out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour la catégorie ‘Photographies’

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J’aime assez la manière dont les choses qui ont mené à cette série se sont enchaînées. Dans mon précédent article j’abordais la manière dont entre autres je manquais de friches à visiter pour continuer mon thème des « Choses mortes ». Le vendredi à la question de mon patron « Et sinon tu fais quoi ce week-end ? » j’ai ainsi brièvement expliqué comment je cherchais un endroit cool à visiter, je lui ai parlé de la gare abandonnée et des photos que j’avais prises. Immédiatement son associé me parla d’une clinique fermée il y a peu qu’il connaissait de son fils.
C’était au détour d’une phrase mais le temps de recherches pénibles sur internet j’ai mis le doigt sur celle dont il parlait. Le samedi en début d’après-midi j’ai chargé mon appareil, ai embarqué une lampe de poche et mon trépied, et suis parti en direction de la clinique de la Villa Madeleine.

Contrairement à beaucoup de lieux abandonnés que j’ai visités, celui-ci n’est fermé que depuis trois/quatre ans ce qui en fait un lieu encore « frais » si je puis dire. Évidement sans surprise, tout est pourtant déjà ravagé à l’intérieur.
L’entrée fut plus difficile que prévu, en partie parce que depuis Street View j’avais repéré un muret par-dessus lequel je comptais passer. Sauf que les photos de Street View, mine de rien, elles sont prises de haut. Du coup je me suis retrouvé face à un muret légèrement plus grand que ce à quoi je m’attendais. Après quelques minutes d’escalade, j’ai trouvé une faille dans les grillages placés en enceinte autour de la clinique, et suis passé par l’entrée secondaire.






Le Serpent et l’Arc-en-ciel




No Mercy

Ghosts IV



Poltergeist
















Globalement, non pas que ce soit décevant, mais le lieu était trop neutre pour que j’en tire vraiment des photos correctes. Neutre au sens où quasiment tout avait été vidé avant fermeture, et ne restait que d’innombrables pièces vides. Alors que ce que je cherche dans un lieu abandonné ce sont des objets laissés en plan, des témoignages de bouts de vie, des traces du passage de quelqu’un. Ça mais pas de longs couloirs débouchant sur des chambres vides.
Heureusement, sur l’assez grande superficie de la chose (j’ai passé un bout de temps à tout visiter), il y avait pas mal de tags sympa et de petites choses qui valaient quand même le voyage. Et puis merde, rien que pouvoir voir ce qu’il y a derrière toutes les portes « Accès réservé au personnel », ça n’a pas de prix.

Le moment le plus intense de toute ma visite, a sans doute été à la fin. En fait il faut comprendre que le trépied que j’utilise, j’ai une fâcheuse tendance à des fois le poser, prendre une photo, et repartir en oubliant de le reprendre. Et au moment d’enfin sortir de la clinique à six heures, quelqu’un qui passait devant m’a dit de me méfier étant donné qu’il habite juste à côté et qu’à six heures et quart systématiquement des mecs s’arrêtent juste devant et vont dans la clinique pour faire leur deal. Il me dit que la police a déjà fait une intervention – pointant du doigt la grande bande Police Nationale qui entoure l’entrée et que je n’avais pas vue – mais que les mecs après un temps de battement ont continué à utiliser l’endroit.
Bref il me stresse un peu, ce après quoi je continue à marcher vers ma voiture et, vous l’avez deviné, en reposant l’appareil dans mon sac-à-dos j’y constate bien évidement que le trépied n’y est pas.

Je me retourne et comprends donc qu’il est dans la clinique. Plus précisément, quelque part dans la clinique et ses cinq étages, quelque part au milieu du bordel et de la cinquantaine de chambres et pièces et blocs. Je crois que jamais en un quart d’heure je n’ai autant speedé à monter et descendre des escaliers, à ouvrir chaque porte et à retourner chaque pièce de plafond. Vous allez me dire, « Il suffisait de se rappeler de ta dernière photo prise et voilà ». Sauf qu’avant ça j’avais déjà passé une bonne demi-heure à retrouver LE PUTAIN DE CACHE de l’appareil tombé de ma poche, demi-heure pendant laquelle j’avais donc déjà retourné la clinique et où j’aurais pu poser le trépied n’importe où.
Au final je l’ai retrouvé, au dernier endroit où je l’y aurait cherché : sur le toit. Je me suis dépêché de sortir comme si le Tank arrivait derrière moi (parce que oui, l’ambiance était très No Mercy) et je me suis enfoncé dans ma voiture. Je suis rentré chez moi, j’ai pris une douche, j’ai récupéré mes photos.

