out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour la catégorie ‘Critiques’

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Tout comme pour Nine Inch Nails ceci est principalement un article pour présenter le groupe, si vous connaissez déjà je vous invite à rester pour éventuellement commenter sur la playlist.

By the turnstile beckons a damsel fair
The Face of Melinda neath blackened hair
No joy would flicker in her eyes
Brooding sadness came to a rise

Words would falter to atone
Failure had passed the stepping stone
She sworn her vows to another
This is when no-one will bother [...]

Still I plotted to have her back
Contentment that would fill the crack
My soul released a fluttering sigh
This day fell, the darkness nigh

Ce que j’aime avant tout sur ce blog dans mes articles musique c’est, non pas forcément aborder des groupes méconnus et faire découvrir la perle rare, mais plutôt m’attarder sur ces gens qui par leur parcours, leur musique ou autre, se démarquent et me donnent quelque chose d’intéressant à dire. Mon amour se porte dans les genres qui s’entremêlent, les artistes qui d’un album à l’autre re-conçoivent leur démarche, j’aime la musique que j’écoute presque autant pour son concept que pour que les images auditives qu’elle est capable de tisser. Partant de ce constat, il y a des artistes que j’écoute et me fascinent, et qui du coup tôt ou tard ne peuvent s’empêcher de terminer en article — c’est en quelque sorte ma manière de rendre hommage à ces personnes que même sans foncièrement apprécier on ne peut qu’admirer.

Opeth – mot supposément emprunté au roman The Sunbird où il signifie « City of the Moon » – c’est avant tout un groupe qu’il est difficile de décrire en une courte phrase sans commencer à énumérer bêtement des noms de genres. De façon à résumer l’idée de manière la plus concise possible, c’est le mariage entre toute la violence et la démesure du death et du metal progressif, avec toute la beauté et la contemplation du rock progressif et du folk/acoustic, ainsi que par moments des éléments de blues et jazz sur les albums les plus récents. Voilà vous voyez ça foire à chaque fois.
Ce que signifie concrètement cette assemblage un peu barbare qui à première vue s’annoncerait bancal, c’est qu’Opeth reprend les structures dynamiques et complexes du progressif, et en crée des morceaux alternant tantôt guitare acoustique et de chant lascif, tantôt riffs violents et chant saturé. Pas dans cet ordre, et pas tout le temps, mais vous avez saisi le concept.
Sur Allmusic on disait ceci et je trouvais ça bien formulé : « Tracks start and finish in seemingly arbitrary fashion, usually traversing ample musical terrain, including acoustic guitar and solo piano passages, ambient soundscapes, stoner rock grooves, and Eastern-tinged melodies—any of which are subject to savage punctuations of death metal fury at any given moment »

Comme pour Nine Inch Nails, étant donné que le groupe n’est pas aisé à appréhender, je propose une petite playlist découverte à la fin, qui aura pour but à la fois de vous faire connaître Opeth en douceur, mais aussi de briser toute idée reçue que j’aurais pu malgré moi vous donner en écrivant. C’est d’autant plus sensible pour un groupe comme celui-là puisqu’à la moindre mention du mot death la moitié de mes lecteurs vont s’imaginer une grosse bande de chevelus qui hurlent du pâté en secouant la tête. Alors bon certes physiquement je vous l’accorde, mais musicalement, non.

Opeth est un groupe qui avant tout a eu des débuts quelque peu tumultueux ; formé en 1990 en Suède c’est originellement un groupe de death metal pur dont le line-up de départ n’incluait même pas la désormais figure de proue du groupe, Mikael Akerfeldt. Celui-ci est en fait arrivé légèrement après la création du groupe en tant que bassiste, sous la demande du chanteur alors actuel, David Isberg. Le problème c’est que sembla-t-il personne n’avait été prévenu de l’arrivée d’Akerfeldt (y compris le bassiste qu’il était censé remplacer) et légèrement contrariés de ce coup en douce, tout le monde se barra d’Opeth à part Mikael et David.
Suivirent trois années du même calibre, avec le line-up du groupe ne cessant de changer au fur et à mesure que les gens rejoignaient et partaient. Au final arrivé comme bassiste, Akerfeld finira par occuper le poste de chanteur et guitariste, place qui sans doute a ô combien participé à pousser le groupe vers sa présente place.

Il faudra attendre 1995, soit cinq ans après la formation du groupe, pour que leur premier album, Orchid sorte. Je ne suis pas vraiment dans la capacité de parler de cet album parce que pour une fois dans un article musical je n’ai pas vraiment toutes les cartes en main : je n’ai jamais écouté leurs deux premiers albums, c’est un fait, je l’avoue. C’est un peu le problème avec les groupes changeants, selon ce qu’on y cherche et ce qu’on en tire, on peu très bien vouer un culte à un album pour ne tomber que de plus haut au suivant. Et étant habitué à ce qu’est Opeth désormais je n’ai jamais trop eu le désir de me plonger dans les années les plus death metal du groupe puisque ce ne sont pas celles qui m’intéressent au final (si, je suis un grand sensible).


I see roots beneath my feet
Led me trough wastelands of deceit
Rest your head now, don’t you cry
Don’t ever ask the reason why

Kept inside our idle race
Ghosts of an idol’s false embrace
Rest your head now, don’t you cry
Don’t ever ask the reason why

La manière dont j’ai connu le groupe est assez particulière. Sans vraiment avoir jamais écouté Opeth, j’avais toujours eu de l’appréhension du fait de l’image que les gens en peignaient en en parlant, à savoir une image résolument death metal donc – un genre que pour être honnête je n’ai jamais trop porté dans mon cœur. J’ai un ami qui en écoutait inlassablement il y a quelques années, et sans doute pas du plus classieux, ça m’en avait coupé l’envie.
Et puis un jour alors que j’arpentais Last.fm je suis tombé sur leur fameux morceau Harvest ; un morceau qui s’entame sans le moindre fade in sur un rythme envoutant de guitare acoustique accompagnée par un long chant clair, un beau solo de guitare claire, pas de sang sur les murs, pas de tremblement de terre, j’étais plus ou moins dérouté à la fin du morceau, à me demander si je ne m’étais trompé de page.
Voulant savoir de quoi il en retournait j’ai commencé à écouter l’album duquel il était tiré, à savoir Blackwater Park sorti en 2001. Me fiant aux pistes les plus populaires du groupe sur leur profil, j’ai directement entamé par Bleak, la piste qui à elle seule définit presque Opeth, et le miracle s’est produit. Il y avait du death metal, il y avait de la puissance projetée à l’auditeur telle que je l’avais attendue jusque-là, mais j’ai adoré cette piste plus que jamais et maintenant encore c’est une de mes pistes favorites du groupe. Tout simplement parce que tant le break acoustique que le chant clair par-dessus les segments de rythmique acérées faisaient que le tout fonctionnait ensemble à mes oreilles et me faisait passer outre ce fameux chant death métal que je redoutais — mieux, me le faisait apprécier dans son contexte.

C’est tout con mais c’est là que tout le cœur de mon paragraphe réside : contrairement à d’autres groupes que j’ai mentionné tels Nine Inch Nails qui eux aussi faisaient preuve de dualité, ici ce ne sont pas deux univers qui cohabitent et s’effleurent d’un bout de piste à l’autre. Mais plutôt deux parties d’un tout qui sont complémentaires tout autant qu’indépendantes. On passe de pistes surpuissantes comme Blackwater Park qui vous entraînent dans douze minutes de pure épique musique, aux deux Patterns in the Ivy et leurs calme et fluide ligne de guitare acoustique portée par un faible chant clair intimiste. C’est là que l’originalité et la force du groupe résident et c’est ça qui fait qu’ils ne sont pas n’importe qui, ils mêlent des mélodies jazz, du piano, du metal, du folk et en font un tout cohérent. En quelque sorte c’est du metal progressif mais retranché plus loin que jamais dans ses extrêmes.


The sigh of summer upon my return
Fifteen alike since I was here
Bathed in deep fog, blurring my trail
Snuffing the first morning rays

Weary from what might have been ages
Still calm with my mind at peace
Would I prosper or fall, drain the past
The lapse of the moment took it’s turn [...]

Pale touch, writhing in the embers
Damp mud burning in my eyes
All the faces turned away
And all would sneer at my demise

S’il y a une chose qui m’a beaucoup frappé aussi au commencement c’est bien évidement la performance de Mikael Åkerfeldt. Comme beaucoup de groupes de metal progressif, Opeth aussi possède sa propre figure iconique au centre de la scène ; l’homme qui derrière les albums en fabrique les concepts et qui du bout de sa plume emporte le public. Un point sur lequel Mikael ne faillit pas, déjà parce qu’il a un aisance incroyable à l’écrit pour un artiste né dans le death metal, que ce soit par la manière lyrique et poétique qu’il a d’approcher ses thèmes que les thèmes eux-mêmes. C’est vraiment un groupe dont il est plaisant de tirer des bouts de paroles à mettre dans l’article parce que chaque piste est vraiment pensée comme un poème et ça se sent à la lecture.

Second point qui frappe : la fluidité avec laquelle il manie la guitare acoustique et sa capacité à créer et mêler des couches de mélodies avec. Toute l’introduction de Benighted ou l’étouffée mélopée qui entoure la puissante Dirge for November, ce sont des thèmes qui restent en tête pour tant que l’on apprécie le style. Akerfeldt prépare même un album solo de guitare acoustique en marge d’Opeth, pour mettre au-devant de la scène des mélodies qu’il a composées en cours de route mais qui jusque là n’avaient pas trouvé pas leur place.
Ensuite le chant est à l’image de ce jeu acoustique : inattendu. Je ne sais pas si c’est parce que je n’y connaissais rien (sans doute) ou parce que je me basais sur une poignée d’artistes fonctionnant comme ça, mais j’avais toujours imaginé que les groupes où se partageaient plusieurs styles de chant avaient en réalité deux chanteurs — pour les groupes qui ne modulent pas leur voix tout du moins. J’ai cru ça d’Opeth pendant un long moment jusqu’à ce que je regarde un live de Bleak toujours dans mes premières écoutes de Blackwater Park.
C’est là que j’ai réalisé qu’Akerfeldt prenait ces deux places au-devant de la scène et le voir passer, dans des morceaux comme The Moor, d’un style de chant à l’autre au détour d’une phrase fait partie des choses qui marquent quand on découvre ce groupe. Bien sûr il y a des tas d’artistes qui sans doute partage cela, mais à mes yeux ce qui fait la force d’Akerfeldt c’est qu’il est à l’aise dans ces deux styles et propose un chant clair vraiment maîtrisé, mélodique, et large dans sa capacité. Je ne sais pas si tous les artistes de death metal seraient en mesure de chanter certains récents morceaux d’Opeth tel Burden où le chemin parcouru saute immédiatement aux yeux.


Trees bend their boughs toward the earth.
And nighttime birds float as black faces. [...]

You have nothing more to find.
You have nothing more to lose.
The cold season drifts over the land.
They huddle in the brown corners.

S’il est une période du groupe qu’il est inévitable de mentionner c’est Damnation et Deliverance. Sortis respectivement en 2003 et 2002, ce sont deux albums qui grossièrement, ont été composés dans l’optique de cristalliser tout ce qui alors constituait Opeth. Prendre ces deux extrêmes qui animaient le groupe et les séparer comme deux frères à la naissance. Le résultat en est ce double album.
À gauche nous avons Deliverance, à ce jour décrit comme un des albums les plus intenses faits par Opeth — ça ne veut pas dire le plus violent, simplement tous ces temps de battement et de répit qui d’habitude peuplent leurs albums, ont ici été écartés pour ne laisser qu’un échantillon du plus sombre de ce qu’ils sont capables de faire. D’une quelque manière c’est un long plongeon dans un retour aux racines du groupe et en ressortir c’est non seulement ne pas en ressortir indemne mais c’est aussi reprendre souffle comme après une longue apnée.
De l’autre côté, Damnation délaisse absolument tout aspect ne serait-ce que vaguement metal, et se livre à un long album entièrement acoustique entrecoupé d’une pincée de pistes rock progressif et jazz dont leur désormais connue Windowpane. La nuance à ajouter c’est que jeu acoustique ne signifie pas jeu joyeux, et certaines pistes même à la guitare folk sonnent et se ressentent bel et bien comme du métal lointain.

Dans les deux albums l’utilisation de styles qui s’opposent n’empêche que l’ambiance propre à Opeth est indéniablement présente et c’est une performance assez admirable qui prouve qu’en tant d’années ils ont réussi à se forger une patte qui leur est propre et qui désormais fait partie de tout ce qu’ils font même sans qu’ils y prêtent attention. Sans que Deliverance soit un album dans lequel j’ai vraiment réussi à me plonger hormis quelques pistes dont la piste éponyme, j’admire beaucoup la démarche et la mise en opposition (la délivrance par la violence) des deux facettes d’Opeth.


Summer is miles and miles away
And no one would ask me to stay
And I should contemplate this change, to ease the pain
And I should step out of the rain, and turn away

Avec du recul, et ça se ressentira sans doute malgré moi dans ma sélection, j’ai conscience que j’ai toujours été attiré par leur côté le plus calme, pour au final être happé par leur autre côté et rester à écouter tout. C’est un groupe qui de toute manière au cours de ces dernières années s’est de plus en plus éloigné de ses origines, de manière complètement ouverte sur des albums comme Watershed ou au final le compte de pistes vraiment fidèles à leurs début se compte sur les doigts d’une main atrophiée. C’est un groupe qui est devenu de plus en plus complexe à définir au point qu’eux-mêmes en interviews se refusent à s’apparenter à un genre. D’une certaine manière ils étaient à un endroit précis, et c’est comme s’ils avaient décidé d’aller s’aventurer toujours plus loin au point que les frontières de ce qui était vraiment leur maison en deviennent troubles.

Alors certes et je tiens à le rappeler à la fin de l’article, ça reste un groupe de metal progressif dans ses grandes lignes et après tant de mots versés je ne veux pas induire en erreur ceux qui ne connaissent pas : oui il y a du death metal dedans, il n’y a pas que ça, mais ça reste une partie intégrante et importante d’Opeth. Mais s’ils ont réussi à me convaincre et me faire passer outre mon aversion, c’est qu’il y a véritablement quelque chose de particulier dans leur musique, d’unifiant et d’indescriptible. Je pense que plutôt que de continuer il est temps de vous laisser en musique.

Étant donné qu’un article musique ne le serait vraiment sans quelque chose à écouter, je vous propose comme à l’accoutumée une petite playlist découverte d’Opeth. Tout comme pour Nine Inch Nails elle est divisée en sous-parties et tout comme pour NIN, tentez au moins d’écouter une ou deux sections en entier avant de réellement vous forger un avis. J’ai quand même tenté de mêler un peu de toute la discographie du groupe — une vingtaine de pistes pour un tour d’horizon de douze ans d’histoire.
J’espère en toute franchise que les fans de la première heure ne me tomberont pas sur le dos pour avoir omis leurs deux premiers albums, et espère avoir été fidèle dans ma retranscription du groupe malgré les blancs laissés.

