une nouvelle refonte dans les années à venir, etc. Toujours est-il qu’en l’état Archive est un groupe à l’histoire bien remplie qui a su apprendre de ses expériences pour se forger un son caractéristique, souvent rattaché au trip-hop alors que peu de choses au final les en rapproche.

Run through acres morphing shape shifters,
Lift the lid and give a wide berth,
The earth not a million miles away,
Minor detail as I put it in another way,
To the latter day,

Burning out your retina, pitch black envelopping,
Hells fire developing heat,
Skin crawling up you swear blind,
The cruel and unkind advance ; you’re running out of time

La liste de lecture qui accompagne cet article dévie un peu de ce qu’on attendrait, en fait pour être franc j’ai voulu aller à l’opposé de ce qu’on penserait d’une liste Archive, et ça excluait ouvrir sur Again. Plutôt que de mélanger les aspects du groupe en une sorte de medley quelque peu anarchique et qui se serait révélé incohérent, j’ai décidé de reprendre mon concept de phase et d’ainsi diviser Archive en ces trois styles que le groupe a accueillis, le tout lié en toile de fond par la patte si perceptible de Keeler et Griffiths.
Ainsi sous le couvert de cette playlist, ce sont plus concrètement trois listes et de fait pour le coup il est vraiment crucial de ne pas se forger d’opinion trop tôt tant par exemple la première partie s’oppose véritablement à la dernière.

— When Your Head’s in your Hands —
Controlling Crowds (de Controlling Crowds I)
Quiet Time (de Controlling Crowds I)
Collapse/Collide (de Controlling Crowds II)
Headlights (de Lights)
Taste of Blood (de Lights)
Pills (de Controlling Crowds IV)
Thought Conditionning (de Controlling Crowds IV)
The Feeling of Losing Everything (de Controlling Crowds IV)
Lights (de Lights)

— Your Darkness My Light —
Headspace (de Londinium)
Rest My Head on You (de Take My Head)
Nothing Else (de Londinium)
So Few Words (de Londinium)
Take My Head (de Take My Head)
Interlude : Love in Summer (de Take My Head)
Skyscraper (de Londinium)
You Make Me Feel (Spectre) (de Take My Head)
Clouds in the Sky (de Take My Head))
Organ Song (de Londinium)

— In This Noise Colder —
Again (de You All Look the Same to Me)
Waste (de Noise)
Junkie Shuffle (de The Absurd)
Absurd (de The Absurd)
Fuck You (de Noise)
Noise (de Noise)
Fool (de You All Look the Same to Me)
Numb (de You All Look the Same to Me)
Calling (de The Absurd)

Cliquez sur l'image puis « Play All »

Tout comme pour Nine Inch Nails ceci est principalement un article pour présenter le groupe, si vous connaissez déjà je vous invite à rester pour éventuellement commenter sur la playlist.

By the turnstile beckons a damsel fair
The Face of Melinda neath blackened hair
No joy would flicker in her eyes
Brooding sadness came to a rise

Words would falter to atone
Failure had passed the stepping stone
She sworn her vows to another
This is when no-one will bother [...]

Still I plotted to have her back
Contentment that would fill the crack
My soul released a fluttering sigh
This day fell, the darkness nigh

Ce que j’aime avant tout sur ce blog dans mes articles musique c’est, non pas forcément aborder des groupes méconnus et faire découvrir la perle rare, mais plutôt m’attarder sur ces gens qui par leur parcours, leur musique ou autre, se démarquent et me donnent quelque chose d’intéressant à dire. Mon amour se porte dans les genres qui s’entremêlent, les artistes qui d’un album à l’autre re-conçoivent leur démarche, j’aime la musique que j’écoute presque autant pour son concept que pour que les images auditives qu’elle est capable de tisser. Partant de ce constat, il y a des artistes que j’écoute et me fascinent, et qui du coup tôt ou tard ne peuvent s’empêcher de terminer en article — c’est en quelque sorte ma manière de rendre hommage à ces personnes que même sans foncièrement apprécier on ne peut qu’admirer.

Opeth – mot supposément emprunté au roman The Sunbird où il signifie « City of the Moon » – c’est avant tout un groupe qu’il est difficile de décrire en une courte phrase sans commencer à énumérer bêtement des noms de genres. De façon à résumer l’idée de manière la plus concise possible, c’est le mariage entre toute la violence et la démesure du death et du metal progressif, avec toute la beauté et la contemplation du rock progressif et du folk/acoustic, ainsi que par moments des éléments de blues et jazz sur les albums les plus récents. Voilà vous voyez ça foire à chaque fois.
Ce que signifie concrètement cette assemblage un peu barbare qui à première vue s’annoncerait bancal, c’est qu’Opeth reprend les structures dynamiques et complexes du progressif, et en crée des morceaux alternant tantôt guitare acoustique et de chant lascif, tantôt riffs violents et chant saturé. Pas dans cet ordre, et pas tout le temps, mais vous avez saisi le concept.
Sur Allmusic on disait ceci et je trouvais ça bien formulé : « Tracks start and finish in seemingly arbitrary fashion, usually traversing ample musical terrain, including acoustic guitar and solo piano passages, ambient soundscapes, stoner rock grooves, and Eastern-tinged melodies—any of which are subject to savage punctuations of death metal fury at any given moment »

Comme pour Nine Inch Nails, étant donné que le groupe n’est pas aisé à appréhender, je propose une petite playlist découverte à la fin, qui aura pour but à la fois de vous faire connaître Opeth en douceur, mais aussi de briser toute idée reçue que j’aurais pu malgré moi vous donner en écrivant. C’est d’autant plus sensible pour un groupe comme celui-là puisqu’à la moindre mention du mot death la moitié de mes lecteurs vont s’imaginer une grosse bande de chevelus qui hurlent du pâté en secouant la tête. Alors bon certes physiquement je vous l’accorde, mais musicalement, non.

Opeth est un groupe qui avant tout a eu des débuts quelque peu tumultueux ; formé en 1990 en Suède c’est originellement un groupe de death metal pur dont le line-up de départ n’incluait même pas la désormais figure de proue du groupe, Mikael Akerfeldt. Celui-ci est en fait arrivé légèrement après la création du groupe en tant que bassiste, sous la demande du chanteur alors actuel, David Isberg. Le problème c’est que sembla-t-il personne n’avait été prévenu de l’arrivée d’Akerfeldt (y compris le bassiste qu’il était censé remplacer) et légèrement contrariés de ce coup en douce, tout le monde se barra d’Opeth à part Mikael et David.
Suivirent trois années du même calibre, avec le line-up du groupe ne cessant de changer au fur et à mesure que les gens rejoignaient et partaient. Au final arrivé comme bassiste, Akerfeld finira par occuper le poste de chanteur et guitariste, place qui sans doute a ô combien participé à pousser le groupe vers sa présente place.

Il faudra attendre 1995, soit cinq ans après la formation du groupe, pour que leur premier album, Orchid sorte. Je ne suis pas vraiment dans la capacité de parler de cet album parce que pour une fois dans un article musical je n’ai pas vraiment toutes les cartes en main : je n’ai jamais écouté leurs deux premiers albums, c’est un fait, je l’avoue. C’est un peu le problème avec les groupes changeants, selon ce qu’on y cherche et ce qu’on en tire, on peu très bien vouer un culte à un album pour ne tomber que de plus haut au suivant. Et étant habitué à ce qu’est Opeth désormais je n’ai jamais trop eu le désir de me plonger dans les années les plus death metal du groupe puisque ce ne sont pas celles qui m’intéressent au final (si, je suis un grand sensible).


