out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour mai 2010

Katrina

Lundi 24 mai 2010


Katrina



Dissension





Dawn of the Dead







WHAT DO YOU GUYS WANT, IM A FUCKING MAGPIE

It was always you Helen



Parce que du Fabe sur un mur ça ne s’invente pas








Ces derniers temps, après avoir bougé un peu mes sets sur Flickr j’ai remarqué que j’avais bouclé une année entière de photographies. Et sur un coup de tête, je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de revenir en arrière sur ce que j’ai fait et voir ce qu’il y a à en retenir niveau images ; prendre la ou les meilleures images de chaque série et en faire une sorte de best-of, quitte à imprimer les photos choisies. Ce qui me manque actuellement c’est ça, j’ai beaucoup d’images mais rien de concret à toucher et sur mon mur ne se trouvent que des vieilleries parce que comme tout maintenant passe par le PC je n’ai plus de photos à vraiment y accrocher et ça me manque.

Mon projet c’est de faire une énorme fresque, idéalement dans le style de l’image au-dessus mais peut-être avec une sorte d’idée d’ensemble comme un genre de dégradé par couleur ou contraste. Je posterai ça si je le fais un jour.
En tout cas mon premier objectif c’est de trier mes photos, toutes mes séries ont des images qui varient (selon mon point de vue je précise) de très bon à médiocre, il faut donc que j’écrème tout ça pour n’en garder que les images qui valent d’être imprimées. Si quelqu’un veut filer un coup de main ou apporter un point de vue externe, je suis à vous. Les stats de Flickr me sont inutiles : si je me fie à elles les seules photos valables sont celles où il y a une fille dessus (srsly u guyz, SRSLY).
Évidement je fais ça parce que la photo est une part importante de ce que je fais, pas par prétention, je fais pas une expo, juste… j’aimerais bien pouvoir avoir sous les yeux mes photos plutôt qu’elles pourrissent dans un coin de mon disque.

Overground in joy in clouds sunlit
Snow untouched make pure silhouette
Catches steam grass and dew
Rays not harm the upward gaze

Hosts bring out a game of openfields on the box
Watch the guests who bring the heat of outside
Flags of faith for boundaries to fight
The young so wise before their time

Dans mon article précédent j’abordais en introduction mon intérêt pour les groupes qui, de manière presque naturelle, transcendent les genres et les unifient dans un style qui leur est propre. Dire cela sans à un moment ou à un autre aborder ce qui fut l’une de mes meilleures découvertes de ces derniers mois, ce serait presque une insulte à cette série d’articles. À vrai dire, droit aux côtés d’Opeth sur un graphique en fumée de ce que j’ai écouté par semaines, j’ai même amoureusement nommé « Le gouffre Archive » la période pendant laquelle j’ai été absorbé par leur musique.

Histoire de tout de même définir un peu leur style malgré les phases qu’ils ont traversées, on peut dire que dans les grandes lignes Archive est un groupe qui s’assemble autour de genres tels que trip-hop, hip-hop, pop rock ou encore rock alternatif et progressif. Pour saisir la raison d’un tel assemblage il faut en fait comprendre que même si leur nom est resté le même, Archive décrit plus concrètement un ensemble d’artistes étant au fil des années venus s’articuler autour des deux piliers du groupe : Darius Keeler et Danny Griffiths, tous deux musiciens et compositeurs, avec pour armes de prédilection synthé, samples et pianos. Toutefois, s’il est intéressant d’aborder ce groupe c’est non pas pour chacune de ses phases — qui indépendamment les unes des autres ne mériteraient peut-être pas un tel article — mais plus pour la manière dont toutes ont influencées la suivante de manière subtile ou non, faisant ainsi de leur style actuel le résultat d’un parcours et d’un ensemble d’expériences musicales.
La formation la plus récente du groupe, en place depuis environ cinq ans est à ce jour celle qui de leur histoire a duré le plus longtemps et donc peut être définie comme sa version plus ou moins définitive, à moins d’une soudaine refonte du line-up.