Prologue : Prologue (de My Arms, Your Hearse)

— This Day Fell —
The Face of Melinda (de Still Life)
Burden (de Watershed)
Porcelain Heart (de Watershed)
Patterns in the Ivy II (de Blackwater Park)
Hours of Wealth (de Ghost Reveries)
Epilogue (de My Arms, Your Hearse)

— The Darkness Nigh —
The Moor (de Still Life)
Bleak (de Blackwater Park)
Dirge for November (de Blackwater Park)
Interlude : Madrigal (de My Arms, Your Hearse)
When (de My Arms, Your Hearse)
Reverie / Harlequin Forest (de Ghost Reveries)
Blackwater Park (de Blackwater Park)

— Into the Night —
Benighted (de Still Life)
Harvest (de Blackwater Park)
Windowpane (de Damnation)
In My Time of Need (de Damnation)
A Fair Judgement (de Deliverance)
Coil (de Watershed)

— When Days Are Done —
Hessian Peel (de Watershed)
The Baying of the Hounds (de Ghost Reveries)
Serenity Painted Death (de Still Life)
Beneath the Mire (de Ghost Reveries)
Deliverance (de Deliverance)

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[Musique] Nine Inch Nails

Jeudi 25 juin 2009

À artiste complexe, article complet.
Il faut comprendre qu’il y a énormément de choses à dire sur ce groupe, sa musique et ce qui l’entoure, tant et si bien que tout résumer à quelques paragraphes serait une insulte. Voilà pourquoi cet article est long, c’est le prix à payer pour combler ce petit trou intriguant dans votre culture musicale. Si les détails ne vous intéressent pas, sautez au paragraphe rouge suivant pour lancer la liste de lecture. Ou alors lancez la liste de lecture et lisez l’article en même temps, c’est une bonne idée aussi.

Nine Inch Nails

She spreads herself wide open, to let the insects in.
She leaves a trail of honey… to show me where she’s been.
She has the blood of a Reptile - just underneath her skin,
Seeds from a thousand others drip down from within.
Devils speak of the ways in which she’ll manifest,
Angels bleed from the tainted touch of my caress.
Need to contaminate, to alleviate, this loneliness ;
I now know the depths I reach are limitless.

Il y a des groupes comme ça de temps à autres qui une fois que l’on commence à les écouter se révèlent être radicalement différents de l’image que l’on avait d’eux avant de les connaître réellement. Pendant très longtemps j’avais gardé du nom « Nine Inch Nails » une image furieusement violente et étrangement gore, pour plusieurs raisons mais principalement parce que sans connaître on suppose qu’un groupe qui porte un tel nom se doit d’en assurer la réputation derrière. L’autre raison comme pour beaucoup de monde sur Nofrag c’est que NIN c’est avant tout ce fameux logo sur les munitions de clous dans Quake — j’ai d’ailleurs été bien surpris des années plus tard en apprenant qu’il n’y avait là aucune coïncidence, Trent Reznor ayant été le compositeur principal pour Quake.

Quake

J’avais déjà essayé à une époque de me plonger dans le groupe, c’était à la sortie des fameux Ghosts. Malheureusement déjà pris dans la découverte d’un autre artiste j’ai vaguement posé mes oreilles sur ces quatre pièces instrumentales et en ressortant rapidement confus j’ai supprimé les Ghosts de mon disque dur et n’y ai plus repensé. Et puis il y eut cet article, qui d’une grande baffe dans la gueule m’a ordonné de retourner au boulot et d’écouter enfin ce Nine Inch Nails de manière à ce que j’arrête de fantasmer indéfiniment sur ce qu’était réellement ce groupe.
J’ai pris Broken, me suis lancé dedans le lendemain sans trop savoir de quoi il retournait, et j’en suis ressorti les oreilles pleines de sang et le sourire aux lèvres. Alors qu’au rythme de la puissance mécanique de Last, tapaient mes pas, je venais d’effleurer du doigt un univers bien plus vaste que ce que peuvent décrire deux ou trois albums.

Pretty Hate Machine Broken

God money’s not looking for the cure.
God money’s not concerned with the sick among the poor.
God money lets go dancing on the backs of the bruised —
No, God money’s not one to choose.
No you cant take it !
No you cant take, that away from me…
Head Like a Hole.
Black as your soul.
I’d rather die, than give you control.
Bow down before the one you serve.
You’re going to get what you deserve.
[...] You know who you are.

Nine Inch Nails c’est principalement deux choses. D’une, comme le dit l’expression, Trent Reznor is Nine Inch Nails. Crée vers la fin des années 80, NIN est un groupe qui même s’il est constitué de musiciens qui vont et viennent d’une année à l’autre, n’a pour seul et unique pilier que Trent Reznor. Sans vouloir tout lui créditer comme s’il était dieu le père, étant auteur et compositeur des morceaux du groupe, étant l’origine de l’âme industrielle et de l’atmosphère sale qui entoure les morceaux, étant [etc] on peut aisément dire que Nine Inch Nails, c’est un one-man band.

Ensuite, NIN c’est un groupe qui est en évolution constante. On retrouve des similitudes entre les albums, mais il n’y en a pas deux qui soient identiques. Le tout premier véritable album du groupe, Pretty Hate Machine est sans doute celui qui à ce jour m’évoque le plus le côté « électronique » du groupe. Sans que ce soit quelque chose d’horriblement exagéré, cela reste à cent lieues de la la violence des guitares qui jailliront sur Broken.
On sent aussi sur ce premier album l’embryon de ce que deviendront plus tard les deux aspects de Nine Inch Nails : des pistes très violentes et fortes (Head Like a Hole) et d’autres très calmes à fleur de peau (Something I can Never Have). Ce n’est pas vraiment mon album favori, j’en apprécie les pistes mais comme je l’ai dit _à mes yeux_ ce qui est sur cet album n’est pas encore poussé dans les extrêmes. Quand je pense à Nine Inch Nails et à ce que j’adore dans ce groupe, ce sont des morceaux très violents à grands coups de bruits mécaniques, industriels, de noise, de déconstruction, de riffs secs ; et d’un autre côté des pistes douces, du piano, des mélodies, des ambiances nocturnes, en un mot Le Calme avec un grand C.

Nine Inch Nails c’est une musique qui parle tout en dualité, et même si seule la fraction violente des albums est perceptible lors des concerts, résumer NIN à cela serait être gravement dans l’erreur.
Cette partie violente parlons-en. Sorti en 1992, Broken est une rupture on ne peut plus radicale avec Pretty Hate Machine. Oubliez les batteries sorties de Cubase et le côté « musique électronique de 89 », sur Broken on sort sa bite et sa guitare et on lacère les gens à coups de puissance. Cet album c’est la preuve même que par trois simples accords on peut transmettre plus de rage que n’importe quelle speed solo — à ce jour j’ai beau y mettre toute mon âme je n’arrive toujours pas à donner autant de force au riff de Last que Trent Reznor n’en donne.
Si je devais parler des morceaux qui m’ont marqué sur cet album - déjà court en soi - je dirais avant tout Physical et sa lente montée vers la colère (your dangerrrrr[rugissement]). Cette reprise de Billy Idol commence doucement tout en murmures et dès le deuxième refrain les chiens sont lâchés et rien ne va plus. C’est un morceau que j’aime utiliser pour introduire les gens aux groupe. Déjà, car il pose les premiers pas dans ce tant nommé « Industrial » qui étiquette le groupe — sons mécaniques, guitare régulière, sur-saturation, bruits parasites et samples divers. Ensuite, il monte doucement ce qui évite que les gens décrochent dès les premières secondes, contrairement à d’autres de mes morceaux favoris de cet album tels Last ou Wish qui feraient fuir les non initiés. Souvent dans Nine Inch Nails quand un morceau commence ou finit on ne prévient pas (et c’est particulièrement vrai sur l’album suivant).
Ça reste en tout cas à mes yeux un de mes albums favoris et des plus écoutés, avec The Downward Spiral et The Fragile. Bref, un peu comme une bonne partie des fans de ce groupe.

The Downward Spiral Further Down the Spiral

Et il est un jour arrivé,
Marteler le ciel,
Et marteler La Mer.
Et la mer avait embrassé moi,
Et m’a délivré moi de ma cellule.
Rien ne peut m’arrêter maintenant.

Mine de rien je prends énormément de plaisir à poster ces pochettes parce que même si on fait tous mine de dire le contraire (« l’important c’est le contenu ! ») avoir un bel album au sens propre sur son étagère c’est toujours la classe. Alors imaginez, en avoir douze, alignés soigneusement, évoluant dans un univers à mi-chemin entre abstraction, crasse et calme, c’est le bonheur. L’architecture artistique de Nine Inch Nails est très poussée et dans l’ensemble cohérente puisqu’elle reprend souvent les mêmes thèmes et esthétiques. On la doit majoritairement à deux hommes, premièrement Russel Mills (The Beauty of Decay) qui commença à travailler avec Nine Inch Nails à partir de 1994 et contribua énormément en apportant au monde de NIN cette touche de saleté, rouille et décrépitude qui sied si bien à l’industrial. En un sens, que ce soit l’univers graphique ou musical, c’est un groupe qui à mes yeux se rapproche énormément d’Akira Yamaoka à travers tout le travail qu’il a fait en créant l’univers sonore et musical de Silent Hill — un mélange de violence et de calme, de salissure et de brouillard lisse et aphone.
La seconde personne à qui l’ont doit Nine Inch Nails tel qu’on le perçoit visuellement de nos jours c’est l’inévitable Rob Sheridan. Si vous n’avez jamais vu son travail autour des Ghosts, je vous conseille le recueil de photographies qui était dans l’édition Deluxe de Ghosts et qui est disponible en pdf sur le site officiel. Et puis dans l’ensemble ce cher monsieur nous délivre de belles images alors je vous redirige vers son portofolio.
Fin de la digression.

Sorti en 1994, The Downward Spiral est sans doute – de nom – l’un des albums les plus connus de Nine Inch Nails. Mais de quoi ça parle concrètement ? Et bien comme son nom l’indique d’une spirale descendante ; c’est la période (de 94 à 99) durant laquelle Trent Reznor a commencé à prendre énormément de drogues, à se laisser aller, à vivoter, et à descendre petit à petit jusqu’à ce que sa vie touche le fond. C’est ce qui explique le trou béant entre The Downward Spiral (1994) et The Fragile (1999).
Mais de quoi ça parle musicalement ? Musicalement TDS est unique, il reprend la violence d’un Broken mais la pare de tant d’abstraction sonore qu’elle en est méconnaissable… je pense que ceux qui ont écouté l’album compagnon « Further Down the Spiral » se souviennent encore s’être gratté la tête devant les étranges et brutales dix minutes de « The Art of Self-Destruction III ». C’est vraiment un univers très « industriel » au sens propre cette fois, par exemple avec Reptile et ses sons de pistons, de plaques de fer s’entrechoquant, ses enregistrements de sirènes d’usine simulant les cris d’un lézard, et j’en passe. La guitare aussi semble être passée dans un hachoir et en est ressortie vidée de ses basses, c’est ce qui donne ce côté froid et sec de morceaux comme Mr. Self Destruction ou Ruiner. On est loin des basses grognantes d’un Broken, je pense que personne ne peut le nier.
Bien sûr ces pistes ne sont pas abandonnées de leur contreparties calmes ; même si la dualité du groupe éclora véritablement sur The Fragile, on retrouve, avec des pistes comme A Warm Place, The Downward Spiral ou la désormais célébrissime Hurt, des plages plus douces dans lesquelles se reposer entre deux descentes brutales au fond d’une usine sombre.

Pour revenir rapidement sur le terme « d’album compagnon » évoqué plus tôt, il faut savoir que Trent Reznor est quelqu’un qui n’hésite pas à laisser ses morceaux être remixés, remaniés par d’autres et qui prend plaisir à le faire lui-même. Voilà pourquoi à chaque sortie d’un album correspond un album compagnon contenant des remixes.
Cependant, si cela semble ridicule dans l’idée c’est sans doute parce que vous avez en tête une image très techno du terme « remix ». Dans le petit monde de Nine Inch Nails remixer un morceau c’est bien souvent repartir de zéro, détruire et reconstruire, mélanger, mixer, réduire et agrandir s’il le faut. La plupart du temps si les titres n’étaient pas précisés sur les albums compagnons ils seraient méconnaissables car totalement réinventés. Voilà pourquoi souvent ces disques compagnons sont des indispensables à l’écoute de l’album. Pas toujours, parfois ces remixes sont de mauvaise facture c’est un fait, disons simplement que si vous avez aimé un des albums de Nine Inch Nails et souhaiteriez en avoir plus du même univers, se diriger vers l’album compagnon est une bonne idée.

The Fragile Things Falling Apart

The Fragile, datant de 1999 comme je l’ai dit précédemment, est en réalité un double album décomposé en « The Fragile (left) » et « The Fragile (right) ». Je ne saurai dire si ces deux parties connaissent vraiment des différences étant donné qu’elles sont regroupées en un seul et même album dans ma bibliothèque. C’est un peu comme les quatre volumes des Ghosts, on ne sait pas sur quoi est basée la découpe des pistes, on sent une subtile différence d’ambiance, mais sans jamais réussir à mettre le doigt dessus.
Je ne vais pas mentir, The Fragile est mon album favori de Nine Inch Nails, toutes périodes et tous styles confondus. C’est celui qui à mes yeux est le témoin le plus probant de toute la bipolarité de Trent Reznor, entre la violence verbale et musicale d’un « Starfuckers, Inc. » ou « The Big Come Down » et le calme serein et rieur d’un « La Mer » ou « The Frail ». Ce sont deux mondes qui s’opposent et c’est merveilleux à regarder. Bien sûr, The Fragile ce ne sont pas que des pistes cultes, je dirais même loin de là, mais c’est l’ensemble formé que j’aime. On retrouve aussi dans The Fragile une évolution évidente au niveau de la complexité des pistes ; si les morceaux de la fameuse « Broken Era » sacrifient la richesse musicale pour la puissance, ce n’est plus le cas à partir de The Downward Spiral, avec ma petite Reptile, The Fragile (le morceau pas l’album) et j’en passe. Je ne dis pas qu’il y a deux-cent ponts et trente changements de thèmes, mais ça va au-delà du refrain/couplet/refrain et c’est toujours appréciable.

Enfin voilà, ce n’est qu’un avis comme il y en a tant et il est toujours difficile de juger un album isolé quand on est habitué à écouter l’artiste dans son ensemble. Avec du recul plus j’écris de mots dans ce paragraphe et plus je me dis que mon impression sur cet album n’est pas forcément vraie. En tout état de cause, The Fragile reste un bel album qui est souvent conseillé comme « premier album » quand on commence Nine Inch Nails.

