out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour juin 2010

J’aime assez la manière dont les choses qui ont mené à cette série se sont enchaînées. Dans mon précédent article j’abordais la manière dont entre autres je manquais de friches à visiter pour continuer mon thème des « Choses mortes ». Le vendredi à la question de mon patron « Et sinon tu fais quoi ce week-end ? » j’ai ainsi brièvement expliqué comment je cherchais un endroit cool à visiter, je lui ai parlé de la gare abandonnée et des photos que j’avais prises. Immédiatement son associé me parla d’une clinique fermée il y a peu qu’il connaissait de son fils.
C’était au détour d’une phrase mais le temps de recherches pénibles sur internet j’ai mis le doigt sur celle dont il parlait. Le samedi en début d’après-midi j’ai chargé mon appareil, ai embarqué une lampe de poche et mon trépied, et suis parti en direction de la clinique de la Villa Madeleine.

Contrairement à beaucoup de lieux abandonnés que j’ai visités, celui-ci n’est fermé que depuis trois/quatre ans ce qui en fait un lieu encore « frais » si je puis dire. Évidement sans surprise, tout est pourtant déjà ravagé à l’intérieur.
L’entrée fut plus difficile que prévu, en partie parce que depuis Street View j’avais repéré un muret par-dessus lequel je comptais passer. Sauf que les photos de Street View, mine de rien, elles sont prises de haut. Du coup je me suis retrouvé face à un muret légèrement plus grand que ce à quoi je m’attendais. Après quelques minutes d’escalade, j’ai trouvé une faille dans les grillages placés en enceinte autour de la clinique, et suis passé par l’entrée secondaire.






Le Serpent et l’Arc-en-ciel




No Mercy

Ghosts IV



Poltergeist
















Globalement, non pas que ce soit décevant, mais le lieu était trop neutre pour que j’en tire vraiment des photos correctes. Neutre au sens où quasiment tout avait été vidé avant fermeture, et ne restait que d’innombrables pièces vides. Alors que ce que je cherche dans un lieu abandonné ce sont des objets laissés en plan, des témoignages de bouts de vie, des traces du passage de quelqu’un. Ça mais pas de longs couloirs débouchant sur des chambres vides.
Heureusement, sur l’assez grande superficie de la chose (j’ai passé un bout de temps à tout visiter), il y avait pas mal de tags sympa et de petites choses qui valaient quand même le voyage. Et puis merde, rien que pouvoir voir ce qu’il y a derrière toutes les portes « Accès réservé au personnel », ça n’a pas de prix.

Le moment le plus intense de toute ma visite, a sans doute été à la fin. En fait il faut comprendre que le trépied que j’utilise, j’ai une fâcheuse tendance à des fois le poser, prendre une photo, et repartir en oubliant de le reprendre. Et au moment d’enfin sortir de la clinique à six heures, quelqu’un qui passait devant m’a dit de me méfier étant donné qu’il habite juste à côté et qu’à six heures et quart systématiquement des mecs s’arrêtent juste devant et vont dans la clinique pour faire leur deal. Il me dit que la police a déjà fait une intervention – pointant du doigt la grande bande Police Nationale qui entoure l’entrée et que je n’avais pas vue – mais que les mecs après un temps de battement ont continué à utiliser l’endroit.
Bref il me stresse un peu, ce après quoi je continue à marcher vers ma voiture et, vous l’avez deviné, en reposant l’appareil dans mon sac-à-dos j’y constate bien évidement que le trépied n’y est pas.

Je me retourne et comprends donc qu’il est dans la clinique. Plus précisément, quelque part dans la clinique et ses cinq étages, quelque part au milieu du bordel et de la cinquantaine de chambres et pièces et blocs. Je crois que jamais en un quart d’heure je n’ai autant speedé à monter et descendre des escaliers, à ouvrir chaque porte et à retourner chaque pièce de plafond. Vous allez me dire, « Il suffisait de se rappeler de ta dernière photo prise et voilà ». Sauf qu’avant ça j’avais déjà passé une bonne demi-heure à retrouver LE PUTAIN DE CACHE de l’appareil tombé de ma poche, demi-heure pendant laquelle j’avais donc déjà retourné la clinique et où j’aurais pu poser le trépied n’importe où.
Au final je l’ai retrouvé, au dernier endroit où je l’y aurait cherché : sur le toit. Je me suis dépêché de sortir comme si le Tank arrivait derrière moi (parce que oui, l’ambiance était très No Mercy) et je me suis enfoncé dans ma voiture. Je suis rentré chez moi, j’ai pris une douche, j’ai récupéré mes photos.

Un samedi comme les autres.

Le Cimetière des Éléphants

Jeudi 10 juin 2010

Malgré ma grandissante volonté d’aller de plus en plus loin pour prendre des photos, force m’est de constater que je commence à manquer d’idées dans les alentours. Il faut comprendre que mon désir profond en matière d’image – que ce soit au niveau du sujet ou de l’esthétique même de ce que je prends – ce sont les diverses friches industrielles et lieux abandonnés qui peuplent la France. Le problème, c’est que je suis tombé sur la pire région du pays pour ça, considérant que le nombre de friches sur la Côte d’Azur avoisine le zéro absolu.

Dans ma détresse et soif de rouille j’en suis donc réduit à gratter les fonds de tiroirs, et à repousser les limites des endroits où je m’autorise à aller pour mes séries. Parfois le résultat est satisfaisant, et d’autres fois je termine mon week-end avec globalement le sentiment de m’être fait chier. Je marche des heures sous les foudres de l’été et les vastes ombres ciselées qu’il projette, pour au final ne repartir qu’avec deux trois photos qui – sans qu’elles soient mauvaises – ne sont pas ce pour quoi j’ai saisi mon appareil.
De plus en plus je considère l’idée de partir loin dans mes expéditions, beaucoup plus loin. Aller chercher ces lieux abandonnés plutôt que de me rabattre sur les dessous de ponts qui viennent à ma rencontre, mais ma plus grande crainte, celle de rouler des heures pour rien, m’en retient plus qu’autre chose.

Alors certes, je ne nie pas que parfois je tire des choses de mes balades, j’ai rencontré un tunisien qui vivait dans un bus d’une casse que j’ai visitée. Il m’a entre autres parlé de comment il avait été ouvrier sur le stade de Nice (oui ça ne s’invente pas ce genre de rencontres). J’ai aussi eu la chance (wat) de marcher jusqu’à me perdre dans les égouts de Cannes, ne me demandez pas comment. J’ai fini par déboucher sur la plage à un moment, sur le coup c’était… particulier comme expérience.



Arachnide





Le cimetière des éléphants























À part ça, j’ai commencé mon grand tri de ma bibliothèque Lightroom, préparatoire à ma fresque, et plusieurs choses me sautent aux yeux. Principalement en fait, à quel point je peux détester certaines de mes séries, la pire de toutes étant sans aucun doute la sur-saturée/sur-contrastée Lame de Fond et son traitement à s’arracher le visage. Je n’ose pas prétendre devant vous m’être complètement séparé de ça, mais en tout cas à mes yeux j’ai fait énormément de chemin entre mes débuts il y a trois ans et maintenant. Après, il me reste quand même 310 photos à trier et ça, c’est super déprimant.

J’ai déjà quelqu’un qui m’a proposé d’aider à trier les photos (polioman) et si d’autres personnes veulent se joindre, toute aide est la bienvenue. J’attends déjà d’avoir fait un premier tri mais bon, voilà.