out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour avril 2009

Schkrvlam

Lundi 27 avril 2009

La pluie, un virage, un camion. Seuls absents au rendez-vous : mes freins qui ont préféré me dire d’aller me faire foutre et de se bloquer.

Je vais bien, même si j’ai super mal à l’épaule (eh oui, pas d’airbag).
Ma Clio, elle, a été raccourcie de deux bons mètres de capot. Elle marche beaucoup moins bien.

Les choses mortes

Samedi 25 avril 2009

Il y a un peu plus de deux ans de ça, j’ai pris cette photo-là, d’une maison abandonnée pas loin de chez moi, près du village. Je n’ai pas vraiment de souvenir d’une époque de ma vie où cette maison a été habitée, seulement ma mère me racontant que c’était une très belle maison avec des vitraux magnifiques et un superbe jardin et que c’est vraiment dommage qu’on l’aie laissée là à l’abandon.

D’après ce que j’ai compris elle a été habitée jusqu’aux années 80 et ensuite a été quittée. Le jardin, ses palmiers et ses rosiers, se sont transformés en une véritable jungle où il est difficile de faire deux pas. Le bâtiment lui-même transpire le manoir hanté par tous les pores de sa façade, même si personne n’y est jamais mort.
Concrètement d’aussi loin que je me souvienne à l’école primaire pour nous tous c’était déjà « la maison hantée » — pas parce qu’elle l’était, mais parce que rien qu’en jetant un regard on se sentait mal à l’aise face à ce qu’on peut entre-voir de l’intérieur de l’ex « Maison Rose ». Des meubles renversés, des fenêtres cassées, le papier-peint brûlé, des journaux qui recouvrent le sol sur au moins vingt centimètres, et j’en passe…

Ça fait pas mal d’années que j’ai cette curiosité pour cette maison à chaque fois que je passe devant. Bien sûr il est strictement interdit d’y entrer et tout est soit cadenassé soit bloqué naturellement par des branches qui ont poussé depuis. Cela dit, ça n’a jamais empêché des ado d’y rentrer et il est très facile d’escalader la grille pour y aller.
Alors, curieux, j’ai pris mon appareil, et j’ai escaladé.




































Certaines photos sont assez floues, j’ai eu énormément de problèmes de luminosité à l’intérieur, forcément. Dans l’ensemble tout était très impressionnant ; la maison compte trois étages avec une dizaine de pièces par étages, tout est laissé à l’abandon, renversé, jeté.
Il y a vraiment un amas irréel de journaux, magazines et livres, éparpillés partout dans le premier étage. Ça mélange un peu toutes les époques, c’est un peu troublant de se demander comment autant de journaux ont pu arriver là. Même chose au premier, des vêtements strictement partout dans les chambres, éparpillés dans d’énormes tas.

Beaucoup d’endroits sont obstrués, l’escalier qui mène aux étages par exemple est étouffée de meubles et d’objets en tous genres, j’ai dû en retirer et escalader le monticule pour aller au-dessus. Accessoirement tout a failli s’écrouler quand j’ai voulu redescendre pour sortir.
La cave est au bout d’un petit couloir complètement sans lumière dans lequel j’étais littéralement mort de peur, avançant à coups de flash comme dans les films. Résultat : l’escalier qui descend à la cave est lui aussi bouché par des meubles. Ce qui m’arrangeait étant donné que pour rien au monde je ne serais descendu dans la cave de cette maison.
De même que je n’ai pas osé monter l’échelle du grenier qui me tendait les bras, par crainte que le plafond ne soit plus en bon état et aussi parce que merde, l’échelle était en équilibre sur une table elle-même calée par des vieux livres, et bon, je tiens à ma vie.

Comme dans tout lieu abandonné, la Maison Rose a évidement son lot de tags, de bouteilles cassées, et j’en passe, mais tout se concentre essentiellement dans le vaste salon du premier, j’ai l’impression que personne n’a jamais vraiment été dans les autres étages. Je suppose que pour l’amour du risque tous y ont été la nuit, dans ces conditions moi non plus je ne serais pas monté plus haut.

Le jardin est à l’image de la maison : en plan depuis trente ans, complètement bouché de tous les côtés. On peut difficilement s’y frayer un chemin et ce qu’il reste du portique de jardin est somme toute assez maigre. Et, et voilà.

Cela fait pas mal de temps que la mairie parle de tout rénover, mais le travail est tellement monstrueux que ces derniers temps ce qu’on entend plutôt c’est que tout sera rasé. Alors, quitte à ce que ça soit fait, j’ai préféré m’aventurer à l’intérieur au moins une fois dans ma vie avant que tout ce chaos « mort dans le temps » disparaisse pour de bon.