The risking obelisks stands stable in the skyline
You will find icon is symbol and symbol is sign
Higher aspect looking down over the horizon
The cloud nine zero back down to the ground

Skyscraper you will never feel
What it’s like to be, or how it seems to me
Its all man-made material
Scribbled down by the architect

Du plus loin que l’on puisse remonter, Archive est à l’origine un groupe de trip-hop sombre fondé en 1994 sur les cendres de Genaside et composé à ses débuts de Roya Arab et Rosko John au devant de la scène. Proche musicalement de groupes tels que Massive Attack, le premier album intitulé Londinium se distingue du reste par un mélange de hip-hop pur et de trip-hop dans des proportions qui par la suite ne seront jamais retrouvées dans le reste de leur discographie. À peine leur album sorti, le groupe se sépara pour « différences de point de vue » (on la connait celle-là). Roya Arab partira définitivement, et Rosko John reviendra dans la troisième phase du groupe à une place toutefois moins importante que ce sur cet album début.

Londinium est peut-être, avec Take My Head, un des albums les plus méconnus de la discographie du groupe. Cette première phase qui englobe leurs deux premières sorties est en fait concrètement celle qui s’est la moins ancrée dans l’histoire du groupe. À l’heure actuelle la plupart des gens qui écoutent Archive le font soit pour toute leur période rock alternatif/progressif menée par Craig Walker, soit pour la période trip-hop/trip-rock qui définit aujourd’hui Archive et ses nombreux membres, soit pour les deux. À part en ayant connu ces deux premiers albums à l’époque où ils sont sortis, il est vraiment rare d’entrer dans Archive par leur biais tant ils semblent être les vestiges de ce qu’à un jour été ce groupe sans que leur style actuel ne s’y retrouve réellement.

Take My Head qui suivit Londinium prend une tournure complètement différente en prenant pour figure Suzanne Wooder et en adoptant un style foncièrement plus pop-rock et léger. Très loin de l’atmosphère assez pesante, sombre et feutrée de Londinium, on y retrouve tout de même dans les mélodies des éléments propres à Griffiths et Keeler, mais le changement de ton est impossible à ne pas ressentir. Sans que cela soit un mauvais album, ce n’est pas un album qui m’a particulièrement marqué dans l’histoire d’Archive. Ce la reste un album qui s’écoute, mais sans doute du fait de cette séparation trop brutale tant avec ce qui a précédé que ce qui allait suivre, je n’y retourne pas régulièrement. Pour être franc, même de l’aveu des membres actuels c’est l’album dont ils sont avec du recul le moins fier.
Cet album sorti, Suzanne Wooder partira à son tour du groupe, laissant la porte ouverte à une nouvelle refonte d’Archive qui sans que personne ne le sache sur le coup, fut l’une des plus importantes pour leur histoire.

We teach your your children
We nurse you back to health
We act on your behalf
You’ll see us on TV

We are the law

Après un hiatus de quelques années, Griffith et Keeler recommencèrent à travailler sur un nouvel album et se mirent en quête d’un chanteur : demande à laquelle Craig Walker vint répondre. Ensemble ils se mirent à composer et mettre sur pied une nouvelle étape dans la vie d’Archive, considérablement éloignée des racines électroniques et trip-hop du groupe, versant dans un rock alternatif et progressif beaucoup plus franc. C’est ainsi qu’en 2002 sortit You All Look the Same to Me, un des albums qui commença à créer leur renommée à travers l’Europe et ce principalement grâce à une piste qu’en toute franchise il serait impossible de ne pas citer dans tout article sur Archive : Again. Pour mieux saisir les choses dans leur contexte, concrètement Again est à ce groupe ce que Stairway to Heaven est à Led Zeppelin — une piste signature, complexe et riche, caractéristique du style alors actuel du groupe. N’en déplaise à ceux qui n’ont jamais aimé cette piste, si Archive disparaissait à cet instant précis, une des choses qu’ils laisseraient en héritage serait Again.
Alors plus clairement en quoi consiste cette piste ? Again est un morceau de rock progressif de dix-sept minutes en trois/quatre parties, globalement décrit comme un lent crescendo en deux temps, une chute brutale vers une couche vibrante de basse, puis une subite reprise orchestrale qui envole le morceau. Le tout porté par des éléments comme un harmonica embrasé dont le jeu a sans doute participé à signer le son type d’Again, ou le chant de Craig Walker à son apogée et qu’à ce jour en live les nouveaux membres d’Archive n’ont jamais réellement réussi à saisir.