Un samedi comme les autres.

Le Cimetière des Éléphants

Jeudi 10 juin 2010

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil.
De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.



Arachnide





Le cimetière des éléphants























À part ça, j’ai commencé mon grand tri de ma bibliothèque Lightroom, préparatoire à ma fresque, et plusieurs choses me sautent aux yeux. Principalement en fait, à quel point je peux détester certaines de mes séries, la pire de toutes étant sans aucun doute la sur-saturée/sur-contrastée Lame de Fond et son traitement à s’arracher le visage. Je n’ose pas prétendre devant vous m’être complètement séparé de ça, mais en tout cas à mes yeux j’ai fait énormément de chemin entre mes débuts il y a trois ans et maintenant. Après, il me reste quand même 310 photos à trier et ça, c’est super déprimant.

J’ai déjà quelqu’un qui m’a proposé d’aider à trier les photos (polioman) et si d’autres personnes veulent se joindre, toute aide est la bienvenue. J’attends déjà d’avoir fait un premier tri mais bon, voilà.

Katrina

Lundi 24 mai 2010


Katrina



Dissension





Dawn of the Dead







WHAT DO YOU GUYS WANT, IM A FUCKING MAGPIE

It was always you Helen



Parce que du Fabe sur un mur ça ne s’invente pas








Ces derniers temps, après avoir bougé un peu mes sets sur Flickr j’ai remarqué que j’avais bouclé une année entière de photographies. Et sur un coup de tête, je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de revenir en arrière sur ce que j’ai fait et voir ce qu’il y a à en retenir niveau images ; prendre la ou les meilleures images de chaque série et en faire une sorte de best-of, quitte à imprimer les photos choisies. Ce qui me manque actuellement c’est ça, j’ai beaucoup d’images mais rien de concret à toucher et sur mon mur ne se trouvent que des vieilleries parce que comme tout maintenant passe par le PC je n’ai plus de photos à vraiment y accrocher et ça me manque.

Mon projet c’est de faire une énorme fresque, idéalement dans le style de l’image au-dessus mais peut-être avec une sorte d’idée d’ensemble comme un genre de dégradé par couleur ou contraste. Je posterai ça si je le fais un jour.
En tout cas mon premier objectif c’est de trier mes photos, toutes mes séries ont des images qui varient (selon mon point de vue je précise) de très bon à médiocre, il faut donc que j’écrème tout ça pour n’en garder que les images qui valent d’être imprimées. Si quelqu’un veut filer un coup de main ou apporter un point de vue externe, je suis à vous. Les stats de Flickr me sont inutiles : si je me fie à elles les seules photos valables sont celles où il y a une fille dessus (srsly u guyz, SRSLY).
Évidement je fais ça parce que la photo est une part importante de ce que je fais, pas par prétention, je fais pas une expo, juste… j’aimerais bien pouvoir avoir sous les yeux mes photos plutôt qu’elles pourrissent dans un coin de mon disque.

Mai 1965

Mercredi 5 mai 2010

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut.




























C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave hors de l’eau.
Je pense que ça vient d’un ensemble de facteurs, mais sans doute principalement déjà du fait que je suis fasciné par le passé, par comment les gens vivaient vingt, cinquante, cent ans avant moi et ce à quoi leur quotidien et le monde ressemblait réellement par-delà les filtres sépia et les grandes dates. En découle ma démarche de prendre en photos friches et lieux intemporels — j’ai toujours l’impression de ne pas seulement capturer un quelque lieu mais d’emporter avec moi les mille milliers d’histoires muettes qui en formes et couleurs transparaissent d’elles-mêmes dans l’image finale. Cela explique aussi mon utilisation (sans doute abusive j’en ai conscience) de virages bleus et verts, ça donne au tout un cachet qui extirpe l’image du contexte présent et la place inconsciemment dans le passé. Sans vraiment que cela soit une époque définie, j’ai simplement l’impression que mes images ont l’allure d’images de décennies bien avant nous, et secrètement j’aime ça.

