out through the winter throat

out through the winter throat le blog de Anahkiasen.

Archive pour avril 2006

[Critique] Silent Hill, da film

Vendredi 28 avril 2006

Bon, j’ai été au cinéma aujourd’hui voir Silent Hill, comme prévu.
Allons droit au but, j’ai adoré. Les décors sont sublimes, l’histoire tient la route (disons que Gans a fait de son mieux pour la respecter et s’en sort plutot bien).
La musique de Akira est toujours aussi somptueuse, bien qu’on ai l’impression que Gans ai voulu en caser un maximum et que à chaque scène on a le droit à une musique, mais bon, ne nous plaignons pas quand celle ci permet de mieux plonger dans l’ambiance (je regrette quand même, en tant que grand fan des musiques Stairs of Fire, Promise ou Theme of Laura, qu’aucune n’apparaisse, pourquoi tant de cruauté ?).
J’ai été aussi un peu déçu par la fin, et par des révélations un peu lourdes de temps en temps, il faut dire que le monde de Silent Hill est assez complexe à expliquer à des personnes lambda, alors en plus en deux heures, le défi était osé.
Mis à part ceci, on regrette les apparitions de personnages parfois un peu inutiles comme celle de Lisa Garland (doute sur le nom) qui au final ne sert à rien, tout comme quelques autres.
Coté univers, on retrouve les lieux qui ont engendrés nos peurs : l’école de SH1, l’hôtel et l’hôpital de SH2 (avec les bubble-head nurse et Pyramid Head, s’il vous plait). Les transitions entre les mondes parallèles sont un chef d’oeuvre et le monde des Ténèbres et somptueusement réussi. Il retransmet à merveille l’ambiance glauque, malsaine et sale que dégage Silent Hill.
Le brouillard est assez réussi même si on a parfois une impression de “fond incrusté” en voyant une sorte de halo autour des personnages (on parlera alors de fond “pas très bien” incrusté) mais une fois remarqué deux trois fois pour le fond, on n’y fait plus attention et on se laisse perdre à son tour dans se brouillard omniprésent qui recele mille et une créature.
Parlons en des créatures ! Elles sont absolument fidèles aux jeux, effrayantes, et bigrement bien réalisées. On reconnaît en un clin d’oeil nos monstres mannequins, nos bonhommes contorsionnées dans leur enveloppe crasseuses, les bubble head nurses et leur mouvements saccadés, Pyramid head et sa gigantesque épée qu’il traîne en fardeau, les “enfants” de SH1, et nos habituels cafards qui grouillent dans Silent Hill 2. Bref, mille mots pour un, ils sont géniaux.
Alors on pardonnera aisément les libertés qu’a pris Gans pour tenter de fonder un scénario sur la base de la quadrilogie, et on appréciera le spectacle comme une sorte de “Silent Hill 5″, mixant habilement les personnages, les lieux et les histoires si proches et si éloignés de chaque opus. On notera d’ailleurs la ressemblance de Rose à l’héroïne de Silent Hill 3.
A noter que contrairement à ce que disaient certains en voyant l’interdiction au moins de 12 ans, non, Silent Hill n’est pas un film pour ado pré pubères, ça saigne dans Silent Hill (pas qu’un peu à certains moments), mais surtout ça choque par la violence qui n’est pas montrée, Cf. la scène devant l’église avec Pyramid Head ou d’autres dans l’Hôtel. Gans n’en fait pas trop, et c’est un geste appréciable. Bien que dans le final on sent une volonté de vraiment “faire du mal” aux méchants du film, aux détriments de scènes qui pourraient choquer les petits nenfants. Mais nous on est grand et consentent, on va pas se priver de profiter d’un peu de massacre en apothéose, pas vrai ?
Si ce n’est tout cela, on regrettera le sentiment de “flou” sur l’histoire (je sens que je l’ai déjà dit, et bien tant pis je le redis) qui existait dans les jeux. Ce sentiment de n’avoir rien compris après la fin du jeu, et qui bien sur aurait été massacré par les critiques si cela avait été transposé au film. Mais quand même, on perd une part de la philosophie de Silent Hill qui est d’un peu se perdre dans l’histoire tout comme le fait notre protagoniste dans le jeu, et de nous laisser tisser les bouts manquants.
En clair, Silent Hill est tout comme dit précédemment, l’adaptation de jeu vidéo la plus réussi qu’il m’ai été donné de voir, fidèle, somptueuse, avec un soupçon de défauts qui se noient dans des qualités indéniables qui les masquent habilement, comme le ferait un monstre au coeur d’une masse de brouillard.

