out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Le Cimetière des Éléphants

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil.
De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.



Arachnide





Le cimetière des éléphants























À part ça, j’ai commencé mon grand tri de ma bibliothèque Lightroom, préparatoire à ma fresque, et plusieurs choses me sautent aux yeux. Principalement en fait, à quel point je peux détester certaines de mes séries, la pire de toutes étant sans aucun doute la sur-saturée/sur-contrastée Lame de Fond et son traitement à s’arracher le visage. Je n’ose pas prétendre devant vous m’être complètement séparé de ça, mais en tout cas à mes yeux j’ai fait énormément de chemin entre mes débuts il y a trois ans et maintenant. Après, il me reste quand même 310 photos à trier et ça, c’est super déprimant.

J’ai déjà quelqu’un qui m’a proposé d’aider à trier les photos (polioman) et si d’autres personnes veulent se joindre, toute aide est la bienvenue. J’attends déjà d’avoir fait un premier tri mais bon, voilà.

7 commentaires pour “Le Cimetière des Éléphants”

  1. Hubebert dit :

    Je ne suis pas très photo d’habitude, mais je dois dire que j’en ai trouvé beaucoup de jolies. J’aime beaucoup cette ambiance de grands décors industriels inquiétant. Continue !

  2. Sir_carma dit :

    Ouaip, très chouette sélection !

  3. Mawwic dit :

    Une série un peu différente et vraiment sympa, tiens.

  4. polioman dit :

    Je suis toujours partant pour te donner un coup de main, certaines sont très bonnes et bien traitées, d’autres ne me plaisent pas, mais sont de “bonnes prises”. Ca change un peu de tes séries précédentes, c’est bien de se diversifier :)

  5. Anahkiasen dit :

    En toute honnêteté il y a toujours des photos à l’intérieur d’une série que moi-même j’aime moins que d’autres. Je ne balance jamais mes séries dans n’importe quel ordre, j’alterne entre formats portraits et paysages bien sûr mais dans l’ensemble je trie mes photos plus ou moins par ordre de préférence.

    Les premières photos d’une série sont toujours mes préférées, et les dernières sont… et bien, celles qui en général me seront les moins mémorables. La raison pour laquelle je mets quand même ces photos, c’est parce que d’une, si à un moment je les ai prises c’est qu’elles devaient avoir une valeur et le temps m’a prouvé qu’il y a toujours des gens pour venir me dire qu’ils ont aimé telle ou telle photo de la fin de la série.
    L’autre raison c’est que j’ai toujours une sorte de devoir de mémoire par rapport à mes sorties photo - par exemple la photo de l’égout n’est pas en soi une bonne photo, elle n’a pas d’intérêt direct, mais sans elle il n’y a aucune trace de mon passage dans cet endroit et donc omettre cette image c’est amputer la série d’une part de sa fonction de témoignage.

  6. polioman dit :

    tu mets des effets ou tu utilises des filtres?

    monsieur est philosophe en tout cas ;)

  7. Anahkiasen dit :

    Déjà quand on parle de retouches, j’exclus personnellement ce qui est de rehausser légèrement les contrastes et autres modifications qui au final n’ont pour but que de rapprocher l’image sortie de l’appareil de ce que l’œil humain lui voyait. En gros, corriger les différences d’interprétations de lumière etc.

    Après au niveau des retouches pures et filtres, j’en utilisais pas mal par un moment mais de moins en moins maintenant, j’ai simplement retenu des presets que j’avais aimé les paramètres sur lesquels ils influaient. Celui dont j’use le plus c’est le virage partiel (split toning), très présent sur des séries comme par exemple Mai 1965. En gros c’est mélanger deux teintes choisies, et altérer la balance des blancs avec.


    Exemple d’image avec un virage vert/bleu.

    Ça saute aux yeux quand on met les deux à côtés mais autrement, même si c’est visible on est d’accord, ça reste relativement discret et conserve une certaine hiérarchie des couleurs (genre un rouge à côté d’un gris sautera tout autant, mais ça sera un rouge plus cassé). Après le reste, un peu de vignettage par-ci, on augmente légèrement la température par là, on pousse d’un ou deux pour-cents les noirs sur une autre photo. Je pense pas qu’on puisse considérer ça comme de la grosse retouche, ou alors ça serait être extrémiste. D’autant que même si je garde ma manière de faire et ma conception de la photo (montrer ce que mentalement j’ai vu et non ce que la réalité m’a directement présenté), je me suis considérablement calmé depuis l’époque où je passais des heures sur mes calques Photoshop à modifier l’image.

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