I see roots beneath my feet
Led me trough wastelands of deceit
Rest your head now, don’t you cry
Don’t ever ask the reason why

Kept inside our idle race
Ghosts of an idol’s false embrace
Rest your head now, don’t you cry
Don’t ever ask the reason why

La manière dont j’ai connu le groupe est assez particulière. Sans vraiment avoir jamais écouté Opeth, j’avais toujours eu de l’appréhension du fait de l’image que les gens en peignaient en en parlant, à savoir une image résolument death metal donc – un genre que pour être honnête je n’ai jamais trop porté dans mon cœur. J’ai un ami qui en écoutait inlassablement il y a quelques années, et sans doute pas du plus classieux, ça m’en avait coupé l’envie.
Et puis un jour alors que j’arpentais Last.fm je suis tombé sur leur fameux morceau Harvest ; un morceau qui s’entame sans le moindre fade in sur un rythme envoutant de guitare acoustique accompagnée par un long chant clair, un beau solo de guitare claire, pas de sang sur les murs, pas de tremblement de terre, j’étais plus ou moins dérouté à la fin du morceau, à me demander si je ne m’étais trompé de page.
Voulant savoir de quoi il en retournait j’ai commencé à écouter l’album duquel il était tiré, à savoir Blackwater Park sorti en 2001. Me fiant aux pistes les plus populaires du groupe sur leur profil, j’ai directement entamé par Bleak, la piste qui à elle seule définit presque Opeth, et le miracle s’est produit. Il y avait du death metal, il y avait de la puissance projetée à l’auditeur telle que je l’avais attendue jusque-là, mais j’ai adoré cette piste plus que jamais et maintenant encore c’est une de mes pistes favorites du groupe. Tout simplement parce que tant le break acoustique que le chant clair par-dessus les segments de rythmique acérées faisaient que le tout fonctionnait ensemble à mes oreilles et me faisait passer outre ce fameux chant death métal que je redoutais — mieux, me le faisait apprécier dans son contexte.

C’est tout con mais c’est là que tout le cœur de mon paragraphe réside : contrairement à d’autres groupes que j’ai mentionné tels Nine Inch Nails qui eux aussi faisaient preuve de dualité, ici ce ne sont pas deux univers qui cohabitent et s’effleurent d’un bout de piste à l’autre. Mais plutôt deux parties d’un tout qui sont complémentaires tout autant qu’indépendantes. On passe de pistes surpuissantes comme Blackwater Park qui vous entraînent dans douze minutes de pure épique musique, aux deux Patterns in the Ivy et leurs calme et fluide ligne de guitare acoustique portée par un faible chant clair intimiste. C’est là que l’originalité et la force du groupe résident et c’est ça qui fait qu’ils ne sont pas n’importe qui, ils mêlent des mélodies jazz, du piano, du metal, du folk et en font un tout cohérent. En quelque sorte c’est du metal progressif mais retranché plus loin que jamais dans ses extrêmes.


The sigh of summer upon my return
Fifteen alike since I was here
Bathed in deep fog, blurring my trail
Snuffing the first morning rays

Weary from what might have been ages
Still calm with my mind at peace
Would I prosper or fall, drain the past
The lapse of the moment took it’s turn [...]

Pale touch, writhing in the embers
Damp mud burning in my eyes
All the faces turned away
And all would sneer at my demise

S’il y a une chose qui m’a beaucoup frappé aussi au commencement c’est bien évidement la performance de Mikael Åkerfeldt. Comme beaucoup de groupes de metal progressif, Opeth aussi possède sa propre figure iconique au centre de la scène ; l’homme qui derrière les albums en fabrique les concepts et qui du bout de sa plume emporte le public. Un point sur lequel Mikael ne faillit pas, déjà parce qu’il a un aisance incroyable à l’écrit pour un artiste né dans le death metal, que ce soit par la manière lyrique et poétique qu’il a d’approcher ses thèmes que les thèmes eux-mêmes. C’est vraiment un groupe dont il est plaisant de tirer des bouts de paroles à mettre dans l’article parce que chaque piste est vraiment pensée comme un poème et ça se sent à la lecture.

Second point qui frappe : la fluidité avec laquelle il manie la guitare acoustique et sa capacité à créer et mêler des couches de mélodies avec. Toute l’introduction de Benighted ou l’étouffée mélopée qui entoure la puissante Dirge for November, ce sont des thèmes qui restent en tête pour tant que l’on apprécie le style. Akerfeldt prépare même un album solo de guitare acoustique en marge d’Opeth, pour mettre au-devant de la scène des mélodies qu’il a composées en cours de route mais qui jusque là n’avaient pas trouvé pas leur place.
Ensuite le chant est à l’image de ce jeu acoustique : inattendu. Je ne sais pas si c’est parce que je n’y connaissais rien (sans doute) ou parce que je me basais sur une poignée d’artistes fonctionnant comme ça, mais j’avais toujours imaginé que les groupes où se partageaient plusieurs styles de chant avaient en réalité deux chanteurs — pour les groupes qui ne modulent pas leur voix tout du moins. J’ai cru ça d’Opeth pendant un long moment jusqu’à ce que je regarde un live de Bleak toujours dans mes premières écoutes de Blackwater Park.
C’est là que j’ai réalisé qu’Akerfeldt prenait ces deux places au-devant de la scène et le voir passer, dans des morceaux comme The Moor, d’un style de chant à l’autre au détour d’une phrase fait partie des choses qui marquent quand on découvre ce groupe. Bien sûr il y a des tas d’artistes qui sans doute partage cela, mais à mes yeux ce qui fait la force d’Akerfeldt c’est qu’il est à l’aise dans ces deux styles et propose un chant clair vraiment maîtrisé, mélodique, et large dans sa capacité. Je ne sais pas si tous les artistes de death metal seraient en mesure de chanter certains récents morceaux d’Opeth tel Burden où le chemin parcouru saute immédiatement aux yeux.


Trees bend their boughs toward the earth.
And nighttime birds float as black faces. [...]

You have nothing more to find.
You have nothing more to lose.
The cold season drifts over the land.
They huddle in the brown corners.

S’il est une période du groupe qu’il est inévitable de mentionner c’est Damnation et Deliverance. Sortis respectivement en 2003 et 2002, ce sont deux albums qui grossièrement, ont été composés dans l’optique de cristalliser tout ce qui alors constituait Opeth. Prendre ces deux extrêmes qui animaient le groupe et les séparer comme deux frères à la naissance. Le résultat en est ce double album.
À gauche nous avons Deliverance, à ce jour décrit comme un des albums les plus intenses faits par Opeth — ça ne veut pas dire le plus violent, simplement tous ces temps de battement et de répit qui d’habitude peuplent leurs albums, ont ici été écartés pour ne laisser qu’un échantillon du plus sombre de ce qu’ils sont capables de faire. D’une quelque manière c’est un long plongeon dans un retour aux racines du groupe et en ressortir c’est non seulement ne pas en ressortir indemne mais c’est aussi reprendre souffle comme après une longue apnée.
De l’autre côté, Damnation délaisse absolument tout aspect ne serait-ce que vaguement metal, et se livre à un long album entièrement acoustique entrecoupé d’une pincée de pistes rock progressif et jazz dont leur désormais connue Windowpane. La nuance à ajouter c’est que jeu acoustique ne signifie pas jeu joyeux, et certaines pistes même à la guitare folk sonnent et se ressentent bel et bien comme du métal lointain.

Dans les deux albums l’utilisation de styles qui s’opposent n’empêche que l’ambiance propre à Opeth est indéniablement présente et c’est une performance assez admirable qui prouve qu’en tant d’années ils ont réussi à se forger une patte qui leur est propre et qui désormais fait partie de tout ce qu’ils font même sans qu’ils y prêtent attention. Sans que Deliverance soit un album dans lequel j’ai vraiment réussi à me plonger hormis quelques pistes dont la piste éponyme, j’admire beaucoup la démarche et la mise en opposition (la délivrance par la violence) des deux facettes d’Opeth.


Summer is miles and miles away
And no one would ask me to stay
And I should contemplate this change, to ease the pain
And I should step out of the rain, and turn away

Avec du recul, et ça se ressentira sans doute malgré moi dans ma sélection, j’ai conscience que j’ai toujours été attiré par leur côté le plus calme, pour au final être happé par leur autre côté et rester à écouter tout. C’est un groupe qui de toute manière au cours de ces dernières années s’est de plus en plus éloigné de ses origines, de manière complètement ouverte sur des albums comme Watershed ou au final le compte de pistes vraiment fidèles à leurs début se compte sur les doigts d’une main atrophiée. C’est un groupe qui est devenu de plus en plus complexe à définir au point qu’eux-mêmes en interviews se refusent à s’apparenter à un genre. D’une certaine manière ils étaient à un endroit précis, et c’est comme s’ils avaient décidé d’aller s’aventurer toujours plus loin au point que les frontières de ce qui était vraiment leur maison en deviennent troubles.

Alors certes et je tiens à le rappeler à la fin de l’article, ça reste un groupe de metal progressif dans ses grandes lignes et après tant de mots versés je ne veux pas induire en erreur ceux qui ne connaissent pas : oui il y a du death metal dedans, il n’y a pas que ça, mais ça reste une partie intégrante et importante d’Opeth. Mais s’ils ont réussi à me convaincre et me faire passer outre mon aversion, c’est qu’il y a véritablement quelque chose de particulier dans leur musique, d’unifiant et d’indescriptible. Je pense que plutôt que de continuer il est temps de vous laisser en musique.

