out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour janvier 2013

De liens, flux et fièvres

Mercredi 23 janvier 2013

feverlogo

Dans ma branche il y a tout un tas de choses qui font que l’on distingue quelqu’un qui fait bien son travail de quelqu’un qui le bâcle. Le respect des normes et standards, la réusabilité du code, la prise en compte de l’accessibilité, et j’en passe. Mais par dessus tout ce qui prévaut c’est la volonté et la capacité à se mettre-à-jour soi-même.
C’est cette qualité qui fait que les gens qui sont considérés très bons dans leur domaine à l’heure actuelle le seront encore dans dix ans — et croyez-moi c’est plus rare qu’on ne le pense.

Dans ma boîte j’ai un collègue qu’on a pendant un temps voulu former pour qu’il puisse en cas de besoin me relayer sur des projets ou de me préparer le terrain. Il était très motivé, alors on a demandé à un formateur de venir l’instruire. Il s’est pointé avec son petit livre Site du Zéro sous le bras, et après deux trois cours il a de son côté demandé à voir ma méthodologie et les langages utilisés.
Quand il a vue l’étendue de ce qu’il y avait à couvrir il s’est désisté et nous a expliqué qu’il n’avait pas les compétences requises pour correctement former mon collègue. Là où le bas blesse c’est que l’on parle là de quelqu’un qui est formateur — d’une personne censée détenir le savoir en la matière afin d’aider d’autres à se hisser à son niveau, mais qui en 2012 ne savait ni ce qu’était le responsive, le SVG, Canvas, et j’en passe.
Même chose chez une personne que j’aide régulièrement par messages, qui suit une école dans ce domaine. Quand je vois les conneries dépassées qu’ils lui instruisent, les préceptes d’il y a dix ans qu’on force les étudiants à régurgiter sous peine de ne pas se voir attribué de crédits, j’ai envie de brûler des chatons.

Ces gens ce sont des gens qui sans aucun doute était extrêmement bons il y a quelques années. Mais le web ce n’est pas n’importe quel domaine : c’est un jeu de memory où aléatoirement les pièces changent de place en cours de partie. Pour tenir le rythme sans se retrouver submergé, tout tient à un fil, et ce fil c’est la mise-à-jour.

De liens et flux

Quand on débute dans ce travail on ne sait pas qu’on est mauvais. C’est la beauté de la chose. Parce que personne ne vous le dit : les rares tutoriels qui tapissent la pitoyable scène française se tirent entre les pattes, les gens y vont tous de leur avis. Facile alors de se dire que chacun a sa manière de faire.
Si vous parlez anglais vous êtes déjà un peu mieux béni considérant la masse d’informations, mais qui du coup à l’inverse vous immerge tant vous ne savez où donner de la tête.

À mes débuts je suis tombé plusieurs fois de haut — ces moments où on lit un article qui vous tire entre les yeux une balle et redescend le long de votre échine en murmurant “Ah non mais tu vois en fait il fallait absolument pas faire comme ça !”.

Alors j’ai commencé à rechercher des articles, des gens influents, qui eux savaient de quoi ils parlaient et m’aideraient à y voir plus clair. Mon plus fidèle outil en la matière a été Twitter : j’ai commencé par chercher certains hashtags, repérer les gens qui postaient régulièrement. Puis de là ces gens eux-mêmes retweetaients des personnes qu’ils trouvaient intéressantes, etc. jusqu’à m’être construit ma petite toile et avoir moi-même deux/trois personnes me suivant.
De ces personnes j’ai cherché lesquelles relayaient les articles qu’elles trouvaient intéressants, et lesquelles les écrivaient réellement. Je me suis ainsi monté une belle liste de flux et de blogs de webdesigners et webdeveloppers qui sont à l’origine des articles que l’on se passe à longueur de journée. Les sites majeurs, les agrégateurs, etc.

J’utilise Twitter quasi-exclusivement pour mon travail, et Google Reader pour mes flux. J’ai ma dose quotidienne d’articles à lire par jour pour rester à la pointe. Ça fait partie de mon travail et de ce que je juge être nécessaire.
Sauf que.