Bien évidement il y a de nombreuses autres pistes sur cet album, et l’album suivant, Noise continue sur la même lancée (de manière moins progressive cependant). C’est une période du groupe qu’à des lieux on reconnait musicalement, tant ce flirt avec un son plus dénué de trip-hop ne fut jamais réemployé sur les albums qui suivront. Cette aussi une des périodes qui a participé à la renommée du groupe, qui a aidé à construire leur public et c’est ce qui fait que lorsque les albums d’après sont arrivés – après le départ de Craig Walker – tant de gens ont décrié le tournant que prenait Archive ; ignorant qu’il s’agissait en réalité d’un retour à ce qu’était Archive après une vaste parenthèse, aussi mémorable soit-elle.
Le groupe réalisa aussi la bande originale de Michel Vaillant mais j’avoue n’avoir jamais écouté cet album en particulier, ne sachant si je devais m’attendre à un véritable album où quelque chose de plus orienté et fait « sur demande », je ne suis donc pas vraiment en mesure d’en parler.

They’re telling me it won’t be long
The door is shut
The suits are on
Too bright to be day
To hurt anyway
Still there’s no view
No green, no blue

The headlights above
They don’t know love
You smile to please
I try to care

Après le départ de Craig Walker, en plein début de leur tournée Noise, il a alors fallu retrouver d’autres membres avec lesquels poursuivre l’aventure Archive. C’est ainsi de nombreuses personnes qui se mirent à rejoindre le line-up, dont Dave Pen, Pollard Berrier et Maria Q. Comme le dit Wikipedia, c’est à ce point qu’Archive perdit sa structure classiqiue pour devenir un collectif d’artistes. Pour autant, le premier coup d’épée de ce Archive nouvelle formule ne fut à mes yeux pas réellement un franc succès.
S’éloignant au plus possible de ce qui avait fait le succès du groupe, Lights replonge dans une ambiance beaucoup plus éléctronique et trip-hop, à l’opposé des deux albums précédents. Et à mon goût c’est ça qui fait que cet album n’est pas réellement abouti — ils ont tenté d’ignorer tout le parcours précédent plutôt que de le prendre en compte et en résulta un album qui de surcroît m’a semblé foncièrement trop éléctro (hormi une poignée de pistes). Ce par la présence de grosses basses, d’une voix modulée, et surtout de pistes au final pas des plus mémorables.

Ce que j’en retient à terme c’est une poignée de pistes, et un album que personnellement je ne conseille pas pour entamer Archive - je ne sais pas si mon avis partage une quelconque unanimité mais les deux/trois personnes qui ont commencé par Lights en ont tiré une image assez mauvaise du groupe alors qu’il y a au contraire beaucoup de choses à découvrir dans leurs albums.
Les pistes que je sauve sont pêle-mêle la piste éponyme Lights et ses vingt minutes progressives, plus réfléchies et plus posées. Voire encore d’autres comme Taste of Blood et sa rythmique acoustique qui arrive et contraste avec le reste de l’album, ou la très sombre Headlights.

So much writing on the wall, can you read it all ?
Can you see through the haze when the writing’s small ?
Can you read what it means, is it making sense ?
Because it’s all dollar, bills, and pounds, and pence

Telling you what to do and what pills to take,
When your head’s in your hands and your belly aches,
Where to go in the world when you need a change ?
Don’t you worry about the bill, that can be arranged.

Make me sad, make me sleep, make me question,
Give me things that can calm this depression.

Let me know what to do when my money’s spent,
Let me know how to smell and to pay the rent,
Let me know what to do when my hair is gone,
Let me know who to kill when the war is on.

