out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Articles taggés avec ‘drone’

[Compo] The Inbetweeners 01-02

Jeudi 16 mai 2013

Ça fait une éternité que je n’ai pas eu le temps de composer – je fais encore de la guitare çà et là, mais j’avoue que depuis un bon moment mon travail a largement pris le devant. J’ai une quatrième piste bien entamée pour Out Through the Winter Throat mais ces pistes me prennent tellement de temps à composer et arranger que je ne pense pas qu’elle sera terminée pendant un bon moment.

En attendant j’ai retrouvé au fond de mon dossier Dropbox une pile comme ça d’in-betweens : des mini-morceaux, essais sonores et couches d’ambiences délaissées là. Ce ne sont pas vraiment des morceaux à proprement parler mais malgré tout je me suis dit que ça pourrait plaire aux deux/trois qui me suivent sur Soundcloud donc je vais essayer de les poster au fil des jours, vider un peu mes tiroirs et voir les retours. Ces “bouts de pistes” sont plus ou moins développés, ça va d’une à quinze minutes, j’en poste deux aujourd’hui :

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Gardez en tête que pas autant de travail n’a été porté à ces pistes qu’à mes plus longs morceaux, la plupart de ces sons ont été faits en une prise avec un minimum de master derrière, soyez indulgents et prenez-les pour ce qu’ils sont.

Autopergamene (video encre)

Dimanche 12 juin 2011

Pour l’examen j’avais promis de faire une vidéo sur des tests de jets d’encre.
Quelques jours avant l’examen je me suis rendu compte qu’il était peut-être temps de faire ladite vidéo. Le tout illustre une version raccourcie de Christ Send Light de Nadja et Black Boned Angel et est donc purement dans l’esprit contemplatif du drone.

Comme ça a été fait un peu vite c’est assez maladroit, il y a des problèmes de mise au point (vu que je devais la faire manuellement sur les projections et que c’est super galère) et de vieux zooms au caméscope que je n’ai pas eu le courage d’éditer ou de refaire. Mais dans l’ensemble je reste assez content du résultat.

Ah et au final j’ai pas eu le temps de montrer la vidéo au jury. WOO HOO.

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[Compo] Down Wonderlands

Mercredi 23 février 2011

Down Wonderlands est un morceau autour duquel j’ai vraiment tourné une éternité avant de m’arrêter sur un schéma correct, plus concrètement il a fallu que je le laisse de côté pendant des mois pour trouver l’approche qui me convenait : celle que je vous présente là. Et qui ok, n’est pas parfaite non plus, mais de toute façon je ne touche plus au morceau. Quand j’arrive au stade où je n’apprécie même plus le morceau en l’écoutant et où sur mon To-do je n’ai que des sous-modifs genre « Monter les grave un peu par ci » « Baisser un peu le volume par là » c’est qu’il est temps de passer à autre chose.

J’aime énormément travailler autour de la notion de glitch, de samples et de sons froids, et tout comme dans Prussian Black et Bonefire il y a des passages qui ne sont là qu’à titre narratif, sans aucune volonté musicale. C’est vraiment intéressant de travailler sur des musiques qui n’ont pas que pour but d’être mélodiques, c’est à mes yeux même l’essence du genre cinématique – même si de mon petit bout de morceau je ne pèse pas grand face à d’autres qui l’ont fait avant moi. De manière générale, et ça se voit avec la durée croissante de mes pistes, j’aime beaucoup cette notion de « fresque » avec des éléments empruntés au drone, au glitch, au post-rock, à l’ambient, et qui unis forment un mélange qui diffère tellement musicalement que chaque passage suscite un ressentiment un peu différent du précédent.

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(les - pompeux - mouvements sont dispo en cliquant sur Info)

J’ai à mort de mal avec la batterie. Moi qui suis plus friand de nappes, et qui pose des passages relativement ambient dans mes pistes, je suis quasi-incapable de leur coller un rythme défini (ce qui explique le manque de coordination de mes musiques). D’un côté j’aime ce aspect patchwork et brouillon avec des sons qui s’entremêlent et créent des ambiances diverses mais de l’autre parfois j’aimerais inclure des éléments plus franchement post-rock et arrivé là je n’arrive même pas à composer une batterie correcte. En même temps j’ai toujours été une merde en rythme. Donc ça viendra mais voilà, pas sur ce morceau.

Je dois jouer un de mes morceaux en live pour mon examen. Je tourne autour de plusieurs idées mais je pense que ça finira par une version enrichie de Bonefire, parce que c’est la plus avare en superpositions d’instruments. Une loop qui passe sur l’ampli, le reste via l’interface guitare, et je devrais arriver à jouer la chose en me démerdant avec les pédales. Mais j’ai pas encore testé et honnêtement je sens que ça va être cent fois plus galère que je n’ose même l’imaginer.