And All That Could Have Been Still

And All That Could Have Been et Still sortis en même temps en 2002, font sans doute partie des lives les plus célèbres de Nine Inch Nails, sans doute parce que AATCHB c’est avant tout un DVD.
Souvent les gens se demandent ce que peut donner un groupe tel que celui-ci en concert. Il faut savoir que ce qui se passe en général, c’est que Trent Reznor reprend ses pistes et les réarrange spécialement pour qu’elles soient jouables sur scène, ce qui n’est pas toujours évidement compte tenu de l’importance de l’environnement sonore dans la plupart des pistes. Heureusement ce que l’on perd en atmosphère, Nine Inch Nails le compense en force — les concerts de ce groupe ce sont des concerts avec de grosses paires de couilles, d’autres groupes qui viennent jouer, des jeux de lumière qui tâchent et des gens qui bougent la tête, beaucoup.

Les rares morceaux calmes qui sont joués en revanche ont le mérite de ne pas être massacrés. Pour vous donner une idée, voici deux vidéos (en HD s’il vous plaît) : The Fragile de l’album du même nom, qui est vraiment un superbe morceau alternant passages posé et fort. Juste en-dessous, son opposé radical avec Wish en duo avec le Dillinger Escape Plan (Coldplay n’a pas pu venir). Attention, la seconde vidéo montre une bande de poilus s’astiquer le manche et Trent Reznor se jeter sur une batterie — c’est un morceau de la période Broken, bref, vous êtes prévenus, ce sont deux morceaux totalement antagonistes. Trent Reznor, c’est le mec musclé avec la grosse voix et sa guitare. Vous pouvez mettre en plein écran et cocher « HD » en haut à droite, la qualité est superbe (vidéos offertes grâcieusement par Trent himself, filmé par Rob Sheridan).

http://www.vimeo.com/3496673 http://www.vimeo.com/3521751

Mais AATCHB c’est aussi son disque compagnon « Still ». Quasiment tout instrumental excepté une pincée de pistes, c’est sans doute à ce jour l’un des albums les plus calmes jamais faits par Nine Inch Nails. Il est très court (puisque c’est un disque compagnon) mais trouve vraiment sa place en tant qu’interlude entre deux albums. On y retrouve aussi des sonorités et mélodies qui plus tard seront reprises dans les Ghosts, avec par exemple le fameux « xylophone de Trent » dont se moquaient certains mais qu’il utilise souvent (La Mer, Adrift and at Peace, 21 Ghosts III, etc) et que j’aime bien personnellement. Je sais que j’arrête pas de vous parler des Ghosts mais on y arrive bientôt.

With Teeth Year Zero

You’re keeping in step - in the line.
Got your chin held high, and you feel just fine.
‘Cause you do… what you’re told
But inside your heart it is black and it’s hollow and it’s cold.
Just how deep do you believe ?
Will you bite The Hand That Feeds ?
Will you chew until it bleeds ?
Can you get up off your knees ?
Are you brave enough to see ?

C’est sans doute la période du groupe à laquelle j’ai la moins accrochée, par son côté trop conventionnel sans doute, mais With Teeth (2005) contient tout de même son lot de bonnes pistes et malgré un côté un peu trop « rock classique » on a tous au moins une piste favorite dans ce petit bazar. Je ne pense pas me tromper en disant que With Teeth est à part, étant donné que c’est même l’un des seuls albums à ne pas avoir de disque compagnon. Je ne saurais le décrire précisément mais il est différent, c’est tout.

Bien heureusement après ce petit interlude, Trent Reznor s’est rendu compte qu’il s’emmerdait alors il a décidé de partir dans un délire complètement disproportionné et c’est ainsi que naquit l’univers de Year Zero (2007). Year Zero ce n’est pas simplement un album, c’est un ensemble de choses. Déjà, c’est un buzz construit progressivement à partir d’indices laissés, et quand je parle d’indices je parle d’indices bien tordus à la Nine Inch Nails avec une histoire de clé usb laissée avec dessus une morceau de musique qui à la fin contenait du bruit blanc et l’analyse de ce bruit blanc révélait une forme (rien que ça). Cette forme, « La Présence » (sur la pochette à droite) est elle-même un élément/personnage de toute une « mythologie » construite autour de Year Zero se déroulant dans un futur alternatif en 2022 (ou année 0000). Il y a un jeu qui accompagne l’album, et les pistes elles-mêmes racontent une histoire. Il y a vraiment énormément de choses autour de Year Zero cependant comme c’est un des derniers albums que j’ai écoutés (chronologiquement) je n’ai jamais vraiment eu le temps de me pencher sur tout ça avant l’article.

Musicalement, Year Zero est à des kilomètres, expérimentalement parlant, de With Teeth. Déjà, futur oblige, tout est essentiellement construit par musique sur ordinateur. Enfin, c’est assez complexe à décrire mais il y a ce degré d’électronique savamment dosé qui fait que le rendu semble et sonne moins artisanal. Les ambiances et structures semblent aussi sortir d’on ne sait où (The Warning anyone ?). C’est à mes yeux un album complètement extra-terrestre dans la discographie de Nine Inch Nails, tant par ce qui l’entoure que par ce qu’il contient.

Ghosts Ghosts II

Les « Ghosts » de Trent Reznor c’est un peu la preuve que ce groupe a une capacité sans faille à se renouveler lorsqu’il semble dans une impasse. Débarqués alors que strictement personne ne soupçonnait jusqu’à leur existence, les Ghosts se découpent en quatre volumes de neuf pistes chacun. Ce sont quatre albums uniquement instrumentaux et je le précise parce que c’est la donnée qui a le plus surpris les gens à leur sortie.
L’histoire de ces Ghosts est assez amusante — en 2007 après de bons et loyaux service, Nine Inch Nails annonça qu’ils avaient complété leur contrat avec Interscope Records et que donc techniquement parlant ils étaient « libres ». Trent Reznor a alors ressorti du placard un projet de longue date qu’il n’avait jamais eu le temps de mettre en place : s’enfermer dix semaines en studio, sans idée précise en tête ou rien, juste composer, improviser et construire un album au fur et à mesure jusqu’à ce qu’en aboutisse quelque chose, sans savoir quoi avant de l’avoir fini. Au final sa petite expérience se déroula on ne peut mieux puisque ce qui devait être à la base un court EP instrumental se révélera au final un beau morceau de quarante pistes.

Ce qui a fait la force des Ghosts à leur sortie et ce qui a fait parler d’eux c’est aussi leur mode de distribution. Ce fut la première incursion de Nine Inch Nails dans la distribution numérique, souvenez-vous, le premier volume des Ghosts était offert gratuitement en torrent et les autres volumes étaient disponibles en plusieurs packs. Cela allait des trois albums simples sans artifices à 5€, à l’édition Deluxe comprenant boîtier, recueil de photos, et j’en passe. C’est à la même période que Radiohead a sorti son album « payable à n’importe quel prix ».
La preuve que la manœuvre a fonctionné, grâce sa disponibilité à faible prix (5€ les quarante pistes quand même), les Ghosts de Trent Reznor devinrent l’album le plus vendu de l’année 2008 sur Amazon.

Maintenant, il est difficile de décrire ce que musicalement contiennent ces quatre volumes. En deux réactions, au début c’est la surprise, après c’est le charme. Tout est construit à partir d’un ensemble de sons et d’instruments dont vous ne soupçonnez même pas l’existence comme la Marimba ou le Dulcimer des Appalaches. De la guitare bien sûr, des percussions, et on retrouve tout le panel de sons mécaniques/industriels qui sont la patte de Nine Inch Nails. La plupart de ces Ghosts sont relativement courts cependant, avec une moyenne de deux/trois minutes. C’est vraiment ce que le nom laisse entendre : un amas d’entités différentes à peine discernables.
Ce qui est intéressant aussi dans ces Ghosts c’est toute l’identité visuelle qui a été construite autour, avec le recueil que je vous ai montré tout à l’heure, le site web, la pochette, etc. Tout est simple, vidé, épuré – des paysages figés et décolorés jusqu’à en devenir irréels. Bref, de quoi faire faire des cauchemars à Olipro.

Ce n’est pas le projet ultime de Nine Inch Nails, il est même loin de faire l’unanimité, mais ne serait-ce que pour la démarche créative, pour l’univers esthétique, pour sa distribution et pour le fait que chacun y trouve son compte en cherchant bien, il mérite droit de citer.

The Slip Quiet

The Slip a ainsi continué dans la voie tracée par les Ghosts et a été distribué gratuitement sur Internet, sachant que c’est quand même l’album pilier de la tournée 2008/2009 ce n’est pas rien. Il n’y a pas grand chose à dire dessus, vingt ans plus tard le style de Trent Reznor n’a eu de cesse de muer tout en retenant les éléments les plus signifiants de chaque étape au fil de son parcours, et à l’heure actuelle il est encore trop tôt pour juger The Slip. Avec plus de recul, plus tard, lorsque l’on saura l’étape qui suivra.

J’ai beaucoup parlé de Nine Inch Nails musicalement mais il y a aussi de nombreux clips qui comme pour chaque artiste valent le coup d’œil. J’aurais pu aussi parler plus en détail de la bande originale de Quake, mais ça c’est autre chose. En dernière note, si vous ne vous y êtes jamais intéressé, il y a une application Nine Inch Nails extrêmement complète qui permet de savoir les dates des tournées à venir, de savoir s’il y a des fans de NIN dans les alentours mais surtout oh oui surtout, d’écouter gratuitement en streaming tous les albums du groupes, les remixes, les singles et j’en passe. Tant de contenu pour une application gratuite, ça serait une erreur de passer à côté.
Et sinon, la plupart des albums de NIN sont sur Spotify.

La Playlist

Comme à chaque article de musique que je fais, je vous quitte avec une version sonore de l’article — on y retrouve des pistes dont j’ai parlé, plus d’autres, c’est une sorte de survol du groupe. J’ai sélectionné deux pistes par album, sauf exceptions et ou petites surprises. Comme Deezer n’est pas compatible avec les blogs Wefrag voici une version écrite de la liste de lecture — cliquez sur l’image « Nine Inch Nails » en-dessous pour lancer la lecture.

Ma liste est composée de quatre « tiers » de sept pistes chacun. Quatorze morceaux doux, quatorze morceaux forts — comme ça il y en a pour tout le monde.
Le fonctionnement par tiers fait que c’est une liste qui évolue au fil de son déroulement : si vous commencez et trouvez ça trop lent, vous attendez. Si vous commencez et trouvez ça trop violent, vous attendez. Vous pouvez sauter des pistes, je ne vous sangle pas à une chaise avec un casque dans les oreilles, simplement gardez en tête que si vous n’aimez pas une piste, c’est pas bien grave il y en a plein d’autres. C’est tout ce que je veux que vous ayez comme état d’esprit : un artiste ne se résume pas à une piste ou un album, jugez quand vous aurez tout écouté… la liste fait la taille d’un album, un peu moins de deux heures. Si au bout de cet album « condensé » vous n’aimez pas alors là c’est différent, c’est votre droit. Si au bout de deux pistes vous venez clamer que c’est de la merde, je vous saigne comme une truie.
Il se peut que le player Deezer saute des pistes, en cas faites F5 et reprenez là où vous étiez. J’y peux rien, si vous avez mieux à proposer pour présenter de la musique, je suis preneur.

— Tier I : La Mer (quiet) —
36. Ghosts IV (de Ghosts IV)
And All That Could Have Been (de Still)
Reptile (de The Downward Spiral)
Echoplex (de The Slip)
La Mer (de The Fragile)
Just Like You Imagined (de The Fragile)
Sunspots (de With Teeth)

— Tier II : The Big Come Down (heavy) —
Physical (de Broken)
Last (de Broken)
The Big Come Down (de The Fragile)
04. Ghosts I (de Ghosts)
Starfuckers, Inc. (de The Fragile)
Head Like a Hole (cover de Still Remains, morceau original de Pretty Hate Machine)
Meet Your Master (acoustic) (de Quiet, morceau original de Year Zero)

— Tier III : Lights in the Sky (quiet) —
Adrift And At Peace (de Still)
Something I Can Never Have (de Pretty Hate Machine)
Lights in the Sky (de The Slip)
The Great Below (de The Fragile)
Leaving Hope (acoustic) (de Quiet, morceau original de Still)
Hurt (de The Downward Spiral)

— Tier IV : The Art of Self Destruction (heavy) —
The Art of Self-Destruction III (de Further Down the Spiral)
The Beginning of the End (de Year Zero)
10. Ghosts II (de Ghosts II)
Love Is Not Enough (de With Teeth)
Quake Theme (de la bande originale de Quake)
27. Ghosts III (de Ghosts III)
Eraser (Polite) (de Further Down the Spiral)
The Frail (de The Fragile)

Ghosts II

12 Ghosts II — tiré du recueil de photos « Ghosts »

[Musique] Cold War Kids

Mardi 7 avril 2009

J’ai conscience qu’à à peu près chaque fois que je publie sur ce blog j’annonce mon article sur Buckethead, mais c’est tellement difficile de cerner le personnage et ses indénombrables albums qu’en attendant je préfère me consacrer à d’autres poissons, plus petits mais néanmoins intéressants : les Cold War Kids.

La musique du groupe dont je parle aujourd’hui n’en est pas pour autant plus facile à classer ; si je devais vous décrire assez brièvement leur univers, je ne pourrais m’empêcher de classer leur musique comme une musique n’appartenant pas réellement à notre époque. Sans vraiment se rattacher à une passé précis, il y a quelque chose chez eux, dans leurs morceaux, de beaucoup plus vieux que moi voire plus vieux que les Cold War Kids eux-mêmes.

Certes si l’on regarde les membres du groupe : un chanteur, une guitare, une batterie, une basse et un piano, on frôle le stéréotype parfait de la composition d’un groupe de rock. Maintenant ce qui est fascinant, c’est la manière dont ils se servent de ces instruments, dont ils en font « autre chose » que ce à quoi on s’attend.
Même la voix du chanteur, Nathan Willett que j’avais évoqué dans un autre article, est assez particulière. Vous comprendrez cela immédiatement dans les pistes d’exemple à la fin.
J’aime aussi particulièrement leurs pochettes d’albums, faites d’anciennes affiches déchirées et recouvertes, un peu à la Villeglé. Ça contribue à l’atmosphère particulière instaurée autour du groupe. À travers leur nom, leur musique etc. — on a vraiment l’impression d’être en présence de quelque chose d’à part, d’être pris dans une autre époque, et je trouve ça fascinant.

À ce jour le groupe a sorti un premier album en 2006, Robbers and Cowards, et un second l’année dernière, Loyalty to Loyalty. Et voilà, je n’ai pas réellement tant de choses que à dire, la meilleure chose à faire c’est de poser votre propre oreille sur leur travail et de vous faire un petit avis. Personnellement j’aime beaucoup, et puis merde, si c’est passé sur le blog de juke ça ne peut pas être foncièrement mauvais.