Étant donné qu’un article musique ne le serait vraiment sans quelque chose à écouter, je vous propose comme à l’accoutumée une petite playlist découverte d’Opeth. Tout comme pour Nine Inch Nails elle est divisée en sous-parties et tout comme pour NIN, tentez au moins d’écouter une ou deux sections en entier avant de réellement vous forger un avis. J’ai quand même tenté de mêler un peu de toute la discographie du groupe — une vingtaine de pistes pour un tour d’horizon de douze ans d’histoire.
J’espère en toute franchise que les fans de la première heure ne me tomberont pas sur le dos pour avoir omis leurs deux premiers albums, et espère avoir été fidèle dans ma retranscription du groupe malgré les blancs laissés.

Prologue : Prologue (de My Arms, Your Hearse)

— This Day Fell —
The Face of Melinda (de Still Life)
Burden (de Watershed)
Porcelain Heart (de Watershed)
Patterns in the Ivy II (de Blackwater Park)
Hours of Wealth (de Ghost Reveries)
Epilogue (de My Arms, Your Hearse)

— The Darkness Nigh —
The Moor (de Still Life)
Bleak (de Blackwater Park)
Dirge for November (de Blackwater Park)
Interlude : Madrigal (de My Arms, Your Hearse)
When (de My Arms, Your Hearse)
Reverie / Harlequin Forest (de Ghost Reveries)
Blackwater Park (de Blackwater Park)

— Into the Night —
Benighted (de Still Life)
Harvest (de Blackwater Park)
Windowpane (de Damnation)
In My Time of Need (de Damnation)
A Fair Judgement (de Deliverance)
Coil (de Watershed)

— When Days Are Done —
Hessian Peel (de Watershed)
The Baying of the Hounds (de Ghost Reveries)
Serenity Painted Death (de Still Life)
Beneath the Mire (de Ghost Reveries)
Deliverance (de Deliverance)

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[Guitare] 1969

Mardi 21 juillet 2009

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Écouter 1969

Petit morceau composé hier soir. Tout est parti de la basse qui me donnait vraiment un sentiment un peu « extra-terrestre » et j’ai continué dessus.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’aime vraiment l’ambiance qui est rendue au final. Je n’ai pas grand chose à dire dessus, cela fait presque un an que je ne vouais ai pas présenté un morceau et pourtant j’en ai fait des choses entre-temps. Je garde tout cela pour un plus grand article qui viendra par la suite, consacré à une sorte de rétrospective de ma première année de guitare en matière de composition et en général aussi.

J’en ai fait des choses en un an, j’ai une petite quinzaine/vingtaine de morceaux sous la main. Ils sont loin d’être tous achevés, et il reste plus de travail à faire sur certains que sur d’autres, mais je pense qu’il est l’heure de sortir un peu de ma tanière et de vous montrer tout ça.
Il y a pas mal de choses différentes dans ce que je vais vous apporter, de l’acoustique pur au métal, en passant par le noise, le blues, des reprises de morceaux de piano, des improvisations, etc. Tout est assez artisanal, brouillon, enregistré tant bien que mal, mais ça a un petit charme. C’est comme ça, c’est ma première année de guitare, ça se fête.

Sur ce, à bientôt.

[Musique] Nine Inch Nails

Jeudi 25 juin 2009

À artiste complexe, article complet.
Il faut comprendre qu’il y a énormément de choses à dire sur ce groupe, sa musique et ce qui l’entoure, tant et si bien que tout résumer à quelques paragraphes serait une insulte. Voilà pourquoi cet article est long, c’est le prix à payer pour combler ce petit trou intriguant dans votre culture musicale. Si les détails ne vous intéressent pas, sautez au paragraphe rouge suivant pour lancer la liste de lecture. Ou alors lancez la liste de lecture et lisez l’article en même temps, c’est une bonne idée aussi.

Nine Inch Nails

She spreads herself wide open, to let the insects in.
She leaves a trail of honey… to show me where she’s been.
She has the blood of a Reptile - just underneath her skin,
Seeds from a thousand others drip down from within.
Devils speak of the ways in which she’ll manifest,
Angels bleed from the tainted touch of my caress.
Need to contaminate, to alleviate, this loneliness ;
I now know the depths I reach are limitless.

Il y a des groupes comme ça de temps à autres qui une fois que l’on commence à les écouter se révèlent être radicalement différents de l’image que l’on avait d’eux avant de les connaître réellement. Pendant très longtemps j’avais gardé du nom « Nine Inch Nails » une image furieusement violente et étrangement gore, pour plusieurs raisons mais principalement parce que sans connaître on suppose qu’un groupe qui porte un tel nom se doit d’en assurer la réputation derrière. L’autre raison comme pour beaucoup de monde sur Nofrag c’est que NIN c’est avant tout ce fameux logo sur les munitions de clous dans Quake — j’ai d’ailleurs été bien surpris des années plus tard en apprenant qu’il n’y avait là aucune coïncidence, Trent Reznor ayant été le compositeur principal pour Quake.

Quake

J’avais déjà essayé à une époque de me plonger dans le groupe, c’était à la sortie des fameux Ghosts. Malheureusement déjà pris dans la découverte d’un autre artiste j’ai vaguement posé mes oreilles sur ces quatre pièces instrumentales et en ressortant rapidement confus j’ai supprimé les Ghosts de mon disque dur et n’y ai plus repensé. Et puis il y eut cet article, qui d’une grande baffe dans la gueule m’a ordonné de retourner au boulot et d’écouter enfin ce Nine Inch Nails de manière à ce que j’arrête de fantasmer indéfiniment sur ce qu’était réellement ce groupe.
J’ai pris Broken, me suis lancé dedans le lendemain sans trop savoir de quoi il retournait, et j’en suis ressorti les oreilles pleines de sang et le sourire aux lèvres. Alors qu’au rythme de la puissance mécanique de Last, tapaient mes pas, je venais d’effleurer du doigt un univers bien plus vaste que ce que peuvent décrire deux ou trois albums.

Pretty Hate Machine Broken

God money’s not looking for the cure.
God money’s not concerned with the sick among the poor.
God money lets go dancing on the backs of the bruised —
No, God money’s not one to choose.
No you cant take it !
No you cant take, that away from me…
Head Like a Hole.
Black as your soul.
I’d rather die, than give you control.
Bow down before the one you serve.
You’re going to get what you deserve.
[...] You know who you are.

Nine Inch Nails c’est principalement deux choses. D’une, comme le dit l’expression, Trent Reznor is Nine Inch Nails. Crée vers la fin des années 80, NIN est un groupe qui même s’il est constitué de musiciens qui vont et viennent d’une année à l’autre, n’a pour seul et unique pilier que Trent Reznor. Sans vouloir tout lui créditer comme s’il était dieu le père, étant auteur et compositeur des morceaux du groupe, étant l’origine de l’âme industrielle et de l’atmosphère sale qui entoure les morceaux, étant [etc] on peut aisément dire que Nine Inch Nails, c’est un one-man band.

Ensuite, NIN c’est un groupe qui est en évolution constante. On retrouve des similitudes entre les albums, mais il n’y en a pas deux qui soient identiques. Le tout premier véritable album du groupe, Pretty Hate Machine est sans doute celui qui à ce jour m’évoque le plus le côté « électronique » du groupe. Sans que ce soit quelque chose d’horriblement exagéré, cela reste à cent lieues de la la violence des guitares qui jailliront sur Broken.
On sent aussi sur ce premier album l’embryon de ce que deviendront plus tard les deux aspects de Nine Inch Nails : des pistes très violentes et fortes (Head Like a Hole) et d’autres très calmes à fleur de peau (Something I can Never Have). Ce n’est pas vraiment mon album favori, j’en apprécie les pistes mais comme je l’ai dit _à mes yeux_ ce qui est sur cet album n’est pas encore poussé dans les extrêmes. Quand je pense à Nine Inch Nails et à ce que j’adore dans ce groupe, ce sont des morceaux très violents à grands coups de bruits mécaniques, industriels, de noise, de déconstruction, de riffs secs ; et d’un autre côté des pistes douces, du piano, des mélodies, des ambiances nocturnes, en un mot Le Calme avec un grand C.

