out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Lie to Me

Lie to Me c’est la nouvelle série de la Fox qui a commencé il y a environ un mois. Nous en sommes au quatrième épisode pour l’instant donc il est difficile de juger réellement la série, cependant je trouve le thème qu’elle aborde assez fascinant alors je viens vous en parler, voir ce que vous en pensez.

Cette série met en scène le docteur Cal Lightman, joué par l’excellent Tim Roth que vous avez dû au moins voir dans un film (si si, M. Orange, lui). Il incarne un spécialiste du mensonge qui avec l’aide de ses trois équipiers aide à enquêter sur des crimes, des tentatives d’attentat, des témoignages et autres. Il n’y a pas forcément meurtre, son rôle est simplement d’aider en disant qui ment et qui ne ment pas.

Comment ? À l’aide de ce qu’il appelle des « micro-expressions », des messages envoyés par notre corps de manière rapide et incontrôlée. Il étudie votre regard, sa direction, les mouvements de votre visage, la gestuelle de votre corps, de vos mains, le langage que vous employez, sa concordance avec votre visage, les mots que vous répétez, ceux sur lesquels vous hésitez.
Bref, son rôle et d’attraper ces courts éléments d’une demi-seconde qui vous trahissent dans ce que vous tentez de faire croire aux autres.

Ce qui est intéressant maintenant c’est que, même si tout ça a l’air d’un gros bullshit inventé pour la série, c’est pourtant bel et bien vrai et notre cher Cal Lightman est basé sur une vrai personne, le docteur Paul Erkman qui est aujourd’hui conseiller sur la série. Le FACS (Factial Action Coding System) que l’on voit sur les images au-dessus existe bel et bien, et c’en est lui l’inventeur.

Repérer en soi les micro-expressions n’est pas une tâche difficile comme vous pouvez le voir sur ces exemples, ce qui fait de Lightman un expert c’est son esprit de logique et sa capacité à repérer et analyser ces expressions en un cinquième de seconde. En un sens, c’est un peu le House du mensonge — on reconnaît d’ailleurs une certaine influence dans la personnalité de Cal. Un personnage très blasé de ce qui l’entoure, lassé d’être encerclé de gens qui mentent comme ils respirent.
La dernière portion du premier épisode est d’ailleurs bien significative, lorsque sortant de son bureau il passe au milieu d’une foule et ne peut s’empêcher d’entendre les gens autour de lui enchaînant mensonge sur mensonge, jusqu’à la dernière seconde où il s’arrête.

« If you see this expression, it’s likely this person is about to attack someone »

Toutefois nous n’atteignons pas encore le degré de solitude d’un House. Même si Lightman est divorcé (qui voudrait vivre avec quelqu’un sachant à chaque seconde si vous dites la vérité ?) il a une fille dont il tente de s’occuper en lui laissant un brin de liberté et en feignant ne pas savoir lorsqu’elle ne lui dit pas la vérité.
Et dans le fond ce qui est marrant dans cette série c’est que de tous les personnages, Lightman est sans doute celui qui ment le plus souvent.
Parce qu’au final la série s’éloigne de manière assez conséquente de ce qui est devenu le modèle de base d’une série policière de nos jours. En gros, pas d’analyse ADN à toutes les sauces, pas de zoom x24 et d’amélioration de l’image à partir d’une caméra de surveillance, pas de balle en viande ou rien, ici on raisonne, on interroge les témoins, on les confronte, on recoupe les témoignages. Bref, c’est du policier à l’ancienne, si ce n’est qu’en plus de recouper les témoignages, ils doivent faire la part de ce qui est vrai ou pas, comprendre pourquoi un tel a menti sur tel ou tel sujet, etc.

C’est assez original, et jusque là je trouve que la série se tient bien. J’attends le prochain épisode jeudi.
La série est quand même traitée avec un brin d’humour. Les personnages sont amusants parce que tous les opposés les uns des autres. Son équipe est ainsi constituée de lui-même, du docteur Gillian Foster, son associée qui est tout son contraire (joyeuse, un peu enfantine voire naïve), Eli Loker qui par son travail a choisi de tout le temps dire ce qu’il pense et de ne jamais mentir (ce qui a le don de mettre les gens mal à l’aise, pour notre plus grand plaisir) et Ria Torres, une petite nouvelle qui elle n’a jamais fait d’étude mais fait partie des rares personnes sachant reconnaître un menteur de manière « naturelle ».