[Compo] Prussian Black

Vendredi 19 novembre 2010

Même si j’aime beaucoup enregistrer des sons çà et là pour les intégrer à d’éventuels morceaux - sans doute mon côté Godspeed You! Black Emperor - il y a énormément de choses que je préfère recréer à la guitare pour ce côté magnétique et non-naturel que ça donne à des choses usuellement ordinaires. Pour Prussian Black j’avais envie de partir sur une ambiance de plage neutre qu’au final j’ai plus ou moins atteint avec des vagues de noise passées ensuite au combo swell/delay. Le reste du morceau a en gros découlé de cette ambiance de grain électrique qui a fini par émerger de mes essais - et qu’on entend sur le morceau au début et à la fin.

Au niveau de son placement, c’est un morceau beaucoup plus volontairement drone/ambient que Bonefire, avec des bouts de choses placés en environnements à la machinefabriek, et quelques références aux écrasantes marées du Flood de Boris. Le tout est sans doute largement bien moins mal manié que chez ces deux artistes, mais voilà.

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Comme pour la dernière fois, il y a certes un thème officiel à la chose et ma version des faits dans un coin, mais j’ai essayé de laisser assez de marge sonore pour que chacun puisse composer sa propre histoire. Je suis d’ailleurs toujours autant intéressé, hésitez pas à me faire part de ce que vous avez entendu. Ça parait un peu prétentieux dit comme ça mais j’ai été toujours été fasciné par les morceaux à fond ou qui stimulent l’imagination, et j’ai juste envie de partager plus qu’autre chose.

Il y aurait sans doute des tas de trucs à corriger sur cette piste mais j’ai envie de passer à autre chose. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez cela dit.

[Compo] Bonefire

Mardi 26 octobre 2010

En y repensant, Nofrag a assisté à mon développement dans pas mal de domaines. J’ai commencé la photo ici, j’ai commencé à écrire ici, j’ai commencé la guitare ici, et plus important mes goûts musicaux ont évolué de manière radicale en l’espace de quatre ans. Quand j’ai commencé la guitare, ce qui m’a immédiatement attiré en plus de rejouer mes morceaux préférés, c’était de jouer « autour » de la guitare en usant de toute la variété de sons que propose l’instrument. Une variété qu’après deux ans je ne commence que maintenant à considérer, pour la simple et bonne raison qu’il m’a fallu d’abord découvrir des genres tels que le drone, le noise, l’avant-garde, l’ambient ou encore le sludge, pour me rassurer et m’inciter à continuer dans cette voie.

Dans une interview à propos de son dernier album aux relents glacials de noise et de déconstruction sonore, Ben Frost expliquait que lors de son premier contact avec la guitare ce qui l’avait immédiatement frappé c’était la capacité cinématique de l’instrument… un mot que me fascine parce que quelque part c’est un peu ce que j’ai envie de faire. Et dans l’absolu, et même si cet avis est sans doute loin d’être partagé par tous, il y a quelque chose d’à mes yeux sublime dans les vastes nappes de grain et dans la musique intrinsèque des glitch sonores – comme Ulver l’a par exemple montré dans Teachings in Silence.

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(si le player ne marche pas, cliquez sur ce lien magique)

Bonefire avec ses souffles de post-apocalyptique directement inspirés de Radiance of Shadows, sans être un quelque aboutissement de quoi que ce soit, est une première pierre dans la mare. Je sais que de toute façon je vais me faire démolir de Sai dla merd© peu importe ce que je dis, mais bon voilà, au moins j’aurais posé ma démarche avant §

À partir de cet article je tente un nouveau format : désormais le principal de l’article est affiché, et le reste n’est présent que pour ceux qui veulent en savoir plus. Pour afficher les parties secondaires, passez la souris sur les bandeau titres.

You ever read any Nietzsche? Nietzsche says there are two kinds of people in the world : people who are destined for greatness, like Walt Disney and Hitler. And then there’s the rest of us. He called us “the bungled and the botched” — we get teased, we sometimes get close to greatness… but we never get there.
We’re the expendable masses. We get pushed in front of trains, take poison aspirin, get gunned down in Dairy Queens. […]

You’re a good kid, you say no to drugs… But you ever get the feeling sometimes, you’re being punished for your sins?

C’est amusant comme les groupes qui s’ancrent assez pour finir en article, ne font au final que rarement partie du lot des « groupes que X ou Y m’ont vivement recommandés ». Plus couramment ce sont même au contraire ceux sur lesquels je tombe par hasard et qui m’accrochent au détour d’un passage furtif ; ces noms lâchés dans le recoin d’une phrase qui simplement m’intriguent tant par leur pochette ou concept que je me dois de leur prêter attention.
Nadja est un groupe entre tout cela : on me l’avait certes conseillé à quelques reprises il y a longtemps de cela mais depuis le nom s’était évanoui dans le flou de nouvelles découvertes musicales. Puis en période de pleine sécheresse – les oreilles brûlantes d’un désir d’écouter quelque chose de nouveau – je me suis aventuré sur Spotify et ai lancé au hasard un album de ce Nadja qui tapi dans sa zone d’ombre dans un angle mort de ma mémoire, me hantait passivement.