Nine Inch Nails c’est une musique qui parle tout en dualité, et même si seule la fraction violente des albums est perceptible lors des concerts, résumer NIN à cela serait être gravement dans l’erreur.
Cette partie violente parlons-en. Sorti en 1992, Broken est une rupture on ne peut plus radicale avec Pretty Hate Machine. Oubliez les batteries sorties de Cubase et le côté « musique électronique de 89 », sur Broken on sort sa bite et sa guitare et on lacère les gens à coups de puissance. Cet album c’est la preuve même que par trois simples accords on peut transmettre plus de rage que n’importe quelle speed solo — à ce jour j’ai beau y mettre toute mon âme je n’arrive toujours pas à donner autant de force au riff de Last que Trent Reznor n’en donne.
Si je devais parler des morceaux qui m’ont marqué sur cet album - déjà court en soi - je dirais avant tout Physical et sa lente montée vers la colère (your dangerrrrr[rugissement]). Cette reprise de Billy Idol commence doucement tout en murmures et dès le deuxième refrain les chiens sont lâchés et rien ne va plus. C’est un morceau que j’aime utiliser pour introduire les gens aux groupe. Déjà, car il pose les premiers pas dans ce tant nommé « Industrial » qui étiquette le groupe — sons mécaniques, guitare régulière, sur-saturation, bruits parasites et samples divers. Ensuite, il monte doucement ce qui évite que les gens décrochent dès les premières secondes, contrairement à d’autres de mes morceaux favoris de cet album tels Last ou Wish qui feraient fuir les non initiés. Souvent dans Nine Inch Nails quand un morceau commence ou finit on ne prévient pas (et c’est particulièrement vrai sur l’album suivant).
Ça reste en tout cas à mes yeux un de mes albums favoris et des plus écoutés, avec The Downward Spiral et The Fragile. Bref, un peu comme une bonne partie des fans de ce groupe.

The Downward Spiral Further Down the Spiral

Et il est un jour arrivé,
Marteler le ciel,
Et marteler La Mer.
Et la mer avait embrassé moi,
Et m’a délivré moi de ma cellule.
Rien ne peut m’arrêter maintenant.

Mine de rien je prends énormément de plaisir à poster ces pochettes parce que même si on fait tous mine de dire le contraire (« l’important c’est le contenu ! ») avoir un bel album au sens propre sur son étagère c’est toujours la classe. Alors imaginez, en avoir douze, alignés soigneusement, évoluant dans un univers à mi-chemin entre abstraction, crasse et calme, c’est le bonheur. L’architecture artistique de Nine Inch Nails est très poussée et dans l’ensemble cohérente puisqu’elle reprend souvent les mêmes thèmes et esthétiques. On la doit majoritairement à deux hommes, premièrement Russel Mills (The Beauty of Decay) qui commença à travailler avec Nine Inch Nails à partir de 1994 et contribua énormément en apportant au monde de NIN cette touche de saleté, rouille et décrépitude qui sied si bien à l’industrial. En un sens, que ce soit l’univers graphique ou musical, c’est un groupe qui à mes yeux se rapproche énormément d’Akira Yamaoka à travers tout le travail qu’il a fait en créant l’univers sonore et musical de Silent Hill — un mélange de violence et de calme, de salissure et de brouillard lisse et aphone.
La seconde personne à qui l’ont doit Nine Inch Nails tel qu’on le perçoit visuellement de nos jours c’est l’inévitable Rob Sheridan. Si vous n’avez jamais vu son travail autour des Ghosts, je vous conseille le recueil de photographies qui était dans l’édition Deluxe de Ghosts et qui est disponible en pdf sur le site officiel. Et puis dans l’ensemble ce cher monsieur nous délivre de belles images alors je vous redirige vers son portofolio.
Fin de la digression.

Sorti en 1994, The Downward Spiral est sans doute – de nom – l’un des albums les plus connus de Nine Inch Nails. Mais de quoi ça parle concrètement ? Et bien comme son nom l’indique d’une spirale descendante ; c’est la période (de 94 à 99) durant laquelle Trent Reznor a commencé à prendre énormément de drogues, à se laisser aller, à vivoter, et à descendre petit à petit jusqu’à ce que sa vie touche le fond. C’est ce qui explique le trou béant entre The Downward Spiral (1994) et The Fragile (1999).
Mais de quoi ça parle musicalement ? Musicalement TDS est unique, il reprend la violence d’un Broken mais la pare de tant d’abstraction sonore qu’elle en est méconnaissable… je pense que ceux qui ont écouté l’album compagnon « Further Down the Spiral » se souviennent encore s’être gratté la tête devant les étranges et brutales dix minutes de « The Art of Self-Destruction III ». C’est vraiment un univers très « industriel » au sens propre cette fois, par exemple avec Reptile et ses sons de pistons, de plaques de fer s’entrechoquant, ses enregistrements de sirènes d’usine simulant les cris d’un lézard, et j’en passe. La guitare aussi semble être passée dans un hachoir et en est ressortie vidée de ses basses, c’est ce qui donne ce côté froid et sec de morceaux comme Mr. Self Destruction ou Ruiner. On est loin des basses grognantes d’un Broken, je pense que personne ne peut le nier.
Bien sûr ces pistes ne sont pas abandonnées de leur contreparties calmes ; même si la dualité du groupe éclora véritablement sur The Fragile, on retrouve, avec des pistes comme A Warm Place, The Downward Spiral ou la désormais célébrissime Hurt, des plages plus douces dans lesquelles se reposer entre deux descentes brutales au fond d’une usine sombre.

Pour revenir rapidement sur le terme « d’album compagnon » évoqué plus tôt, il faut savoir que Trent Reznor est quelqu’un qui n’hésite pas à laisser ses morceaux être remixés, remaniés par d’autres et qui prend plaisir à le faire lui-même. Voilà pourquoi à chaque sortie d’un album correspond un album compagnon contenant des remixes.
Cependant, si cela semble ridicule dans l’idée c’est sans doute parce que vous avez en tête une image très techno du terme « remix ». Dans le petit monde de Nine Inch Nails remixer un morceau c’est bien souvent repartir de zéro, détruire et reconstruire, mélanger, mixer, réduire et agrandir s’il le faut. La plupart du temps si les titres n’étaient pas précisés sur les albums compagnons ils seraient méconnaissables car totalement réinventés. Voilà pourquoi souvent ces disques compagnons sont des indispensables à l’écoute de l’album. Pas toujours, parfois ces remixes sont de mauvaise facture c’est un fait, disons simplement que si vous avez aimé un des albums de Nine Inch Nails et souhaiteriez en avoir plus du même univers, se diriger vers l’album compagnon est une bonne idée.

The Fragile Things Falling Apart

The Fragile, datant de 1999 comme je l’ai dit précédemment, est en réalité un double album décomposé en « The Fragile (left) » et « The Fragile (right) ». Je ne saurai dire si ces deux parties connaissent vraiment des différences étant donné qu’elles sont regroupées en un seul et même album dans ma bibliothèque. C’est un peu comme les quatre volumes des Ghosts, on ne sait pas sur quoi est basée la découpe des pistes, on sent une subtile différence d’ambiance, mais sans jamais réussir à mettre le doigt dessus.
Je ne vais pas mentir, The Fragile est mon album favori de Nine Inch Nails, toutes périodes et tous styles confondus. C’est celui qui à mes yeux est le témoin le plus probant de toute la bipolarité de Trent Reznor, entre la violence verbale et musicale d’un « Starfuckers, Inc. » ou « The Big Come Down » et le calme serein et rieur d’un « La Mer » ou « The Frail ». Ce sont deux mondes qui s’opposent et c’est merveilleux à regarder. Bien sûr, The Fragile ce ne sont pas que des pistes cultes, je dirais même loin de là, mais c’est l’ensemble formé que j’aime. On retrouve aussi dans The Fragile une évolution évidente au niveau de la complexité des pistes ; si les morceaux de la fameuse « Broken Era » sacrifient la richesse musicale pour la puissance, ce n’est plus le cas à partir de The Downward Spiral, avec ma petite Reptile, The Fragile (le morceau pas l’album) et j’en passe. Je ne dis pas qu’il y a deux-cent ponts et trente changements de thèmes, mais ça va au-delà du refrain/couplet/refrain et c’est toujours appréciable.

Enfin voilà, ce n’est qu’un avis comme il y en a tant et il est toujours difficile de juger un album isolé quand on est habitué à écouter l’artiste dans son ensemble. Avec du recul plus j’écris de mots dans ce paragraphe et plus je me dis que mon impression sur cet album n’est pas forcément vraie. En tout état de cause, The Fragile reste un bel album qui est souvent conseillé comme « premier album » quand on commence Nine Inch Nails.