Ça m’a fait plaisir de revoir là-haut des gens que je voyais chaque semaine quand j’étais gosse, et que maintenant j’ai progressivement perdu de vue malgré moi. Certains en sont méconnaissables, d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes – l’endroit pour sa part est visuellement resté ancré dans son époque et ce sans doute pour longtemps encore.
Le concert du samedi était sympa, variait selon le public visé et même si ma nuit blanche de la veille m’empêchait de vraiment apprécier quoi que ce soit à deux heures du matin, j’ai passé un bon moment. La seconde journée était beaucoup plus destinée à la génération d’avant (voire celle d’encore avant), à coups d’accordéons et de long diner dans des tentes sous la pluie… au final le moment le plus mémorable fut celui de m’échapper avec un pote pour prendre un plan large du hameau en grimpant à une colline un brin raide.

Sur le chemin du retour je me suis arrêté plusieurs fois pour prendre des photos, même sous la pluie. Ce sont de longues rouges étroites et sinueuses, où je souvent je roule seul – pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ce pendant une heure de route. Personne n’est là pour se soucier de si je m’arrête en plein milieu pour prendre la montagne embrumée d’en face, et ça ça n’a pas de prix. Je crois que j’ai tellement traîné dans les villes et petits villages de l’immédiate côte que partir loin m’enfoncer entre les montagnes est juste ce qu’il me manquait pour dépoussiérer mon appareil.
Ça fait cinq mois que je n’avais rien photographié, ça m’a quand même fait plaisir de m’y remettre et dans le fond malgré moi je sais que ça me manque.

Choses Mortes II : Les murs des visages

Mardi 29 décembre 2009

Cela faisait environ trois mois que je n’étais réellement parti faire des photos, et à défaut d’avoir en tête une véritable expédition, j’ai pris ma voiture et ai suivi la route jusqu’à ce que quelque chose me frappe à travers la vitre. Aux environs de cinq heures et demi, sur la route qu’on avait suivi pour monter au réveillon de noël, je suis repassé devant cette gare abandonnée qui m’était sortie de l’esprit. Je suis descendu pour en faire vite fait le tour et estimer les lieux, mais la nuit grandissant n’aidant pas, j’ai dû revenir le lendemain.

À la lumière d’un jour nuageux, je suis donc retourné avec mon appareil prêt et chargé à cette petite gare que l’œil ne caresse plus, encagée par des masses de hautes herbes, ses fenêtres et portes en partie scellées par des murs de briques. Je ne sais pas depuis combien de temps l’endroit est en ruines, assez déjà pour avoir été retourné par les squatteurs et clochards… je n’ai d’ailleurs jamais vraiment compris pourquoi tous les endroits abandonnés voient leur sol couverts de milliers d’objets comme si c’était un impératif. À croire que dès qu’un lieu ferme on envoie une équipe de dévastation qui s’occupe de faire en sorte qu’il soit aussi détruit à l’intérieur qu’il l’est à l’extérieur.

Il y a une maison couplée à la gare, je ne sais pas si elle fait partie d’un quelque commerce qui se trouvait à côté (je crois qu’il y avait une boulangerie, ou une crêperie ou dans le genre) ou alors si elle était là pour les employés de la gare. Je ne sais pas non plus si ce sont uniquement des trains de marchandises qui passaient par là, il y a un accueil pour les passagers mais il est emmuré.
C’est toujours assez angoissant de se promener dans des lieux comme ceux-ci, la plupart du temps je coupe ma musique parce que le moindre bruit me fait l’arrêter pour regarder autour de moi. En fait le plus dur à supporter ce sont les premiers moments, quand on n’a encore qu’une idée très vague de l’endroit. Au fur et à mesure qu’un plan des lieux se dessine mentalement tout va mieux. C’est aussi une histoire de s’assurer que l’endroit est bel et bien vide, quand on sait que toute les pièces sont inoffensives on a plus d’aisance à arpenter l’endroit qu’au début où la crainte de quelqu’un vivant encore là est présente. Globalement c’est un vaste ressentiment d’être en permanence observé.






