Étant donné qu’ils n’ont pas sorti énormément d’albums, je vais m’écarter de ma règle du « deux pistes par album » et étendre à trois pistes. De même qu’à l’accoutumée, je ne présente pas ces pistes comme un échantillon purement représentatif de leur travail. Ce serait même le contraire étant donné que je n’ai pas vraiment osé mettre leurs pistes les plus particulières sans quoi tout le monde serait parti. Il faut d’abord rentrer dans l’album et dans l’univers du groupe pour que ces pistes s’ancrent dans un tout cohérent et soient appréciées.
De fait j’ai choisi des pistes beaucoup plus classiques, ou tout du moins qui passeront mieux au premier abord.
Dans le désordre : Hospital Beds, Tell Me in the Morning, Golden Gate Jumpers, Hair Down, I’ve Seen Enough et Dreams Old Men Dream.

Si le lecteur Deezer ne s’affiche pas, la playlist est disponible ici. Cliquez sur le bouton Play à côté de la première piste et les autres suivront.

Découvrez Cold War Kids!

[TEST] The Path

Dimanche 22 mars 2009

There is one rule in the game. And it needs to be broken.
There is one goal. And when you attain it, you die.

Il y a un mois de cela, Factornews faisait une preview d’un jeu étrange, sorti de nulle part et développé par un petit studio indépendant : The Path. Revisite profondément macabre du conte de Perrault, sobre mélange de jeu vidéo expérience et d’art, il suffisait de lire les mots du rédacteur (ClémentXVII) pour le sentir profondément marqué par le jeu qu’il venait de finir.

The Path dès ses premiers instants nous introduit à une famille de six jeunes filles dans un salon. Chacune a une silhouette particulière, un style et une personnalité qui fait de chacune d’elles un personnage unique.
Le principe du jeu est simple, choisir l’une de ces six filles et lui faire apporter un panier à la maison de mère-grand. Le chemin fait une petite dizaine de mètres, en quelques instants vous y serez et retrouverez votre grand-mère faisant sa sieste dans son lit à l’étage, près de son loup empaillé. Vous vous coucherez à ses côtés, et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Oh bien sûr vous aurez fini le jeu, mais cela vaut-il le coup ? Alors qu’il serait si tentant de pénétrer dans la forêt qui encercle le chemin ? Après tout s’il est interdit d’y entrer, qui sait les merveilles qu’elle regorge ?

Le jeu part du constat que vous trahirez la seule règle qui vous sera jamais imposée. Et dès l’instant où vous franchirez la lisière de la forêt, il n’y a plus de retour en arrière ; le temps de faire quelque pas et le chemin derrière vous aura disparu à jamais. Il n’y a aucun moyen de retrouver le chemin une fois que l’on a décidé d’aller dans la forêt. Et tout comme dans le conte, y faire pénétrer une des six filles scellera définitivement son sort. Concrètement dès les premiers instants du jeu vous avez déjà du sang sur les mains — simplement, vous ne le savez pas encore.

La forêt en elle-même est construite et pensée comme l’a sans doute été la ville de Silent Hill — c’est un vaste amas chaotique de mystère, d’angoisse et d’irréel dans lequel vous rencontrerez des objets, des personnages, qui peu à peu reconstitueront l’histoire et le passé du personnage. Il n’y a pas de but réel, c’est véritablement un jeu qui se vit comme une expérience. Vous arpenterez cette forêt qui n’a pas de fin et petit à petit, au fil des objets que votre personnage retrouvera, au fil des commentaires qu’elle fera, vous vous attacherez à la fille que vous aurez choisi.

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Un élan d’affection qui ne fera que rendre plus difficile le fait de l’amener à sa mort. Car il n’y a pas d’échappatoire, inéluctablement à force de vous enfoncer dans les méandres du bois sombre, vous rencontrerez votre Loup. Et je ne parle pas là d’un animal poilu à quatre pattes, je parle là d’une rencontre, d’un évènement, qui marquera le point final de la vie du personnage.
N’ayez aucune crainte, lorsque vous le rencontrerez vous le saurez au premier coup d’œil. L’ambiance sonore du jeu – déjà très malsaine par nature – se muera en quelques secondes en un mélange de grognements rauques, de grincements métalliques et de gémissements. Tant d’avertissements qui vous mettent en garde sur la nature de ce qui vous attend si vous allez plus loin.
Seulement y a-t-il réellement d’autre choix ? Vous ne retrouverez jamais le chemin de votre maison, c’est indéniable ; votre destin c’est votre Loup et quoi que vous fassiez vous retomberez éternellement dessus en marchant jusqu’à ce que vous vous décidiez à tuer votre personnage.

Et je ne parle pas d’une crise cardiaque… le pire que vous pouviez imaginer en pensant à une fille perdue dans les bois, les développeurs y ont pensé aussi. Il n’y a aucune limite à l’horreur du destin vers lequel vous irez, et croyez-moi quand je dis que mener une petite fille vers son viol et sa mort est plus dur que de lui faire traverser une infinie forêt sombre.

Lorsque vous serez littéralement tombé dans la gueule du loup, il y aura un fondu noir et sans réellement savoir comment, vous vous retrouverez sur le chemin de votre grand-mère, évanouie au sol, sous une pluie battante. Fébrilement vous pénètrerez dans sa maison mais dès les premiers pas vous savez que rien n’est plus comme avant. Remodelée sous les traits d’un enfer sur terre, la maison ne ressemblera plus guère qu’à un ultime cauchemar de votre personnage avant son dernier souffle.
Oh, vous trouverez la chambre de votre mère-grand, mais ce que vous y trouverez est à cent lieues de ce que vous y cherchiez.

Le jeu se termine lorsque les six petites filles sont mortes.

Très empreint de l’ambiance distordue d’un American McGee’s Alice, The Path est un jeu qui joue énormément avec vos sentiments, votre imagination, et votre conscience. On ne comprend pas toujours tout du premier coup, le jeu restant toujours assez vague pour mieux nous embrouiller, et il faudra attendre d’avoir tué les six filles pour avoir une vue d’ensemble et une compréhension précise des choses.

Au niveau de la forêt, tout est fait pour que vous vous y perdiez. Tant que vous marchez et prêtez attention aux choses, tout va bien, mais dès que vous commencez à courir la caméra bascule lentement et s’assombrit encore et encore jusqu’à ce que seule la silhouette de votre personnage courant soit distinguable. Lorsque vous arrêterez de courir, vous relèverez la tête et croyez-moi, le sentiment de désorientation est magistral. D’autant qu’il n’y a pas de carte ou de mini-map, seul un léger schéma de votre parcours apparaîtra aléatoirement en surimpression sur l’écran, l’espace de quelques instants.
Votre seul guide sera cette petite fille en blanc qui cours, joue et rit au beau milieu de l’enfer que vous traversez. Elle ne vous voit pas, ne parle pas, tout ce qu’elle fait c’est courir encore et toujours plus profond vers le cœur de la forêt… et vous comme un con vous la suivrez, parce que c’est le seul repère que vous aurez.

Vous trouverez bien au détour de votre marche des fleurs métalliques au sol, qui si vous en ramassez assez vous aiguilleront. Mais pour les trouver il faudra accepter en premier lieu de s’attarder sur chaque recoin de la forêt — elle disparaissent dans l’obscurité lorsque vous courrez. Le seul moyen de les voir c’est de s’arrêter de chercher dans la brume quelque chose qui scintillerait.

Il ne vous faudra guère longtemps pour finir entièrement The Path, et ce n’est pas un jeu que vous recommencerez encore et encore. Concrètement, dans la manière dont il a été conçu, dans la pensée artistique qu’il contient, The Path a autant de portée qu’un livre ou un film, et comme ces derniers il se vit telle une expérience unique qui vous marque.
C’est ce même côté expérience qui m’a fait hésiter à vous en parler. Il y a une telle importance du côté personnel que l’avis variera énormément selon les gens. Certains y joueront cinq minutes, s’y feront chier et retourneront sur COD4, d’autres seront happés par ce qu’ils sont en train de faire et continueront jusqu’à voir le fin mot de l’histoire.

Le jeu est en promo ce week-end sur Steam ou disponible sur le site du développeur (Tale of Tales). Le choix est vôtre.

Lie to Me

Lundi 2 mars 2009

Lie to Me c’est la nouvelle série de la Fox qui a commencé il y a environ un mois. Nous en sommes au quatrième épisode pour l’instant donc il est difficile de juger réellement la série, cependant je trouve le thème qu’elle aborde assez fascinant alors je viens vous en parler, voir ce que vous en pensez.

Cette série met en scène le docteur Cal Lightman, joué par l’excellent Tim Roth que vous avez dû au moins voir dans un film (si si, M. Orange, lui). Il incarne un spécialiste du mensonge qui avec l’aide de ses trois équipiers aide à enquêter sur des crimes, des tentatives d’attentat, des témoignages et autres. Il n’y a pas forcément meurtre, son rôle est simplement d’aider en disant qui ment et qui ne ment pas.

Comment ? À l’aide de ce qu’il appelle des « micro-expressions », des messages envoyés par notre corps de manière rapide et incontrôlée. Il étudie votre regard, sa direction, les mouvements de votre visage, la gestuelle de votre corps, de vos mains, le langage que vous employez, sa concordance avec votre visage, les mots que vous répétez, ceux sur lesquels vous hésitez.
Bref, son rôle et d’attraper ces courts éléments d’une demi-seconde qui vous trahissent dans ce que vous tentez de faire croire aux autres.

Ce qui est intéressant maintenant c’est que, même si tout ça a l’air d’un gros bullshit inventé pour la série, c’est pourtant bel et bien vrai et notre cher Cal Lightman est basé sur une vrai personne, le docteur Paul Erkman qui est aujourd’hui conseiller sur la série. Le FACS (Factial Action Coding System) que l’on voit sur les images au-dessus existe bel et bien, et c’en est lui l’inventeur.

Repérer en soi les micro-expressions n’est pas une tâche difficile comme vous pouvez le voir sur ces exemples, ce qui fait de Lightman un expert c’est son esprit de logique et sa capacité à repérer et analyser ces expressions en un cinquième de seconde. En un sens, c’est un peu le House du mensonge — on reconnaît d’ailleurs une certaine influence dans la personnalité de Cal. Un personnage très blasé de ce qui l’entoure, lassé d’être encerclé de gens qui mentent comme ils respirent.
La dernière portion du premier épisode est d’ailleurs bien significative, lorsque sortant de son bureau il passe au milieu d’une foule et ne peut s’empêcher d’entendre les gens autour de lui enchaînant mensonge sur mensonge, jusqu’à la dernière seconde où il s’arrête.

« If you see this expression, it’s likely this person is about to attack someone »

Toutefois nous n’atteignons pas encore le degré de solitude d’un House. Même si Lightman est divorcé (qui voudrait vivre avec quelqu’un sachant à chaque seconde si vous dites la vérité ?) il a une fille dont il tente de s’occuper en lui laissant un brin de liberté et en feignant ne pas savoir lorsqu’elle ne lui dit pas la vérité.
Et dans le fond ce qui est marrant dans cette série c’est que de tous les personnages, Lightman est sans doute celui qui ment le plus souvent.
Parce qu’au final la série s’éloigne de manière assez conséquente de ce qui est devenu le modèle de base d’une série policière de nos jours. En gros, pas d’analyse ADN à toutes les sauces, pas de zoom x24 et d’amélioration de l’image à partir d’une caméra de surveillance, pas de balle en viande ou rien, ici on raisonne, on interroge les témoins, on les confronte, on recoupe les témoignages. Bref, c’est du policier à l’ancienne, si ce n’est qu’en plus de recouper les témoignages, ils doivent faire la part de ce qui est vrai ou pas, comprendre pourquoi un tel a menti sur tel ou tel sujet, etc.

C’est assez original, et jusque là je trouve que la série se tient bien. J’attends le prochain épisode jeudi.
La série est quand même traitée avec un brin d’humour. Les personnages sont amusants parce que tous les opposés les uns des autres. Son équipe est ainsi constituée de lui-même, du docteur Gillian Foster, son associée qui est tout son contraire (joyeuse, un peu enfantine voire naïve), Eli Loker qui par son travail a choisi de tout le temps dire ce qu’il pense et de ne jamais mentir (ce qui a le don de mettre les gens mal à l’aise, pour notre plus grand plaisir) et Ria Torres, une petite nouvelle qui elle n’a jamais fait d’étude mais fait partie des rares personnes sachant reconnaître un menteur de manière « naturelle ».

Cal LightmanGillian FosterRia TorresEli Loker

Comme vous pouvez le voir depuis le début, il y pas mal d’exemples à chaque fois, en particulier des extraits de discours de personnes politiques (Obama, Clinton, Reagan, Bush, Clinton, Sarah Palin, etc etc), ça fait toujours sourire.
On apprend pas mal de choses dans la série, par exemple que contrairement à ce que l’on croit, une personne qui vous ment vous regardera droit dans les yeux pour s’assurer que vous la croyez. Au final la série nous encourage beaucoup à voir nous même les microexpressions, et la série passe du statut de série où l’on regarde les parler à série ou l’on regarde comment les gens parlentv personnellement j’ai trouvé ça très interressant. :)

Enfin bref voilà, je dois y aller, je me dépêche de boucler l’article.
Et vous, qu’est-ce que vous en pensez de toute cette histoire de micro-expressions ? Quelqu’un a déjà un avis sur la série autre que moi ?

Film désastreux

Mardi 24 février 2009

00:25 - Anahkiasen: « Disaster Movie » who the fuck downloaded that
00:25 - Saniss: TCHAKATCHAKATCHAKATCHAKACHOOCHOOOOOOO
00:25 - Anahkiasen: Hm.
00:25 - Anahkiasen: Oui bon au point où j’en suis, va pour Disaster Movie.
00:26 - Anahkiasen: If you see me in twenty minutes it’s that this movie is actually a disaster.

Avant toute chose, étant donné que la transition est quand même douteuse, jetez un œil à l’article précédent avant qu’il ne soit englouti par la kilotonne d’horreur que va contenir celui-ci.

Je viens de terminer ce qui est à ce jour un des pires films qu’il m’ait été donné de voir ; un film de ceux qui vous font douter en l’espoir de la race humaine : Disaster Movie (qui porte bien son nom soit dit en passant).
Bien sûr n’ayant malheureusement pas vécu dans une grotte ces dernières années j’ai conscience de toutes les infamies qui ont été commises tant par les Wayans que par Jason Friedberg. Cependant, malgré la peu flatteuse filmographie de ce dernier (Epic Movie, Date Movie, Super Hero Movie, Disaster Movie) je doute que quoi que ce soit rivalise avec Disaster Movie.
Je crois que si je devais vomir en litres mon ressenti après vision du film, il me faudrait au moins le volume de huit océans pour rivaliser avec la mégatonne de merde déversée par les une heure vingt que je viens de voir.