And All That Could Have Been Still

And All That Could Have Been et Still sortis en même temps en 2002, font sans doute partie des lives les plus célèbres de Nine Inch Nails, sans doute parce que AATCHB c’est avant tout un DVD.
Souvent les gens se demandent ce que peut donner un groupe tel que celui-ci en concert. Il faut savoir que ce qui se passe en général, c’est que Trent Reznor reprend ses pistes et les réarrange spécialement pour qu’elles soient jouables sur scène, ce qui n’est pas toujours évidement compte tenu de l’importance de l’environnement sonore dans la plupart des pistes. Heureusement ce que l’on perd en atmosphère, Nine Inch Nails le compense en force — les concerts de ce groupe ce sont des concerts avec de grosses paires de couilles, d’autres groupes qui viennent jouer, des jeux de lumière qui tâchent et des gens qui bougent la tête, beaucoup.

Les rares morceaux calmes qui sont joués en revanche ont le mérite de ne pas être massacrés. Pour vous donner une idée, voici deux vidéos (en HD s’il vous plaît) : The Fragile de l’album du même nom, qui est vraiment un superbe morceau alternant passages posé et fort. Juste en-dessous, son opposé radical avec Wish en duo avec le Dillinger Escape Plan (Coldplay n’a pas pu venir). Attention, la seconde vidéo montre une bande de poilus s’astiquer le manche et Trent Reznor se jeter sur une batterie — c’est un morceau de la période Broken, bref, vous êtes prévenus, ce sont deux morceaux totalement antagonistes. Trent Reznor, c’est le mec musclé avec la grosse voix et sa guitare. Vous pouvez mettre en plein écran et cocher « HD » en haut à droite, la qualité est superbe (vidéos offertes grâcieusement par Trent himself, filmé par Rob Sheridan).

http://www.vimeo.com/3496673 http://www.vimeo.com/3521751

Mais AATCHB c’est aussi son disque compagnon « Still ». Quasiment tout instrumental excepté une pincée de pistes, c’est sans doute à ce jour l’un des albums les plus calmes jamais faits par Nine Inch Nails. Il est très court (puisque c’est un disque compagnon) mais trouve vraiment sa place en tant qu’interlude entre deux albums. On y retrouve aussi des sonorités et mélodies qui plus tard seront reprises dans les Ghosts, avec par exemple le fameux « xylophone de Trent » dont se moquaient certains mais qu’il utilise souvent (La Mer, Adrift and at Peace, 21 Ghosts III, etc) et que j’aime bien personnellement. Je sais que j’arrête pas de vous parler des Ghosts mais on y arrive bientôt.

With Teeth Year Zero

You’re keeping in step - in the line.
Got your chin held high, and you feel just fine.
‘Cause you do… what you’re told
But inside your heart it is black and it’s hollow and it’s cold.
Just how deep do you believe ?
Will you bite The Hand That Feeds ?
Will you chew until it bleeds ?
Can you get up off your knees ?
Are you brave enough to see ?

C’est sans doute la période du groupe à laquelle j’ai la moins accrochée, par son côté trop conventionnel sans doute, mais With Teeth (2005) contient tout de même son lot de bonnes pistes et malgré un côté un peu trop « rock classique » on a tous au moins une piste favorite dans ce petit bazar. Je ne pense pas me tromper en disant que With Teeth est à part, étant donné que c’est même l’un des seuls albums à ne pas avoir de disque compagnon. Je ne saurais le décrire précisément mais il est différent, c’est tout.

Bien heureusement après ce petit interlude, Trent Reznor s’est rendu compte qu’il s’emmerdait alors il a décidé de partir dans un délire complètement disproportionné et c’est ainsi que naquit l’univers de Year Zero (2007). Year Zero ce n’est pas simplement un album, c’est un ensemble de choses. Déjà, c’est un buzz construit progressivement à partir d’indices laissés, et quand je parle d’indices je parle d’indices bien tordus à la Nine Inch Nails avec une histoire de clé usb laissée avec dessus une morceau de musique qui à la fin contenait du bruit blanc et l’analyse de ce bruit blanc révélait une forme (rien que ça). Cette forme, « La Présence » (sur la pochette à droite) est elle-même un élément/personnage de toute une « mythologie » construite autour de Year Zero se déroulant dans un futur alternatif en 2022 (ou année 0000). Il y a un jeu qui accompagne l’album, et les pistes elles-mêmes racontent une histoire. Il y a vraiment énormément de choses autour de Year Zero cependant comme c’est un des derniers albums que j’ai écoutés (chronologiquement) je n’ai jamais vraiment eu le temps de me pencher sur tout ça avant l’article.

Musicalement, Year Zero est à des kilomètres, expérimentalement parlant, de With Teeth. Déjà, futur oblige, tout est essentiellement construit par musique sur ordinateur. Enfin, c’est assez complexe à décrire mais il y a ce degré d’électronique savamment dosé qui fait que le rendu semble et sonne moins artisanal. Les ambiances et structures semblent aussi sortir d’on ne sait où (The Warning anyone ?). C’est à mes yeux un album complètement extra-terrestre dans la discographie de Nine Inch Nails, tant par ce qui l’entoure que par ce qu’il contient.

Ghosts Ghosts II

Les « Ghosts » de Trent Reznor c’est un peu la preuve que ce groupe a une capacité sans faille à se renouveler lorsqu’il semble dans une impasse. Débarqués alors que strictement personne ne soupçonnait jusqu’à leur existence, les Ghosts se découpent en quatre volumes de neuf pistes chacun. Ce sont quatre albums uniquement instrumentaux et je le précise parce que c’est la donnée qui a le plus surpris les gens à leur sortie.
L’histoire de ces Ghosts est assez amusante — en 2007 après de bons et loyaux service, Nine Inch Nails annonça qu’ils avaient complété leur contrat avec Interscope Records et que donc techniquement parlant ils étaient « libres ». Trent Reznor a alors ressorti du placard un projet de longue date qu’il n’avait jamais eu le temps de mettre en place : s’enfermer dix semaines en studio, sans idée précise en tête ou rien, juste composer, improviser et construire un album au fur et à mesure jusqu’à ce qu’en aboutisse quelque chose, sans savoir quoi avant de l’avoir fini. Au final sa petite expérience se déroula on ne peut mieux puisque ce qui devait être à la base un court EP instrumental se révélera au final un beau morceau de quarante pistes.

Ce qui a fait la force des Ghosts à leur sortie et ce qui a fait parler d’eux c’est aussi leur mode de distribution. Ce fut la première incursion de Nine Inch Nails dans la distribution numérique, souvenez-vous, le premier volume des Ghosts était offert gratuitement en torrent et les autres volumes étaient disponibles en plusieurs packs. Cela allait des trois albums simples sans artifices à 5€, à l’édition Deluxe comprenant boîtier, recueil de photos, et j’en passe. C’est à la même période que Radiohead a sorti son album « payable à n’importe quel prix ».
La preuve que la manœuvre a fonctionné, grâce sa disponibilité à faible prix (5€ les quarante pistes quand même), les Ghosts de Trent Reznor devinrent l’album le plus vendu de l’année 2008 sur Amazon.

Maintenant, il est difficile de décrire ce que musicalement contiennent ces quatre volumes. En deux réactions, au début c’est la surprise, après c’est le charme. Tout est construit à partir d’un ensemble de sons et d’instruments dont vous ne soupçonnez même pas l’existence comme la Marimba ou le Dulcimer des Appalaches. De la guitare bien sûr, des percussions, et on retrouve tout le panel de sons mécaniques/industriels qui sont la patte de Nine Inch Nails. La plupart de ces Ghosts sont relativement courts cependant, avec une moyenne de deux/trois minutes. C’est vraiment ce que le nom laisse entendre : un amas d’entités différentes à peine discernables.
Ce qui est intéressant aussi dans ces Ghosts c’est toute l’identité visuelle qui a été construite autour, avec le recueil que je vous ai montré tout à l’heure, le site web, la pochette, etc. Tout est simple, vidé, épuré – des paysages figés et décolorés jusqu’à en devenir irréels. Bref, de quoi faire faire des cauchemars à Olipro.

Ce n’est pas le projet ultime de Nine Inch Nails, il est même loin de faire l’unanimité, mais ne serait-ce que pour la démarche créative, pour l’univers esthétique, pour sa distribution et pour le fait que chacun y trouve son compte en cherchant bien, il mérite droit de citer.

