out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour juin 2008

[Test] Prudence, Hordes

Mercredi 4 juin 2008

Cet article est long mais le jeu n’est pas des plus simples. Oh puis allez, il y a plein d’images.

Depuis début mars j’ai la chance de participer au beta-test du dernier né de la fameuse Motion Twin, cette société chaleureuse qui envahit Internet à coups de sites de jeux dont certains sont peut-être même déjà familiers à vos oreilles. Le blog de la MT proposait une maigre poignée de places et j’en ai profité… c’est de cette manière que pour la première fois j’ai été introduit à l’univers apocalyptique de Hordes. Rompant avec tous ses précédents projets, l’équipe s’est cette fois lancée dans la création d’un jeu beaucoup plus mature et immoral que ce qu’elle avait fait par le passé ; dites adieu aux lapins, aux Pioupiouz et autres ambiances bon enfant : Hordes débarque et compte bien vous apprendre la survie par la manière forte.

Le concept du jeu en lui-même est on ne peut plus simple, il s’agit dans l’idée de pousser le concept du jeu communautaire dans ses derniers retranchements. À votre inscription, le jeu vous place dans une ville de quarante joueurs. Tous les soirs à minuit, et pendant une demi-heure, une Horde de morts-vivants prend d’assaut la ville et tente de pénétrer dans l’enceinte pour dévorer tout ce qui bouge… et chaque soir la Horde est plus nombreuse et plus puissante. Ceux qui sont dévorés sur le fait se transforment à leur tour en zombies et se retournent contre vous ; si des cadavres de la veille n’ont pas été sortis dans le désert ils reviendront à la vie. Bref, ça n’est pas beau à voir… votre objectif sera donc de vous mobiliser et vous entendre avec les autres concitoyens pour récupérer objets et ressources en partant dans le désert, construire des bâtiments, s’armer et se perfectionner, palier aux ressources d’eau qui s’amenuiseront chaque jour. Il ne s’agit pas d’éradiquer la Horde, car sachez-le dès le début : dans Hordes tout le monde meurt, tôt ou tard. La seule chose qui compte, c’est survivre le plus longtemps possible.
Seulement, croire que les zombies sont vos seuls ennemis serait une erreur, et c’est là que joue toute la subtilité de Hordes. En prenant pour idée de départ de faire se côtoyer quarante personnes inconnues pendant plusieurs semaines, le jeu impose de vous entendre sans forcément vous connaître, sans forcément vous apprécier. Votre but sera de passer outre vos différends, et je vous le dis de but en blanc : c’est impossible. Vol, plainte, pendaison, exil seront votre quotidien et il faudra parfois défendre votre vie bec et ongles — bref, comme dirait les créateurs du jeu, « On n’est pas chez les lapinous ici ». Parfois même tout se jouera à des niveaux dont vous ne vous étiez pas méfiés : vous êtes bloqués dans le désert, minuit approche et vous lancez un appel à l’aide. C’est là que la ville vous répond que c’est bien fait, « Tu t’es gardé de la nourriture et des armes à toi tout seul au lieu d’en partager avec la ville ? Bien, tant pis pour toi, tu mourras ce soir ».

Car si Hordes place quarante joueurs ensemble, ça n’est pas pour que chacun fasse son mieux de son côté. Toutes les villes sont dotées d’une Banque, sorte de réserve où tous les joueurs peuvent poser et prendre des objets sans aucune contrainte. Vous trouvez une tondeuse à gazon dans un bâtiment désaffecté ? Et bien posez-la en banque et tout le monde pourra en profiter pour partir en expédition. Si en revanche vous la gardez chez vous pour votre usage personnel, les gens commenceront à jaser et il est fort probable que si vous ne répondez pas aux pressions des autres citoyens, vous serez pendu haut et court. « Soit tu aides la communauté, soit tu ne nous es pas utile ». Bien sûr c’est un extrême et dans une ville normale, si vous êtes assez habile pour mêler jeu solo et communautaire, personne ne viendra vous emmerder. Donner les ressources trouvées à la ville mais se garder une radio K7 chez soi, c’est une conduite largement tolérée. En fait, l’idéal est toujours de faire la nuance entre ce qui est vraiment à vous et ce qui est à la ville. Ce qui peut vous être utile et ce qui le serait aux autres. Prendre de la ferraille pour améliorer sa propre maison, c’est mal, parce que c’est une ressource rare. Sûr, si la Horde rentre, vous serez le seul à survivre grâce à votre bunker… d’un autre côté la ferraille aurait pu servir à faire des défenses et à empêcher ladite Horde de rentrer. C’est cette logique qu’il faut adopter pour durer dans le jeu.