J’avais oublié de prendre ma lampe de poche donc à défaut d’autre chose j’ai principalement découvert les pièces à coups de flash — vous imaginez d’ailleurs mon sursaut en tombant sur cette pièce dont les murs sont recouverts de projections de peinture rouge. Sur le coup je me suis affolé sur mon appareil pour refaire une photo et confirmer ce que j’avais vu… pendant une fraction d’instant j’ai imaginé le pire avant de voir d’autres projections, bleues et jaunes.
Le tout était vraiment sombre, ce sont des conditions difficiles pour prendre des photos. D’ailleurs dans la majeure partie des cas je passe devant des images, des éclairages ou des illusions que seraient magnifiques à capturer mais que même de bons réglages ne parviennent à retranscrire. La plupart des images gardées sont d’ailleurs un brin troubles ou granulées par les hauts ISOs, ce qui ajoute une touche non négligeable tout en étant horriblement chiant. Désolé si en agrandissant certaines images vous vous retrouvez devant un truc flou.

En repartant j’ai un peu continué sur la route de la Tinée et suis tombé sur une centrale électrique fermée. J’ai voulu y aller mais tout était grillagé, alors je suis passé par la droite et ai découvert un chemin. À mi-hauteur de montagne quand j’ai compris que c’était une piste de randonnée je suis redescendu. Sur le chemin j’ai vu énormément de choses fascinantes à prendre, le problème c’est que sur ces routes il n’y a nul endroit où s’arrêter, seuls quelques refuges mais placés aux mauvais endroits. Quand je pars faire des photos j’ai toujours l’impression d’en avoir énormément qui me passe entre les doigts et c’est frustrant, mais en général au retour avec du recul je suis toujours content d’être parti ce jour-là et d’avoir eu le cran d’aller à tel ou tel endroit.
Je ne sais pas si cette fascination pour les lieux esseulés ne touche que moi – que ce soit par leur atmosphère pesante et noire, ou leurs complexes arabesques rousses de métal décrépi. Les murs arrachés, et l’eau croupie qui par vastes traînées vient assombrir le papier peint et gorger le plancher. Il y en a qui aiment prendre des centaines d’images d’infinis paysages, moi j’aime les recoins enténébrés de ces lieux défunts qui les choses mortes accueillent.

Bonus : un pont de merde comme je les déteste, et du McDo jusque dans ta gare abandonnée


Une certaine idée de la funk

Vendredi 25 décembre 2009

Hier soir nous sommes allés à la maison de ma grand-mère, celle du côté de mon père, qui habite quelque part dans la montagne où j’avais été cet été faire des photos avec ma cousine. Le chemin n’est praticable qu’à pied, et nous sommes ainsi partis dans la pleine pénombre alors que sur nos têtes baissées le ciel hachuré d’averses pleurait d’humides lances.
Comme beaucoup de maisons construites à cette époque c’est un endroit qui s’est laisser dépasser par la vie moderne, et au fond rien n’a vraiment changé depuis la dernière fois que j’y étais allé quand j’étais gosse. Les mêmes plats dans les mêmes assiettes, le même jus de raisin dans les mêmes verres, les mêmes meubles, le même énorme plancher brossé de brun. Tout est comme figé dans le temps et à part la télé en toile de fond diffusant Attention à la marche, rien n’a changé depuis cette photo de moi à six ans qui veille au mur.












Ma grand-mère depuis quelques années a vu sa mémoire s’estomper du fait d’alzheimer. Son mari tout comme ses deux fils reviennent la voir régulièrement pour s’occuper d’elle, mais elle n’a à ce stade plus de notion du temps qui passe, de quand elle doit manger – de qui sont les personnes assises autour d’elle à table, l’âge qu’ils ont, leurs noms.
On a partagé quelques plats habituels de noël – du gratin, un rôti de chevreuil, du fois gras. C’était vraiment agréable de revoir tout le monde, à vivre loin dans les teintes azures de Nice j’en oublie ces temps d’enfance passés là à jouer dans la grange de ma grand-mère ou à dévaler les plaines voilées de neige sur ma petite luge rouge. J’ai vraiment du mal à décrire mon enfance parce que j’ai toujours l’impression qu’il y a tant de détails à citer que si j’en oublie un le reste paraîtra hors contexte, alors je préfère m’arrêter là plutôt que de développer.