The Slip Quiet

The Slip a ainsi continué dans la voie tracée par les Ghosts et a été distribué gratuitement sur Internet, sachant que c’est quand même l’album pilier de la tournée 2008/2009 ce n’est pas rien. Il n’y a pas grand chose à dire dessus, vingt ans plus tard le style de Trent Reznor n’a eu de cesse de muer tout en retenant les éléments les plus signifiants de chaque étape au fil de son parcours, et à l’heure actuelle il est encore trop tôt pour juger The Slip. Avec plus de recul, plus tard, lorsque l’on saura l’étape qui suivra.

J’ai beaucoup parlé de Nine Inch Nails musicalement mais il y a aussi de nombreux clips qui comme pour chaque artiste valent le coup d’œil. J’aurais pu aussi parler plus en détail de la bande originale de Quake, mais ça c’est autre chose. En dernière note, si vous ne vous y êtes jamais intéressé, il y a une application Nine Inch Nails extrêmement complète qui permet de savoir les dates des tournées à venir, de savoir s’il y a des fans de NIN dans les alentours mais surtout oh oui surtout, d’écouter gratuitement en streaming tous les albums du groupes, les remixes, les singles et j’en passe. Tant de contenu pour une application gratuite, ça serait une erreur de passer à côté.
Et sinon, la plupart des albums de NIN sont sur Spotify.

La Playlist

Comme à chaque article de musique que je fais, je vous quitte avec une version sonore de l’article — on y retrouve des pistes dont j’ai parlé, plus d’autres, c’est une sorte de survol du groupe. J’ai sélectionné deux pistes par album, sauf exceptions et ou petites surprises. Comme Deezer n’est pas compatible avec les blogs Wefrag voici une version écrite de la liste de lecture — cliquez sur l’image « Nine Inch Nails » en-dessous pour lancer la lecture.

Ma liste est composée de quatre « tiers » de sept pistes chacun. Quatorze morceaux doux, quatorze morceaux forts — comme ça il y en a pour tout le monde.
Le fonctionnement par tiers fait que c’est une liste qui évolue au fil de son déroulement : si vous commencez et trouvez ça trop lent, vous attendez. Si vous commencez et trouvez ça trop violent, vous attendez. Vous pouvez sauter des pistes, je ne vous sangle pas à une chaise avec un casque dans les oreilles, simplement gardez en tête que si vous n’aimez pas une piste, c’est pas bien grave il y en a plein d’autres. C’est tout ce que je veux que vous ayez comme état d’esprit : un artiste ne se résume pas à une piste ou un album, jugez quand vous aurez tout écouté… la liste fait la taille d’un album, un peu moins de deux heures. Si au bout de cet album « condensé » vous n’aimez pas alors là c’est différent, c’est votre droit. Si au bout de deux pistes vous venez clamer que c’est de la merde, je vous saigne comme une truie.
Il se peut que le player Deezer saute des pistes, en cas faites F5 et reprenez là où vous étiez. J’y peux rien, si vous avez mieux à proposer pour présenter de la musique, je suis preneur.

— Tier I : La Mer (quiet) —
36. Ghosts IV (de Ghosts IV)
And All That Could Have Been (de Still)
Reptile (de The Downward Spiral)
Echoplex (de The Slip)
La Mer (de The Fragile)
Just Like You Imagined (de The Fragile)
Sunspots (de With Teeth)

— Tier II : The Big Come Down (heavy) —
Physical (de Broken)
Last (de Broken)
The Big Come Down (de The Fragile)
04. Ghosts I (de Ghosts)
Starfuckers, Inc. (de The Fragile)
Head Like a Hole (cover de Still Remains, morceau original de Pretty Hate Machine)
Meet Your Master (acoustic) (de Quiet, morceau original de Year Zero)

— Tier III : Lights in the Sky (quiet) —
Adrift And At Peace (de Still)
Something I Can Never Have (de Pretty Hate Machine)
Lights in the Sky (de The Slip)
The Great Below (de The Fragile)
Leaving Hope (acoustic) (de Quiet, morceau original de Still)
Hurt (de The Downward Spiral)

— Tier IV : The Art of Self Destruction (heavy) —
The Art of Self-Destruction III (de Further Down the Spiral)
The Beginning of the End (de Year Zero)
10. Ghosts II (de Ghosts II)
Love Is Not Enough (de With Teeth)
Quake Theme (de la bande originale de Quake)
27. Ghosts III (de Ghosts III)
Eraser (Polite) (de Further Down the Spiral)
The Frail (de The Fragile)

Ghosts II

12 Ghosts II — tiré du recueil de photos « Ghosts »

Jamendo : artistes à retenir

Jeudi 5 février 2009

En attendant mon prochain article de musique, consacré à mon cher Tête-Seau, en attendant mon second morceau, « Deuil », que je cherche encore à remanier pour qu’il soit plus court, je vous propose un petit article très rapide sur quelques artistes intéressants qui proposent leur musique gratuitement.

Je ne vais pas mentir, c’est principalement un article sur des artistes trouvés via Jamendo ; je ne prétends pas lister ici tous les artistes qui valent le coup d’œil, juste ceux sur lesquels je suis tombés. Si vous en avez d’autres intéressants, n’hésitez pas à les poster dans les commentaires.
Ma sélection sera assez limitée en variété de styles, c’est pour cela que je fais appel à vous pour compléter le tout. Si vous connaissez un artiste génial qui n’est pas cité dans l’article, faites-m’en une description et une critique rapide et je l’ajouterai. Et je ne parle pas que des artistes Jamendo, tous les artistes proposant leur musique à libre disposition sont bienvenus.

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On va commencer par ceux qu’on ne présente désormais plus tant ils sont restés longtemps en haut des classements d’écoute de Jamendo : Hype. Un quatuor de pur groupe de rock français, même si leur musique reste très empreinte de rock anglais, jusque dans la langue des paroles.
Ceux qui aiment le genre s’y retrouveront sans problème puisqu’on en retrouve les grands codes ; pistes mêlant acoustique et électrique, riffs accrocheurs, solos reconnaissables et ayant chacun leur petit « truc ». C’est du très classique dans le paysage du rock moderne, mais à mes yeux c’est du très bon classique.
Le groupe possède tout de même ses petites particularités. On prendra par exemple la peine de relever Mike, dont le style de chant très « grande voix puissante un peu féminine » (non sans rappeler d’autres chanteurs tels Nathan Willett des Cold War Kids) se mêle à merveille à l’univers du groupe.
J’ai bien sûr mes petites favorites, en acoustique « Spirits Above » et « Anybody Here » sont pour moi incontournables, et en électrique même si au fond je les aime toutes, je dirais « Castaway », « Let Go » et « Scream ».

Leurs deux EP ne sont malheureusement plus disponibles sur Jamendo, puisque Hype est depuis peu passé dans la cours des grands et que leur premier album est en chemin. Toutefois ils ont été en ligne gratuitement assez longtemps pour être « trouvables ». Jetez-y un œil.
Vous pouvez trouver des extraits dudit album à venir sur leur Myspace, dont « Out of Control » que j’aime particulièrement.

Just a Catwalk from Heaven
1 - Swallow
2 - Ain’t that Far
3 - Castaway
4 - Let Go
5 - No Name

Lies and Speeches
1 - Home
2 - My Innocence
3 - Scream
4 - Anobody Here
5 - Get There
6 - Spirits Above

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Deuxième artiste, univers complètement différent. Carlos Saura est un guitariste instrumental espagnol suivant la voie de guitaristes comme entre autres, Satriani. Les ambiances sont assez variées, l’instrument est maîtrisé même si Saura n’est pas ici en démonstration technique. Mes préférées sont la douce « Siempre Adelante », et « La Rebelión de las Máquinas » quant à elle beaucoup plus forte.
Je ne sais pas trop quoi ajouter, l’album dure trente-six minutes, faites-vous votre propres avis.

Carlos Saura
1 - A Lomos del Dragón Blanco
2 - El Niño de las Estrellas
3 - El Manantial
4 - La Rebelión de las Máquinas
5 - Siempre Adelante
6 - El Desierto de Colores
7 - Volando Alto
8 - La Gruta del Agua

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Même domaine, style complètement différent, Ozielzinho est un guitariste instrumental lui aussi, tendant cette fois-ci vers une musique plus violente tout en sachant s’accorder des pistes tranquilles et un peu plus douces. Sans doute à cent lieues, techniquement, d’un Carlos Saura, il n’hésite pas à mêler dans ses morceaux de longs passages tranquilles et d’autres passages complètement effrénés. Ceux qui jouent à Frets on Fire le connaissent pour son « Illusion » qui avait été inclus dans Puppets Hero III, et une autre piste du même album, « Cross », a été incluse dans le IV même si elle ne fait pas partie de mes favorites. Je lui préfère le côté néo-classique d’un « Passaro Livre », la mélodie entraînante d’un « No Gravit » ou la lente montée d’un « Isabella ».