.random

Samedi 18 avril 2009

Aujourd’hui il pleut, que dis-je, il grêle, je ne peux donc pas sortir aller faire des photos. Du coup je sors les fonds de tiroir et les raclures de corbeille. Ci-dessous, trente images qui n’ont jamais fait leur chemin jusqu’un album, parce que pas assez bonnes, parce que doublons, parce que déjà trop de photos dans une série, et j’en passe

La plupart méritent leur place, mais je pense que certaines vaudraient d’être sauvées de la noyade, alors… à vous de me le dire. Si vous en avez certaines que vous garderiez, certaines que vous supprimeriez, prononcez-vous maintenant, ou taisez-vous à jamais /o/

Image seule

De la session « Journée à Nice »

De la session « Journée à Nice »

De la session « rue.ruelles »

De la session « Prypiat »

Image seule (« Explosion »)

Image seule

De la session « Prypiat »

De la session « Ravine »

De la session « Journée à Nice »

De la session « rue.ruelles »

De la session « rue.ruelles »

De la session « Journée à Nice »

De la session « 9831YJ06 »

De la session « Journée à Nice »

De la session « 9831YJ06 »

De la session « Prypiat »

De la session « Prypiat »

De la session « Prypiat »

De la session « rue.ruelles »

De la session « Journée à Nice »

De la session « Journée à Nice »

De la session « Journée à Nice »

De la session « La Trace et l'Empreinte »

De la session « rue.ruelles »

De la session « 9831YJ06 »

De la session « Journée à Nice »

De la session « 9831YJ06 »

De la session « 9831YJ06 »

De la session « 9831YJ06 »

Prypiat

Dimanche 12 avril 2009

Je ne peux pas vraiment dire que cette journée ait bien commencé — en plein samedi de pâques c’était bouchon et compagnie, et j’ai eu un mal de chien à me garer quelque part pour aller faire des photos. J’ai tourné-viré, me suis tapé une bonne heure d’embouteillages, et puis je l’avoue j’étais parti sans savoir où j’allais sévir avec mon appareil. Le temps était pourri, il n’y avait pas un chat dehors, le vent soufflait comme pas possible et me faisait trembler dans mes prises de vue, bref.

Je me suis garé sur une petite place à l’arrière du centre commercial et de là j’ai marché, marché et remarché, pendant six heures, avant de rentrer chez moi, tête et carte mémoire pleines d’images.
Je me suis perdu à pas mal de moments, c’est un des problèmes lorsque l’on part en aveugle dans un coin et qu’on a un sens de l’orientation pourri. Surtout quand comme moi on a tendance à passer par-dessus grillages et barrières pour au final atterrir un peu n’importe où.

Pas mal de lieux abandonnés, l’immense propriété avec les voitures laissées à rouiller entre les hautes herbes, l’espèce de hangar désaffecté, des arrières-cours où personne ne va, des ruelles, et même le dessous d’un pont en escaladant les espèces d’arches. En fait, dans l’ensemble pas mal de rouille, de fissures, de craquelures — on ne le remarque pas en vivant au jour le jour, en marchant dans les rues sans s’arrêter, mais posez-vous deux secondes pour regarder les murs et bâtiments qui vous entourent et tout s’effondre dans une pluie de saleté et décrépitude.

C’en est assez effrayant. Je me doute que personne ne pourrait tout repeindre sous une couche de neuf, mais il y a véritablement certaines visions qui sont à la limites du post-apocalyptique si l’on y pense.











































Les photos seront géo-taggées dans leur intégralité sous peu.

[Musique] Cold War Kids

Mardi 7 avril 2009

J’ai conscience qu’à à peu près chaque fois que je publie sur ce blog j’annonce mon article sur Buckethead, mais c’est tellement difficile de cerner le personnage et ses indénombrables albums qu’en attendant je préfère me consacrer à d’autres poissons, plus petits mais néanmoins intéressants : les Cold War Kids.

La musique du groupe dont je parle aujourd’hui n’en est pas pour autant plus facile à classer ; si je devais vous décrire assez brièvement leur univers, je ne pourrais m’empêcher de classer leur musique comme une musique n’appartenant pas réellement à notre époque. Sans vraiment se rattacher à une passé précis, il y a quelque chose chez eux, dans leurs morceaux, de beaucoup plus vieux que moi voire plus vieux que les Cold War Kids eux-mêmes.

Certes si l’on regarde les membres du groupe : un chanteur, une guitare, une batterie, une basse et un piano, on frôle le stéréotype parfait de la composition d’un groupe de rock. Maintenant ce qui est fascinant, c’est la manière dont ils se servent de ces instruments, dont ils en font « autre chose » que ce à quoi on s’attend.
Même la voix du chanteur, Nathan Willett que j’avais évoqué dans un autre article, est assez particulière. Vous comprendrez cela immédiatement dans les pistes d’exemple à la fin.
J’aime aussi particulièrement leurs pochettes d’albums, faites d’anciennes affiches déchirées et recouvertes, un peu à la Villeglé. Ça contribue à l’atmosphère particulière instaurée autour du groupe. À travers leur nom, leur musique etc. — on a vraiment l’impression d’être en présence de quelque chose d’à part, d’être pris dans une autre époque, et je trouve ça fascinant.