[Dessin] Portrait qui date un peu

Samedi 22 avril 2006

En feuilletant mon carnet de dessin je suis retombé sur un vieux portrait que j’avais commencé et que je n’avais jamais eu la foi de finir. Et comme je n’avais plus aucune envie de le continuer j’ai vite fait un fond et une couleur au pull et j’ai scanné tout ça, histoire de m’en débarasser un peu.
Ca date un peu, et c’était plus pour faire mumuse qu’autre chose, à vrai dire, je ne l’aime plus vraiment ce dessin, alors je le poste ici. Si quelqu’un veux donner son avis, allez y !

Note : Les oreilles sont ratés, la trame du haut du crane aussi et j’en passe, je le sais tout ça :]

Chugworth Academy \o/

Jeudi 6 avril 2006

Plop !§
J’en profite histoire de faire une petite pause entre tant de texte (histoire d’aérer un peu quoi) pour vous parler de Chugworth Academy que j’ai découvert un peu au hasard (en fait j’ai cliqué au pifometre dans les liens de Concerned). Au début ça parait un peu longuet mais les personnages sont vites très attachants et j’aime bien l’humour des deux "Teh". On notera les commentaires boulzoresques de l’auteur, toujours en contraste avec ceux de l’autre auteur.
Le style graphique est très manga, et l’auteur se permet même quelques scènes un peu "osées" (autant en profiter, avec des personnages pareils), mais ça reste très gentil et c’est marrant à lire. C’est un peu comme se taper l’intégrale de Elftor le petit nain qui tue et qui viole, c’est horriblement long mais une fois qu’on est lancé, on clique tellement de fois sur "Suivant" parce que c’est prenant qu’on en oublierait presque d’arrêter.
Sur ce, bonne lecture o/

Note : n’essayez pas de lire en partant de la fin, vous ne comprendriez rien et il y a une continuité dans l’histoire.
(En plus vous sauriez à l’avance que Kiyoshi casse les jambes de Sally, ça serait dommage.)

La Chant des Sirènes

Mardi 4 avril 2006

Hop, il est l’heure, je rentre tranquillement du lycée semi-bloqué par des lycéens, eux mêmes bloqués par des policiers. Ne me demandez pas pourquoi ils le bloquent, vous devez sûrement déjà le savoir, et entre nous, on s’en fout complètement.
Voila le moment fétiche ou j’ouvre les portes de ma maison et ou j’arrive dans ma chambre. N’ayant rien d’autre à faire, et comme c’est devenu une sorte de rituel, j’allume mon ordi et part manger quelque chose le temps que ça s’allume (faut le ménager le pauvre, Grub est long à la détente). Quand je reviens mon Windows m’attends à bras ouverts (bah oui, vous croyez quand même pas que j’avais réussi à faire marcher le wifi sous Linux ?), et là c’est mon moment préféré, j’appuie sur les deux touches de mon clavier qui sont les rares "fonctions" que j’utilise. Elles en ont reçu des coups de doigts, elles sentent le vécu. La première lance Firefox, et la seconde ouvre mon dossier de musiques.

Par un souci de gain de temps, et pour d’autres raisons, je n’écoute jamais "une" chanson, j’ai tout organisé en playlists. Et selon mon humeur, ma période, mon euphorie à découvrir un nouvel album, j’en lance une. Et c’est devenu une sorte de marqueur dans le temps, chaque playlist commence par un son d’introduction, un mot, une phrase. Et en repensant par exemple à la musique d’introduction de Opera Puccino, je me rappelle soudainement les deux mois pendant lesquels j’ai décortiqué cet album. Des tas de souvenirs me viennent en tête et c’est ainsi que je me repère.
J’ai eu des périodes "IAM", des périodes "NTM", des périodes "FTK" (ahah, non lui je viens de l’inventer), et autres Lunatic que j’aime tant. J’ai l’air de vous déballer mes musiques pour "trop tous vous impressionner" mais ce n’est pas le cas, c’est juste les deux trois qui me viennent à l’esprit, là, maintenant tout de suite.