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The horror… the horror…

The Unread Guilt

The single largest complaint that I’ve ever had with nearly ever RSS reader is that they treat feeds like email. If you’re a news junkie and follow a lot of different websites, it’s nearly impossible to keep up on a day-to-day basis (especially with high volume feeds) when you have unread guilt.
In the past, there have been times where I walked away from my Google Reader account for a couple of days, only to come back to a thousand or more unread items — all longing for my attention

– Alex Knight

Le problème avec ça c’est qu’on est vite submergé. Comme je l’ai dit le web bouge vite, extrêmement vite en fait. Vous vous absentez une journée, vous avez la flemme une matinée, et c’est douze articles qui vous pendent au nez. Puis vingt, puis trente. Il est impossible d’évaluer la qualité de chacun sans les lire. Pour une poignée vous savez qu’ils sont indispensables car vous les avez vu tourner plusieurs jours sur les réseaux sociaux mais c’est tout.

J’ai eu beaucoup de rechutes où je laisser ma to-read list devenir plus longue que l’écran et où dans un excès de culpabilité je les lisais comme faire se peut dès que j’avais cinq minutes. Le pire c’est qu’il y avait souvent des articles fascinants dans le lot mais pas le temps, pas la patience.

Entre alors en jeu Fever.

De fièvre

Your current feed reader is full of unread items. You’re hesitant to subscribe to any more feeds because you can’t keep up with your existing subs. Maybe you’ve even abandoned feeds altogether.
Fever takes the temperature of your slice of the web and shows you what’s hot.

– Feed a Fever

Fever (http://feedafever.com/) est un feed reader un peu particulier. Là où la plupart des applications/sites du genre ne se proposent que de répertorier les sites que vous suivez, celui-ci fait un travail par-dessus qui vient vous facilitez la tâche. Plus concrètement, il va analyser les références croisées des différents articles et attribuer une température à chacun selon la date et sa popularité.
En gros d’un coup d’œil vous verrez immédiatement à quel point un article a été partagé et mentionné sur d’autres sites dans les X derniers jours, et ça mine de rien ça va vous faire respirer un bon coup car vous saurez ce qu’il vous faut absolument lire et ce qui peut patienter. Plus vous avez de flux, mieux marchera Fever.

Second point : Fever est vraiment pensé avec mon type d’usage en tête. Le nombre d’articles non lu est par défaut masqué, pour apaiser cette fameuse unread guilt (culpabilité du “non lu”).
Vous pouvez tout contrôler du global au plus particulier : laisser le nombre masqué, mais affiché pour certains flux clés.

Le cœur c’est qu’une fois que vous aurez importé vos flux depuis votre agrégateur préféré, même si Fever marchera sans rien toucher, il est conseillé de les séparer en deux catégories : les Kindlings et les Sparks. Les Kindlings sont ces flux que vous ne devez pas rater, et dont vous savez que vous pouvez compter sur leur contenu.
Les sparks sont à l’inverse ces blogs ou sites qui postent dix articles par jour pris à droite à gauche, les brèves et j’en passe. Ces sparks vont venir s’entrecroiser et les liens qui se retrouveront le plus entre eux augmenteront en température.

Dans tous les cas tout est résumé dans une section Hot links trié par température.

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Mise en place

La particularité qui peut être un inconvénient pour certains c’est que Fever n’est pas un site en ligne, c’est une application qu’on installe sur un serveur. Elle est payante — un coût unique payé pour une licence — et c’est ensuite à vous d’héberger votre Fever sur un serveur.

Vous envoyez les fichiers, il fait deux trois vérifications, vous rentrez votre clé, et Fever commence ses calculs.

Avoir la fièvre partout

En outre le fait que ce Fever en ligne sera accessible partout, version mobile comprise, une application iPhone est disponible et Fever se marie très bien avec la célèbre application Reeder ou encore Sunstroke.

mobile

Votre Fever vu depuis un mobile

Interface

Comme expliqué, Fever permet de vraiment personnaliser ses flux avec pas mal de contrôles au niveau global et par flux. Il offre en outre toute une panoplie de raccourcis très utiles pour les plus agiles d’entre vous.

Bref

Fever m’a vraiment apporté une bonne bouffée d’air frais à un moment où je me sentais étouffé par mes flux. Je ne pense pas que cette application plaira à tout le monde, elle reste pour une certaine niche de gens qui comme moi doivent ingurgiter une quantité d’actualités assez forte sans forcément avoir le temps qui va derrière.
Mais si je peux faire découvrir ça à deux trois personnes, alors tant mieux.