À ce jour le groupe a sorti un premier album en 2006, Robbers and Cowards, et un second l’année dernière, Loyalty to Loyalty. Et voilà, je n’ai pas réellement tant de choses que à dire, la meilleure chose à faire c’est de poser votre propre oreille sur leur travail et de vous faire un petit avis. Personnellement j’aime beaucoup, et puis merde, si c’est passé sur le blog de juke ça ne peut pas être foncièrement mauvais.

Étant donné qu’ils n’ont pas sorti énormément d’albums, je vais m’écarter de ma règle du « deux pistes par album » et étendre à trois pistes. De même qu’à l’accoutumée, je ne présente pas ces pistes comme un échantillon purement représentatif de leur travail. Ce serait même le contraire étant donné que je n’ai pas vraiment osé mettre leurs pistes les plus particulières sans quoi tout le monde serait parti. Il faut d’abord rentrer dans l’album et dans l’univers du groupe pour que ces pistes s’ancrent dans un tout cohérent et soient appréciées.
De fait j’ai choisi des pistes beaucoup plus classiques, ou tout du moins qui passeront mieux au premier abord.
Dans le désordre : Hospital Beds, Tell Me in the Morning, Golden Gate Jumpers, Hair Down, I’ve Seen Enough et Dreams Old Men Dream.

Si le lecteur Deezer ne s’affiche pas, la playlist est disponible ici. Cliquez sur le bouton Play à côté de la première piste et les autres suivront.

Découvrez Cold War Kids!

9831YJ06

Dimanche 5 avril 2009

9831YJ06, c’est la plaque d’immatriculation d’une vieille Citröen rouillée qui traîne sur un parking depuis le début de l’année. Chaque jour en bus je passe devant, et chaque jour je me dis que « Putain, il faudrait y revenir un jour avec un appareil photo pour la garder en souvenir avant que quelqu’un la bouge de sa place ». Cela faisait déjà quelques bons mois que l’idée me hantait, alors hier je me suis enfin décidé.

Les images qui suivent « vont et viennent » dans leur qualité. Je suis parti environ six heures, donc il y a beaucoup plus de photos que d’habitude… de fait j’ai aussi eu moins de motivation à les trier.
Bref, prenez ces images comme une sorte de tout, une petite fresque de ma journée. Si vous commencez à vous arrêter sur telle ou telle image, inévitablement certaines seront plus dispensables que d’autres, moins intéressantes, ou juste moins belles. Mais je ne sais pas, autant avant où je fonctionnais dans une logique de « photo unique » ça m’aurait dérangé, autant maintenant c’est différent. Je prends sept-cent photos, j’en garde quarante, et tant pis si dans le lot on pourrait en retirer, ces quarante là me plaisent en tant que tout, elles couvrent la totalité de ce que j’ai vu et ressenti, et c’est ce qui compte à mes yeux.















J’ai remarqué que c’est souvent en s’écartant de la route qu’on trouve des choses géniales, et encore plus lorsque c’est pour aller là où l’on a pas le droit. Je ne sais pas si c’est quelque chose qui m’est propre, mais lorsque je sors faire des photos je prends un plaisir malsain à aller les prendre là où je n’ai pas le droit. Allez savoir, j’ai l’impression que c’est là qu’est le meilleur, derrière les grillages, par-dessus les chaînes. On défait les fils de fer qui tiennent les grilles et c’est tout un monde qui s’ouvre.
Je pense que ce qui m’attire aussi c’est que les endroits qu’on ferme et barricade sont souvent des endroits abandonnés, ou détériorés, et j’ai une sorte de fascination pour ce thème. Que ce soit d’un point de vue esthétique (la rouille, les tags, la peinture et le bois qui partent en lambeaux) ou d’un point de vue de l’atmosphère (les lieux quittés de vie, les meubles renversés, les vitres cassées).
C’est typiquement le genre d’endroit qui m’attire moi et mon appareil, et je suppose ne pas être le seul.

À part ça, je me suis fait accoster par quelqu’un pendant que je prenais mes barrières tordues. Il fait de la musique et aimerait que je fasse les photos de son groupe et des membres qui le composent. Si ça se concrétise ça peut être sympa, je vous posterai le résultat éventuellement.
J’ai eu pas mal de gens qui sont venus me demander ce que je prenais en photo et pourquoi je le prenais en photo, des gens qui restaient à me regarder faire. C’était à la fois marrant et un peu étrange — je suppose que ce ne sont pas forcément des coins qu’on vient souvent photographier.