Si vous avez mal à la tête après cette phrase, rassurez-vous, ça ne va qu’empirer.
N’ayant pas la plume de mes adorés chroniqueurs de Nanarland, plutôt que de longs paragraphes aiguisés, je vous propose des images. Alors sortez les enfants de la pièce, ça va faire mal.
Merci à uppix d’accepter pour moi d’héberger ces images ignobles. Ma conscience est malmenée à l’idée de salir à tel point le site d’un autre, mais c’est pour la bonne cause. Pour que notre descendance puisse faire l’étude de ce que je viens de vivre, je dois raconter mon histoire au monde.

00:31 - Anahkiasen: Ok donc le film commence à la préhistoire, on voit un homme des cavernes poursuivit par une Amy Whinehouse à dents de sabre et se battre avec un American Gladiator.
00:31 - Anahkiasen: WOO-HOO
Anahkiasen has changed their name to WOO HOO.

L’histoire commence en 10 001 avant JC (gag) où nous rencontrons celui qui sera le héros pendant tout le film : machin. J’ai pas retenu son nom, mais en même temps tout le monde s’en branle.
Il est poursuivi par on ne sait quoi, on entend des bruits d’animaux… et là, comble du malheur, un mammouth l’écrase et notre héros se retrouve la tête la première dans un gros caca ! Oh là là ! Tant de subtilité dans l’humour ! Attention, c’est pire après.

GAG MDRRR.
À peine relevé notre vaillant vaillant traverse quelques buissons et se retrouve nez-à-nez avec WOLF des American Gladiator. S’ensuit un combat pitoyable de deux minutes où Wolf est bien évidement mis à terre par le héros suite à un coup de pied dans les couilles. Je veux dire, évidement quoi.

« ELLES SONT PETITES DE TOUTE MANIÈRE ». MAIS QUE DE FINESSE MES AMIS.

Oui j’essaye d’être enthousiaste parce que mine de rien pour prendre les images il faut que je me tape le film une seconde fois.
Enfin bon après cette interlude fascinante, le héros est pris d’assaut par une Amy Whinehouse à dents de sabre qui, après évidement moultes références pas drôles à la drogue et à l’alcool (gag), annonce la fin du monde. Peu sûre de quand, elle consulte la date sur Facebook (gag bis) sur un Macbook qu’elle sort de sa coiffure (gag ter). Pour fêter cela elle boit une bouteille d’alcool en entier et le prouve avec deux minutes de rôts bien cheaps au moins sortis d’une banque son de dessin-animé.

Quand le héros lui demande pourquoi la fin du monde, elle sort de ses cheveux un CRÂNE DE CRISTAL §§ qui est la cause de tous les problèmes. ET LÀ LE HÉROS SE RÉVEILLE, PARCE QUE C»ÉTAIT UN RÊVE.

OR… WAS IT ???????????????
Désemparé de cette vive et soudaine découverte qui le laisse brabalan’, machin se retourne vers sa douce et tendre pour vite la réveiller. Et là, gag, se trouve à sa place un noir qui, je cite, s’est fait sucer toute la nuit. Waw. La copine à machin se réveille, cachée en dessous des draps.
Blabla, dix minutes de pseudo histoire sur leur relation et leur rupture truc bidule on s’en branle. Il finit par la plaquer et là elle se barre avec Jojo, le nain. Oui le nain parce que dans tout film de Friedberg la comiquité du film est proportionnelle au nombre de nains.

« Tu comprends, je veux qu’on me respecte, je suis une fille bien, même si le réalisateur me fait sauter par des nains et des abominations »

Fade-ount sur le générique de My Sweet Sixteen avec machin en personnage principal. Pour ceux qui ne connaissent pas My Sweet Sixteen c’est une émission qui passe sur E! et qui montre des gosses pourris gâtés obèses qui ont des anniversaires de pourris gâtés obèses et qui pinaillent pendant deux heures parce que maman cette conne tu vois elle veut pas me payer la porsche que je veux. Ça n’a rien à voir avec le film mais comme cette émission propose un taux de « MAIS FRAPPE-LA PUTAIN » deux fois supérieur à Super Nanny, je me permets de la mentionner.

C’est donc l’anniversaire de machin, qui dure environ une bonne demi-heure de scènes comico-merdiques avant que le film commence. Je me permets de ne pas commenter ce qui est sans doute la partie la plus ignoble du film, les images parleront d’elles-mêmes.

Actors Studio : la surprise

« Tu peux dévier la balle par la pensée. »
Juno, qui après une chanson d’une minute pleine de références à l’avortement à coups de cintres et de ventes sur eBay, s’apprête à devenir le personnage le plus casse-burnes du film. Un supplice pour ceux qui ont aimé le film de base.
Puisqu’on vous dit que c’est une fille vachement intellectuelle et bourrée de qualités
« - Ah ouais, et tu sais quoi ? À chaque fois qu’on faisait l’amour j’avais en tête un autre gars.
- Ah ouais ? ET BEH MOI AUSSI »

Enfin bon après ces interminables trente minutes d’anniversaire dont dix de High School Musical avec des paroles écrites par un élève de sixième (« hihi je me suis fait faire un cuni par le sosie de Kanye, hihi, on chante et on est chiant mdrlol »), arrive la fameuse CATASTROPHE du titre du film. Puisqu’en fait jusque là le film avait autant avancé que si on lui avait pété les deux jambes et castré le cerveau.

« D’après nos premiers rapports, il s’agit d’une pluie d’astéroïde ou une merde du genre »Juno enchaîne les phrases sophistiquées et rallonge les scènes comme de la guimauve en train de fondre sur SA PUTAIN DE TÊTE DE MERDE MAIS FERME-LA CONASSE« Le séisme a fait sauter le ghetto, mais moi ça me va » annonce la radio. Finesse mes amis, finesse.Sous la pluie de rochers un groupe de mannequins passe (ooof course) dont une lâche avec la même finesse que depuis le début, « oh là là j’ai chié dans ma culotte ». Waw.« Oh non regardez un rocher a tué Hannah Montanna ! »

Arrivent alors dix putains de minutes de sa mère où ils ont jugé bon de faire mourir et revivre Hannah Montanna avec à chaque fois la vague de « Aaah », « Oooh », le tout entrecoupé par cette saleté qui fait la pub pour le PQ Hannah Montanna ou je ne sais quel sous-gag incomique. Le tout se terminant bien sûr par une révélation : C’ÉTAIT EN FAIT MILEY CYRUS — étonnement général, et une ou deux minutes encore de blabla histoire de bien enfoncer le clou (« ouais je me fais le double des bénéfices gnagna »).

Enfin bon, bref passage Hancock qui s’assome en volant, une énorme vague de froid arrive et tous les héros (humhum) se réfugient dans un hangar abandonné (logique quoi, pour échapper aux astéroïdes, se cacher dans un hangar). Là les quatre filles dont un homme (sic) de Sex & City débarquent et revendiquent leur territoire. Alors Juno se lance dans un combat pour moins de douze ans contre truc, avec des attaques genre montée de lait ou coups de pied de bébé et autres conneries.
Quand les Sexanzecitettes se font enfin dégager, les quatre héros cherchent un moyen de se réchauffer pour passer la nuit en attendant que la catastrophe se dissipe. Bah ouais, demain l’ère glacière sera terminée on pourra aller à Flunch. Mais comment faire ?
Le black de service à la solution : se foutre à poil pour mieux se réchauffer. Tout le monde est bien sûr d’accord (oooof course), et la nuit se termine sans embuches pour nos quatre fanfalurons.

« SUCE MON PLACENTA » lance JunoLà Juno perd les eaux, GAGMDRR.

00:58 - WOO HOO: And they fight Juno.
00:58 - WOO HOO: waw.
01:00 - WOO HOO: It’s like watching the worst movie ever made, but after it got remade by some guys on Youtube with a low budget and no sense of humor
01:01 - WOO HOO: « JE SUIS PAS BANQUIER, MAIS TEMPOREL, JE ME TÉLÉPORTE DANS LE TEMPS ET L’ESPACE »
01:03 - WOO HOO: roh putain il reste une heure

Bref tout le monde s’endort et c’est là que le machin, à travers son rêve, nous montre pourquoi il a rompu avec bidule (sa copine). On le voit lui révéler qu’il n’est pas un banquier mais en réalité, UN TEMPOREL. UN ÊTRE CAPABLE DE SE DÉPLACER DANS LE TEMPS ET L’ESPACE. Avec tellement de facilité qu’au moment où elle annonce qu’elle veut une relation sérieuse il se DÉTEMPORALISE de la pièce. D’où rupture.
BIEN MAL LUI PRIT CEPENDANT puisque dans sa transportation il atterrit malencontreusement en plein sur le sabre du Prince Caspien du Royaume de Narnia, et meurt. Ou pas. En fait le film enchaîne tellement de merdes que je sais plus trop où j’en suis.

Enfin bref il meurt et se réveille dans le hangar et tout le monde explique qu’ils ont vu son rêve (wtf) et tous en chœur le réprimande pour avoir ainsi rompu sur ces entre-faits. Parce que vous comprenez, bidule depuis le début du film c’est une grosse trainasse mais en fait c’est une fille bien et vachement intelligente et profonde etou :3

Le héros explique qu’ils ont raison et qu’il aurait jamais dû la laisser. La un truc s’écrase sur le hangar (bah oui bande de glands fallait s’y attendre) et comme il leur a expliqué la veille que c’est la fin du monde à cause du crâne de cristal, ils décident de tous s’enfuir du hangar. Vous êtes perdus ? Et beh moi aussi.

Dehors, le chazos grondePendant ce temps bidule s’est réfugiée au Museum (oui vous le voyez venir, avouez)— JE T’AIME — [silence] —> GAGMDRBIDULE EST COINCÉE AU MUSÉEUH, JE DOIS ALLER LA SAUVERMAIS NON MEC TÉ OUF OU KOIPendant ce temps bidule en rouge meurtWWWRRRRRYYYYYYYC’est là que surgit des égouts le second personnage le plus casse-burnes du film : la princesse machin. Qui explique qu’en fait elle est juste une grosse trainée droguée qui vit dans les égoutsGAGMDRRrrPour décider qui d’entre le black et son prince charmant elle choisira, ils organisent un concours de breakdance (oooof course)Yes the movie is actually that bad

Après cet interminable supplice un vent énorme se met à souffler ; nos quatre trous du cul se retournent alors et voient une tornade (oui on vous a pas dit mais l’ère glacière est terminée, frites pour tout le monde). Bien sûr comme le prince charmant est une couille molle il repart dans son égout (ooh the irony) et le black gagne la princesse. Sous-entendant bien sûr qu’elle va rester avec nous tout le film. WOO HOO.

Enfin bref, désemparés par ce cataclymse qui se rapproche, le black demande MAIS QUI VA POUVOIR VENIR NOUS SAUVER ? C’est à ce moment-là que surgit Ironman, qui à peine le temps de sortir une réplique ringarde, se fait écraser par une vache qui tombe du ciel (gag). Alors arrive Hellboy qui, à peine le temps de sortir une réplique badass, se fait écraser par une vache qui tombe du ciel (gag bis). Alors arrive Bruce Banner, qui à peine le temps de se transformer en Hulk, se fait écraser par une vache qui vient d’en face (attention variante).
Hop là, voilà cinq minutes bien occupées. Sur ces péripéties, bidule appelle machin et le supplie de venir la sauver parce que une des statues du musées lui est tombée dessus et l’a transpercée et du coup tu vois elle souffre la pauvre.

Si ces images ne vous font pas rire vous êtes tout à fait normalMAIS TU VOIS PAS QU’ELLE SOUFFRE PUTAIN§§

01:10 - WOO HOO vient de zapper quatre minutes de prince charmant et de Ironman faisant du beakdance
01:10 - WOO HOO commence à se poser des questions sur l’avenir de l’humanité
01:11 - WOO HOO: ET LÀ HELLBOY ARRIVE ET SE FAIT ÉCRASER PAR UNE VACHE. GAG.
01:11 - WOO HOO: AND HULK. OF COURSE. OF COURSE.
01:11 - BLBLBLBLBLBLBL: of course.
01:12 - WOO HOO: Je crois que je vais faire un reportage photo de cette catastrophe et la poster sur NF.
01:12 - WOO HOO: Pour que nos descendants puissent l’étudier
01:12 - BLBLBLBLBLBLBL: do it
01:13 - BLBLBLBLBLBLBL: For mankind

La tornade se rapprochant dangereusement, nos chers bras cassés décident de se réfugier dans un magasin (là encore vous savez désormais quoi faire en cas de tornade). Tout est en bordel, ils sont seuls ; la princesse étant un peu affamée elle se saisit d’une bouteille cassée au sol et la mange (ok, cool) et c’est à ce moment là que le téléphone espion du black se met à sonner. Il se saisit alors de sa chaussure, la porte à son visage et la retire, dégouté. Et oui, du caca. Vous l’aviez vu venir, avouez. Gag bien sûr que essayant d’enlever la merde il l’étale sur son visage — de l’humour subtil pour toute la famille \o/
Enfin bref (je commence à manquer de liaisons tellement les scènes s’enchaînent sans rapport) au téléphone espion c’était la maman de Lisa (bidule rouge qui est morte), elle veut savoir si tout va bien. Ils parlent machin, c’est pas drôle, je vous passe les détails.

Au cas où vous n’auriez pas fait le rapprochement, cette conne joue trois rôles dans le film, Amy Whinehouse, la blonde qui louchait à l’anniversaire, et cette infâme princesse qui mérite qu’on lui arrache la langueGAGMDRRÀ peine le téléphone raccroché, le courant se coupe, et une présence se fait sentir. On entend des bruits de pas. MAIS QUI POURRAICE-BIENDONC-ÊTRE ?Alvin et les Chipmunks bien sûr !

S’ensuivent deux bonnes minutes d’Alvin et les Chipmunks, avec un chant de noël, de la technochpakoilà et là, c’est le drame.

01:17 - WOO HOO: Et ensuite ils se transforment en Gremlins et chantent du black metal
01:17 - WOO HOO: oooof course
01:17 - BLBLBLBLBLBLBL: oooof course

Kill me, kill me now, PLEASERETOURNEMENT SCÉNARISTIQUEDix minutes de combat contre des poupées pitoyablesNote personnelle : le moment où cette pétasse de Juno meurt est mon moment favori du film

Tout ça se termine dans la joie et la bonne humeur par les Chipmunks finissant enfermés dans une poubelle. Et la princesse sort du levain de sa robe, c’était sans doute une blague très subtile que mon pauvre cerveau ramolli par une heure de merde n’a pas pu saisir.