Arrive enfin la fameuse période Controlling Crowds qui est leur plus récente évolution. Évolution vers quoi est-on en droit de se demander ? Tout d’abord même si précédemment j’ai dit qu’Archive revenait avec ces albums à un style plus trip-hop, ce serait mentir que de dire qu’ils portent la moindre ressemblance avec Londinium. En réalité ces deux derniers albums sont les témoins d’un trip-hop oui certes, mais beaucoup plus sombre, revendicatif et solennel, porté par symphonies et chœurs, et surtout les pistes dans leur construction n’ont plus rien à voir tant avec Lights qu’avec Londinium. Sur Controlling Crowds se retrouvent au contraire les structures progressives qui par le passé on fait connaître le groupe, avec des morceaux qui se mêlent et se suivent dans leur déroulement.
La pluralité des chanteurs au devant du désormais « collectif » Archive a aussi beaucoup influé sur leur son ; loin de retrouver une même voix sur toute la durée de la chose, se mêlent au contraire comme dit précédemment Dave Pen, Pollard Berrier. Maria Q elle, prend de l’assurance et est beaucoup plus présente dans cet album notament avec des pistes comme la longue Collapse/Collide sur laquelle elle démontre toute sa capacité de chant. On retrouve aussi Rosko John de Londinium qui rejoint le line-up et apporte une partie hip-hop qui – ainsi mêlée au son froid de Controlling Crowds – prend de toutes autres teintes que sur l’album début d’Archive.
Beaucoup (ironiquement) critiquèrent l’aspect pas assez rock alternatif de cet album, par la non présence de guitare, remplacée par les glacials synthés et pianos de Lights. C’est au contraire à mes yeux une preuve forte d’un renouvellement et d’une évolution et en toute franchise à mes yeux Controlling Crowds fait partie des meilleurs albums d’Archive à ce jour. Résultat d’un long parcours duquel il a emprunté un peu de chaque album.

Décomposé en trois parties, Controlling Crowds vit sa suite et fin sortir dans un album à part sous le nom de Controlling Crowds IV (ce qui ne manqua pas de dérouter pas mal de gens). Pour autant qu’il en partage le nom, ce nouvel album s’oppose en revanche à son prédécesseur par une musique beaucoup moins progressive et plus riche en sonorités et style. D’une certaine manière, il est un peu ce que Noise avait été à YALTSTM : un prolongement et développement d’un album important dans l’histoire d’Archive. Et même si l’on reconnait de loin la patte que le groupe arbore désormais, on la retrouve ici enrichie.
Il n’y a pas vraiment moyen de savoir ce qu’adviendra ce groupe, s’il continuera à étendre le nombre d’artistes qu’il abrite, si au contraire il subira une nouvelle refonte dans les années à venir, etc. Toujours est-il qu’en l’état Archive est un groupe à l’histoire bien remplie qui a su apprendre de ses expériences pour se forger un son caractéristique, souvent rattaché au trip-hop alors que peu de choses au final les en rapproche.

Run through acres morphing shape shifters,
Lift the lid and give a wide berth,
The earth not a million miles away,
Minor detail as I put it in another way,
To the latter day,

Burning out your retina, pitch black envelopping,
Hells fire developing heat,
Skin crawling up you swear blind,
The cruel and unkind advance ; you’re running out of time

La liste de lecture qui accompagne cet article dévie un peu de ce qu’on attendrait, en fait pour être franc j’ai voulu aller à l’opposé de ce qu’on penserait d’une liste Archive, et ça excluait ouvrir sur Again. Plutôt que de mélanger les aspects du groupe en une sorte de medley quelque peu anarchique et qui se serait révélé incohérent, j’ai décidé de reprendre mon concept de phase et d’ainsi diviser Archive en ces trois styles que le groupe a accueillis, le tout lié en toile de fond par la patte si perceptible de Keeler et Griffiths.
Ainsi sous le couvert de cette playlist, ce sont plus concrètement trois listes et de fait pour le coup il est vraiment crucial de ne pas se forger d’opinion trop tôt tant par exemple la première partie s’oppose véritablement à la dernière.

