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Le prochain noeud de réseau internet sera votre voiture.

Une nouvelle technologie radio développée en Australie transforme les véhicules en noeuds au sein d’un réseau (un noeud de réseau est un relais d’information au sein d’un réseau informatique, pour faire simple). Conçue par l’Institut de Recherche en Télécommunication de l’University of Southern Australia, cette usage dénommé “Communication Dédié à Courte Portée (”Dedicated Short Range Communications” - DSRC) utilise une combinaison des technologies GSM et WiFi. Les voitures communiquent leur localisation à un site centralisé, mais elles peuvent communiquer entre elles également.

Le système a été développé par Cohda Wireless, une société fondée par plusieurs scientifiques de l’université en 2004. Cohda affirme que son système “est bien supérieur à tous les systèmes de radio transmission disponibles aujourd’hui”. Le système a été conçu pour fonctionner dans des environnements radios perturbés : les villes, par exemple, où un signal peut facilement être perdu lors d’un passage sous un tunnel ou par l’écran que peut constituer un immeuble. Grâce à la technologie de Cohda, les véhicules peuvent maintenir une connexion non seulement dans des environnements perturbés mais aussi à plus de 300 km/h, bien que le surf à cette vitesse ne présente pas grand intérêt, même en Allemagne où cela serait théoriquement possible.

Avec la technologie DSRC en place, les voitures deviennent des noeuds de réseau sur un réseau Muni-WiFi, un hotspot WiFi, ou un réseau domestique WiFi. Les possibilités sont infinies quand aux applications possibles. Les concessionnaires pourraient faire des diagnostics à distance, les conditions de trafic ou de météo pourraient êtres reçues en temps réel, les péages payés sans s’arrêter, et l’on pourrait même imaginer que votre autoradio ne soit qu’une interface iTunes déportée.

Une fois ce système généralisé, c’est toute l’industrie automobile qui va plonger de plein pied dans une phase de mutation profonde, telle que l’a connu coup sur coup le commerce, la presse, la musique, etc, etc.

En plus des multiples applications que cette invention va rendre possible, et qui vont sans nul doute renouveler en profondeur le rapport à l’automobile, un élément de sécurité vient s’ajouter à cela. Les véhicules pourraient alerter leur conducteur d’embouteillages ou d’accidents, pourraient assister les automobilistes dans des manœuvres potentiellement dangereuses comme un changement de file, pourrait prévenir des collisions, et bien d’autres choses encore.

Au fur et à mesure d’un trajet, les conditions que vous rencontrez sur la route peuvent se relayer d’une voiture à l’autre et prévenir l’ensemble du réseau d’un problème ou d’une difficulté rencontrée par un noeud du réseau. “Cette technologie donne la capacité aux véhicules de voir ce qu’il y a derrière un virage afin de prévoir et éviter une situation dangereuse” prédit Alex Grant du projet ITR.

Tout cela ressemble à un film de science fiction ? Ne vous y trompez pas, : Cohda Wireless a déjà réalisé 700 test du DSRC dans 15 scénarios différents, aux Etats Unis, en Italie et en Australie. Ces essais représentent déjà plus de 10000 km parcourus, et 100GB de données ont été transmises durant ces expériences. Les résultats montrent que la technologie de Cohda est très supérieure à tout autre ayat tenté de réaliser par le passé  ce type de réseau. La société annonce qu’elle sera prête pour une commercialisation massive en 2012. Trois ans d’attente, difficile d’appeler cela de la science fiction, non ?

Par sa nature, cette technologie ne fait de sens que si elle est massivement disponible, donc massivement installée dans des véhicule, et même s’il est probable que les véhicule haut de gamme soient les premiers équipé, nul doute que les gammes intermédiaires, voire les entrée de gamme, suivront sous peu.

En France, la situation est mal partie pour ce type de technologies, l’industrie automobile n’y a pas brillé par sa capacité à innover, et les récentes propositions de Christine Albanel de brider les hotspots WiFi à un accès limité à une liste blanche de sites autorisés, doublé de l’interdiction de facto par Hadopi de technologies telles que FON destinées à rendre l’accès WiFi omniprésent, représenteront un frein majeur à l’innovation dans ce secteur.

Il faudra donc vraisemblablement se tourner vers les constructeurs étranger pour voir les premiers véhicules équipés, mais surtout vers les startups étrangères pour voir fleurir les premières applications. Dans ce domaine, l’Asie - la Corée et le Japon en particulier - où les usages de l’internet en mobilité sont particulièrement avancées, pourrait, en s’appuyant sur une industrie automobile très en avance (Toyota, notamment), dominer ce nouveau marché qui s’annonce.

Nous serons, pour notre part, probablement confinés à des technologies de type 3G embarquée, qui, bien évidemment, n’offrent pas du tout le même potentiel d’innovation et surtout, représenteront un coût à l’usage qui les réserveront au marché haut de gamme.

[Un article de Fabrice Epelboin pour ReadWriteWeb.com]

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