ENFIN BREF, la tornade est terminée (bah oui) nos comparèrses sortent du magasin et dehors c’est la folie, tout le monde essaye de fuir la ville. Heureusement ils tombent sur Batman qui — ah non, celui-ci fuit la ville lui aussi. Il annonce qu’à six heures ce soir un bus viendra chercher les derniers survivants, avec une voix super grave (gag). Allez hop cinq minutes de sous-blagues sur Batman qui ne sait pas faire la conversion 18h/6h. Heureusement coupées par le grappin de Batman s’accrochant à une voiture et le traînant au loin.
Nos héros décident donc de voler une voiture pour se rendre au musée quand même sauver bidule. Et coup du destin, un(e) Speed Racer est garé juste au coin de la rue. La fée truc sort ainsi vaillamant le chauffeur et lui plombe le corps d’environ une cinquantaine de balles et quelques coups de pied. Ils lui prennent le casque, et hop, c’est parti mon kiki.

01:25 - WOO HOO: And in the trunk of the Speed Racer car, Michael Jackson, a monkey and a baseball player.
01:25 - WOO HOO: oooof course
01:26 - Saniss: ooof course

I LOK SMORTThis is your brain on LSDAh là là les souliers de verre c’est pas pratique pour marcher. GAG.MAIS TU VOIS PAS QU«ELLE SOUFFRE PUTAIN

Avant de retirer l’énorme lance qui lui transperce l’épaule, Le Club des Quatre décide d’anesthésier bidule en la frappant tous joyeusement, preuve de leur fabuleuse intelligence. Le plus amusant est sans doute quand après tous y être allé de leur petit truc, machin dit courageusement « Non bah tant pis on y va comme ça » et ils retirent la statue. Waw. Heureusement que t’es là mec.
Bidule est bien sûr gravement blessée, la preuve, ELLE SOUFFRE PUTAIN.

Non je déconne. ENFIN BREF, elle sort un crâne de cristal de son vagin (même pas peur) et déclare que pour que tout ce bordel s’arrête il faut remettre le crâne à sa place dans le musée sinon ça sera la fin du monde. Elle l’a vu dans Indiana Jones, précise-t-elle. Qu’elle est futée cette bidule.

TU VOIS PAS QU«ELLE SOUFFRE PUTAINPost your face when you first saw /Disaster Movie/

Enfin bref (allez, une dernière fois) à ce moment là toutes les statues du musée prennent vie et nos personnages ne peuvent ainsi pas rejoindre le bus de 18h. Que ceux qui se souvenaient du bus lèvent la main, félicitations, vous êtes imperméables à Disaster Movie.
Le black et la fée de merde se retrouvent attaqués par Kung Fu Panda, pendant que bidule et machin tentent d’accéder à la salle du crâne. Malheureusement celle-ci est gardée par Beowulf, le chevalier nu (ooof course). Blabla, dix minutes de blagues gays.

01:31 - WOO HOO: dix minutes de blagues gays avec Beowulf.
01:31 - WOO HOO: osome.
01:31 - WOO HOO: AND OF COURSE, KUNG FU PANDA.
01:33 - WOO HOO: Allez, encore vingt minutes. I can do it.
01:33 - Saniss: hqhq
01:33 - Saniss: T’as encore à le revoir après hein
01:33 - Saniss: Oublie pas
01:33 - WOO HOO: ;_;

À la suite d’un combat épiquépoque, Kung Fu Panda est mis à terre par le black et sur un geste malencontreux il découvre la perruque de la fée qui EN FAIT ÉTAIT UN HOMME. Allez, c’est seulement la troisième fois du film, jouez les surpris, ça me fera plaisir.
Machin de son côté parvient à tuer Beowulf en le jetant dans une vitrine en verre, ou un truc comme ça. Lui et bidule accèdent ainsi à la salle du crâne où ils tombent sur un nain noir en habits d’Indiana Jones. MAIS PAS N’IMPORTE QUI, IL SE RÉVÈLE EN FAIT ÊTRE LE PÈRE DE MACHIN QUI AVAIT DISPARU DEPUIS LE DÉBUT DU FILM. Nous allons de révélations en révélations, c’est la magie du direct et c’est pour vous public, ce soir et ce soir uniquement.

GAGMDRRAh ouais on reconnait tout de suite l’air de famille, carrément

01:37 - WOO HOO: Le père du héros est un nain noir déguisé en Indiana Jones.
01:37 - WOO HOO: ok.
01:37 - WOO HOO: cool.
01:37 - WOO HOO: même pas peur.

Ce cher personnage, de par sa nature naninesque, est bien évidement un gros pervers — comme dans tous les films de Friedberg, ai-je envie de dire. Il tente de remettre le crâne de cristal mais fini accroché au ventilateur (gag) et est éjecté par le carreau.
Machin prend alors son courage à deux mains et fait une triple pirouette arrière jusqu’au crâne qu’il repose sur son coussin sacré. La terre arrête de trembler, il emballe bidule, tout est bien qui finit bien.

Ah oui non en fait sauf le black et la princesse qui en fait se font tuer d’un coup de Katana par Kung Fu Panda qui revient à la vie. Mais bon ils sont en vie une scène après alors je sais plus où j’en suis.

Les dix dernières minutes sont consacrées au mariage kikoolol de machin et bidule. Machin entame alors une chanson qui servira de générique de fin, et durant laquelle tous les personnages du film vont tous en cœur venir décrire leurs ébats sexuels dans une gigantesque orgie verbale.

Vous pouvez toper la mariéeGNMMLLGMÉLGMÉVoilà comme ça vous gardez une bonne dernière imageUne pensée pour Matt Lanter dont la carrière vient de s’éteindrePUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEPUTEAttention, film gros budget

Et voilà. Après ça on a un bétisier du film durant le générique mais c’était tellement pathétique et j’étais tellement content d’être ressorti du film en vie que j’ai coupé.
Bonne soirée à tous.

QUE DIEU VOUS BÉNISSE.

01:42 - WOO HOO: Bon bon bon.
01:43 - WOO HOO: back to 00:00:00
01:43 - WOO HOO: Encore 01:27:00
01:43 - WOO HOO termine le nœud coulant

Dead Set

Mardi 4 novembre 2008

There’s a problem… looks like Big Brother ain’t watching us anymore.

Petit article très rapide après vision des cinq parties de ce one-shot exceptionnel de fin d’année : si vous n’avez pas encore vu Dead Set, ruez-vous dessus sans plus attendre. Comme avec les autres « séries » du même genre (The Lost Room, Jekyll, Profit) nous approchons plus d’un film découpé en plusieurs parties que d’une véritable série à proprement parler ; les règles d’un one-shot sont simples, toute la série se condense dans les épisodes présents, il n’y a pas de saison à venir, toute l’histoire est écrite à l’avance et le début et la fin doivent prendre place en quelques épisodes.
Excusez-moi donc d’employer le terme film durant l’article, mais au degré de réalisation et de finition auquel les séries arrivent de nos jours, c’est mérité.


Pour bref rappel, Dead Set est donc un film anglais en cinq parties, tournant autour de la fameuse « Big Brother House » où se déroule chaque année l’émission du même nom — pour ceux qui ne voient pas, pensez à Loft Story. L’idée de base du scénario étant de prendre ce joyeux cadre coloré, scintillant et joyeux, et de le balancer à bout de bras dans un horrifiant et grondant zombie outbreak comme nul n’en n’avait filmé depuis 28 Days Later.
J’écarte l’ambiguïté zombies/infectés, ce qui me pousse à faire la comparaison c’est principalement la manière de filmer les choses, et de traiter le sujet. Le sypnosis de base, de par le cadre lui-même de Big Brother, m’avait fait imaginer quelque chose d’assez coloré et vivant. Tuez tout de suite cette idée dans l’œuf : Dead Set c’est une manière de filmer bien particulière ; un orage permanent qui assombrit le paysage, détruit teintes et couleurs pour ne plus laisser que le noir et le gris d’une réalité montrée de la manière la plus crue possible.


La photographie est léchée au possible, la réalisation transcrit avec soin le chaos environnant et les rares temps de battements qu’il accueille. Présentant avec soin les mêmes décors que 28 Days Later parcourus par ces mêmes bêtes courantes et hurlantes, Dead Set ne laisse ni le temps de souffler, ni le temps d’espérer, ni le temps d’imaginer ce qui aurait pu arriver à tel ou tel moment. Par son univers proche au possible du réel, il soulève de toutes autres questions — oui en quelque sorte Dead Set est de ces films dans lesquels on ne se questionne plus sur le destin des personnages, mais sur ce que nous ferrions si telle chose arrivait.


Sans s’éloigner des grands codes du genre — survie, démence, sacrifice et trahison, jusqu’au démembrement final — Dead Set apporte sa propre touche et sa propre vision des choses. Par l’esthétique très assombrie et puissamment pessimiste, ce petit one-shot saura vous tenir en haleine le temps d’enfiler les cinq parties d’une traite, pour un total de deux heures et demi (puisqu’on vous dit que c’est un film) qui paraitront opaque à tout filet de lumière venu apporter espoir.
À regarder de toute urgence si vous comptiez vous immerger dans l’ambiance avant la venue de Left 4 Dead.

I liked our farmhouse.

[Musique] No more Blood to Bleed

Mercredi 2 juillet 2008

The drones all slave away,
They’re working overtime,
They serve a faceless queen,
They never questioned why.
Disciples of a god,
That neither lives nor breathes,
But we have bills to pay,
Yeah we have miles to face.

J’ai légèrement hésité avant de commencer cet article, pour quelques courtes raisons. Premièrement parce que lors de mon dernier article de musique j’ai dit ne pas vouloir prendre le temps de parler de groupes qui n’ont pas forcément une histoire intéressante. Deuxièmement parce que j’écoute énormément de musique – et ce n’est pas un euphémisme – et pour cette raison je suis très sensible sur les artistes que j’écoute. Je vais être franc et paraître stupide, mais lorsque quelqu’un quelque part crache des atrocités sur un groupe que j’aime, ça me dérange. L’air de dire, on s’attaque à ce que j’aime donc on s’attaque à moi.
Ce qui me mène à la troisième raison : si j’ai hésité à poster cet article ce n’est pas pour ce que je vais dire en soi mais pour la meute bavante qui se tapit au détour des commentaires de NoFrag. Si vous n’aimez pas, partez simplement de l’article ou dites-le avec des mots un tant soit peu civilisés. Je ne force personne à avoir mes goûts, je veux juste éviter l’éternel « C’est de la merde ». Beaucoup ne modèrent pas leur blog, moi si — comme ça c’est dit.

Commençons donc par le commencement : Rise Against est un groupe de rock qui officie depuis 1999, classifié par Wikipedia comme du Punk Rock/Melodic Hardcore ou je ne sais quel sous-genre complètement farfelu inventé par les gens pour que ce soit plus simple© et pour faire semblant d’ouvrir une toute nouvelle branche dans la musique. Je fais donc confiance aux érudits, moi je classifierais ça comme du Rock tout au long de l’article.
Si je parle de ce groupe, c’est premièrement parce que je l’aime beaucoup, et deuxièmement parce que malgré ce qu’on pourrait se dire au premier abord il possède quelques particularités qui à mes yeux le rendent intéressant. Au niveau musical, au niveau des paroles, et au niveau de leur évolution au fil des albums.

Inside my hands these petals browned,
Dried up falling to the ground,
But it was already too late now,
I pushed my fingers through the earth,
Returned this flower to the dirt.

Je ne m’attarderai pas trop sur le premier album parce qu’au final et avec le recul acquis au fil de la carrière du groupe, The Unraveling reste pour moi très éloigné de ce que deviendra RA par la suite. De ces dix-huit premières pistes, ressort une évidente rapidité de rythme, une batterie répétitive propre à certains groupes punk, beaucoup de lourde voix insufflée dans les morceaux. C’est un départ assez violent dans la carrière du groupe, et je pense que ce sont ces premiers pas qui vaudront au groupe sa première étiquette en tant que « Punk Hardcore » — musicalement et concernant les paroles.
Néanmoins, entre les mailles du chaos musical émanant de The Unraveling, on retrouve quelques-uns des éléments qui plus tard deviendront leur marque de fabrique.
Avant toute chose, et c’est particulièrement visible sur le morceau éponyme « The Unraveling », s’entend clairement la voix du chanteur, Tim McIlrath. Celle-ci se reconnaît principalement par sa versatilité, et se côtoient ainsi phrases douces et violentes, cris et murmures. C’est cette même modulation de la voix qui permettra d’instaurer plus tard plusieurs atmosphères au sein d’un même album. Pour exemple on ne peut que citer l’écart béant entre « State of the Union » et « Swing Life Away » sur leur troisième album : l’une étant une piste emplie de rage et aux sonorités très metal, et l’autre étant une piste très douce jouée à la guitare acoustique.

Leur second album sera la première incursion de Rise Against dans une certaine reconnaissance. Là où The Unraveling était resté dans l’ombre, Revolutions per Minute apportera un faisceau de lumière, et en un sens ce premier rayon balayera les fioritures qui rendaient le premier album un brin chaotique. C’est aussi l’album qui affirmera l’identité du groupe, et scellera les structures musicales qui leur sont propres. Comme si les membres avaient voulu se détacher de la certaine monotonie de leurs premières pistes ; on relèvera ainsi l’utilisation de ponts, de nombreux solos de guitare et de basse, une batterie plus apaisée, une voix mieux maniée. Des éléments qu’ils reprendront par la suite dans leur carrière, en les accentuant d’autant plus.
Malgré leur croissante amélioration, cet album reste pour beaucoup leur meilleur parce qu’il est ce qu’aurait dû être un bon premier coup d’essai : fort et marquant sans en faire trop. Les thèmes qui seront ceux du groupe se dessinent eux aussi, avec notamment cette recherche d’un monde meilleur qui se muera au fil des albums en revendication pure et simple. Car, et s’il y a un des éléments que les membres du groupe ne peuvent nier, c’est leur fervent engagement dans beaucoup de causes. À beaucoup de reprises le groupe fut qualifié de groupe « punk politique » ce que le chanteur a profondément dénigré, expliquant qu’avoir un message n’est pas pour lui un genre auquel se rattacher mais quelque chose de nécessaire à l’écriture de chansons. Pêle-mêle dans les chansons du groupe au fil de sa carrière on citera la défense de l’environnement, du traitement des animaux, de l’exploitation des enfants, des conditions de vie dans les pays en développement, de la politique judiciaire des États-Unis, et j’en passe.

If I held my ground would you ask me to change ?
This drought bleeds on and we’re dancing for rain,
We drink the air but it’s still not the same,
These worlds collide but the distance remains,
We point the finger, never accepting the blame.