Quand je suis arrivé en haut ma batterie d’appareil était morte, j’ai grappillé quelques images de ci de là quand, après un certain temps éteint, mon Canon me laissait prendre une ou deux photos. J’ai eu énormément de mal à capturer quelque chose sous le faible éclairage du seul plafonnier, mais avec du recul je pense que ce sont ce flou et grain qui retranscrivent le mieux mon état d’esprit ce soir-là. Ça n’avait plus d’importance qui j’étais des kilomètres plus bas, ici dans cet endroit précis avec ces personnes précises j’avais simplement l’impression d’être un gosse à nouveau, perdu dans la brume de ma propre mémoire. Qu’importe le nombre de fois dans la soirée où fut répété « C’est Maxime, il a vingt ans maintenant, tu te souviens de lui ? ».

Ce matin

Samedi 19 décembre 2009

Aujourd’hui la Côte d’Azur a viré ses teintes au blanc.
Non pas de photos de Nice, je me suis levé à huit heures faire des photos, ma voiture est sous dix centimètres de neige, je reste au chaud §
Désolé pour la qualité assez crade des photos, j’avais monté l’iso à fond afin de faire une couverture pour un texte et j’ai oublié de le rechanger en me levant du lit.














Le Marbre Aphone

Mardi 15 septembre 2009

En général quand je passe devant un endroit qui me frappe par les images fabuleuses qu’il pourrait produire, je me mets un marqueur et je tente d’y revenir dès que possible. Il y a peu d’endroits comme ça qui m’ont marqué dans Nice, principalement parce que ce n’est pas une ville que j’aime beaucoup, mais je m’étais juré d’y revenir au moins une fois avec mon appareil et de partir du Mont Boron.
Pendant toute l’année précédente j’ai eu un professeur de dessin plutôt spécial, assez caricatural du vieux prof de dessin qui a déjà sa vision toute faite sur le monde. Assez âgé mais qui est resté plutôt sympathique ; qui se trimballe sa pipe en permanence et qui vous raconte des anecdotes de vie tellement impensables qu’à force vous n’osez plus en questionner la véracité. Ils nous avait emmené plusieurs fois - vers la fin de l’année - en haut du Mont Boron en voiture pour y passer la matinée à dessiner.

On y allait toujours de bon matin et évidement y retourner comme ça seul vers sept heures du matin, ça avait perdu son charme. Du coup je suis descendu dans Nice, me suis promené çà et là près de la côté et à la lisière de la ville. Contrairement à la dernière fois je ne me suis pas enfoncé dans la ville à me balader partout et n’importe où, en fait aux alentours de 14h, après sept heures de marche en montée et descente, à travers les bouts de forêts et les rues mal pavées, je me suis écroulé dans un fauteuil de Nice Étoile et y ai pioncé tranquillement. Étonnement je n’étais pas le seul.
Je me suis réveillé avec un mal de ventre et un mal à la tête, du coup j’ai laissé tomber mon sandwich, je suis vite fait passé à mon école prendre des nouvelles et à 16h j’étais de retour chez moi.

Et accessoirement oui, j’avais super mal aux pieds.










































L’ère libre

Mardi 18 août 2009

Il y a des lieux comme ça dont vous ne soupçonneriez même pas l’existence si certaines circonstances ne vous y avaient pas amené un jour ou l’autre. Des parcelles inconnues de La France dont personne n’a jamais entendu parler, des endroits reculés qui lentement se font ronger par le temps.
Dans le cas présent il s’agit d’un petit lieu-dit de montagne perché dans la vallée de la Tinée ; si j’en connais l’existence c’est parce que mon père avant d’être instituteur sur la Côte d’Azur a passé son enfance la-haut et continue d’y retourner chaque week-end. Pour y faire des photos, pour travailler dans son atelier, pour se rapprocher un peu de son côté à lui de la famille que la montagne a éloigné de nous.