Et chacune de ces périodes, de ces "playlists", à une atmosphère qui lui est propre. Quelque chose qui vous passe par l’esprit lorsque les premières paroles viennent vous vider un peu la tête de toute votre journée harassante. On peut même aller plus loin, et se dire par exemple, Lunatic, c’est du bleu foncé et du vert saturé. Oui, j’ai l’air complètement fou en disant ça, mais vous allez mieux comprendre :
Chaque piste, a une atmosphère qui lui est propre, car elle évoque des lieux, des gens, milles mots pour un : un ensemble de couleurs. Et chaque album va alors se forger une teinte, qui à elle seule peut évoquer tout autant que toutes les paroles de ce même album.
Si on en avait le courage, on pourrait peindre la musique. Peindre des tableaux abstraits mélangeant ces couleurs, donnant des formes et des volumes qui évoqueront peut être autre chose selon la personne. Comme les taches d’encres des psychologues.

Evidemment, je me ment un peu à moi même, un tableau n’en dira jamais autant qu’un album. Il y a toujours dans une piste une phrase qui vous marque, qui reste ancrée dans votre esprit et qui tourne en boucle lorsque la musique s’arrête, et qui sera remplacée par une autre lorsque la musique recommencera.
C’est un peu le chant des sirènes, on entend en boucle ces paroles, augmentant l’envie d’aller rejoindre cette musique et ses couleurs.
Et une fois que la musique est lancée, si on y fait pas attention on entre dans une sorte de transe. Il suffit qu’on fasse quelque chose pendant ce temps, et on oublie de changer la chanson, qui tournera inlassablement en boucle sans qu’on ne s’en rende compte. Et lorsque la musique s’arrêtera, elle aura tournée tellement de fois qu’on en connaîtra les moindres recoins par coeur, les intonations, les mots, les accordements. Et on restera renfermé dans cette même musique.
Et ce, jusqu’à ce qu’un jour on résiste et lance une autre chanson, qui s’ancrera à la place de l’autre, et on ne pourra jamais s’en défaire.
Vous comprenez désormais pourquoi je n’écoute jamais "une seule" chanson.

Il ne restera qu’un moyen de faire sortir le démon, le peindre sur une toile, en peindre les moindres recoins, intonations et accordements. Alors on pourra dormir en paix et s’entendre penser, et ce moment là est exceptionnel, c’est un moment "nutella".
Et c’est à ça qu’on reconnaît les gens "possédés" par la musique, ils fredonnent, répètent seul des morceaux de phrases qui, isolés, ne veulent plus rien dire. Un peu comme la petite fille dans l’exorciste, sauf qu’au lieu de cracher et de dire "Ta mère suce toute les [ceci est une odieuse censure] de l’enfer", ils s’assissent à coté de vous à l’arrêt de bus, tôt le matin à 7h27 précise, quand les lampadaires s’éteignent et assombrissent encore un peu plus votre début de matinée pourrie; là, ils vous regarde avec de grands yeux et murmurent "ne pas finir comme une chanson qui meurt parcqu’on ne la chante plus", ou autre chanson par laquelle ils sont possédés car ils ne savent pas, eux.
Oui, ça fait grand délire paranoïaque et je suis peut-être un peu stupide de sortir de si grandes théories, mais j’aime ma théorie sur la couleur.

Sur ce, je vais de ce pas écouter l’album qui est orange comme le soleil du crépuscule, album que j’aime par nostalgie.
Si j’ai le courage je terminerais d’écrire ma nouvelle : "La musique adoucit et meurt", reprendre ma plume et terminer l’histoire de Cassandre et Simon. Si jamais j’en ai la foi, je viendrais poster un petit quelque chose.
Bonne soirée.

N.B : J’ai emprunté le titre "Le Chant des Sirènes" à une de mes anciennes nouvelles sans grand rapport, puisqu’elle parle de la solitude et du renfermement. Si j’en reparle, vous comprendrez que ce n’est pas à cet article que je fais référence.

Si avec ça vous ne la réussissez pas votre soirée…