Cet artiste, bien que proposant sa musique gratuitement, n’est pas sur Jamendo. Le problème c’est que le lien vers l’album, sur son site, est mort. On le trouve cependant facilement puisque comme pour Hype il avait été disponible très longtemps.

White Metal
01 - Ressurreição
02 - Vaso Quebrado
03 - Illusion
04 - Bruce Lee
05 - Cross
06 - Dobberman
07 - Fenix
08 - Isabella
09 - Karadypaw
10 - Luz
11 - Passaro Livre
12 - Raiz
13 - Philarmonic
14 - No Gravit

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On continue dans l’instrumental mais cette fois-ci l’on retourne vers du plus connu. Autre grande figure de Jamendo : Silence — seize morceaux aux titres courts et clairs, chacun dépeignant une ambiance particulière. Ceux qui veulent des pistes sombres pour marcher la nuit s’y retrouveront autant que ceux en quête de pistes calmes et apaisantes à écouter la tête posée sur l’oreiller. Chauqe piste est vraiment unique, et la qualité de sa musique est assez impressionnante. Par moments j’ai l’impression de retrouver certaines des ambiances d’Akira Yamaoka mais ce n’est que passager.
Dans mes pistes favorites je citerai le piano d’un « Larmes », la guitare d’un « Sale », les violons d’un « Réalité », la complainte croissante d’un « Stop! » ou l’aspect abstrait d’un « Expérience » — oui, le champ que brasse la musique du Silence est large et sans dire que sa musique plaira à tout le monde, il aborde des choses assez variées pour que tout le monde y trouve un petit quelque chose.
On regrettera le côté répétitif de certaines pistes mais c’est un défaut qui s’efface vite ; sans que ce soit explicable, on finit tôt ou tard happé par les murs que dresse Silence, et on rentre dans son univers qui est au final n’est que description aiguisée de notre propre univers.

Je tiens à faire une mention spéciale pour Vincent Girès, le belge derrière Silence, parce qu’outre sa musique son site est assez intéressant, au niveau des photographies et images qu’il fait.

Silence
1 - Neige
2 - Étoile Noire
3 - La Nuit
4 - Open Éléctro
5 - Destruction
6 - Atmosphère

Encre
1 - Flocon
2 - Plume
3 - Pollution
4 - Mort
5 - Désordre
6 - Trouble
7 - Ondes

L’Autre Endroit
1 - Cellule
2 - Réalité
3 - Stop
4 - Expérience
5 - Efface
6 - Sale
7 - Particule
8 - Larmes
9 - Follow me

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Si vous connaissez Jamendo ce nom de doit pas vous être inconnu non plus puisque c’est une autre des artistes qui revient régulièrement dans les recommandations. Grace Valhalla, une française mêlant diverses éléments dans sa musique. C’est toujours autant fascinant de voir avec quel aisance cette artiste fait varier tons, ambiances et nuances dans sa musique. Sans tomber dans les clichés de l’éléctro-pop-rock, elle a su dresser les fondations de son propre univers et nous le fait découvrir piste après piste. Tantôt dans des ambiances très chaudes et vives, tantôt dans des tons plus sombres et discrets, plus proches.

Car au final on se sent vraiment très proche d’elle tant ce qui est retranscrit l’est avec précision, tant l’évolution de chaque piste nous porte avec elle. « Power of the Herbs » et sa folie ambiante, « Still Noxed » et son final de guitare électrique que je trouve très bien fichu. « Jim » par le côté simple et intime de la partition, l’aspect un peu vieilli dû au tourne-disque et le monologue discret qui se superpose, ou « Feeling Scattered » qui commence délicatement par quelques harmoniques pour venir se conclure dans ce va et vient de déchirures électriques. Ce ne sont que quelques exemples cela dit, et tous ses albums me plaisent dans leur ensemble.
Comme tous les artistes cités dans cet article, la qualité sonore est très professionnelle, les compositions sont agréables, mêlent éléctro, pop/rock, instrumental ; tentez la chose et vous verrez bien. L’avantage de la musique gratuite est que vous n’avez rien à perdre. Bien au contraire dans le cas de Grace.

Psychopathethic
1 - Psychopathethic
2 - Today
3 - November MMIII
4 - Powers of the Herb
5 - Little Ball

PEAK~
1 - Burn
2 - Experience
3 - Empty
4 - Experience II
5 - Ungrateful Men
6 - Apricot Hill
7 - Experience III
8 - Jenny

Wire
1 - Rash Me
2 - Still Noxed
3 - Abyss
4 - Fresh
5 - The Travel
6 - Undo
7 - Ammoniac
8 - Melancoly
9 - Jim

summerCamp
1 - Roselyn
2 - All my Life
3 - summerCamp
4 - Voodoo Lounge
5 - dreamCatchers
6 - Sandy
7 - Feeling Scattered
8 - In the Savage Club
9 - sunDogs
10 - The Garden of Birds and Waters

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Changement de décor avec le canadien Brad Sucks, un homme qui armé de sa guitare s’est décidé à dire ce qui lui passait par la tête. Le ton est très folk/rock, avec une voix très posée, loin des envolées d’un Hype, et non sans évoquer d’autres artistes folk comme Adam Green.
Il y a un écart assez béant entre le calme de certains morceaux comme « Overreacting », et les guitares saturées et aigues d’un « Look and Feel Years Younger ».

Le deuxième album est dans la même lignée du premier, peut-être un cran au-dessus au niveau de la qualité technique de la chose. On sent Brad plus professionnel sur ce deuxième enregistrement et si ça lui fait plaisir, ça nous fait plaisir.

I don’t know what I’m doing
1 - Making Me Nervous
2 - Look and Feel Years Younger
3 - Fixing My Brain
4 - Bad Attraction
5 - Sick as a Dog
6 - Borderline
7 - I Think I Started a Trend
8 - Never Get Out
9 - Overreacting
10 - Dirtbag
11 - Time to Take out the Trash
12 - Work out Fine

Out of It
1 - Dropping out of School
2 - Certain Death
3 - Fake It
4 - Bad Sign
5 - There’s Something Wrong
6 - Gasoline
7 - Total Breakdown
8 - Understood by Your Dad
9 - Out of It
10 - You’re not Going Anywhere

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Étrangement j’ai un peu de mal à classer Christophe Marc. Non pas que sa musique relève d’un expérimental des plus obscurs, il s’agit d’un folk rock somme toute classique, cela dit se superpose au chant et aux instruments utilisés un petit quelque chose qui donne l’impression d’écouter une musique d’un autre temps, un peu blues-jazz — même si mon constat est sans doute encore une fois influencé par la pochette (mine de rien l’illustration d’un album altère très souvent mon jugement).

Ce constat est aussi guidé par l’utilisation – outre très importante de guitare acoustique – d’instruments comme des harmonicas, des accordéons, des saxophones, des tambourins, des flutes et j’en passe, et j’en passe. La voix du chanteur a aussi sa petite touche ; c’est un chant qui enlace l’auditeur et le berce par des graves. Bref, c’est du folk, mais grandement enrichi, assez varié.
J’aime beaucoup « The Feather Man », « As a Liftemine Goes » ou l’aspect un peu plus effréné d’un « Under the Moonlight » ; la musique de Christophe Marc n’est pas forcément un grand chant entraînant mais c’est quelque chose d’honnête. À vous de vous forger votre propres avis.

Next to the Sea
1 - Next to the Sea
2 - Are You Ready
3 - Murder
4 - So Nasty So Cruel
5 - Low Heaven
6 - The Self in the Shell
7 - Better This Way
8 - Here Comes Your Love
9 - Say Goodbye
10 - You Swine

My Misfits Ways
1 - Beautiful Days
2 - My Misfit Ways
3 - A Pleasure
4 - The Feather Man
5 - Overnight
6 - As A Lifetime Goes
7 - Under The Moonlight
8 - People Say
9 - The Fair Game
10 - The Seasons

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Très vite monté dans les listes d’écoutes depuis la parution de son album fin décembre, Sean Fournier propose un court album que, sans trop savoir comment le décrire, je trouve très bon. C’est du piano, c’est une guitare, c’est une voix simple mais qui accroche, des chansons bien foutues.