— When Your Head’s in your Hands —
Controlling Crowds (de Controlling Crowds I)
Quiet Time (de Controlling Crowds I)
Collapse/Collide (de Controlling Crowds II)
Headlights (de Lights)
Taste of Blood (de Lights)
Pills (de Controlling Crowds IV)
Thought Conditionning (de Controlling Crowds IV)
The Feeling of Losing Everything (de Controlling Crowds IV)
Lights (de Lights)

— Your Darkness My Light —
Headspace (de Londinium)
Rest My Head on You (de Take My Head)
Nothing Else (de Londinium)
So Few Words (de Londinium)
Take My Head (de Take My Head)
Interlude : Love in Summer (de Take My Head)
Skyscraper (de Londinium)
You Make Me Feel (Spectre) (de Take My Head)
Clouds in the Sky (de Take My Head))
Organ Song (de Londinium)

— In This Noise Colder —
Again (de You All Look the Same to Me)
Waste (de Noise)
Junkie Shuffle (de The Absurd)
Absurd (de The Absurd)
Fuck You (de Noise)
Noise (de Noise)
Fool (de You All Look the Same to Me)
Numb (de You All Look the Same to Me)
Calling (de The Absurd)

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Mai 1965

Mercredi 5 mai 2010

Sans doute dois-je manquer de chance, mais à chaque fois que j’y vais il pleut.




























C’est sans doute un peu plus évident à chaque article que je fais, mais je me rends compte progressivement de cette intérêt que j’ai pour la désolation dans mes photos ; pour autant que j’apprécie prendre de vastes paysages, rien ne me satisfait plus qu’un bâtiment en ruines dressé hors du sol avec la grâce d’une épave hors de l’eau.
Je pense que ça vient d’un ensemble de facteurs, mais sans doute principalement déjà du fait que je suis fasciné par le passé, par comment les gens vivaient vingt, cinquante, cent ans avant moi et ce à quoi leur quotidien et le monde ressemblait réellement par-delà les filtres sépia et les grandes dates. En découle ma démarche de prendre en photos friches et lieux intemporels — j’ai toujours l’impression de ne pas seulement capturer un quelque lieu mais d’emporter avec moi les mille milliers d’histoires muettes qui en formes et couleurs transparaissent d’elles-mêmes dans l’image finale. Cela explique aussi mon utilisation (sans doute abusive j’en ai conscience) de virages bleus et verts, ça donne au tout un cachet qui extirpe l’image du contexte présent et la place inconsciemment dans le passé. Sans vraiment que cela soit une époque définie, j’ai simplement l’impression que mes images ont l’allure d’images de décennies bien avant nous, et secrètement j’aime ça.

Ça m’a fait plaisir de revoir là-haut des gens que je voyais chaque semaine quand j’étais gosse, et que maintenant j’ai progressivement perdu de vue malgré moi. Certains en sont méconnaissables, d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes – l’endroit pour sa part est visuellement resté ancré dans son époque et ce sans doute pour longtemps encore.
Le concert du samedi était sympa, variait selon le public visé et même si ma nuit blanche de la veille m’empêchait de vraiment apprécier quoi que ce soit à deux heures du matin, j’ai passé un bon moment. La seconde journée était beaucoup plus destinée à la génération d’avant (voire celle d’encore avant), à coups d’accordéons et de long diner dans des tentes sous la pluie… au final le moment le plus mémorable fut celui de m’échapper avec un pote pour prendre un plan large du hameau en grimpant à une colline un brin raide.

Sur le chemin du retour je me suis arrêté plusieurs fois pour prendre des photos, même sous la pluie. Ce sont de longues rouges étroites et sinueuses, où je souvent je roule seul – pas une voiture à des kilomètres à la ronde, ce pendant une heure de route. Personne n’est là pour se soucier de si je m’arrête en plein milieu pour prendre la montagne embrumée d’en face, et ça ça n’a pas de prix. Je crois que j’ai tellement traîné dans les villes et petits villages de l’immédiate côte que partir loin m’enfoncer entre les montagnes est juste ce qu’il me manquait pour dépoussiérer mon appareil.
Ça fait cinq mois que je n’avais rien photographié, ça m’a quand même fait plaisir de m’y remettre et dans le fond malgré moi je sais que ça me manque.