Tous les objets trouvés le sont en sortant dans le désert qui entoure la ville, via une carte en flash ou je ne sais quoi. Le monde est découpé en 169 cases, variant du simple désert à toute une bardée de bâtiments qu’il faudra explorer et parfois déterrer lorsqu’ils ont été enfouis par les tempêtes de sable. Néamoins, les zombies arpentent quotidiennement le désert et pour fouiller dehors il vous faudra apprendre à ne pas vous retrouver encerclé par ces meutes de plus en plus nombreuses. Pour ce faire, chaque citoyen est considéré comme pouvant bloquer deux zombies, s’il s’en trouve trois sur la case, vous êtes bloqué. Vous pourrez soit demander de l’aide sur le forum, soit tenter de fuir et être blessé. Selon l’endroit où vous le serez, le jeu variera : une blessure à la tête rendra incompréhensibles vos messages, par exemple.
C’est pour cela que dès le jour deux, il est conseillé de ne sortir qu’en groupe, en organisant des expéditions via l’outil dédié du jeu. Forcément, plus vous êtes dans le groupe, moins vous aurez de chances d’être bloqué, et plus vous pourrez ramener d’objets. Le plus souvent au cours d’une expédition, vous vous arrêterez à un endroit sûr pour vous mettre en « fouille-auto » : le jeu fouillera alors la case toutes les deux heures même si votre ordinateur est éteint. Toutefois, au bout d’un moment la case sera jugée comme « Plus rien à fouiller » à jamais, et vous n’y trouverez que des ressources non traitées qu’il faudra remanier en ville via l’Atelier. Exemple : vous trouvez une bûche, il faudra la traiter pour en faire des planches.

Car dans Hordes, la construction et les ressources tiennent une place capitale. Le jeu compte des dizaines de bâtiments, allant de la défense, de la création de nourriture et d’eau, en passant par le confort et la facilité du jeu. Par exemple le Mirador donne une estimation de l’attaque du soir et vous permet de mieux vous organiser, la porte à pistons se ferme toute seule à 23h45 et évite qu’un con laisse la porte ouverte (exposant la ville à la TOTALITÉ de l’attaque de la Horde). Et évidement, il y a les Projets Insensés, sortes de Merveilles qui malgré leur coût exorbitant vous feront gagner de précieux jours en levant des défenses colossales : installer des barbelés autour de la ville contrera 9 zombies supplémentaires lors de l’attaque du soir, alors que bâtir la coûteuse « Fausse Ville » leurre non loin en détournera 180… c’est vous qui voyez. Mais sachez que ces 180 vous laisseront trois à quatre jours de repos et que ceux-ci seront parfois vitaux à votre survie.
Au final, le/les dernier(s) survivant(s) de chaque ville sont considérés comme des Héros pendant un certain temps. Durant cette période, ils disposent de pouvoirs spéciaux et pourront se spécialiser dans l’un des trois métiers qu’offre le jeu. Devenir un éclaireur vous permettra de vous déplacer camouflé dans le désert sans jamais être bloqué (mais la moindre action retire le camouflage), ou encore devenir Fouineur vous fera trouver plus d’objets et plus rares que d’habitude.

Enfin, pour la petite note : Hordes inclut un système de succès et de titres, donc tout ce que vous faites est répertorié dans votre « Âme ». Il ne faut pas croire qu’une fois que vous commencerez une nouvelle partie tout sera oublié : dans votre âme chaque joueur pourra tout savoir sur vous. Du nombre de jours que vous avez tenu dans chaque ville, au nombre de fois que vous avez utilisé un Vibromasseur.
Chaque jour de survie vous apporte des points de survie. C’est en fonction de ces points que seront créées les villes : si vous jouez bien vous serez avec de bons joueurs, si vous vous avalez du cyanure au jour un de chaque ville, vous aurez les concitoyens que vous méritez. Les villes ayant survécu le plus de jour sont visibles dans le classement au panthéon des villes légendaires.
Autre détail sur la survie : quand une ville se retrouve au bord du gouffre (moins de dix habitants) elle entre en mode Chaos. En gros, tout le monde fait ce qu’il veut, on ne peut plus pendre personne, chacun pour sa peau et que sauve qui peut. Ça parait être n’importe quoi mais concrètement sans ça, une ville de moins de dix habitants serait condamnée.

Sur ce, quelques petits conseils avant de vous lancer. La liste de ces conseils est énorme mais elle fera la différence entre un poids mort pour la ville et quelqu’un de remarquable. Vous trouverez la liste des conseils à cette page, faites-en bon usage.
Arrivons-en maintenant au cœur de la chose : les invitations. Hordes, de par son aspect « difficile à saisir » ne fait pas le jeu d’une ouverture grande et ouverte au public. J’ai en ma possession quelques invitations et pour les distribuer je me suis dit que ça serait marrant de faire quelque chose qui ne fasse pas trop « Les dix premiers qui posteront ». Donc, dans Hordes en bas de chaque page se trouve une citation tirée au hasard, dont quelques unes sont postées en exemple ci-après. Je vous demande donc d’imaginer à votre tour, vite fait, une petite citation ou phrase qui collerait selon vous au cadre de Hordes.
Les meilleurs auront une invitation, je préviendrai quand il ne sera plus la peine de se fatiguer le cerveau.
Exemples :
« Je sais, je sais. La bouffe est pas terrible mais au moins elle bouge pas quand tu croques dedans. »
« Le vieux Chuck a croisé la Horde, une nuit, il y a longtemps. Et il en est revenu. Sur le coup il a serré les fesses. Depuis, il ne les a toujours pas desserrées. »
« Mon chien, y-a pas à dire, je l’adore ! Il me défend et me distrait. Et puis si j’ai faim… »
« Sept minutes. C’est le temps qu’il faut à un de ces zombies pour te bouffer et ne laisser que quelques osselets derrière lui. Neuf à la rigueur si tu gigotes. »

Sur ce, on se retrouve dans le jeu !