Arrive enfin leur troisième album, mettant à plat et au propre ce qui avait été lancé par Revolutions par Minute. Ce nouvel élément de leur construction, longuement intitulé Siren Song of the Counter Culture fait ressortir encore plus de nouveaux éléments. Le plus évident, très présent dans cet opus, c’est la forte importance qu’a pris la basse de Joe Principe, parfois plus mise en avant que la guitare sur certains morceaux. De nombreux ponts, introductions, et parfois les couplets eux-mêmes ne laissent entendre que la basse, coupant la guitare quelques instants. Ç’aurait pu être monotone pour beaucoup de groupes, mais le jeu de Principe a cette particularité qu’il utilise beaucoup d’accords et de structures non répétitives… en somme il se sert de sa basse comme il se servirait d’une guitare, et ça rend la chose musicalement très intéressante.
Comme je l’ai dit précédemment, cet album accentuera encore plus les différences d’atmosphères et de genres qu’emploie le groupe. Parfois très violent et parfois très doux, on relèvera l’utilisation plus présente de guitare acoustique pour les ponts/intro et pour le morceau Swing Life Away. Les solos de guitare et de basse se font aussi plus nombreux qu’auparavant, jusqu’à en devenir presque un rendez-vous. Prenez n’importe quelle piste, et vous aurez de grandes chances d’assister à un changement soudain de rythme voire d’instrumentale en plein milieu de la chanson, laissant place soit à un solo, soit à un pont en « Screaming Overdrive » ou le chanteur alterne entre les extrêmes de son chant. Dans tous les cas ça n’est pas à voir comme une répétition, car chacun de ces procédés est utilisé avec soin et chacun de ces interludes a sa propre identité.

En dernier lieu, The Sufferer and the Witness est le dernier album en date du groupe, daté de 2006 et préparant au nouvel album The Illusion of Progress à paraître en octobre. Cette dernière pierre à l’édifice se caractérise surtout par un tempérament moins violent, et un album plus lisse… tout simplement moins punk pour beaucoup de fans. Même si j’aime beaucoup cet album en soi, je le trouve moins « osé » que le troisième. On retrouve toutefois l’architecture musicale du groupe, quelques nouveautés et des chansons plus travaillées, mais l’ensemble est plus homogène. Ce qui au choix, est un défaut ou une qualité. Pour ma part je prends le groupe dans son ensemble et n’ai jamais trop de préférence pour tel ou tel album d’un groupe, ce qui fait que mon avis est assez peu aiguisé. Je ne m’estime pas en droit de décider si un groupe n’est plus ce qu’il devrait être ou pas, je me contente de suivre leur évolution et de l’accepter. J’ai d’ailleurs toujours écarquillé les yeux devant ceux qui se permettent de remettre en cause la direction prise par un groupe, comme si c’était aux auditeurs de dire aux membres que faire.
Cela dit l’album reste original en soi, avec encore une fois de petits procédés qui rompent la répétition, des passages a cappella, une chanson en prose façon radio, etc. On ne peut nier qu’il y a un gros travail derrière l’album, qu’on l’apprécie ou pas.

Je n’ai pas beaucoup parlé du guitariste parce qu’il fut différent à chaque album. Se sont ainsi succédé Mr Precision, Todd Mohney, Chris Chasse et Zach Blair. Quant à la seconde guitare, du moment où elle fut introduite au second album, jusqu’à aujourd’hui, elle fut toujours jouée par Tim McIlrath, le chanteur lui-même.
Sur ce, c’en est fini pour cet article qui confirme que je ne sais pas faire court. Pour achever le tout je vous propose quelques extraits de la discographie du groupe, via ce cher player Deezer qui prend un cher plaisir à se foutre totalement de l’ordre que je lui ordonne. Vous aurez donc dans le désordre le plus complet, The Unraveling, A Thousand Good Intentions, Halfway There, Like the Angel, Life Less Frightening, Blood to Bleed, Drones, The Good Left Undone et Everchanging dans sa version acoustique. Soit deux pistes par album et un petit supplément. J’avais pensé à leur cover de Journey (Any Way You Want It) pour l’extra mais je me suis dit que la piste acoustique serait un bon moyen de souligner mes propos. Encore une fois, tout comme l’article précédent, ce ne sont que des titres choisis selon mes goûts et peu importe l’avis que vous en aurez ça ne veut pas dire que vous aimerez ou pas le groupe ensuite.

EDIT : j’ai testé une fois vite fait et le lecteur saute parfois des pistes, hésitez pas à le rappeler à l’ordre en cliquant sur le nom de la piste qui a été sautée.

Cliquettez là

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(Et pardon d’avance pour les fautes, c’est ça d’écrire de longs trucs)

[Test] Prudence, Hordes

Mercredi 4 juin 2008

Cet article est long mais le jeu n’est pas des plus simples. Oh puis allez, il y a plein d’images.

Depuis début mars j’ai la chance de participer au beta-test du dernier né de la fameuse Motion Twin, cette société chaleureuse qui envahit Internet à coups de sites de jeux dont certains sont peut-être même déjà familiers à vos oreilles. Le blog de la MT proposait une maigre poignée de places et j’en ai profité… c’est de cette manière que pour la première fois j’ai été introduit à l’univers apocalyptique de Hordes. Rompant avec tous ses précédents projets, l’équipe s’est cette fois lancée dans la création d’un jeu beaucoup plus mature et immoral que ce qu’elle avait fait par le passé ; dites adieu aux lapins, aux Pioupiouz et autres ambiances bon enfant : Hordes débarque et compte bien vous apprendre la survie par la manière forte.

Le concept du jeu en lui-même est on ne peut plus simple, il s’agit dans l’idée de pousser le concept du jeu communautaire dans ses derniers retranchements. À votre inscription, le jeu vous place dans une ville de quarante joueurs. Tous les soirs à minuit, et pendant une demi-heure, une Horde de morts-vivants prend d’assaut la ville et tente de pénétrer dans l’enceinte pour dévorer tout ce qui bouge… et chaque soir la Horde est plus nombreuse et plus puissante. Ceux qui sont dévorés sur le fait se transforment à leur tour en zombies et se retournent contre vous ; si des cadavres de la veille n’ont pas été sortis dans le désert ils reviendront à la vie. Bref, ça n’est pas beau à voir… votre objectif sera donc de vous mobiliser et vous entendre avec les autres concitoyens pour récupérer objets et ressources en partant dans le désert, construire des bâtiments, s’armer et se perfectionner, palier aux ressources d’eau qui s’amenuiseront chaque jour. Il ne s’agit pas d’éradiquer la Horde, car sachez-le dès le début : dans Hordes tout le monde meurt, tôt ou tard. La seule chose qui compte, c’est survivre le plus longtemps possible.
Seulement, croire que les zombies sont vos seuls ennemis serait une erreur, et c’est là que joue toute la subtilité de Hordes. En prenant pour idée de départ de faire se côtoyer quarante personnes inconnues pendant plusieurs semaines, le jeu impose de vous entendre sans forcément vous connaître, sans forcément vous apprécier. Votre but sera de passer outre vos différends, et je vous le dis de but en blanc : c’est impossible. Vol, plainte, pendaison, exil seront votre quotidien et il faudra parfois défendre votre vie bec et ongles — bref, comme dirait les créateurs du jeu, « On n’est pas chez les lapinous ici ». Parfois même tout se jouera à des niveaux dont vous ne vous étiez pas méfiés : vous êtes bloqués dans le désert, minuit approche et vous lancez un appel à l’aide. C’est là que la ville vous répond que c’est bien fait, « Tu t’es gardé de la nourriture et des armes à toi tout seul au lieu d’en partager avec la ville ? Bien, tant pis pour toi, tu mourras ce soir ».

Car si Hordes place quarante joueurs ensemble, ça n’est pas pour que chacun fasse son mieux de son côté. Toutes les villes sont dotées d’une Banque, sorte de réserve où tous les joueurs peuvent poser et prendre des objets sans aucune contrainte. Vous trouvez une tondeuse à gazon dans un bâtiment désaffecté ? Et bien posez-la en banque et tout le monde pourra en profiter pour partir en expédition. Si en revanche vous la gardez chez vous pour votre usage personnel, les gens commenceront à jaser et il est fort probable que si vous ne répondez pas aux pressions des autres citoyens, vous serez pendu haut et court. « Soit tu aides la communauté, soit tu ne nous es pas utile ». Bien sûr c’est un extrême et dans une ville normale, si vous êtes assez habile pour mêler jeu solo et communautaire, personne ne viendra vous emmerder. Donner les ressources trouvées à la ville mais se garder une radio K7 chez soi, c’est une conduite largement tolérée. En fait, l’idéal est toujours de faire la nuance entre ce qui est vraiment à vous et ce qui est à la ville. Ce qui peut vous être utile et ce qui le serait aux autres. Prendre de la ferraille pour améliorer sa propre maison, c’est mal, parce que c’est une ressource rare. Sûr, si la Horde rentre, vous serez le seul à survivre grâce à votre bunker… d’un autre côté la ferraille aurait pu servir à faire des défenses et à empêcher ladite Horde de rentrer. C’est cette logique qu’il faut adopter pour durer dans le jeu.

Tous les objets trouvés le sont en sortant dans le désert qui entoure la ville, via une carte en flash ou je ne sais quoi. Le monde est découpé en 169 cases, variant du simple désert à toute une bardée de bâtiments qu’il faudra explorer et parfois déterrer lorsqu’ils ont été enfouis par les tempêtes de sable. Néamoins, les zombies arpentent quotidiennement le désert et pour fouiller dehors il vous faudra apprendre à ne pas vous retrouver encerclé par ces meutes de plus en plus nombreuses. Pour ce faire, chaque citoyen est considéré comme pouvant bloquer deux zombies, s’il s’en trouve trois sur la case, vous êtes bloqué. Vous pourrez soit demander de l’aide sur le forum, soit tenter de fuir et être blessé. Selon l’endroit où vous le serez, le jeu variera : une blessure à la tête rendra incompréhensibles vos messages, par exemple.
C’est pour cela que dès le jour deux, il est conseillé de ne sortir qu’en groupe, en organisant des expéditions via l’outil dédié du jeu. Forcément, plus vous êtes dans le groupe, moins vous aurez de chances d’être bloqué, et plus vous pourrez ramener d’objets. Le plus souvent au cours d’une expédition, vous vous arrêterez à un endroit sûr pour vous mettre en « fouille-auto » : le jeu fouillera alors la case toutes les deux heures même si votre ordinateur est éteint. Toutefois, au bout d’un moment la case sera jugée comme « Plus rien à fouiller » à jamais, et vous n’y trouverez que des ressources non traitées qu’il faudra remanier en ville via l’Atelier. Exemple : vous trouvez une bûche, il faudra la traiter pour en faire des planches.

Car dans Hordes, la construction et les ressources tiennent une place capitale. Le jeu compte des dizaines de bâtiments, allant de la défense, de la création de nourriture et d’eau, en passant par le confort et la facilité du jeu. Par exemple le Mirador donne une estimation de l’attaque du soir et vous permet de mieux vous organiser, la porte à pistons se ferme toute seule à 23h45 et évite qu’un con laisse la porte ouverte (exposant la ville à la TOTALITÉ de l’attaque de la Horde). Et évidement, il y a les Projets Insensés, sortes de Merveilles qui malgré leur coût exorbitant vous feront gagner de précieux jours en levant des défenses colossales : installer des barbelés autour de la ville contrera 9 zombies supplémentaires lors de l’attaque du soir, alors que bâtir la coûteuse « Fausse Ville » leurre non loin en détournera 180… c’est vous qui voyez. Mais sachez que ces 180 vous laisseront trois à quatre jours de repos et que ceux-ci seront parfois vitaux à votre survie.
Au final, le/les dernier(s) survivant(s) de chaque ville sont considérés comme des Héros pendant un certain temps. Durant cette période, ils disposent de pouvoirs spéciaux et pourront se spécialiser dans l’un des trois métiers qu’offre le jeu. Devenir un éclaireur vous permettra de vous déplacer camouflé dans le désert sans jamais être bloqué (mais la moindre action retire le camouflage), ou encore devenir Fouineur vous fera trouver plus d’objets et plus rares que d’habitude.

Enfin, pour la petite note : Hordes inclut un système de succès et de titres, donc tout ce que vous faites est répertorié dans votre « Âme ». Il ne faut pas croire qu’une fois que vous commencerez une nouvelle partie tout sera oublié : dans votre âme chaque joueur pourra tout savoir sur vous. Du nombre de jours que vous avez tenu dans chaque ville, au nombre de fois que vous avez utilisé un Vibromasseur.
Chaque jour de survie vous apporte des points de survie. C’est en fonction de ces points que seront créées les villes : si vous jouez bien vous serez avec de bons joueurs, si vous vous avalez du cyanure au jour un de chaque ville, vous aurez les concitoyens que vous méritez. Les villes ayant survécu le plus de jour sont visibles dans le classement au panthéon des villes légendaires.
Autre détail sur la survie : quand une ville se retrouve au bord du gouffre (moins de dix habitants) elle entre en mode Chaos. En gros, tout le monde fait ce qu’il veut, on ne peut plus pendre personne, chacun pour sa peau et que sauve qui peut. Ça parait être n’importe quoi mais concrètement sans ça, une ville de moins de dix habitants serait condamnée.

Sur ce, quelques petits conseils avant de vous lancer. La liste de ces conseils est énorme mais elle fera la différence entre un poids mort pour la ville et quelqu’un de remarquable. Vous trouverez la liste des conseils à cette page, faites-en bon usage.
Arrivons-en maintenant au cœur de la chose : les invitations. Hordes, de par son aspect « difficile à saisir » ne fait pas le jeu d’une ouverture grande et ouverte au public. J’ai en ma possession quelques invitations et pour les distribuer je me suis dit que ça serait marrant de faire quelque chose qui ne fasse pas trop « Les dix premiers qui posteront ». Donc, dans Hordes en bas de chaque page se trouve une citation tirée au hasard, dont quelques unes sont postées en exemple ci-après. Je vous demande donc d’imaginer à votre tour, vite fait, une petite citation ou phrase qui collerait selon vous au cadre de Hordes.
Les meilleurs auront une invitation, je préviendrai quand il ne sera plus la peine de se fatiguer le cerveau.
Exemples :
« Je sais, je sais. La bouffe est pas terrible mais au moins elle bouge pas quand tu croques dedans. »
« Le vieux Chuck a croisé la Horde, une nuit, il y a longtemps. Et il en est revenu. Sur le coup il a serré les fesses. Depuis, il ne les a toujours pas desserrées. »
« Mon chien, y-a pas à dire, je l’adore ! Il me défend et me distrait. Et puis si j’ai faim… »
« Sept minutes. C’est le temps qu’il faut à un de ces zombies pour te bouffer et ne laisser que quelques osselets derrière lui. Neuf à la rigueur si tu gigotes. »

Sur ce, on se retrouve dans le jeu !

C’est un bloc de pierres paisibles où quelques mille récifs s’entrechoquent et se résignent.
C’est un bloc de haine abrasive où certains sèment le rêve pendant que d’autres hésitent.