Quand j’étais enfant j’y allais moi aussi chaque fin de semaine, et le temps allant, moi grandissant, j’ai peu à peu perdu le goût et l’envie, pour au final ne plus y aller. Cela faisait une dizaine d’années que je n’y étais pas retourné. Il n’y a pas beaucoup de choses à faire là-bas, pas beaucoup de monde non plus, alors quand on s’est progressivement ancré dans une routine d’étudiant à Nice, entouré d’un flux constant d’informations, retourner s’isoler de telle manière est plus complexe que prévu.

Cette session de photographies est au fond partie d’une idée comme ça, « et si j’allais faire des photos dans le petit village où j’ai passé une partie de mon enfance à moi ? ». Étant en ce moment entouré de mes cousins à la maison, j’en ai profité pour faire venir ma cousine dans le voyage, elle qui voulait aussi partir faire des photos.

Une heure et quart de ligne droite à flanc de montagne plus tard nous arrivions à La Blache.




























La Blache est un hameau médiéval perché à flanc de montagne. C’est un haut-lieu de la vie ancienne et maintenant peu à peu oublié des habitants de la vallée de la Tinée. En hiver, la population ne dépasse pas la dizaine d’habitants ; en été, elle peut atteindre une soixantaine de personnes.

C’est un endroit où malgré tout ma famille a tenu une place importante — les Fabre sont là depuis plus d’un siècle et l’église par exemple (comme d’autres bâtiments sûrement) ont été construits par mes arrières-arrière-grand-pères. Tout du moins je pense tant on sait que Fabre est courant car désignant ceux qui fabriquaient. Les forgerons, les menuisiers, et j’en passe.

Beaucoup de personnes ont eu du mal à me reconnaître. J’en ai profité que j’étais sur place pour aller voir un pote d’enfance qui fait désormais partie d’un groupe ; il est bassiste, son frère est guitariste. Je suis allé chez eux et suis resté une petite heure et demi à parler un peu musique et à voir où on en était. En redescendant de chez lui des vaches nous ont bloqué le chemin, on a mis trois plombes à rejoindre la route.

Enfin.
Mine de rien, vu sous l’angle d’un photographe c’est un endroit superbe, les images que je vous présente sont pour la plupart plus intactes que vous ne le penseriez. Les couleurs de l’endroit, l’éclairage de cette journée, font que les photos telles qu’elles, étaient pour la plupart telles que je les voulais, sans les toucher.
Nous avons quand même eu la pluie au retour, et par persévérance je me suis quand même arrêté au barrage abandonné qu’on avait repéré en chemin. Évidement ça glissait, j’avais peur pour l’objectif sous la pluie battante, alors je n’y suis pas resté longtemps.

Il faudra sûrement que j’y retourne en plein hiver quand la neige est omniprésente.

Bonus :

Mon parcours en photographie s’est toujours un peu résumé à faire deux pas en avant, un pas en arrière. Pendant toute une première période commencée ici sur ce blog j’ai eu tendance à ne prendre que peu de photographies, ou tout du moins à ne montrer mes photos qu’une par une voire deux par deux. Le résultat était malgré moi une sorte de sacralisation de ces maigres images — des cadres, des titres, des articles dédiés.

Depuis j’ai fait mon voyage à Dignes, et en ai ramené un paquet de photos que j’ai postées d’un coup et je suis tombé amoureux du format. Le problème qui est vite survenu c’est qu’à force de montrer beaucoup on tend à vouloir montrer toujours plus. De séries de vingt photos on est passé à trente, quarante, cinquante photos par article sur toutes les dernières séries. Je pense qu’il est temps de revenir à quelque chose de plus raisonnable.






Spéciale dédicace à PositiveFunk, je me permets de lui voler son jaune/bleu




La guerre des mondes est à nos portes









« Mon dieu Batman on a remonté le temps, j’ai vu la même photo il y a cinq minutes ! »

Nous sommes en pleines vacances, au beau milieu de l’après-midi, sous une chaleur inqualifiable. Les rues se sont vidées de toute silhouette et les seuls aux alentours proviennent du voisin dans sa piscine et des quelques voitures qui passent par là. Voilà, c’est un peu ça l’esprit juillet/août dans un endroit perdu.

Bonus zizi : un chien méchant avec des lunettes en grillage