Sans que « Oh My » possède une particularité surprenante ou rare, il est à ranger à côté des meilleurs albums de Jamendo et aussi l’un des plus professionnel dans son format et son style — et par ce terme j’entends qu’il est apte à plaire à beaucoup de monde. N’allez pas croire que je dis que son son est d’une banalité maladive, on trouve au contraire des choses intéressantes musicalement, simplement à l’instar de Hype c’est « classique mais c’est du bon classique ».
J’aime en particulier « Broken Stereo », « Falling For You » et « Another Like You ».

Oh My
1 - Broken Stereo
2 - Goodbye
3 - Holding the Hand of the Hurricane
4 - Another Like You
5 - Put the World on Stop
6 - Falling For You

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Toujours dans un ton un peu folk, Monoh est une jeune femme qui se veut plus timide. Sa musique est celle d’un murmure feutré au creux de la nuit, accompagné par guitare et batterie qui, discrètes, se placent en musique de fond, sonnantes comme des gouttes d’eau au carreau.
Mistress Queen se veut un peu plus « forte » musicalement mais dans l’ensemble Monoh c’est ce que je viens de décrire — une musique très discrète, douce, une voix chaude et à la fois étrangement froide, un peu naïve. Son album est très court, je vous propose de vous faire votre avis personnel. « On the Loose » est assez représentative.

Porno
1 - Misstres Queen
2 - And She Cames
3 - Hunt
4 - On the Loose
5 - So Breath

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Je vais passer assez vite sur Borea parce que j’hésite encore quant à mon avis sur ce groupe. C’est à nouveau un groupe de rock français, chantant en anglais, moins classique cependant dans les ambiances et tons utilisés. Ici se mêlent guitare électrique et piano, c’est moins pris au sérieux, plus… plus… plus comme sur la pochette. Voilà.

Single Ride
1 - Single Ride
2 - Lazy
3 - Six Twenty Nine
4 - Psycholove
5 - Big Blue Sky

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Je vous préviens d’avance, je vais avoir énormément de mal à décrire Nude. La première raison est que la musique de ce groupe est un univers très particulier ou la durée moyenne d’une piste est d’un quart d’heure et ou une interlude en fait cinq. Et tout du moins personnellement plus une piste est longue et plus j’ai du mal à la cerner et donc à la juger. L’autre raison qui rend cela difficile c’est qu’à l’instar du métal progressif les pistes sont non seulement longues mais sont à « compartiments » ; ça change de rythme, de mélodie, d’ambiance etc. ce qui rend le tout difficile à appréhender.

Le tout est dans l’ensemble assez « rock expérimental », la longue montée de l’excellente « Gender Hacking » et son introduction particulière le prouvent. Je ne vais pas trop m’étendre sur l’argumentation de cet album parce qu’au final je ne suis plus trop sûr de ce que j’ai aimé ou pas. Le tout m’est apparu comme un ensemble uni et déconstruit et ce que j’en retient c’est qu’à un moment ou à un autre il m’est arrivé de relancer l’album pour justement me replonger dans cet espèce de masse chaotique qu’est l’album « Love ».
Je vous laisse maîtres juges, ça plaira ou non, vous m’aiderez à définir ça dans les commentaires.

Love
1 - Gender Hacking
2 - Strife
3 - Pi
4 - La Puerta
5 - Interlude
6 - The Hermit
7 - How to Succeed in Dust

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Petit détour vers la fin sur Niconoclaste dont j’avais déjà parlé il y a longtemps dans un autre article. Auteur de rap poétique aux textes et au musiques à des kilomètres de ce qui se fait usuellement. Que ce soit musicalement, ou au niveau des paroles.
Je ne vais pas répéter tout ce que j’avais dit dans le précédent article : Niconoclaste manie les mots avec plus de classe que des centaines d’autres, et est à l’aise peu importe le thème évoqué et l’ambiance choisie.

À noter qu’ont aidé à la réalisation de son album le groupe SM3, très connu dans la sphère du rap français sur Jamendo, et Syl20 est cité à la basse et à la réalisation artistique. Je doute que ce soit le même qu’Hocus Pocus mais dans le doute, je le dis.

Les Stances Sybillines
1 - Intronoclaste
2 - Beauf Family
3 - Anathèmes
4 - Cythère
5 - Mon Astre Eternel
6 - Nuits de détresse
7 - Vulgum Pecus
8 - Lovely Trip
9 - La Sale Race
10 - Les Fards de l’Amour
11 - Désenchanté
12 - Les Stances Sibyllines
13 - Outronoclaste

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Déjà évoqué dans mon article sur la nouvelle mouvance du rap français, il y a bien longtemps, SM3 est un groupe de deux personnes, Kaiser IK et Shex, qui ont officié il y a quelques temps pour contribuer de manière avouée à ce que l’on nommait alors le « rap conscient ». Concrètement c’est une branche du genre loin de la vie des cités, souvent assez réfléchi, pas du tout formaté pour la radio, bref c’est du rap avec un message bien desservi. La raison pour laquelle je mets ce genre entre guillemets c’est parce que je trouve l’appellation un peu stupide — ça ou alors c’est le fait que le rap soit devenu tellement honteux en dix ans que le rap qui possède un message est classé comme alternatif… si c’est pas triste.

Enfin bon, l’album est à mes yeux un incontournable en la matière. L’introduction est bien délivrée, et l’album bien que très court arrive à délivrer son message en temps et en heure. À travers des pistes très sombres voire mélancoliques, mais aussi des pistes plus vivaces telles « Mal Perçu » ou encore « L’Hérétique » qui boucle l’album par ses grands riffs de guitare électrique.
Dans l’ensemble « Reste avec les Vrais » trompe les gens par son titre un peu maladroit alors que le contenu est d’excellente qualité, et c’est regrettable.

En parallèle Kaiser IK a sorti son propre album de son côté, beaucoup plus sombre que ce qu’il fait avec SM3, plus triste, en particulier le morceau le plus connu, « La Lettre » avec les dernières paroles prononcées par une petite fille. L’album est malheureusement un peu trop long pour le ton monotone qu’il a choisi, et en autre défaut on relèvera la qualité sonore qui n’est pas autant au rendez-vous qu’avec l’album de SM3 ou de Niconoclaste, ce qui est surprenant puisque tous ont étés enregistrés au même studio.
Shex aussi a de son côté, sorti des albums, mais outre quelques bonnes pistes le tout est relativement de mauvaise qualité.

Et la Lumière Fut
1 - Et la Lumière Fut -
2 - Ce que mon Art te Dira -
3 - Chacun sa Vie -
4 - Sans Commentaire -
5 - Ils nous ont eu
6 - Juste un Mot
7 - L’enfer au Paradis et Inversement -
8 - La Vie à Perpétuité -
9 - Puisque -
10 - La Lettre -
11 - Elle Approche -
12 - Prochaine Tempête -
13 - Le Mal

Reste avec les Vrais
1 - Reste avec les Vrais
2 - En plein Automne
3 - Mal Perçu
4 - Dans nos Rêves
5 - Vent de Poussière
6 - Kartier Mort 02100
7 - Ma Prose
8 - Nous Comprendre
9 - À Dieu
10 - L’Hérétique

Maquette Studio
1 - Droit dans le mur -
2 - Hélàs -
3 - Ange ou Démon -
4 - La Lettre -
5 - L’enfer au paradis et inversement -
6 - Tu croyais quoi ?
7 - J’me reconnais pas

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On va terminer très rapidement avec Popof — deux albums, courts ; de la guitare acoustique. Ce n’est pas Sieur Andy McKee mais ça repose, si vous avez une vingtaine de minutes, téléchargez ses albums en passant. :)

La tracklist de la honte :

Pomponette
1 - Bluzynette
2 - Pomponette
3 - Musiquette
4 - Melodinette
5 - Glinguinette
6 - Trotinette
7 - Berceusounette

Pomponette II
1 - Poupine
2 - Titine
3 - Bobine
4 - Tartine
5 - Coquine
6 - Turbine
7 - Colline
8 - Comptine
9 - Bassine
10 - Fine

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Sur ce, bonne fin de soirée à tous. Je suis passé assez rapidement sur ces artistes, donc n’hésitez pas à ajouter des précisions ou à donner votre avis, même négatif. Et je suppose qu’il va y en avoir des gens pour me contredire. :D
Comme dit au début de l’article, n’hésitez pas non plus à proposer d’autres artistes, il doit y en avoir beaucoup d’autres alors postez-les.