Parce que je me dois de décrire cela d’une quelque manière : Nadja est un groupe aux inspirations diverses dont la classification tombe dans le drone. Sans d’aucune façon vouloir me prétendre connaisseur du genre dans son ensemble, de ce que j’en sais et comprends, le drone est une musique souvent instrumentale qui se caractérise par la création et le maniement de couches et murs de sons semblables à ceux du post-rock, du shoegaze ou encore du noise. Il tient son nom de ces notes longues, répétées ou prolongées dont il est originellement conçu, communément appelées « drones » — la note drone en soi n’étant pas propre au genre puisqu’étant vastement utilisée à travers le monde et les cultures (le Didgeridoo par exemple est une musique usant de drones).
Dans le cas de Nadja et de sans doute de nombre d’autres groupes du genre, les drones sont des notes qui en quelque sorte vivent indépendamment de la mélodie et des partitions puisqu’ici désignant les différentes couches de sons. Elles naissent, prennent de l’ampleur, absorbent l’auditeur et enveloppe la musique, mais ne sont ni réellement contrôlables ni complètement indomptables. Ce sont des plaines de son ; de pleines plages qui ni composées ou écrites, font partie intégrante de la musique. La plupart des travaux du groupe se veulent ainsi relativement peu rapides en rythme, ce en partie dû à ce son laminant qui de sa présence monolithique résonne et requiert des temps de battement après chaque impact de guitare.
Les pistes qu’on rattache au drone sont très souvent conséquentes en longueur, parfois extrêmement complexes ou parfois juste ambiantes. Empruntes de variations d’atmosphères, thèmes et styles qui peuvent changer d’un album à un artiste à un autre. L’un des sous-genres les plus proéminents du drone étant le drone metal (ou drone doom), genre auquel Nadja entre autres choses se rattache.

Nadja derrière son nom lancinant est un duo canadien composé d’Aidan Baker et de Leah Buckareff. Dans la manière dont il a été originellement conçu, il ne devait être qu’un projet solo d’Aidan censé lui permettre d’explorer de nouvelles facettes de sa musique alors ancrée dans l’acoustique, l’expérimental et l’ambiant. C’était un moyen d’intensifier son style, de lui donner une dimension plus sombre voire plus féroce, teintée de références aux artistes l’ayant bercé. Bref, Nadja était un projet de studio qui n’était implicitement destiné qu’à étendre le champ musical de son seul membre, le nom étant même à l’origine une simple inversion d’Aidan (Nadia), orthographié Nadja « in order to reference the Nadja character from Breton’s book and Elena Lowenstein’s character from the vampire movie ».

Les premiers albums sortis de la gorge ardente du groupe sont en marge dans son historique puisque datés d’avant l’arrivée de Leah. Il est difficile de faire la part de ce qu’elle a apporté à Nadja — outre sa basse. Toujours est-il qu’il est impossible de ne pas remarquer à quel point les albums datant d’avant son arrivée sont sombres, et que plus le temps a passé après cela et plus les thèmes se sont fait neutres et complexes, jusqu’à aujourd’hui avec Autopergamene que personnellement je considère comme l’histoire d’une relation, bien que tragique, certes.
À vrai dire en parlant de relation, même celle d’Aidan et Leah n’est pas réellement claire. Certains disent qu’ils sont fiancés, d’autres non certes, mais s’ils l’étaient ce serait bien la preuve que l’arrivée de cette petite bassiste canadienne relieuse de livres fut l’un des points clés de l’histoire du groupe.

Après trois mois la tête enfoncée dans les différents tableaux que chaque album dans toute son individualité, décrit, mon avis sur Nadja est on ne peut plus positif. C’est assurément non seulement une de mes meilleures découvertes de cette année, mais aussi désormais un de mes groupes les plus écoutés toutes périodes confondues. De par son style imposant et ses pistes qui absorbent et se jouent de l’imagination de l’auditeur, Nadja a su dès les premières écoutes se révéler magistral à mes yeux. Tout n’est pas à garder, ce serait faux que de prétendre le contraire, mais les albums qui m’ont happés l’ont fait avec tant de brio que l’enthousiasme dont j’ai fait preuve à les redécouvrir m’a moi-même surpris.
Je disais dans un article précédent, « j’écoute ma musique presque autant pour son concept que pour ce qu’elle m’apporte » et Nadja est définitivement un groupe qui dans tout l’expérimental de sa classification a su m’abreuver de paysages à imager, d’histoires à composer et sur lesquelles réfléchir. Le drone est définitivement une musique dans laquelle il faut s’impliquer et qui laisse l’auditeur compléter les silences par ce qu’il retire des multiples couches de mélodies entremêlées. La contrepartie de cela est que non, ce n’est pas un groupe qui plaira forcément à énormément de gens. Je ne dis pas ça d’une quelque manière supérieure « Ne pas l’écouter c’est ne pas avoir de goût », je dis simplement que Nadja ne trouvera pas son public chez tout le monde. Cela ravira les rares prêts à être envoutés par les décors musicaux de pistes sur lesquelles laisser l’esprit planer – les autres tout au plus souriront de ce qu’ils jugeront monotone.