Je poste peu sur ce blog, pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais l’impression d’avoir réellement quelque chose à y dire. Il arrive aussi trop souvent qu’un sujet me saisisse, sans que l’article parvienne à aboutir. Oui, longtemps j’ai repoussé mon labeur au lendemain, mais cette fois-ci je ne pouvais pas passer à côté surtout après tant de temps passé sans venir vous parler de musique. Pourtant la musique est omniprésente dans ma vie, j’en avale de pleines poignées chaque jour ; j’ai une discothèque impressionnante où les artistes se lient et se démarquent les uns des autres avec une complexité déconcertante. Une centaine de groupe, dont certains que j’adule particulièrement, d’autres moins. Je m’efforce tant bien que mal de passer le balai régulièrement, en supprimant les choses que je me devais d’écouter mais sur lesquelles je n’ai jamais posé l’oreille, ou encore ces groupes que j’ai écoutés une ou deux fois en les trouvant excellents, mais qui sont fades et désuets avec un peu de recul. Le plus triste est sans doute que je possède plus de musique que je n’ai de temps pour l’écouter, c’est la raison pour laquelle au final, ce sont souvent les éternels mêmes « gros » groupes qui vont et viennent dans mes enceintes. L’élite de ma musique, ceux dont ô grand jamais je n’oserais me lasser.
Mais tous ne se prêtent pas forcément à un article, simplement parce que malgré leur talent, peu de choses sont à dire au final. Je ne parle pas des simples détails historiques, la genèse du groupe ou que sais-je — pour cela il y a Internet et je n’ai pas pour but de venir ici vous vomir un copié-collé de ce qu’on pourrait lire partout ailleurs. C’est la raison pour laquelle j’ai attendu, jusqu’au jour où je me suis enfin décidé : ce serait sur Psykick Lyrikah que porterait mon prochain article. Je ne prétends pas connaître les moindres recoins de leur histoire, mais j’en sais assez pour en parler convenablement — parfois en semant quelques erreurs, en quel cas corrigez-moi.

Pour comprendre ce qui m’a motivé, revenons quelques jours auparavant. Le sept mai, après un retard de dernière minute, sortait le dernier album des Psykick Lyrikah posément intitulé « Vu d’ici ». Une pochette dépeignant un champ de blé surplombé d’un sombre ciel noir ; une simplicité irréelle, un titre criant de sobriété, et pourtant il y avait un quelque chose qui me faisait m’impatienter et suscitait en moi un frisson d’exaltation comme je n’en avais connu depuis bien longtemps. Comprenez, que rares sont les fois où j’attends un album, et de tous les groupes que j’aime, rares sont ceux qui officient encore à l’heure actuelle sans avoir perdu de leur talent. Du coup ça m’a fait bizarre de sortir à nouveau pour vraiment aller acheter un CD, et honnêtement, je ne ferais pas ça tous les jours. Pourquoi ? Parce presque partout où j’ai été, on m’a répondu qu’on ne connaissait pas ce groupe, ou que c’était quelque part en stock en attendant d’être déballé. L’album était bel et bien annoncé le sept mai mais apparemment les choses un brin à part n’ont pas la priorité.
Qu’à cela ne tienne, « Vu d’ici » valait mon attente et s’inscrit dans la digne lignée de ce qu’est devenu le groupe à force de changements et de mutations.

Psykick Lyrikah, à mes yeux c’est un peu l’histoire du vilain petit canard qui se mua brusquement en majestueux papillon de nuit. À regarder la grossière pochette de leur premier album, « Lyrikal Teknik », à survoler le nom du groupe, on aurait bien vite fait d’en imaginer un groupe de rap frôlant les bas plafonds, aux textes maladroits et aux productions grasses ne méritant nulle attention. Ce qui sans être faux, soulignait une part de vérité : cet album était constitué comme le serait celui d’un collectif, dont certains des membres continuent aujourd’hui encore à hanter le rap avec plus ou moins de talent (VII, par exemple). Bref, toute une pléiade d’invités divers venant s’articuler autour d’un même pilier : Arm au micro, et Teddybear aux machines. L’étrange ensemble formé aurait mérité une certaine écoute pour les amateurs du genre, mais là n’est pas la question. Ce qui est intéressant, c’est ce qu’il adviendra de cette base malhabile.
Ce cadre « collectif » fut à mes yeux ce qui a conditionné un premier album si différent des suivants. Car entre la masse de mots qui émanait de l’album, se distinguait bien un certain potentiel, une certaine ambiance ne demandant qu’à éclore et s’épanouir. Cette atmosphère c’était celle d’une ville de nuit drapée d’un voile de pluie, celle d’un univers aux retors indénombrables où se côtoient suicides et espoirs. Une atmosphère jusque-là suffoquée par ce qu’était alors Psykick Lyrikah, et avouons-le, par la qualité irrégulière des pistes.

Dire que des anges quelque part parlent de nous ; s’arment, frémissent et baissent la tête comme gardes-fou.
Patience, l’arche et faible est sous l’absence qu’elle absorbe, elle cédera.
Alors patience, contemplez nos silhouettes floues — Aveuglées, violentes, parce que Faibles aux principes de Fou.
Soulevez vos croix, portez vos rois : soyez fiers d’eux, patience, leur chute viendra…

Je ne sais trop quels évènements ont induit le changement radical qui suivit. Toujours est-il que lorsque le groupe refit surface l’année suivante, il n’était plus le même, méconnaissable jusque dans ses moindres détails. Abandonné de ses airs de collectif, ne restait plus que la voix chancelante de Arm, portée par les compositions de Teddybear. Un duo fascinant auquel vint se joindre temporairement le guitariste Olivier Mellano (qui deviendra finalement un membre permanent du groupe et participera à sa transformation). Le tout pour un tournant des plus acérés : là où Lyrikal Teknik ne se posait que comme un album somme tout classique, le suivant pour sa part se démarqua complètement de tout ce qui se fait et s’était toujours fait en matière de rap.
Des pistes parfois uniquement instrumentales, des guitares distordues se joignant aux mots, des phrases dépeintes d’images et de métaphores. Le cocon s’était entrouvert et de l’embrasure de sa carapace, venait de naître la première pierre d’un groupe comme on en fait plus. Une pierre, un album, « Des Lumières sous la Pluie ». Onze titres qui s’écoutent sans interruption, comme une seule et même histoire contée par un narrateur détaché de ce qu’il contemple. Tout s’entame par cet homme qui saute d’un pont tard le soir, et la suite n’est qu’un long travelling à travers les méandres d’une ville labyrinthique où s’entremêlent peines et joies. Des multitudes de scènes qui nous sont rapportées, et qui forment une lente évolution au fil des pistes : peu à peu, la lumière perce le mur de pluie et ce qui au départ nous était présenté telle une vision pessimiste, devient graduellement un message clair et optimiste. Sur la dernière piste, la caméra se replace sur l’homme sautant du pont, mais le point de vue est complètement différent. L’auditeur vient de vivre une véritable descente au cœur d’une ville infernale, et sa remontée soudaine fait l’effet d’une gorgée d’air après une longue apnée. Comme avoir côtoyé les abysses les plus obscurs, et être aveuglé par le soleil en revenant à la surface.

Porté par un cœur en pièces, sous l’âme en peine se dresse le deuil du cœur et du père.
Mille bruits certes sanglants, à enfouir sous mille quêtes de soi… quelques mille crimes.
Logique vide, les cieux se fâchent. Aiguisent leurs mines fines, que la frénésie relâche.

Après cet album, il y eut une longue pause et le groupe sembla temporairement inactif. Il se déplaça de scène en scène, majoritairement occupé par la participation de Arm à la pièce de théâtre musicale « Hamlet, thèmes et variations » dans laquelle il laissa définitivement son empreinte avec « Mille bruits » et autres scènes, dans un trouble rôle de narrateur/acteur. Dans l’ensemble, on retrouva sa participation çà et là, mais concrètement il fallut attendre 2007 pour voir Psykick Lyrikah à nouveau gravé sur la pochette d’un album.
Lors de cette seconde rencontre, et sans surprise, l’expérience fut de nouveau complètement différente. Le temps d’un court album, machines et électronique furent mis de côté, délaissés pour un nouveau duo qui frappa là où personne ne l’attendait. Troisième album du groupe, « Acte » place au devant de la scène cet éternel conteur qu’est Arm, simplement accompagné par la guitare d’Olivier Mellano le temps de neuf titres. Parfois simple guitare acoustique, parfois violents riffs saturés, les ambiances sonores s’imposent de nouveau comme un élément majeur au sein du groupe, indissociable des textes composés par le rappeur. Des textes d’ailleurs où l’on retrouve une grande influence du film L’Aurore qui fut très vite avoué comme l’une des sources d’inspiration. Il est difficile de décrire ce que procure l’écoute de Acte. Pour beaucoup de personnes ce fut l’album qui leur fit dire « Ce n’est plus le groupe que j’ai aimé », et c’est plus que compréhensible. La mutation du groupe en était devenue tellement précipitée que pour certains c’était tout simplement trop difficile à suivre. Trop difficile d’accrocher une image précise au nom « Psykick Lyrikah » ; trop difficile de leur rattacher un genre ou un surnom. C’est souvent à cela que l’on reconnait les groupes uniques.
Avec du recul et la venue de « Vu d’ici », il devint de plus en plus net que Acte était clairement un album « parenthèse » : quelques titres égarés entre deux albums, mais qui malgré leur discrétion, se devaient d’être faits et sont une part indéniable de l’évolution du groupe.

Rien qu’une petite flamme grise et sans lueur ;
Depuis les bancs, c’est la défaite qu’on a gravie depuis des heures.
On n’a pas su tout de suite ce que les choses voulaient de nous,
Alors du grand Lui au petit Je, des yeux à contre-jour.
Puisqu’à l’écart j’ai vu d’autres forts naître,
Puisqu’à les croire on n’apprend rien d’autre que du rien.
Je suis nulle part devant des phrases et des falaises,
Si la lumière me trouve ici, j’aurais cette flamme devant l’altesse.

Pendant de longs mois je me suis ressassé ces deux courts albums, sans trop savoir si le groupe reviendrait à nouveau au bout de quelques années ou si c’en était fini pour une quelque raison. Il arrive parfois que des groupes meurent sans explications, malgré la pointe de talent qui s’esquisse et s’immisce dans leurs pistes. C’est triste, mais ce n’est détestablement par rare. Fort heureusement, il suffit du mois de mars pour que l’espoir me reconquière. Alors que je flânais dans le dossier « Sites à visiter des fois que » de mes marques-page, je suis tombé sur cette image. Imaginez ma surprise, un nouvel album seulement un an après le dernier, il n’en fallut pas plus pour embraser et grandir mon impatience. Je n’ai eu de cesse de chercher sur Internet des informations sur ce projet à venir, la liste des titres, des extraits ou que sais-je. Pendant un long moment je me suis consolé en écoutant le morceau « De plein fouet » proposé sur le Myspace du groupe (Des fils tendus entre idées vagues, là où des nuits fades et distraites laissent filer les temps.).
Mais je ne suis pas de ceux qui écoutent des pistes de manière individuelle, j’ai toujours eu un grand respect pour l’ensemble que forment les albums surtout pour des groupes comme celui-ci où les morceaux ne sont jamais aussi indépendants qu’ils le paraissent. J’ai donc laissé de côté tout cela pour m’adonner à d’autres musiques, une manière d’oublier et de penser à autre chose pour que le temps passe plus vite (même si GTAIV a préoccupé mon moins d’avril). La suite, je l’ai déjà dite, le retard s’est fait jour, le disque s’est réparti entre quelques magasins seulement, et je n’ai pas pu le toucher avant cela. Je ne sais trop quoi en dire pour l’instant, si ce n’est qu’il correspond parfaitement à ce que j’en attendais, et suit la trame et les ambiances lancées par « Des Lumières sous la Pluie ». On retrouve les plages instrumentales, le style très imagé d’Arm, les mélodies tantôt simples et tantôt s’envolant dans la démence. Ce qui est sûr, c’est que ma patience a été récompensée, puisque tout comme l’album avant Acte, « Vu d’ici » propose un périple global. Loin des parfums de bitume du premier, je lui ai trouvé un certain côté évasif et apocalyptique, mais je suis peut-être influencé par la pochette et les mots du morceau-extrait « De Plein Fouet ». Une chose est certaine, il s’agit là d’une nouvelle descente dans les entrailles de Mère la Nuit, une épopée s’achevant avec la dernière piste intitulée « L’aube, enfin », une des nombreuses pistes instrumentales qui peuplent cet album. Un album beaucoup plus rock que ses prédécesseurs, avec des morceaux comme « L’Éclair » où se retrouvent soudainement sur scène batteur, bassiste et guitaristes. On retrouvera aussi le texte Des Lumières Sous la Pluie, morceau signature du groupe et qui chaque album se présente différemment.
En un sens, c’est parfaitement la suite que l’on attendait. On retrouve toujours Arm au micro, Olivier Mellano à la guitare, Robert le Magnifique à la basse et aux machines. Quelques invités se joignent aussi le temps d’une piste, mais ce n’est que pour mieux égarer l’auditeur dans l’obscure brume de cette pénombre si chère au groupe.

Je ne sais trop quels mots placer en guise de conclusion. Une chose reste indubitable, Psykick Lyrikah est un groupe qu’on peut facilement ne pas aimer, parce que son écoute implique de passer outre la sphère semi-hermétique qui entoure les textes. Il est tout à fait possible de se laisser porter par les images et la musique, mais ce serait faire fi de ce qui fait entre autres l’intérêt du groupe. Plutôt que de paraphraser, je préfère terminer sur une citation d’Arm lui-même, « Certains artistes ne laissent aucune place à [l'interprétation], tout est dit tout de suite, à prendre ou à laisser. Je pense que c’est intéressant d’inverser la recette — moi-même il y a des moments d’écriture où je suis pris dans un tourbillon, les choses deviennent floues, mais les idées sont là, derrière l’orage ».
Histoire de ne pas vous quitter de manière si abrupte, je vous laisse quelques morceaux tirés de Deezer. Dans l’ordre, Près d’une Vie, L’Éclair, Trois Lettres Rouge Sang, La Tête à Effacer, Les Grands Vides et De Plein Fouet, Mille Bruits, Thèmes et Variations. Quatre albums, deux morceaux chacun. Le player flash déconne complètement sur Nofrag mais l’intention y est. Cela n’a pas la prétention d’être représentatif de l’œuvre du groupe, c’est juste un échantillon sélectionné dans l’humeur du moment. Tout comme un texte ne peut se résumer en une pincée de mots, je ne peux pas garantir que ce que vous allez penser de ces morceaux, sera représentatif de quoi que ce soit. Faites avec.
Sur ce, je vous abandonne en musique, cliquez sur l’image pour la playlist.