Cal LightmanGillian FosterRia TorresEli Loker

Comme vous pouvez le voir depuis le début, il y pas mal d’exemples à chaque fois, en particulier des extraits de discours de personnes politiques (Obama, Clinton, Reagan, Bush, Clinton, Sarah Palin, etc etc), ça fait toujours sourire.
On apprend pas mal de choses dans la série, par exemple que contrairement à ce que l’on croit, une personne qui vous ment vous regardera droit dans les yeux pour s’assurer que vous la croyez. Au final la série nous encourage beaucoup à voir nous même les microexpressions, et la série passe du statut de série où l’on regarde les parler à série ou l’on regarde comment les gens parlentv personnellement j’ai trouvé ça très interressant. :)

Enfin bref voilà, je dois y aller, je me dépêche de boucler l’article.
Et vous, qu’est-ce que vous en pensez de toute cette histoire de micro-expressions ? Quelqu’un a déjà un avis sur la série autre que moi ?

11 commentaires pour “Lie to Me”

  1. Waldeck dit :

    Même avis que toi.
    Ceci dit, les exemples servent un peu de caution à la démonstration et c’est un peu énervant à force.
    Pour ce qui est de Tim Roth, on l’a aussi vu dans Hulk (et dans Little Odessa) et sans doute dans plein d’autres trucs .

    Sinon, toi aussi tu vis aux States? Tu vis dans quelle rue, on s’est peut-être croisés

  2. ramone dit :

    J’ai commencé a étudier les micro expressions dans un cours sur le langage, mais étant donné que ma fac est bloquée j’ai eu que l’intro du cours. Il y a énormement de signes qui peuvent vous trahir. Quand on fait semblant de sourire par exemple, les deux cotés de la bouche vont avoir un micro-décalage et ne vont pas monter de manière synchrone. Le pire dans l’histoire c’est que les femmes sont bien plus apte à repérer tout ça que les hommes.

  3. divide dit :

    Sujet intéressant, je regarderai…

  4. Jaspion dit :

    La direction du regard est essentielle. Elle montre si la personne cherche dans ses souvenirs ou invente.
    Voilà pourquoi les forces spéciales, comme les SAS, sont entrainés pour maintenir un regard fixe durant un interrogatoire par l’ennemi.

  5. DrALban dit :

    Sur ce sujet(que je trouve vraiment intéressant), des pistes sur des bouquins ou de la doc à conseiller?

  6. Conradson dit :

    Je n’ai vu que le premier épisode, que j’ai trouvé somme toute assez moyen. Le postulat de départ, qui est “je peux savoir si vous mentez”, est relativement original, mais pas particulièrement palpitant pour suivre la série sur une saison.

    Reste donc les enquêtes, et dans le premier épisode, on prend un peut le téléspectateur pour un teubé. Les “micro”-expressions deviennent des “méga”-expressions, pour bien souligner si la personne ment ou non. Du coup on n’a même pas besoin de l’explication du spécialiste, tellement les traits sont forcés.

    Ensuite, je trouve les personnages trop stéréotypés, surtout Eli Loker, qui “dit toujours la vérité”, mais qui en fait dit surtout tout ce qui lui passe par la tête. Dire la vérité ne signifie pas dire tout et n’importe quoi. Si une femme à la poitrine généreuse me demande si je matte ses seins, je lui dirai la vérité en lui répondant “oui”. Mais si elle ne me demande rien, je ne vais pas l’aborder et lui dire “j’ai vachement envie de peloter tes nibards”.

    Peut-être que je regarderai plus d’épisodes plus tard. Pour le moment, dans le même genre de série, je préfère encore mater les The Mentalist, sachant qu’elle cherche pas du tout à être crédible (les enquêtes sont menées de façon totalement illogique), mais elle a le mérite d’être fun.

  7. Grendel dit :

    DrAlban : creuse au niveau de la PNL (programmation neuro-linguistique)

    J’aime bien cette série, même si le talent de Tim Roth est complètement sous-exploité. Reservoir Dogs, ça vous parle ? :)

  8. wut dit :

    Encore une série pourrie qui prend un concept (bancal, ça relève plus de la pseudo science, car on ne peut rien relever de vraiment détaillé de cette “science”), le sur-exploite complètement , l’exagère à fond et crée un systématisme qui fait que quand on a vu un épisode, on les a tous vus.
    Georges Chetochin en série, on en a ragé, la fox l’a fait.

  9. Anahkiasen dit :

    cool mec.

  10. moSk dit :

    @Grendel

    La PNL c’est quand même assez proche du charlatanisme…

  11. Manuuu dit :

    Je vais citer Ian McShane (qui va jouer dans Kings) car ça sied plutôt bien à Lie To Me : “The last thing I wanted to do was some network show that was simply a procedural.” A sa place, j’aurais même rajouté un fucking dans sa phrase.

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